15.05.2012
Saint François de Tulle dit le Corrézien

Quelques semaines avant le 6 mai, jour de l’élection de François H. à la Présidence, on a vu pleuvoir merveilleusement. Alors qu’au mois de mars on redoutait la pire des sécheresses et des pénuries calamiteuses de grains, j’ai pu observer, en traversant la France cette semaine, que les blés avaient poussé d’un bon pied et fort vigoureusement. J’ai vu également que les rivières méridionales roulaient des eaux tumultueuses à leur plus haut niveau, sans doute suffisamment pour recharger les nappes qui étaient il y a quelques semaines au plus bas. Je remarque à cette occasion qu’il ne s’en est suivi pour autant d’aucune catastrophe ni inondation. J’ai entendu dans tous les bourgs et dans tous les villages de nos campagnes que le peuple était content, que les troupeaux trouveraient à paître pour l’année entière et que les silos à blé seraient remplis dès cet été à déborder.
J’avais écrit il y a plus d’un an que François de Tulle serait notre Président à condition qu’il soit quelque peu chanceux, ou si on préfère, que la Providence lui accorde la Baraka. De la chance, le Corrézien n’en a pas manqué car même les démons du sexe ont volé à son secours. L’institution des primaires et plus encore la mauvaise pioche d’un Sarko maudit et dévalué, l'ont également secouru. Une toute dernière faveur lui est encore octroyée par une conjoncture économique butant ouvertement, comme il l’avait lui-même prédit, sur l’impossibilité de payer nos dettes avec une activité en récession. Même les libéraux les plus endurcis le regardent aujourd’hui avec un air dubitatif. Ils se demandent si leurs prédictions alarmistes ne risquent pas de faire pâlir leurs brevets d’experts. Avant même d’être installé Président, le Corrézien a rassemblé son camp et porté le doute chez ses adversaires, y compris chez nos cousins Germains. Il ne faut donc pas s’étonner dans ces conditions qu’il puisse également commander les nuées, déclancher les pluies et stopper les orages. Pour l’heure il a fait rendre gorge, en tout cas momentanément, aux tenants millénaristes des catastrophes climatiques.
Je m’attends à ce que d’autres miracles surviennent, comme la reprise de la croissance et la baisse du chômage, De la même façon il se pourrait que dorénavant tous les enfants sachent lire et compter en quittant l’école, que les naissances gémellaires se multiplient chez les bovins Charolais et que Mme Duflot ouvre pour ses amis une boulangerie de petits pains au maïs OGM ! En mettant au premier plan le facteur chance dans le succès de la campagne de Saint François de Tulle j’ignorais jusqu’à quel point le hasard et la nécessité seraient déterminants. Nous allons constater demain avec le gouvernement Ayrault et après demain, avec Angela Merkel, que ce phénomène exceptionnel n’en est qu’à ses débuts. Nous pouvons d’ores et déjà instruire un procès en béatification politique, François plaît aux Dieux ! Il utilise les bonnes méthodes et fait preuve d’un savoir faire tel que l’Olympe va se mobiliser pour décupler ses succès et lui assurer victoires sur victoires.
Je n’ai donc aucune gêne à porter l’encensoir et à devenir le thuriféraire respectueusement incliné d’un tel homme béni de Jupiter et de ses colistiers. Pour demeurer moi même, comme toujours, à la pointe du combat, et rester la vigie lucide qui veille aux avant postes, je vous conseille chers lecteurs, de vous prosterner devant la robe de bure de notre nouveau Prophète. Le règne de saint François de Tulle dit le Corrézien, dit aussi le Modeste, ne fait que commencer . La liste de ses miracles est encore balbutiante et nous devons nous attendre à des surprises incroyables. N’a t-il pas terrassé sans coup férir le Dragon horrible et trop bavard alors que la bête se vantait de ne faire qu’une bouchée de cet humble moine ? Je sens monter à travers ce beau pays de France, peuplé d’incroyants, d’infidèles et de sceptiques, une nouvelle vague d’Optimisme et de Foi.
