27.04.2012
Les digues s'effondrent...

Eugène Delacroix, 1830. La Liberté guidant le peuple
Entre la droite et l’extrême droite. On voyait ça venir depuis un bon moment. Dans l’espoir de se refaire, Sarkozy redouble de cynisme, d’ambiguïté et de proximité avec le Front. Les digues patiemment construites par la droite républicaine depuis la guerre pour éviter le pire, sont en train de s’écrouler. Les eaux noires de la xénophobie, du racisme anti-arabe, et de l’ethnocentrisme envahissent les parties basses de l’opinion publique. Elles submergent les quais de la laïcité, du respect de l’autre et de la fraternité qui ont été longtemps la gloire de notre République. Sarkozy par son comportement irresponsable aura contribué sciemment à l’abaissement civique et moral de notre pays.
Je ne dis pas que les électeurs du Front National n’ont pas les mêmes droits que les autres. J’avais déjà décrit le 22/03/2011 comment « Les bedas du Plain avaient voté pour le Front… » dans nos campagnes. L’isolement, le vieillissement, la difficulté de se soigner, l’impression de ne plus compter pour rien nourrissent depuis longtemps les peurs des petits blancs et des bofs, mes frères. Ce qui pose question ce ne sont pas les causes de la désespérance, visibles dans tous les bistrots et tous les marchés du coin et sur lesquelles tout le monde s’accorde. Ce qui pose question, c’est tout au contraire les réponses qu’on apporte, quand elles visent à encourager une espèce de jacquerie assez frustre contre les Arabes, l’Europe , les Ecolos et les Institutions.
Que la femme Le Pen développe ces thèses est dans l’ordre des fondements de son mouvement. Elle doit justement son succès à la transgression remettant en cause notre idéal social et républicain. Poussés à l’extrême les déclarations sans frein du Front nous mèneraient tout droit à la guerre civile et à la ruine. C’est exactement pour cette raison que la droite giscardienne ou chiraquienne s’est toujours bien gardée de frayer avec les thèses du FN, orchestrées d’ailleurs à l’époque par un tortionnaire borgne peu ragoûtant. En 2012 la vague marine, fille du précédent, a pris les belles couleurs de la dédiabolisation blondasse.
Nous sommes au faîte du populisme qui consiste à adopter des idées sans issue pour flatter les passions et les peurs du petit peuple et empocher ses voix. Aveuglés par le culot inculte de leur chef, plus de soixante pour cent des électeurs de Sarkozy du premier tour sont maintenant prêts à faire cause commune avec le Front National. Tout sauf Hollande, qu’on méprise, insulte, vilipende depuis plusieurs mois, avec une hargne constante, tout sauf Hollande, se dit la droite qui considère l’alternance politique comme une usurpation, un crime de lèse-majesté.
Heureusement ils ne sont que 60% et ce sont les 40% qui restent qui peuvent encore sauver la France de la nuit rance de la xénophobie et du repli sur soi.
Dans la vie on rencontre en effet deux sortes de gens . Les premiers ont le culte du chef et aiment les rapports de force. Ils sont habitués depuis tout petit aux comportements égoïstes, à la méfiance, au profit sou à sou amassé, aux bagarres de préau, à la « struggle for life » comme disait Darwin. Ils n'aiment pas l'inconnu ni l'étranger. Leur intellect est braqué sur leurs petits biens chèrement acquis. Ils sont accrocs aux biens meubles et immeubles et pleins de méfiance pour les grandes idées sauf éventuellement celles de leur curé. On est dur avec soi mais souvent encore bien plus dur avec les autres. Ils jugent que les chômeurs sont des faignants, les malades des tire au flanc, et les fonctionnaires des parasites ! Ils considèrent aussi que seules les andouilles se laissent plumer par le fisc. Mais par un banal retour des choses, ces mêmes personnes peuvent changer du jour au lendemain quand l’adversité les place en situation de dépendance. Ils se retournent alors vers la solidarité nationale et ils sont les premiers à la réclamer tous azimuts avec une grande âpreté. Ils votent Sarko.
