28.03.2010
La divine surprise des régionales...
Il n'y a que les staliniens et les fonctionnaires pour croire qu'un candidat en vaut un autre. Dans une bonne démocratie les militants devraient humblement prier le meilleur d'entre eux de se présenter aux élections. Chez nous les socialistes, mais c'est la même chose chez les autres, c'est le candidat qui fait le forcing pour recevoir l'investiture. Tous les coups sont permis, les plus forts du moment jouent des coudes et des poings pour faire leur chemin, les plus faibles ou les plus hypocrites donnent des signes évidents de servilité en se retournant sur le dos comme les petits chiens dominés de la meute, tout en se gardant bien de brûler leurs vaisseaux inutilement.
Inscrits : 1066849, votants 548560 (51,42%)
Beauvais (gauche) 296126 (57,15%)
Legrand (droite)222018 (42,85%)
Cette comédie est particulièrement évidente dans les scrutins de liste : l'investiture en position éligible vaut élection. Il n'est pas nécessaire de savoir parler du peuple ou au peuple, nul besoin de bosser ou d'être clairvoyant ou qualifié, CV inutile, juste une photo et encore ! Seul impératif : monter dans le wagon accroché à la bonne locomotive et à la bonne place.
J'en connais plusieurs qui sont experts dans notre département, à croire qu'ils ont fait leursarmes dans les gares de triage de la politique. Dans cet exercice, critiqué par tout le monde mais largement usité, les militants de base ne servent à rien et moins on leur en dit, mieux c'est.
Avec quelques autres je me suis battu vainement pour Yveline Druez dont je pensais qu'elle serait utile à
notre Cotentin (mais elle l'est déjà) . Malgré ses qualités et ses états de service, elle n'a été soutenue par personne dans le parti, sauf dans notre section à la quasi unanimité. Les femmes auraient pu trouver avec elle, une bonne occasion d'être représentées en tête de cette liste départementale, très largement masculine, et les anti-cumuls des mandats auraient pu y voir une occasion de renouvellement tout en récusant un sénateur plein de qualités, mais pas vraiment indispensable dans ce rôle . Je vois aujourd'hui s'exprimer dans quelques messages des vérités qui auraient été bonnes à entendre au moment de la confection du petit train régional. Je prends cela pour des larmes de crocodile et de dépit, aucun de ceux qui protestent aujourd'hui n'a levé le petit doigt au bon moment.
Pour finir j'ai voté bien entendu, pour la liste de la gauche solidaire, rose, verte, rouge, sans vraiment savoir quel était son programme, puisque tout cela est dans la marmite politique de Laurent Beauvais. Heureusement que j'ai confiance dans ses qualités de maître coq pour nous servir les tambouilles à venir. Je persiste à penser malgré tout que, si notre Président sortant n'a pas rebuté les électeurs, loin de là, Nicolas Sarkozy lui, en a réellement dégoûté un certain nombre. Ce qui explique que pour la première fois la Manche a voté à gauche. L'occasion rêvée sans doute de renouveler nos adhérents et de moderniser le travail de notre parti. Mais c'est une autre histoire, et je doute vraiment que nous parvenions à mobiliser les forces nécessaires.
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27.08.2009
Des nouvelles du Nord
"Aujourd'hui, je crois nécessaire et possible une offensive de civilisation. Sans un projet de société qui nous réarme sur tous les terrains, qui redonne le goût du dépassement de soi, les luttes les plus ardentes, parcellisées, seront conduites dans l'impasse. Pour écrire ce projet avec les Français, nos valeurs sont précieuses. C'est "l'outillage mental" dont parlait Fernand Braudel" Martine Aubry dans "Le Monde" du 27 août 2009
Martine, leader maximo
Notre première secrétaire sort de son silence, sérieuse, réfléchie, avec l'inspiration d'un leader maximo. Nous en avions besoin. Je vois dans cet article une excellente introduction aux journées de La Rochelle, fraternelle, rassembleuse et offensive sans être agressive. Elle ne cherche pas à régler des comptes ou à faire porter sur les autres les responsabilités de nos insuffisances. Elle n'y parle plus la langue de bois du Congrès de Reims et elle revient avec simplicité sur les principes de base de notre Parti. Elle en appelle aux intellectuels et aux créateurs pour participer à la refondation socialiste. Elle abandonne le langage corporatiste et revendicatif que nous avons longtemps emprunté aux syndicats. L'intérêt général ne se limite plus à celui du peuple de gauche. J'attends la suite avec espoir.
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15.07.2009
Martine a encore frappé !