Jube domine Saint François, benedicere !
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27.04.2012
Les digues s'effondrent...

Eugène Delacroix, 1830. La Liberté guidant le peuple
Entre la droite et l’extrême droite. On voyait ça venir depuis un bon moment. Dans l’espoir de se refaire, Sarkozy redouble de cynisme, d’ambiguïté et de proximité avec le Front. Les digues patiemment construites par la droite républicaine depuis la guerre pour éviter le pire, sont en train de s’écrouler. Les eaux noires de la xénophobie, du racisme anti-arabe, et de l’ethnocentrisme envahissent les parties basses de l’opinion publique. Elles submergent les quais de la laïcité, du respect de l’autre et de la fraternité qui ont été longtemps la gloire de notre République. Sarkozy par son comportement irresponsable aura contribué sciemment à l’abaissement civique et moral de notre pays.
Je ne dis pas que les électeurs du Front National n’ont pas les mêmes droits que les autres. J’avais déjà décrit le 22/03/2011 comment « Les bedas du Plain avaient voté pour le Front… » dans nos campagnes. L’isolement, le vieillissement, la difficulté de se soigner, l’impression de ne plus compter pour rien nourrissent depuis longtemps les peurs des petits blancs et des bofs, mes frères. Ce qui pose question ce ne sont pas les causes de la désespérance, visibles dans tous les bistrots et tous les marchés du coin et sur lesquelles tout le monde s’accorde. Ce qui pose question, c’est tout au contraire les réponses qu’on apporte, quand elles visent à encourager une espèce de jacquerie assez frustre contre les Arabes, l’Europe , les Ecolos et les Institutions.
Que la femme Le Pen développe ces thèses est dans l’ordre des fondements de son mouvement. Elle doit justement son succès à la transgression remettant en cause notre idéal social et républicain. Poussés à l’extrême les déclarations sans frein du Front nous mèneraient tout droit à la guerre civile et à la ruine. C’est exactement pour cette raison que la droite giscardienne ou chiraquienne s’est toujours bien gardée de frayer avec les thèses du FN, orchestrées d’ailleurs à l’époque par un tortionnaire borgne peu ragoûtant. En 2012 la vague marine, fille du précédent, a pris les belles couleurs de la dédiabolisation blondasse.
Nous sommes au faîte du populisme qui consiste à adopter des idées sans issue pour flatter les passions et les peurs du petit peuple et empocher ses voix. Aveuglés par le culot inculte de leur chef, plus de soixante pour cent des électeurs de Sarkozy du premier tour sont maintenant prêts à faire cause commune avec le Front National. Tout sauf Hollande, qu’on méprise, insulte, vilipende depuis plusieurs mois, avec une hargne constante, tout sauf Hollande, se dit la droite qui considère l’alternance politique comme une usurpation, un crime de lèse-majesté.
Heureusement ils ne sont que 60% et ce sont les 40% qui restent qui peuvent encore sauver la France de la nuit rance de la xénophobie et du repli sur soi.
Dans la vie on rencontre en effet deux sortes de gens . Les premiers ont le culte du chef et aiment les rapports de force. Ils sont habitués depuis tout petit aux comportements égoïstes, à la méfiance, au profit sou à sou amassé, aux bagarres de préau, à la « struggle for life » comme disait Darwin. Ils n'aiment pas l'inconnu ni l'étranger. Leur intellect est braqué sur leurs petits biens chèrement acquis. Ils sont accrocs aux biens meubles et immeubles et pleins de méfiance pour les grandes idées sauf éventuellement celles de leur curé. On est dur avec soi mais souvent encore bien plus dur avec les autres. Ils jugent que les chômeurs sont des faignants, les malades des tire au flanc, et les fonctionnaires des parasites ! Ils considèrent aussi que seules les andouilles se laissent plumer par le fisc. Mais par un banal retour des choses, ces mêmes personnes peuvent changer du jour au lendemain quand l’adversité les place en situation de dépendance. Ils se retournent alors vers la solidarité nationale et ils sont les premiers à la réclamer tous azimuts avec une grande âpreté. Ils votent Sarko.
