10.05.2011
Eloge de notre député-maire Bernard Cazeneuve
Chacun sait que je ne suis pas un adepte de la brosse à reluire et que je suis plutôt, l’âge aidant, un ratiocineur qui adore débusquer les arrivistes et les profiteurs présumés. C’est la raison pour laquelle je me sens à l’aise dans cet éloge, qui n’a rien à voir avec une oraison convenue mais qui se veut tout au contraire un appel à l’encouragement et à la louange d' un de nos principaux leaders politiques de notre région. Les anciens, réputés pleins de sagesse et de discernement, peuvent aussi servir à ça.
Depuis plusieurs années déjà, je sentais que nos notables manchots de l'UMP empruntaient le chemin du déclin. Le Président Legrand malgré quelques bonnes intuitions sur l’environnement ou le tourisme s’est englué avec l’âge dans des jeux tacticiens périmés qui traduisent une vraie déliquescence de l’action politique dans le département, accélérée par le sarkozysme ambiant. Il faut maintenant une relève appelant une nouvelle génération de gens modernes, compétents, intègres, dont les conceptions civiques ne peuvent être mises en doute.
Chaque fois que je réfléchissais à la question, mon regard se tournait vers Cherbourg dont le Député-Maire me paraissait porteur de nos meilleures espérances. Comme militant PS, c’est d’abord dans mon Parti que je m'attendais à trouver les arguments confortant cette intuition. Autant le dire tout de suite, j’ai été déçu : le malin plaisir à gauche est de dévorer nos propres enfants. Bernard Cazeneuve est une personnalité discrète et pudique. Ce sont des qualités que j’apprécie sincèrement mais qui ne facilitent pas pour autant les contacts et qui expliquent peut-être le peu d'enthousiasme des cadres du PS à se ranger derrière tel ou tel. Autant dire que lorsque la publication de son livre sur Karachi a été annoncée, je me suis précipité, pour en savoir plus sur notre député.
Cet ouvrage aurait être, comme je le redoutais, une compilation de rapports et de documents « gris » plus ou moins officiels, à vocation informative. Pas du tout. C’est un vrai livre dans lequel notre député décrit ses états d’âme et sa méthodologie, son sens civique et sa conception de la politique. Sa lecture a répondu à mes attentes et a suscité chez moi beaucoup d’enthousiasme. La preuve en est que j’écris ces lignes alors que j’ai à peine terminé ma lecture. J’ai maintenant la conviction que Bernard C. est le leader politique qui nous manque dans la presqu’île.
L’ouvrage nous donne les clés de sa personnalité. Contrairement aux grandes gueules dont on nous rebat les oreilles, notre député n’est pas secret, il est seulement pudique. Ce qu’on prend pour de l’indifférence est en réalité du respect pour autrui. Il fuit la gloriole et il a trop d’humour pour se laisser prendre au piège de la notoriété. En revanche c’est un inquiet et un bosseur.
Pour leur venir en aide il a prévenu les victimes de Karachi et leurs familles, qu’il ne ferait aucune exploitation politique de leur combat et que seule la connaissance aussi exacte que possible des faits pouvait être utile. La vérité ne pouvait sortir des jeux de rôles conventionnels qui bloqueraient la machine institutionnelle. Notre député a donc entrepris un travail de notaire, modeste et patient, sans concession mais plein d’un humour ciselé qui a désarmé beaucoup de réticences et a vaincu une partie des obstacles que lui a opposés la majorité gouvernementale. Chapeau l’artiste !
Je pourrais donner des exemples, des détails, mais chacun d’entre nous doit lire ce livre qui décrit la noblesse du combat politique quand il prend les contours d’un travail d’orfèvre. A une époque où l’esprit de responsabilité de nos élites est souvent controversé, l’analyse de Bernard C. nous fait comprendre que l'esprit de méthode et la hauteur de vue sont des qualités infiniment précieuses quand elles sont mises au service de la collectivité. En quelques pages nous pouvons apprécier tout le courage et toute la finesse de notre Député qui a du affronter des grands méchants loups de la politique tels que Léotard ou Balladur. Nous avons la chance d’avoir parmi nous un homme au caractère bien trempé.