Pas seulement contente de nous avoir précipités dans le mur aux européennes avec un choix de candidats
sur des critères de convenance personnelle, de nous avoir adressé une lettre qui est un chef d'oeuvre de langue de bois, et d'avoir mené campagne en permanence à contre sens, notre première secrétaire frappe encore . Je n'ai pas de sympathie particulière pour Manuel Valls. Je sais qu'il hérisse l'aile gauche du parti. Est-ce une raison pour ne pas dialoguer avec lui sans le menacer d'expulsion, menace qui au demeurant, restera sans effet, si ce n'est celui tout de suite obtenu, de faire les délices des journalistes.
Les chefs ont horreur de voir leur autorité remise en cause : tous unis mais derrière moi, ont-ils l'habitude de répéter!
Ce matin j'ai médité sur le forfait de garnements qui ont arraché les plumes bleues des ailes de mon canard, sujet palmipède de ma basse-cour. Ils voulaient peut-être jouer aux indiens peaux rouges. Mon canard est vraiment triste d'avoir perdu ses plus belles plumes.
Est-ce que par hasard Martine et ses copains voudraient arracher les plumes du canard socialiste pour en faire un volatile certes docile, mais incapable de voler? On a commencé par la tête en éliminant Ségolène, il faut continuer par quoi ? l'aile droite ou l'aile gauche ? A-lou-ette...
11:54 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, martine, canard
16.04.2008
Chronique de l'âne 5- L'Ane et le Sénateur
Il faut que je vous dise que mon âne Toto a le privilège d'avoir une pâture sur une belle butte de granite avec de l'herbe autour et une vue imprenable sur la mer. Aujourd'hui justement, cette mer là était bleu d'outremer dans un paysage baigné de lumière. Je me suis donc assis sur un caillou pour lire à mon quetton la lettre (voir le lien ci-dessous) que le Sénateur UMP Legrand, vétérinaire de profession, Président du Conseil Général de la Manche a adressée au Président de son groupe au Sénat.
Venant d'un vétérinaire, Toto était forcément tout ouïe. Assieds toi lui dis-je, il y en a trois pages. Il faut que tu saches d'abord que ton vétérinaire n'est ni pour ni contre les OGM. C'est quand même plus prudent. As-tu seulement une idée de ce fourrage là, toi pauvre bourricot ? Je te le déclare tout net : 80% des humains sont contre. C'est très dangereux disent-ils, ça peut vous ruiner la santé en rien de temps, peut-être pas demain, mais à coup sûr avant longtemps. Au nom du principe de précaution, il faut repousser cette diabolique invention. Sans compter, pour vous camarades de gauche, qu'elle est l'oeuvre satanique d'une entreprise multinationale qui tond la laine sur le dos des pauvres paysans, et pour vous, camarades écolos, que la dite entreprise a empoisonné la moitié de la planète au PCB.
Le pauvre Sénateur, soucieux de faire valoir ses mérites écologiques a mis la main dans l'engrenage en se proposant pour présider le fameux Groupe de Travail au Grenelle de l'Environnement. Il s'est immédiatement retrouvé coincé entre les Faucheurs Volontaires menés par le Gardien de chèvres moustachu et le Lobby paysan dans ce qu'il a de plus consistant, celui des céréaliers. Aujourd'hui il se plaint amèrement : " Lorsque la haine et la méchanceté s'associent ainsi, j'éprouve un sentiment de mépris total à l'égard du ou des auteurs pour lesquels je ressens encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris"
A quoi ça sert d'être ni pour ni contre, si c'est pour en arriver là ? C'est que, comme pour le nucléaire, nous pataugeons en plein pathos. Pour l'électricité il nous faut choisir aujourd'hui entre les centrales atomiques et le réchauffement climatique. Demain de manière encore plus pressante nous devrons choisir entre l'agriculture intensive et la pénurie alimentaire, voire la famine. Monsieur le Sénateur ne nous donne pas d'explications sur ce cruel dilemme. Il dit seulement que les autres sont méchants avec lui, qu'il est un gaulliste de la première heure et un humaniste de toujours, et que si ça continue il va tout envoyer cul par dessus tête.
Heureusement le Sénateur se console car lui, qui n'est ni pour ni contre je le répète, reçoit des centaines de messages de soutien chaque jour. Il est devenu le dernier rempart pour la foule angoissée, puisque 80% de la population considère que les OGM sont le fruit de manigances diaboliques. Il est donc urgent d'interdire. Et il ne reste personne pour dire que faire de la politique c'est choisir, et pourtant on les paye pour ça nos politiciens, et plutôt bien.
Mon bourricot prit un air sentencieux.
-Avec des hommes aussi décidés on ne va pas tarder à manquer de foin pour l'hiver ! me dit-il.
Et il s'éloigna en broûtant, d'un air dégoûté.
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