La deuxième catégorie aime la démocratie et l’égalité. Elle est plus insouciante, plus gaie, plus ouverte, plus curieuse du monde qui les entoure que les précédents. Ces gens là ne se lèvent pas le matin en faisant le tour de leur automobile pour voir si on ne leur a rien volé. Ils aiment les voyages et encouragent leurs enfants à faire les meilleures études sans que ce soit forcément les plus lucratives. Ils aiment explorer, découvrir, prendre des risques. Ils ne tiennent pas plus que ça à leurs patrimoines et sont souvent dépensiers. Ils aiment la culture et préfèrent la poésie aux comptes en banques. Ce qui ne les empêche pas de détester la pauvreté pour eux et pour les autres, l’inconfort et la misère. Ils savent que le chômage et l’injustice sont les deux plaies de notre société et que seule l’intelligence peut nous tirer de là. Ce sont ceux là qui vont voter pour François Hollande le 6 mai.
Ceux là doivent se rassembler et faire bloc contre le conservatisme et l’injustice. Il ne faut pas chercher de boucs émissaires. Il nous faut faire confiance aux forces vives du pays, aux acteurs économiques, aux animateurs sociaux, aux créateurs de tous les horizons. Notre chance et notre richesse, comme toujours dans l’histoire, seront le rassemblement et la coopération des vieux gaulois fatigués (si tant est qu’on en trouve encore) avec tout ce sang neuf qui nous a toujours nourris et qui continue à nous irriguer de partout, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Inde, de la Chine… Et franchement, je fais des vœux pour que Sarkozy sorte de notre horizon et cesse de ternir l’image de la France. Il est temps qu’on confie les responsabilités à un homme « normal » apaisé, sûr de lui, ouvert, juste et rassembleur.
Aujourd’hui encore, FH, l’incapable, le rêveur, le menteur, reçoit le renfort de Draghi le Président de la Banque Centrale Européenne. Il y a trois mois Copé et Sarko, Juppé et NKM, assuraient FH de leur mépris total, à présent ils lui courent après en faisant des mines. Maintenant c’est 700 mosquées qui votent pour François renforcées par l’illustre Tarik Ramadan. Les Croisés sont à l’œuvre !!! La droite entre en guerre de civilisation ? Bravo Juppé, ministre des Affaires Etrangères. Honte à nous tous ! Comme le dit Bernard Cazeneuve, la droite ajoute le déshonneur à l’affolement et à la dispersion. Marine Le Pen n’aura plus qu’à ramasser les pots cassés pour en faire son lit électoral.
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10.02.2012
Les civilisations, la guerre et les enfants

Guernica (1937)
On va m’accuser de faire du pathos à bon compte, car tout ce qui touche les enfants émeut le citoyen ordinaire. Il n’empêche qu’en voyant hier des petites filles de Homs s’enfuir de leur maison par crainte des obus, j’ai eu un coup d’émotion qui ne me lâche plus depuis. Ce n’était pas tant de voir fuir les enfants mais d’observer parmi eux des adultes paniqués qui couraient s’abriter, sans se préoccuper des petits. Personne pour leur donner la main, pour les pousser devant, pour les protéger de la terreur, pour les rassurer en leur offrant un peu de calme. Cette scène de guerre m’a rappelé celles que j’ai vécues en 1944, au milieu des fusillades, sauf que sous la mitraille ma mère s’était couchée sur moi pour faire bouclier. J’ai revu en pensée la photo de la petite vietnamienne fuyant nue les bombes américaines, j’ai revu aussi les images du garçon palestinien tué dans les bras de son père. Ce sont des photos symboliques qui soulignent avec puissance les déraillements des hommes englués dans leurs systèmes politiques et leur folie meurtrière.
La séquence sur le drame des enfants syriens pris dans une guerre civile imposée par leurs propres chefs n’a duré à la télé que quelques instants. Les infos enchaînaient sur la phrase de Guéant remettant au premier plan la guerre (le choc) des civilisations. Cette phrase inepte aurait sans nul doute du s’écraser dans le silence honteux de ceux à qui elle était destinée. Il n’en a rien été. Ceux de nos compatriotes qui ne sont pas de pur sang gallo-romain et pas seulement eux, heureusement, se sont sentis agressés, stigmatisés. La réponse du député de la Martinique a rappelé au Ministre de l’Intérieur que toutes les civilisations avaient leurs zones d’ombre et d’horreur. Malgré son sourire carnassier Guéant s’est rendu compte qu’il avait professé une énormité, et j’ai trouvé qu’à l’image sa crânerie s’est muée tout d’un coup en rire jaune, face au tumulte. En fuyant le Parlement, Fillon pouvait cacher sa honte et son désarroi, même si il les avait dissimulées sous une bonne couche d’indignation sur jouée.
