27.04.2012

Les digues s'effondrent...

marine le pen,sarkozy,françois hollande,front national,deuxième tour,victoire socialiste,europe,draghi,croisade,juppé,cazeneuve

 Eugène Delacroix, 1830. La Liberté guidant le peuple

 

Entre la droite et l’extrême droite. On voyait ça venir depuis un bon moment. Dans l’espoir de se refaire, Sarkozy redouble de cynisme, d’ambiguïté et de proximité avec le Front. Les digues patiemment construites par la droite républicaine depuis la guerre pour éviter le pire,  sont en train de s’écrouler. Les eaux noires de la xénophobie, du racisme anti-arabe, et de l’ethnocentrisme envahissent les parties basses de l’opinion publique. Elles submergent les quais de la laïcité, du respect de l’autre et de la fraternité qui ont été longtemps la gloire de notre République. Sarkozy par son comportement irresponsable aura contribué sciemment à l’abaissement civique et moral de notre pays.

 

Je ne dis pas que les électeurs du Front National n’ont pas les mêmes droits que les autres. J’avais déjà décrit le 22/03/2011 comment « Les bedas du Plain avaient voté pour le Front… » dans nos campagnes. L’isolement, le vieillissement, la difficulté de se soigner, l’impression de ne plus compter pour rien nourrissent depuis longtemps les peurs des petits blancs et des bofs, mes frères. Ce qui pose question ce ne sont pas les causes de la désespérance, visibles dans tous les bistrots et tous les marchés du coin et sur lesquelles tout le monde s’accorde. Ce qui pose question, c’est tout au contraire les réponses qu’on apporte, quand elles visent à encourager une espèce de jacquerie assez frustre contre les Arabes, l’Europe , les Ecolos et les Institutions.

 

Que la femme Le Pen développe ces thèses est dans l’ordre des fondements de son mouvement. Elle doit justement son succès à la transgression remettant en cause notre idéal social et républicain. Poussés à l’extrême les déclarations sans frein du Front nous mèneraient tout droit à la guerre civile et à la ruine. C’est exactement pour cette raison que la droite giscardienne ou chiraquienne s’est toujours bien gardée de frayer avec les thèses du FN, orchestrées d’ailleurs à l’époque par un tortionnaire borgne peu ragoûtant. En 2012 la vague marine, fille du précédent,   a pris les belles couleurs de la dédiabolisation blondasse.


Nous sommes au faîte du populisme qui consiste à adopter des idées sans issue pour flatter les passions et les peurs du petit peuple et empocher ses voix. Aveuglés par le culot inculte de leur chef, plus de soixante pour cent des électeurs de Sarkozy du premier tour sont maintenant prêts à faire cause commune avec le Front National. Tout sauf Hollande, qu’on méprise, insulte,  vilipende depuis plusieurs mois, avec une hargne constante, tout sauf Hollande,  se dit la droite qui considère l’alternance politique comme une usurpation, un crime de lèse-majesté.

 

Heureusement ils ne sont que 60% et ce sont les 40% qui restent qui peuvent encore sauver la France de la nuit rance de la xénophobie et du repli sur soi.

 

Dans la vie on rencontre en effet deux sortes de gens . Les premiers ont le culte du chef et aiment les rapports de force. Ils sont habitués depuis tout petit aux comportements égoïstes, à la méfiance, au profit sou à sou amassé, aux bagarres de préau, à la « struggle for life » comme disait Darwin. Ils n'aiment pas l'inconnu ni l'étranger. Leur intellect est braqué sur leurs petits biens chèrement acquis. Ils sont accrocs aux biens meubles et immeubles et pleins de méfiance pour les grandes idées sauf éventuellement celles de leur curé. On est dur avec soi mais souvent encore bien plus dur avec les autres. Ils  jugent que les chômeurs sont des faignants, les malades des tire au flanc, et les fonctionnaires des parasites !  Ils considèrent aussi que  seules les andouilles se laissent plumer par le fisc.  Mais par un banal retour des choses, ces mêmes personnes peuvent changer du jour au lendemain  quand l’adversité les place en situation de dépendance. Ils se retournent alors vers la solidarité nationale et ils sont les premiers à la réclamer tous azimuts avec une grande âpreté. Ils votent Sarko.