La deuxième catégorie aime la démocratie et l’égalité. Elle est plus insouciante, plus gaie, plus ouverte, plus curieuse du monde qui les entoure que les précédents. Ces gens là ne se lèvent pas le matin en faisant le tour de leur automobile pour voir si on ne leur a rien volé. Ils aiment les voyages et encouragent leurs enfants à faire les meilleures études sans que ce soit forcément les plus lucratives. Ils aiment explorer, découvrir, prendre des risques. Ils ne tiennent pas plus que ça à leurs patrimoines et sont souvent dépensiers. Ils aiment la culture et préfèrent la poésie aux comptes en banques. Ce qui ne les empêche pas de détester la pauvreté pour eux et pour les autres, l’inconfort et la misère. Ils savent que le chômage et l’injustice sont les deux plaies de notre société et que seule l’intelligence peut nous tirer de là. Ce sont ceux là qui vont voter pour François Hollande le 6 mai.
Ceux là doivent se rassembler et faire bloc contre le conservatisme et l’injustice. Il ne faut pas chercher de boucs émissaires. Il nous faut faire confiance aux forces vives du pays, aux acteurs économiques, aux animateurs sociaux, aux créateurs de tous les horizons. Notre chance et notre richesse, comme toujours dans l’histoire, seront le rassemblement et la coopération des vieux gaulois fatigués (si tant est qu’on en trouve encore) avec tout ce sang neuf qui nous a toujours nourris et qui continue à nous irriguer de partout, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Inde, de la Chine… Et franchement, je fais des vœux pour que Sarkozy sorte de notre horizon et cesse de ternir l’image de la France. Il est temps qu’on confie les responsabilités à un homme « normal » apaisé, sûr de lui, ouvert, juste et rassembleur.
Aujourd’hui encore, FH, l’incapable, le rêveur, le menteur, reçoit le renfort de Draghi le Président de la Banque Centrale Européenne. Il y a trois mois Copé et Sarko, Juppé et NKM, assuraient FH de leur mépris total, à présent ils lui courent après en faisant des mines. Maintenant c’est 700 mosquées qui votent pour François renforcées par l’illustre Tarik Ramadan. Les Croisés sont à l’œuvre !!! La droite entre en guerre de civilisation ? Bravo Juppé, ministre des Affaires Etrangères. Honte à nous tous ! Comme le dit Bernard Cazeneuve, la droite ajoute le déshonneur à l’affolement et à la dispersion. Marine Le Pen n’aura plus qu’à ramasser les pots cassés pour en faire son lit électoral.
11:48 Publié dans campagne présidentielle, polémique, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, sarkozy, françois hollande, front national, deuxième tour, victoire socialiste, europe, draghi, croisade, juppé, cazeneuve | |
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05.04.2012
Plaidoyer pour tous les enfants du monde

Chagall- Le cirque
Avertissement
Mercredi 11 avril Bernard Cazeneuve animera un meeting
de soutien à François Hollande,
à la salle des Moulins de Morsalines, à 20h30
Je me plais à rappeler que j’ai choisi François Hollande dès qu’il a indiqué qu’il serait candidat. Tout autant que le Président sortant me révulse par ses rodomontades, ses vantardises et sa passion de la réussite narcissique, tout autant je me trouve en accord avec la discrétion, l’humour et la simplicité du candidat socialiste. Je ne suis pas du genre à éplucher les programmes pour y dénicher les détails porteurs de contradictions ou d’ à-peu-près, voire des omissions qui pourraient mériter la critique . Je sais trop bien que tout cela peut être remis en cause, reporté ou raboté et modifié par la conjoncture, par les rapports de force internes, par les évènements internationaux et même par l’état de confiance ou d’anxiété de l’opinion. Je m’en remets donc à François Hollande et à son équipe pour le corpus de son projet car je sais qu’il est inspiré de notre philosophie socialiste, laquelle installe au centre de tout, la justice sociale et le progrès humain.