Quoiqu’on dise, il y a à droite, y compris dans celle qu’on a coutume de qualifier de républicaine, une bonne quantité de xénophobes, en particulier quand il s’agit des « arabes » musulmans. Ce racisme là est de bon ton, on l’évoque à mots couverts dans les salons car il est toléré entre amis de la même éducation, où on partage une certaine connivence arabophobe, surtout anti-maghrébine. Les gens de ma génération, issus de l’Algérie Française, de l’OAS et de l’armée ont pendant toutes ces décennies entretenu le mythe du fellagha au couteau entre les dents, paresseux et parasite. Les milieux juifs ordinaires surtout sépharades, spontanément sionistes dans leur défense d’Israël, déversent également une bonne dose de haine anti-arabe dans notre société. De temps en temps pour preuve, on prend sur le fait des responsables politiques qui ont toutes les difficultés ensuite, à noyer le poisson en refusant d’assumer publiquement leurs obsessions ethno-raciales.
Pour avoir vécu et travaillé vingt cinq ans en Algérie, au sein de la population, par monts et par vaux, souvent seul et en toute sécurité, j’ai appris à connaître la civilisation arabo-musulmane et j’ai reçu d’elle beaucoup de vertus et de philosophie. J’ai appris des gens, pas des bourgeois ni des intellectuels, mais des paysans et des pères de famille ordinaires, le respect de l’autre, surtout quand il est différent de moi, la politesse, la patience, le sang-froid, la décence, l’endurance qui font mieux toujours que la force et la rage. J’ai toujours donné sans réserve ma confiance à ces êtres humains saisis par la main de Dieu, sans avoir moi-même l’ombre de la foi. En retour les gens du Coran m’ont appris le respect du croyant et de toutes les religions du livre, tout en m’acceptant comme agnostique et laïc, ce que je ne cachais jamais. Tout ceci pour dire que des provocations du style de « notre » ministre de l’Intérieur, m’apparaissent comme des déclarations de guerre, d’une guerre psychologique qui contribue à diviser profondément notre société. Nous n’avons pas besoin de cela aujourd’hui, alors que nous connaissons les difficultés sociales que l’on sait dans les quartiers pauvres périurbains.
Je dis donc à Guéant et au Président Sarkozy son employeur, que leur devoir n’est pas de dresser les citoyens les uns contre les autres mais au contraire de les rassembler et d’œuvrer à la compréhension mutuelle. Nos sociétés démocratiques ne valent que par leur tolérance. Tout manquement est inique et inepte. Toute attaque politique injuste conduit à des rancoeurs, des affrontements, des cristallisations d’antagonismes qui mènent aux luttes larvées et aux guerres souterraines, quand elles ne finissent pas par de la violence, du terrorisme et des guerres ouvertes. Avec ses airs de chanoine retors, Guéant devrait bien réfléchir à la responsabilité des hommes publics. Une provocation en appelle une autre et une injure ne reste jamais sans réponse. J’appelle ça de la politique de cour d’école et Dieu sait combien nos enseignants ont de difficultés pour faire cesser les violences sous les préaux.
C’est justement à cela que veut s’attaquer François Hollande dans son programme ambitieux pour l’école. Pour les gens modestes, l’école est la seule voie pour accéder à une vie meilleure, sauf à se constituer en gangs hors-la-loi. Réussir l’école pour tous est bien la première ambition d’une nation qui se veut civilisée. Qu’on l’entende comme on veut, la phrase de Guéant flatte les peurs de la droite la plus rétrograde et va à l’encontre de ce bel objectif. Toutes nos sociétés souffrent de la violence, et l’honneur de l’homme moderne est de lutter contre. N’oublions pas que les premiers à en pâtir sont justement nos enfants, et que c’est par notre exemple qu’ils pourront se faire à l’avenir les avocats de rapports humains pacifiés.
12:14 Publié dans campagne présidentielle, monde arabe, politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guéant, sarkozy, hollande, école, racisme, droitr, ump | |
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02.12.2011
Au travail mes bons Princes !