 

La deuxième catégorie aime la démocratie et l’égalité. Elle est plus insouciante, plus gaie, plus ouverte, plus curieuse du monde qui les entoure que les précédents. Ces gens là ne se lèvent pas le matin en faisant le tour de leur automobile pour voir si on ne leur a rien volé. Ils aiment les voyages et encouragent leurs enfants à faire les meilleures études sans que ce soit forcément les plus lucratives. Ils aiment explorer, découvrir, prendre des risques. Ils ne tiennent pas plus que ça à leurs patrimoines et sont souvent dépensiers. Ils aiment la culture et préfèrent la poésie aux comptes en banques. Ce qui ne les empêche pas de détester la pauvreté pour eux et pour les autres, l’inconfort et la misère. Ils savent que le chômage et l’injustice sont les deux plaies de notre société et que seule l’intelligence peut nous tirer de là. Ce sont ceux là qui vont voter pour François Hollande le 6 mai.

 

Ceux là doivent se rassembler et faire bloc contre le conservatisme et l’injustice. Il ne faut pas chercher de boucs émissaires. Il nous faut faire confiance aux forces vives du pays, aux acteurs économiques, aux animateurs sociaux, aux créateurs de tous les horizons. Notre chance et notre richesse, comme toujours dans l’histoire, seront le rassemblement et la coopération des vieux gaulois fatigués (si tant est qu’on en trouve encore) avec tout ce sang neuf qui nous a toujours nourris et qui continue à nous irriguer de partout, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Inde, de la Chine… Et franchement,  je fais des vœux pour que Sarkozy sorte de notre horizon et cesse de ternir l’image de la France. Il est temps qu’on confie les responsabilités à un homme « normal » apaisé, sûr de lui, ouvert, juste  et rassembleur.

 

Aujourd’hui encore, FH, l’incapable, le rêveur, le menteur, reçoit le renfort de Draghi le Président de la Banque Centrale Européenne. Il y a trois mois Copé et Sarko, Juppé et NKM, assuraient FH de leur mépris total, à présent ils lui courent après en faisant des mines. Maintenant c’est 700 mosquées qui votent pour François renforcées par l’illustre Tarik Ramadan. Les Croisés sont à l’œuvre !!! La droite entre en guerre de civilisation ? Bravo Juppé, ministre des Affaires Etrangères.  Honte à nous tous ! Comme le dit Bernard Cazeneuve, la droite ajoute le déshonneur à l’affolement et à la dispersion. Marine Le Pen n’aura plus qu’à ramasser les pots cassés pour en faire son lit électoral.

10.05.2011

Eloge de notre député-maire Bernard Cazeneuve

 

ps,cherbourg,karachi,manche,cotentin,cazeneuve,députéChacun sait que je ne suis pas un adepte de la brosse à reluire et que je suis plutôt, l’âge aidant,  un ratiocineur qui adore débusquer les arrivistes et les profiteurs présumés. C’est la raison pour laquelle je me sens à l’aise dans cet éloge, qui n’a rien à voir avec une oraison convenue mais qui se veut tout au contraire un appel à l’encouragement et à la louange d' un de nos principaux leaders politiques de notre région. Les anciens, réputés pleins de sagesse et de discernement,  peuvent aussi servir à ça.

 

Depuis plusieurs années déjà,  je sentais que nos notables manchots de l'UMP empruntaient le chemin du déclin. Le Président Legrand malgré quelques bonnes intuitions sur l’environnement ou le tourisme s’est englué avec l’âge dans des jeux tacticiens périmés qui traduisent une vraie déliquescence de l’action politique dans le département, accélérée par le sarkozysme ambiant. Il faut maintenant une relève appelant une nouvelle génération de gens modernes, compétents, intègres,  dont les conceptions civiques ne peuvent être mises en doute.