Malgré tout je suis particulièrement accroc à ce que notre lider maximo a désigné comme la priorité des priorités : une politique de la jeunesse. Je suis un vieux militant socialiste mais je suis aussi un (presque trop) vieux papie enthousiaste. Rien ne me transporte plus de bonheur que le regard des enfants qui portent sur le monde une lumière d’espoir sans pareille. Ils ont tout à apprendre, tout à expérimenter, tout à découvrir et j’éprouve souvent un vertige passionné à imaginer ce que ces hommes où ces femmes en devenir vont offrir au monde de demain. Je vois bien dans ma petite troupe toute la diversité des talents, toute la panoplie des aptitudes, tout l’éventail des envies qui font qu’aucun enfant n’est semblable à un autre et que dans chacun il y a une réussite, un petit trésor pour l’humanité future. On parle de la pureté des enfants, ce n’est pas cela, ce qu’on voit en réalité, c’est le diamant de la force neuve, qui ne fait aucune place à la résignation, à la compromission, à l’abaissement , à la prudence, qui s’installent souvent avec les années accumulées.
Je parle de mes petits enfants parce que j’ai le bonheur de les voir grandir, progresser, muer, se transformer et sans doute réussir, mais je vous jure que j’éprouve la même émotion avec tous les visages enfantins connus et inconnus que je croise. Je mesure avec émerveillement la profondeur de toutes les chaînes de générations qui nous rattachent aux vieilles origines et qui nous transportent vers le futur. Et je mesure encore mieux les crimes contre nature qui tuent ou qui blessent, qui affament ou qui mettent en esclavage tous ces maillons de la réussite humaine. L’idée de placer la jeunesse au cœur de tout, est le fondement de l’altruisme, c’est à dire de l’espoir de progrès qui est chevillé au cœur de toute femme ou de tout homme.
Je vois partout que la vie est dure, que le chômage est galopant, que la misère rôde et que pour beaucoup, le minimum de confort n’est pas au rendez vous. Certains accusent la mondialisation, cette confrontation de nos états démocratiques et policés avec les pays émergents, devenus les ateliers du monde low-costs, qui mettent en danger nos emplois et notre bien-être. C’est certain, et pourtant il faut bien que les petits brésiliens ou les petits chinois, indiens, bengalis, s’en sortent, et après eux aussi tous les petits affamés du continent africain. Notre seule chance, pour nous sauver et sauver le monde, c’est que nous puissions apporter une plus value d’intelligence, un supplément de créativité et un trop plein d’imagination, que ces pays émergents dans l’urgence, ont moins le temps de concocter. Les vrais bonus sont ceux de l’invention et de la pertinence, pas les accumulations dérisoires de millions de dollars grattés sur le dos des gens qui travaillent.
L’enjeu de la jeunesse va bien au de là d’un enjeu électoral c’est un enjeu de civilisation. Je comprends mieux Vincent Peillon qui répète souvent que nous sommes dans une phase d’abaissement de la France. Un abaissement qui résulte de l’incapacité de mesurer à sa juste valeur l’investissement que nous devons à notre jeunesse, à son éducation, à sa santé, à son instruction, à sa formation. Nos jeunes doivent se saisir de tous les savoirs, de toutes les philosophies, de tous les arts et de toutes les cultures. Dans leurs cerveaux en ébullition, c’est l’addition qui préside avec la confrontation, la comparaison, la mise en perspective, ce n’est pas la sélection, pas la ségrégation, pas la discrimination, issus de jugements de valeur sortis de je ne sais quel ordre social qu’on veut faire domliner et maintenir. Là où la droite se hérisse parce qu’elle a peur des autres, nous gens de gauches devons être au contraire dans la synergie et la symbiose. A l’aune de ce qui se joue ici, les attaques dont sont l’objet les enseignants qu’on essaye de réduire à l’appât du gain, participent d’une vraie déconstruction de l’idéal civique de l’éducation.