J’entends un peu partout chez des gens bien informés que le PS, mon parti, n’aurait pas complètement cicatrisé les plaies de l’élection primaire. On me dit que dans le Nord et en Haute Normandie, subsistent des poches de réfractaires à François Hollande et que dans certaines instances on profiterait des débuts de campagne pour arrondir son pré carré (hum…). Les deux principaux visés seraient Aubry et Fabius. Je ne suis pas étonné. Ces deux-là n’abdiqueront jamais, ils ont grandi dans les coups et les coulisses, les urnes à double fond et les alliances suspectes. Ils tiennent plus que tout à leur statut de Premiers Barons du Parti et à leurs fiefs de Picardie et des Flandres.
On devrait pourtant dès aujourd’hui se rendre compte que nous avons à faire à forte partie. Sarkozy, tout le monde en convient, est un piètre Président, mais un fameux candidat. Pour l’instant il s’essaie à réunir son camp favori, celui de la droite dure. Il lui faut mordre sur l’électorat de la femme Le Pen. Plus tard, n’en doutons pas, il va se tourner vers ses centristes, les flatter dans le sens du poil, leur promettre des portefeuilles et ça marchera. Sarkozy est aujourd’hui au plus bas mais en deux louches de démagogie, il en appellera à Jaurès et à de Gaulle. C’est à ce moment là que les temps seront durs pour notre candidat.
Pour gagner, nous devons garder l’initiative et ne pas nous laisser entraîner dans les coups de bluff du Président sortant. Il ne faut pas se contenter de rendre coup pour coup, nous avons l’obligation de conserver un coup d’avance, pour faire campagne sur nos thèmes et pas sur ceux de l’adversaire. Parmi ces thèmes, il y a une réalité lourde que le petit Président ne peut pas masquer et que les Français ne vont pas lui pardonner aisément, c’est l’explosion du chômage et plus précisément de celui des jeunes. La difficulté pour trouver un emploi stable est un drame pour les jeunes eux-mêmes, mais aussi pour les parents qui sont obligés de subvenir aux besoins. La gauche doit convaincre qu’elle va vraiment s’investir pour un retour de l’activité, de la croissance et de l’investissement des entreprises. François Hollande doit marteler que notre priorité ira à la formation de la jeunesse, et au renforcement de la recherche et de l’innovation. Notre grand chantier est de relever notre niveau de production et de créer des emplois. C’est d’ailleurs la seule vraie condition pour sortir de l’endettement.
Nous n’avons pas à suivre les sarkozystes dans les méandres de leurs démêlés avec les marchés financiers. Ceux-ci n’ont plus confiance parce que les gouvernements actuels sont justement ceux qui ont massivement accru les dettes d’Etat. Le gouvernement français a emprunté 500 milliards en quatre ans ! Ce sont les ministres actuels qui nous ont mis dans la main crochue des marchés et des agences de notation. Nous devons exiger de nos forts en thème, de nos Baroin, Pécresse, Wauquiez, pleins d’arrogance et de suffisance, qu’ils nous sortent du bourbier. Depuis deux ans, comme l’a dit à la télévision l’ogre déchu du FMI, ils font trop peu, trop tard. S'ils sont incapables de résoudre ce foutu problème, ils n’ont qu’à partir.
Bien entendu, il nous faut affirmer bien fort que si nous étions aux affaires, rien de tel ne serait arrivé. La gauche est bien meilleure gestionnaire que la droite, car elle a besoin de l’Etat. La droite, elle, par idéologie, ne cesse de le rabattre et de l’abaisser. Avec elle un seul ennemi, la dépense publique ! A gauche, on pense que la puissance financière de l’Etat peut être utilisée pour relancer l’activité et gagner la confiance. Notre candidat FH est l’homme du rassemblement et de la confiance. Une banque publique d’investissement, des euro-bonds, la chasse aux paradis fiscaux et à l’évasion fiscale, des grands chantiers, voilà le langage de la gauche ! Il y a sans doute là dedans des traces de démagogie, mais je ne crois pas que nous pourrons gagner sans forcer le trait et caricaturer quelque peu.
Alors je m’adresse aux Barons de l’Artois, de Picardie et de la Basse Seine et je leur signale qu’ il y a du pain sur la planche. Vous êtes imbus de votre pouvoir et de vos privilèges ? Alors profitez en pour faire œuvre utile et répandre la bonne parole. Les petits arrangements de courants, de circonscriptions et d’ego ne sont que des frivolités au regard de la partie qui va se jouer et dont l’issue décidera de notre avenir collectif. Prenez exemple sur la dernière intervention de Ségolène Royal au Nouvel Obs qui pointe 75 discours de Sarkozy sur la crise, remplis de promesses sans effet et de contradictions. Elle travaille utilement pour son ex. Il est temps de vous y mettre également mes bons Princes !