 

Chaque fois que je réfléchissais à la question, mon regard se tournait vers Cherbourg dont le Député-Maire me paraissait porteur de nos meilleures espérances. Comme militant PS,  c’est d’abord dans mon Parti que je m'attendais à trouver les arguments  confortant  cette intuition. Autant le dire tout de suite, j’ai été déçu : le malin plaisir à gauche est de dévorer nos propres enfants. Bernard Cazeneuve est une personnalité discrète et pudique. Ce sont des qualités que j’apprécie sincèrement mais qui ne facilitent pas pour autant les contacts et qui expliquent peut-être le peu d'enthousiasme des cadres du PS à se ranger derrière tel ou tel. Autant dire que lorsque la publication de son livre sur Karachi a été annoncée, je me suis précipité, pour en savoir plus sur notre député.

 

Cet ouvrage aurait être, comme je le redoutais,  une compilation de rapports et de documents « gris » plus ou moins officiels, à vocation informative. Pas du tout. C’est un vrai livre dans lequel notre député décrit ses états d’âme et sa méthodologie, son sens civique et sa conception de la politique. Sa lecture a répondu à mes attentes et a suscité chez moi beaucoup d’enthousiasme. La preuve en est que j’écris ces lignes alors que j’ai à peine terminé ma lecture. J’ai maintenant la conviction que Bernard C. est le leader politique qui nous manque dans la presqu’île.

 

L’ouvrage nous donne les clés de sa personnalité. Contrairement aux grandes gueules dont on nous rebat les oreilles, notre député n’est pas secret, il est seulement pudique. Ce qu’on prend pour de l’indifférence est en réalité du respect pour autrui. Il fuit la gloriole et il a trop d’humour pour se laisser prendre au piège de la notoriété. En revanche c’est un inquiet et un bosseur.

 

 Pour leur venir en aide il a prévenu les victimes de Karachi et leurs familles, qu’il ne ferait aucune exploitation politique de leur combat et que seule la connaissance aussi exacte que possible des faits pouvait  être utile. La vérité ne pouvait sortir des jeux de rôles conventionnels qui bloqueraient la machine institutionnelle. Notre député a donc entrepris un travail de notaire, modeste et patient, sans concession mais plein d’un  humour  ciselé  qui a désarmé beaucoup de réticences  et a vaincu une partie des  obstacles que lui a opposés la majorité gouvernementale. Chapeau l’artiste !

 

Je pourrais donner des exemples, des détails, mais chacun d’entre nous doit lire ce livre qui décrit la noblesse du combat politique quand il prend les contours d’un travail d’orfèvre. A une époque où l’esprit de responsabilité de nos élites est souvent controversé, l’analyse de Bernard C. nous fait comprendre que l'esprit de méthode et la hauteur de vue sont des qualités infiniment précieuses quand elles sont mises au service de la collectivité. En quelques pages nous pouvons apprécier tout le courage et toute la finesse de notre Député qui a du affronter des grands méchants loups de la politique tels que Léotard ou Balladur. Nous avons la chance d’avoir parmi nous un homme au caractère bien trempé.

 

Je suis sûr que dans ce livre, Bernard Cazeneuve fait preuve de qualités hors du commun et qu’elles lui seront reconnues.  Je supplie mes camarades des sections de la Fédé50 et du Conseil Fédéral d’être les premiers à le dire et le redire. Nous devons en conséquence pousser ensemble pour mettre en avant celui qui mérite le mieux d’arbitrer, d’innover, et d’entraîner notre action socialiste . Nous devons faire de notre Député-Maire un grand leader et lui donner les moyens psychologiques et politiques d’entraîner notre département dans la voie de la modernisation et du progrès.

 

Je crois à la démocratie, à la transparence, à la participation des citoyens et à leur esprit critique mais je crois aussi  à la puissance de l’esprit (pour parler comme notre regretté F.M.) , à l’intelligence et au courage de chacun. Bernard Cazeneuve est celui qui va compter dans notre région pour les trente ans à venir. Je prie mes dieux préférés pour qu’il garde en toutes circonstances la modestie et l’énergie qui lui seront nécessaires.