Donner à nos enfants la joie de vivre et le bonheur d’apprendre ne sont pas des tâches vulgaires, elles sont au contraire d’une grande exigence et d’une grande noblesse intellectuelles et morales. Toutes les mesures qui rendent la tâche plus difficile à nos professeurs et qui leur dénient la dignité de leur rôle social et civique sont des crimes contre le futur. En accordant la priorité des priorités à l’éducation et la formation de la jeunesse, François Hollande renoue avec les pères fondateurs de la République, avec Jules Ferry, avec Jaurès, avec Mendès France. Je vais voter pour lui des deux mains, pour tous les miens, pour tous les vôtres, et pour tous les enfants de France et de Navarre.
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24.03.2012
Battre la campagne

Le semeur , Van Gogh, 1880
J’entends dire que les gens se désintéressent de la campagne des présidentielles, qu’ils n’y trouvent pas de réponses à leurs questions ni de solutions à leurs problèmes. Souvenons nous de 2007 quand on confrontait les candidats avec des électeurs témoins : la plupart d’entre eux abordaient la politique par la lunette étroite de leur cas personnel. L’un était handicapé,l’autre au chômage, le troisième en faillite et chacun venait témoigner à la télé comme devant un étal de supermarché pour faire ses courses. C’est une tendance lourde chez nos concitoyens dépolitisés que de rendre le gouvernement, donc le candidat, responsable de tous leurs avatars particuliers. L’attitude consumériste déployée jusqu’au choix politique consiste à apporter sa voix au plus offrant. Méfions nous de ces gens qui ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, car ils ne cherchent pas l’intérêt général, celui de leur pays , celui de l’avenir. Ils cherchent la satisfaction au plus vite de leurs propres difficultés, pas toujours exemplaires et pas vraiment significatives . La somme des intérêts particuliers ne fait pas une ambition collective.
L’autre brouillage est orchestré par certains candidats. « Je suis le bruit et la fureur » dit Mélanchon. Je trouve la phrase très belle et bien timbrée mais politiquement nulle. La méthode est largement appliquée par la femme Le Pen et par le candidat sortant. On adore à droite tordre le bras à la vérité pour détruire l’adversaire. Il suffit de voir Copé à l’œuvre mentant sans vergogne sur les positions de Hollande concernant le nucléaire ou le quotient familial. Dans le même temps Sarko a le culot d'accuser Hollande de mensonge, de cynisme, d’indécision, …etc. Les insultes pleuvent et comme on dit dans les réunions politiques, plus c’est gros plus ça passe. C’est le carpet bombing , repris en chœur par les journalistes aux narines palpitantes. Ces candidats indélicats raisonnent ( et résonnent) comme des grosses marmites vides qu’ils frappent très fort avec une grande louche, pour faire le plus de bruit possible, non pour être compris, mais pour être bien certains qu’on les entend partout, jusqu’au fond de la France. L’objectif est d’étouffer la voix de son adversaire et si possible de l’énerver pour lui faire perdre ses moyens. Je sais gré à François Hollande de refuser les anathèmes et les insultes et de conserver avec le plus grand calme sa dignité et sa cohérence.
Le plus étrange dans tout cela est le comportement de nos stars des médias dont le principal souci est de frapper un coup à droite et un coup à gauche (enfin pas toujours, ça dépend de la clientèle cf. Le Figaro) pour avoir un maximum d’audience des deux bords. Ils ont besoin de vendre leur copie et d’assurer la bonne fortune de la chaîne ou du journal qui les emploie. Leurs analyses sont à géométrie variable pour ne pas mécontenter leur part de marché. Les candidats peuvent donc se livrer à toutes les outrances, à tous les mensonges, à tous les amalgames sans risquer de vrais retours de flamme. Bayrou répète depuis le début qu’il ne va ni à droite, ni à gauche, à chaque intervention, mille fois, cent mille fois et il ne trouve personne pour lui dire que son programme électoral est manifestement trop court ? Sarkozy et l’UMP manient l’insulte et pilonnent François Hollande sans arrêt, et personne dans les grands media n’ ose dire : « Basta ! ce n’est pas le débat que nous voulons !!! »
Le vrai populisme c’est celui qui fait du marketing politique et du bombing, et comme par hasard ces deux termes nous viennent d’outre Atlantique. Les USA ne nous donnent pas vraiment l’exemple de la finesse dans les bagarres électorales qui se déroulent là bas à coups de millions de dollars. Sarko, dépourvu de vision à long terme, mais doué d’une capacité de réaction sans limites, seraient-elles de simple décence, est véritablement à son aise dans ce pugilat de cours d’école. Le pari de François Hollande c’est que les badauds ébahis ne peuvent se satisfaire d’un pareil spectacle. Il est convaincu comme bien d’autres citoyens attachés à la noblesse de l’action politique que son véritable rôle est avant tout pédagogique et que sa mission est de convaincre, sûrement pas de flatter les instincts les moins nobles des électeurs.
