02.12.2011
Au travail mes bons Princes !

J’entends un peu partout chez des gens bien informés que le PS, mon parti, n’aurait pas complètement cicatrisé les plaies de l’élection primaire. On me dit que dans le Nord et en Haute Normandie, subsistent des poches de réfractaires à François Hollande et que dans certaines instances on profiterait des débuts de campagne pour arrondir son pré carré (hum…). Les deux principaux visés seraient Aubry et Fabius. Je ne suis pas étonné. Ces deux-là n’abdiqueront jamais, ils ont grandi dans les coups et les coulisses, les urnes à double fond et les alliances suspectes. Ils tiennent plus que tout à leur statut de Premiers Barons du Parti et à leurs fiefs de Picardie et des Flandres.
On devrait pourtant dès aujourd’hui se rendre compte que nous avons à faire à forte partie. Sarkozy, tout le monde en convient, est un piètre Président, mais un fameux candidat. Pour l’instant il s’essaie à réunir son camp favori, celui de la droite dure. Il lui faut mordre sur l’électorat de la femme Le Pen. Plus tard, n’en doutons pas, il va se tourner vers ses centristes, les flatter dans le sens du poil, leur promettre des portefeuilles et ça marchera. Sarkozy est aujourd’hui au plus bas mais en deux louches de démagogie, il en appellera à Jaurès et à de Gaulle. C’est à ce moment là que les temps seront durs pour notre candidat.
Pour gagner, nous devons garder l’initiative et ne pas nous laisser entraîner dans les coups de bluff du Président sortant. Il ne faut pas se contenter de rendre coup pour coup, nous avons l’obligation de conserver un coup d’avance, pour faire campagne sur nos thèmes et pas sur ceux de l’adversaire. Parmi ces thèmes, il y a une réalité lourde que le petit Président ne peut pas masquer et que les Français ne vont pas lui pardonner aisément, c’est l’explosion du chômage et plus précisément de celui des jeunes. La difficulté pour trouver un emploi stable est un drame pour les jeunes eux-mêmes, mais aussi pour les parents qui sont obligés de subvenir aux besoins. La gauche doit convaincre qu’elle va vraiment s’investir pour un retour de l’activité, de la croissance et de l’investissement des entreprises. François Hollande doit marteler que notre priorité ira à la formation de la jeunesse, et au renforcement de la recherche et de l’innovation. Notre grand chantier est de relever notre niveau de production et de créer des emplois. C’est d’ailleurs la seule vraie condition pour sortir de l’endettement.
Nous n’avons pas à suivre les sarkozystes dans les méandres de leurs démêlés avec les marchés financiers. Ceux-ci n’ont plus confiance parce que les gouvernements actuels sont justement ceux qui ont massivement accru les dettes d’Etat. Le gouvernement français a emprunté 500 milliards en quatre ans ! Ce sont les ministres actuels qui nous ont mis dans la main crochue des marchés et des agences de notation. Nous devons exiger de nos forts en thème, de nos Baroin, Pécresse, Wauquiez, pleins d’arrogance et de suffisance, qu’ils nous sortent du bourbier. Depuis deux ans, comme l’a dit à la télévision l’ogre déchu du FMI, ils font trop peu, trop tard. S'ils sont incapables de résoudre ce foutu problème, ils n’ont qu’à partir.
Bien entendu, il nous faut affirmer bien fort que si nous étions aux affaires, rien de tel ne serait arrivé. La gauche est bien meilleure gestionnaire que la droite, car elle a besoin de l’Etat. La droite, elle, par idéologie, ne cesse de le rabattre et de l’abaisser. Avec elle un seul ennemi, la dépense publique ! A gauche, on pense que la puissance financière de l’Etat peut être utilisée pour relancer l’activité et gagner la confiance. Notre candidat FH est l’homme du rassemblement et de la confiance. Une banque publique d’investissement, des euro-bonds, la chasse aux paradis fiscaux et à l’évasion fiscale, des grands chantiers, voilà le langage de la gauche ! Il y a sans doute là dedans des traces de démagogie, mais je ne crois pas que nous pourrons gagner sans forcer le trait et caricaturer quelque peu.