18:26 Publié dans campagne présidentielle, polémique, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fabius, aubry, royal, sarkozy | |
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21.03.2011
L'homme qui lisait Montesquieu
Ce que je ne fais pas. Patrick Ollier peut se faire tout petit. Il est l’exemple caricatural du comportement de nos responsables politiques vis à vis du berger de Tripolitaine. Le Guide qui s’est donc inspiré (dixit P. Ollier) des Lumières de la Civilisation va pouvoir méditer sur la fragilité des despotes. Qu’on puisse passer en quelques mois de la Grande Tente plantée dans les jardins de Paris, au terrier de chacal dans le désert, témoigne de l’insignifiance de ces personnages de Guignol. L’homme Khadafi est frustre, mais expert dans le maniement des rapports de force et des tares les plus viles de la nature humaine. Il y a des khaïmas où les femmes n’accouchent que de bâtards. Ce Colonel d’opérette a du rencontrer tant de solliciteurs et de cireurs de pompes, qu’il est depuis longtemps persuadé que l’odeur seule des dollars suffit pour faire ramper les plus altières des silhouettes.
Cet Ubu des Syrtes est brutal et cynique et il n’a fait qu’exagérer les traits de ses commensaux, sans souci de la vulgarité et du qu’en dira-t-on. Vous voulez m’impressionner avec vos costumes bien coupés ? regardez les miens, bien plus chamarrés et qui vous frappent jusqu’à la stupeur ! Vous vous vantez de baiser toutes les femmes que vous voulez ? Regardez les miennes, en ordre de bataille, mafflues et casquées, toutes à ma botte. Des avions ? j’en ai , des canons, des mitrailleuses, des missiles…J’ai tout ce qu’un homme peut désirer : la puissance et la gloire. Pendant ces dernières années ce rusé chef de tribu avait même réussi à amadouer les Princes des Démocraties avec ses puits débordant de pétrole brut. Sarkozy a accepté ce marché médiocre et sans gloire de manière spectaculaire. Il se rachète aujourd’hui en prenant la tête des bataillons vengeurs et purificateurs.
Je fais des vœux pour que cet illuminé sentencieux et vindicatif, soit contraint à la fuite et au silence et condamné à réécrire cent fois son petit livre vert de Guide Suprême des Bédouins. J’entrevois aussi l’espoir que la séquence serve de leçon aux apprentis Bokassa et autres dictateurs sanguinaires, sortant tous de la même école ouverte par la décolonisation. La mondialisation peut aussi servir à ça : interdire les dictatures. A partir d’aujourd’hui le Conseil de Sécurité de l’ONU décide qu’il est interdit aux tyrans petits et grands de mitrailler leurs peuples. A partir d’aujourd’hui, le fait de priver de liberté les citoyens pour délits d’opinion est considéré comme un crime. A partir d’aujourd’hui tout journaliste est aussi sacré qu’une vache hindoue. A partir d’aujourd’hui le droit prime la force. Les contrevenants seront immédiatement liés et enfermés pour être traduits devant la Haute Cour des Droits de l’Homme. Une force volante et blindée internationale est chargée de l’exécution de cette résolution primaire de l’Organisation des Nations Unies.
Je me pince pour ne pas rêver ! Nicolas Sarkozy serait-il l’adjudant du premier bataillon d’exécution da la nouvelle loi ?
12:27 Publié dans monde arabe, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : khadafi, libye, droits de l'homme, dictatures, onu, sarkozy | |
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10.03.2011
Les agités du bocal
L’avenir politique paraît bien incertain. Au sarkozysme plein de morgue et de clinquant succède une atmosphère délétère de fin de règne. Le petit Président y est pour beaucoup : avec ses contorsions du cou et ses rictus satisfaits, il a incarné à outrance la suffisance, la gloriole et la vindicte du parvenu. La crise (mais au fait quelle crise ?) est arrivée juste à point pour expliquer les échecs du petit cycliste. Voilà qu’aujourd’hui on nous dit que les grandes entreprises se sont refait une santé et qu’elles réalisent à nouveau des bénéfices. Et plus que jamais. Nous en sommes à compter nos milliardaires.