Je suis sûr que dans ce livre, Bernard Cazeneuve fait preuve de qualités hors du commun et qu’elles lui seront reconnues. Je supplie mes camarades des sections de la Fédé50 et du Conseil Fédéral d’être les premiers à le dire et le redire. Nous devons en conséquence pousser ensemble pour mettre en avant celui qui mérite le mieux d’arbitrer, d’innover, et d’entraîner notre action socialiste . Nous devons faire de notre Député-Maire un grand leader et lui donner les moyens psychologiques et politiques d’entraîner notre département dans la voie de la modernisation et du progrès.
Je crois à la démocratie, à la transparence, à la participation des citoyens et à leur esprit critique mais je crois aussi à la puissance de l’esprit (pour parler comme notre regretté F.M.) , à l’intelligence et au courage de chacun. Bernard Cazeneuve est celui qui va compter dans notre région pour les trente ans à venir. Je prie mes dieux préférés pour qu’il garde en toutes circonstances la modestie et l’énergie qui lui seront nécessaires.
17:55 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, cherbourg, karachi, manche, cotentin, cazeneuve, député | |
Imprimer
14.05.2010
Alfred Rossel (1841-1926)
Il n'y a pas un normand de la presqu'île qui ne connaisse Alfred Rossel, ne serait-ce que parce qu'un groupe folklorique fort estimable, portant couèffes et capets, porte ce nom. Je veux lui faire une place ici parce que je trouve qu'il est injustement méconnu. Même encore aujourd'hui, il n'y a guère de manifestation en Cotentin, publique ou familiale, qui ne se termine par un "Su la mé" entonné en choeur. Mais , on a oublié entre temps que c'est Alfred Rossel qui est l'auteur de notre hymne régional .
Cet hymne est aussi emblêmatique que le Petit Quinquin pour les ch'tis ! (ou l'Internationale pour les militants gauchistes)
Su la mé
Quand je sî sû le rivage,
Bi tranquille, êt' ous coum' mé ?
J' pense à ceux qui sont en v'yage,
En v'yage ou loin, sû la mé.
En v'yage ou loin,
En v'yage ou loin, sû la mé
I - La mé ch'est vraiment superbe
Et j'aime bi quand î fait biau,
L'été sous nos cllos en herbe
La veî s'endormin un miau.
Mais quand o' s'fach', la vilaine,
Et qu'no z'entend, de t'cheu nous'
La grosse vouai de la s'yraine,
No z-en a quasiment poux
II - J'aime bi, dans les jours de fête,
quand nos batiaux sont à quai,
A l'abri de la tempête.
A Chidbourg coum au Béquai.
Ch'est là qu'i sont le mû sans doute,
Des trais couleurs pavouésés ;
Mais, de gnit, dans la Déroute,
Hélas ! qu'i sont exposés.
III - Quand o sâot' par sus la Digue,
Dont o' fait tremblier les blios,
Qu'à l'ancre, l'vaisseau fatigue,
Ah ! ver' je pense és mat'los !
Reverront-i lus villages,
Et pourront-i ratteri ?
J'avons d'si maovais parages
De Barflieu jusqu'à Goury.
IV - J'ai deux fis dans la Mareine
Deux forts et hardis gaillards
L'un revî de Cochincheine,
L'autre de Madagascars.
Y rentrent, lû corvé faite,
D'y penser, no n'en vit pas,
Mais que j'pliains, sans les counaîte,
Ceux qui sont restés là-bas !
Alfred ROSSEL 1841 - 1926
"Un homme qui avait du génie mais qui ne l'a jamais su"
Rossel fut un chansonnier modeste et populaire. Il est né à Cherbourg d'une mère qui tenait un cabaret portant le joli nom de "Jardin d'amour" rue du Maupas. Sa vie fut un exemple de régularité. Il a fait carrière dans les bureaux de l'inscription maritime, sans quitter Cherbourg. Il avait une petite maison secondaire à Barfleur, rue Thomas Beckett. Il est mort aveugle à la suite d'un accident plutôt bête (il s'est pris les pieds dans la laisse de son chien en descendant de la diligence). Sa chance fut d'avoir rencontré un interprète très proche de sa sensibilité,Charles Gohel, maître voilier à Cherbourg, qui lui est resté fidèle sa vie durant. Ses poèmes en patois publiés à partir de 1872 chez Magne, connurent un succès immédiat et durable. Rossel aimait les petites fleurs, les jardins et la musique.
Si vous vous intéressez au patois, allez sur le site de
http://magene.chez-alice.fr/
11:41 Publié dans patois normand | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature populaire, normandie, cherbourg, barfleur | |
Imprimer