Avez vous remarqué lors d’un accident de la route ou d’une catastrophe naturelle, comment les bof vont s’agglutiner pour jouir du spectacle ? Nous voyons la même attitude en campagne électorale, les analphabètes de la pensée comptent les coups, mesurent les litres de sang répandu, dénombrent les morts et frétillent à la vue des cadavres. Les candidats et les commentateurs qui flattent ces instincts là, feront toujours l’objet de ma désapprobation et de mon hostilité, car ils préfèrent leur victoire personnelle et leur ego au progrès de la France et des Français.
Les enjeux électoraux n’ont rien à voir avec les joutes sportives. Dans une course de vélos c’est le plus tonique qui gagne, il est d’ailleurs souvent dopé. Les débats politiques sont plutôt affaire d’intellectuels ayant l’esprit bien charpenté et s’investissant dans une vision globale du monde. La gestion des affaires du pays sur le moyen et le long terme nécessite une conception approfondie de l’état des nations et des enjeux historiques qui président à leur destin. Sarko à une capacité aigue de réagir aux évènements mais n’a aucune idée globale. Les projets de François Hollande s’inscrivent au contraire dans une vision humaniste de la nation et des citoyens impliquant toujours en arrière plan, une action sur la durée. A nous de choisir entre les satisfactions immédiates et gratifiantes promises aux plus dégourdis et la restauration patiente d’un ordre juste dans une société qui évolue vers le mieux vivre, pour tous les citoyens.
Les assassinats odieux du Sud-Ouest ont inscrit des points sanglants de suspension dans la bataille politique. Je reviendrai sûrement sur la triste odyssée du tueur fou enfermé dans le labyrinthe de son djihadisme dément. A bien des égards le tueur est à ranger avec beaucoup d’autres, comme le fou de Norvège ou le soldat américain de Kandahar. Les faits ont une coloration politique parce qu’ils s’inscrivent dans la mouvance de l’islamisme obscurantiste, mais ils sont également le résultat d’une dérive sectaire d’esprits désertés par la raison, qui autorise à les classer dans les faits divers. Je crois bien que nos compatriotes ont bien compris cela en ne cédant pas à la panique ni à l’amalgame ni à l’hystérie sécuritaire.
En terminant cette chronique je me dis que nos leaders politiques devraient plus que jamais s’astreindre à donner l’exemple du respect des personnes et de la sérénité des esprits. Nos candidats électoraux doivent s’employer à refuser les excès de langage et s’interdire la vulgarité qui envahit nos écrans sous bien des formes. Ils ne devraient jamais se départir du respect d’autrui et au moins savoir s’écouter. Plus que jamais l’exemple doit venir d’en haut . J’en voudrai toujours au misérable Président Sarkozy d’avoir rabaissé sa fonction présidentielle au niveau détestable des pugilats de quartier. Qu’il soit encore soutenu par des personnes éminentes de notre société, voire par des dirigeants de la jet set bon chic bon genre, en dit long sur le degré de civisme de ces gens là. N’est-ce pas Dame Chirac qui habitez les beaux quartiers et qui tenez tant à votre image de respectabilité ? Ces belles personnes habituées à parader dans les défilés de mode, ne voient donc pas qu’elles sèment et légitiment d’aristocratique manière l’imbécile exemple de la loi du plus fort, comme dans une bande, comme dans un gang, comme dans une mafia ?