Je dis quelle crise ? parce que je ne vois pas qui a souffert de cet événement présenté comme le sinistre économique le plus violent depuis 1929. Les grands de ce monde n’ont manqué de rien. Leurs cérémonieux commis n’ont pas réduit leurs salaires.Toute la classe économico-politique dominante a conservé ses privilèges, dans la bienséance, la courtoisie et l’adorable politesse de la bonne bourgeoisie affairiste et profiteuse. Je remarque en revanche que cette fameuse crise est particulièrement utile, pour justifier auprès des classes laborieuses le prolongement du statu quo. Travailler plus pour gagner plus ? à d’autres. Il ne s’est rien produit de tel et ce n’est pas pour demain !
Car enfin, les seuls qui souffrent aujourd’hui ce sont les jeunes sans boulot, les femmes à temps partiel, les salariés mis en concurrence avec leurs collègues jusqu’au suicide, les vacataires jetables, les plus faibles, les moins bien formés, les moins malléables, les moins mobiles, les plus vieux. La liste serait longue de tous ces gens qui travaillent pour élever leurs enfants décemment, les loger et les soigner et pour lesquels il faut compter chaque euro ou dizaine d’euros. Ce sont ceux qui hésitent devant la salle de cinéma en comptant leurs sous et celles qui résistent à la tentation d’un autre rouge à lèvres. Pour ces gens là, on réduit les services publics et sociaux, on effiloche les filets de sécurité. Ces personnes là ont perdu tout espoir de maîtriser leur destin. Leur liberté réelle ne leur laisse le choix qu’entre le fatalisme et la fuite.
Elles durent depuis des siècles, les inégalités des sociétés humaines qui ont construit notre monde. Esclaves, serfs, travailleurs sans statut, prolos industriels ont toujours subi le joug des maîtres, mieux armés, plus instruits, plus riches. Mais la dialectique du maître et de l’esclave a parfois tourné à la révolution, comme en 1789. Pour en arriver là, il a fallu des centaines d’années de discours et d’écritures pour que l’injustice entre dans les consciences. Aujourd’hui tout s’accélère, tout se sait et se voit par nos lucarnes et nos PC. A un point tel que même les chargés de gouvernement, dans leur naïveté, peinent à s’en rendre compte. Ils découvrent avec stupeur que le peuple les voit vivre avec les grands de ce monde comme des requins dans un bocal panoramique.
Les gens d’en bas comme le dit si bien l’épicier Raffarin voient vivre les barons qui font la loi et qui les commandent. Et ceux là vivent sur un grand pied de magnificence, cent fois mieux qu’eux ! Ils voient tous les signes de la concussion et du profit qui régissent cette société de l’élite. Ils voient les fils de la morale s’étirer comme des vieilles jarretelles. Ils voient un monde qui n’est pas le leur et qui s’agite derrière une paroi de verre. L’élite s’est coupée du peuple. Bien sûr le populaire ne met pas forcément des mots sur sa souffrance. Il est prêt à croire n’importe quoi, qui lui fasse miroiter un espoir d’amélioration. Surtout quand ce sont des vérités qui ont à première vue une fausse évidence mathématique.
Comme par exemple celles que des esprits forts, mais obtus, veulent leur faire croire. Avec le Front National tout est simple, on explique aux gens que tout cela est de la faute des étrangers, de ces horribles hordes migrantes arabo-islamiques haïes et redoutées qui vont prendre leurs emplois, baiser leurs femmes et habiter leurs maisons. Ce n’est plus la fameuse crise économique, c’est l’immigration qui va être désignée comme la raison du mal-être ! Les étrangers, c’est encore mieux que la crise. Tous ces miséreux qui nous menacent vont faire disparaître les derniers signes de notre prospérité passée. La seule solution est de renvoyer tout ce monde étrange dans les bateaux avec lesquels les métèques sont venus. Avec la femme Le Pen, il faut s’attendre au pire : une forme dégradée et bottée du sarkozysme.
Ca me fait réfléchir et la colère m’étouffe. Je voudrais tellement dire aux gens du peuple, mes frères, que ces raccourcis là nous mènent aux indignes catastrophes. Par ce chemin là, tout restera comme avant, pire qu’avant, plus injuste et plus cruel qu’avant. Avec une différence importante : à nos misères nous aurons ajouté la honte, la grande honte d’avoir joué nos peurs et nos errements contre l’avenir de l’homme. Et si vous ne me croyez pas, allez poser la question outre-Rhin.
10:42 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, front national, le pen, sarkozy, immigration | |
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