Alors je m’adresse aux Barons de l’Artois, de Picardie et de la Basse Seine et je leur signale qu’ il y a du pain sur la planche. Vous êtes imbus de votre pouvoir et de vos privilèges ? Alors profitez en pour faire œuvre utile et répandre la bonne parole. Les petits arrangements de courants, de circonscriptions et d’ego ne sont que des frivolités au regard de la partie qui va se jouer et dont l’issue décidera de notre avenir collectif. Prenez exemple sur la dernière intervention de Ségolène Royal au Nouvel Obs qui pointe 75 discours de Sarkozy sur la crise, remplis de promesses sans effet et de contradictions. Elle travaille utilement pour son ex. Il est temps de vous y mettre également mes bons Princes !
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29.09.2011
Aux primaires socialistes, Martine doit se retirer!

L’hésitation n’est plus de mise !
La semaine a été faste pour les socialistes et la gauche en général. Avec le Sénat, c’est un vieux bastion de la droite qui s’effondre. On peut croire qu’il y a là-bas quelques placards qui renferment des secrets de famille. Comme lors d’une succession, l’alternance va permettre de les exhumer et de les publier. Il était question de vider les écuries. La Gauche va se trouver à pied d’œuvre. Je ne sais pas pourquoi, il me semble que J.P. Bel, ce provincial discret, répand comme un parfum d’honnêteté et de simplicité. Attendons de le voir à l’œuvre.
L’autre heureux évènement tient à la tenue du deuxième débat télévisé des candidats aux primaires. Tous les six ont fait preuve d’intelligence et de sérieux. Cette confrontation des idées dans la clarté et la liberté est à l’honneur du Parti. On y découvre que la relève est assurée avec des hommes comme Montebourg et Valls qui représentent utilement deux pôles, l’un plus à gauche et l’autre plus à droite qui encadrent la figure centrale de François Hollande. Celui-ci n’a pas failli à son rôle de rassembleur ouvert aux idées nouvelles. Il a délaissé tout esprit polémique en signifiant aux cinq autres qu’on avait besoin de tout le monde et qu’il était le mieux placé pour entraîner l’équipe, sans morgue ni animosité. Il s’est affirmé sans effort, devant tous les téléspectateurs, comme le leader le plus « naturel » de notre Parti. Il est déjà Président.
Je n’en dirais pas autant de sa concurrente la plus directe. Martine Aubry a été en permanence dans la défensive et l’acrimonie. On sent bien qu’elle en veut à ses camarades de lui disputer la place. Elle rejoint en ce sens beaucoup de dignitaires du Parti qui pensent que ces Primaires ne devraient pas exister. Elle se retranche derrière sa fonction de Première Secrétaire dont elle se vante d’avoir assumé glorieusement les fonctions. Ce qu’on peut discuter, mais qui n’est pas essentiel : depuis quand serait-il convenu qu’un bon Premier Secrétaire ferait un bon Président de la République ?
Je ne voudrais pas dénier à Martine Aubry d’éminentes qualités politiques. Elle remplit avec dignité et brio ses fonctions de Maire de Lille qu’elle a, il me semble, rendue attractive et dynamique. Elle fut une glorieuse ministre sous Jospin. Elle est donc une grande serviteure de notre Parti. C’est pour cette raison qu’elle doit se retirer de la course à la désignation. Elle a tout à perdre d’une défaite aux primaires. Elle aurait tout à gagner en rendant les armes à François Hollande : elle nous offrirait une preuve de militantisme, de désintéressement et d’ intelligence politique. On lui saurait gré dans l’histoire, d’avoir tout fait pour offrir la victoire à son camp.
Après cette semaine pleine d’espérance, le désistement de Martine Aubry dans ces Primaires rendrait possible une élection au premier tour de notre candidat, avec 60% des voix. Une telle désignation, sans ambiguïté aucune, laisserait nos adversaires de droite sur le carreau. François Hollande prendrait dans l’opinion une stature de héros national. Celui que le pays appelle pour nous débarrasser de l’hydre de la concussion, du mépris, de la bassesse, de l’inculture, de la ploutocratie, de l’injustice et de l’incohérence. L’équipe à Sarko devrait ravaler ses sarcasmes et ne plus penser à jouer les DRH du PS ou prendre Jaurès en otage avant d’aller se gaver de caviar au Fouquet’s.