17:40 Publié dans Actuelles, campagne présidentielle, monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarko, toulouse, pugilat, abaissement de la république, françois hollande | |
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26.01.2012
La confiance et le funambule

Dimanche 22 janvier au Bourget, François Hollande nous a offert un grand discours politique qui a répondu aux espoirs et aux inquiétudes de la gauche. Bien sûr il y aura toujours des gens qui vont lui reprocher de ménager « les capitalistes » et d’autres qui vont l’accuser de retourner « aux vieilles lunes » de la sociale ! Nous sommes dans une démocratie dont les institutions exigent de rassembler plus de la moitié des Français. Pour gagner il faut en appeler aux grands principes communs de notre République et en particulier à la justice. Les gens, surtout les plus modestes sont capables de faire les plus grands sacrifices quand ils sont persuadés que ces efforts sont équitablement partagés. Sarkozy ne va pas être réélu parce que les citoyens sont convaincus que ce Président a gouverné pour son camp, celui des élites économiques et financières, voire pour son clan, ses proches et sa famille. Les symboles du Fouquet’s et du yacht de Bolloré ont finalement pesé lourd dans la balance parce que au bout du compte Sarkozy n’a jamais su les démentir.
L’augmentation de la dette publique et celle du chômage sont apparus en revanche comme le piètre résultat de ce quinquennat bruyamment mis en œuvre par les ténors les plus arrogants de l’UMP. Le bouclier fiscal n’a jamais encouragé le retour des capitaux et la financiarisation de l’économie a continué de freiner les investissements productifs. La défiscalisation des heures supplémentaires n’a pas relancé la consommation ni donné un avantage quelconque à nos entreprises dont les succès à l’exportation sont restés trop modestes. Quelle que soit l’habileté redoutable de Sarkozy en campagne je pense pour toutes ces raisons que les jeux sont faits. Il a déjà tout tenté pour remonter la pente, il a passé la main dans le dos à Obama et gratifié Mme Bismarck de sourires sucrés, il a montré son entregent international et étalé sa réactivité dans toutes nos provinces, en pure perte, puisque rien ne bouge à son avantage dans les sondages.
La victoire est donc à portée de main pour notre champion. Celui-ci est parti de loin alors que personne n’y croyait et que DSK était annoncé comme l’homme providentiel. J’ai toujours pensé que dans la conjoncture présente le peuple avait besoin qu’on lui signifie respect et dévouement. Seul François le modeste nous annonçait une présidence normale respectueuse des principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de justice. Il réfutait l’illusion de l’homme providentiel, il s’annonçait soucieux de dire la vérité aux Français et de ne pas l’égarer par des promesses fumeuses. Il me semble que les gens ont compris cela et qu’ils en sont aujourd’hui pour le plus grand nombre convaincus. Malgré toutes les violences verbales, les attaques dont il a été l’objet à gauche comme à droite, les électeurs sont de plus en plus nombreux à lui accorder leur confiance.
Rien ne serait plus désastreux d’oublier ces données fondamentales. FH ne devra pas gouverner en s’appuyant sur une moitié du peuple pour mieux en stigmatiser l’autre moitié. Le nouveau Président devra être l’élu de tous les Français et veiller à réparer toutes les fractures et toutes les divisions de notre société : ne plus parler d’émigrés à tout bout de champ et ne pas mettre dans le collimateur une soi-disant classe de nantis, pour mieux flatter le populaire. Il devra aussi rétablir l’honneur des religions quelles qu’elles soient, quand elles se tiennent hors du champ de l’extrémisme politique. Rassembler, panser les plaies, apaiser notre société survoltée et déboussolée, voilà le chemin qui va permettre de retrouver sur le fil la confiance et le dynamisme de notre pays. C'est un vrai travail de funambule.
19:01 Publié dans campagne présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, confiance, rassemblement, nation | |
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