Vous allez me dire que je rêve, que rien n’est jamais joué, qu’on nous a appris qu’il fallait se battre jusqu’au bout. Nous ne sommes pas au football et encore moins en guerre. Nous sommes dans une démocratie pacifique, épuisée par les frasques d’un clan sans honneur. Nous avons l’occasion unique de conquérir le pouvoir loyalement par les urnes et de l’offrir à un Président normal, modeste et sincère. Est-ce que ça ne vaut pas la peine de faire quelques sacrifices personnels, expiatoires et militants?
Extrait du livre à paraître de Renaud Dély et Henri Vernet (Le Nouvel Obs)
Puis, un rien condescendant, Dominique Strauss-Kahn ajoute : "François est un garçon intelligent, il a une belle carrière devant lui. Il peut espérer Bercy ou, pourquoi pas, Matignon. Il en veut beaucoup à Lionel de l’avoir laissé au parti, il juge qu’Aubry est méchante et injuste avec lui, je peux peut-être faire quelque chose pour lui, mais tout dépend de son attitude…" Puis le directeur général du FMI assène le coup de grâce : "S’il veut quelque chose, il faut qu’il se couche, et vite !" Deux semaines plus tard, c’est finalement DSK qui s’est couché. Pour de bon.
12:12 Publié dans polémique, politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : primaires, ps, aubry, hollande | |
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04.07.2011
Mascarade vomitive

La coupe est pleine. Même si la réalité des faits tarde à prendre les couleurs de l'exactitude, il est temps pour moi de libérer ma bile, qui, je le sais depuis mes derniers calculs, peut gravement m'incommoder. Ce qui m'étouffe et me reste sur l'estomac, c'est le peu de cas qu'on fait des pauvres citoyens et en particulier de ceux qui croient sauver leur honneur politique en militant dans un parti, qu'ils considèrent comme la premiere marche d'une démocratie bien comprise. Je veux parler en l'occurence des adhérents du Parti Socialiste, (qu'on confond souvent à tort avec des sympathisants ou des obligés de collectivités ou d'élus divers, ...). Je veux parler des véritables militants qui prennent leur engagement au sérieux. A leur place je me permettrais quelques conseils bien appuyés !
1)Je conseillerais d'abord aux pisse-copies, journalistes et bavasseux divers, de battre leur coulpe et de demander pardon au peuple de leurs lecteurs, pour le colportage sans discernement de nouvelles incontrôlées et parfois sans fondement, dans le seul but de faire l'intéressant, et du chiffre. J'en connais beaucoup, et non des moindres, qui parlent du PS comme s'il se réduisait aux élucubrations de quelques personnalités connues et à portée de main, donc parisiennes. Dans les réflexions des gratte-papier et des raisonneurs patentés qu'on retrouve, toujours les mêmes, dans les grands journaux et les télés principales, la "politique" est une affaire secrète à débattre dans le monde clos "politico-médiatique". Vous avez déjà entendu parler d'une section du PS ? Pour avoir délayé au de là du raisonnable, et jusqu'à l'écoeurement, les frasques de DSK, je demande la mort des éditorialistes !
2) Je conseillerais aux leaders socialistes Aubryistes ou DSKaniens, de montrer profil bas et de s'adresser avec humilité aux militants de notre parti. Ils nous doivent des excuses pour l'indignité de la situation présente. Il n'est encore venu à aucun de nos chefs, Martine en tête, l'idée que la plupart des socialistes militants sincères, dévoués et convaincus ont été humiliés de voir ainsi ridiculisés leurs propres responsables. Après leur avoir présenté DSK comme l'homme providentiel , l'avoir poussé en avant, magnifié, et clamé que tout autre prétendant n'était qu'un ballot prétentieux, l'impensable arrive ! Notre héros tombe dans le premier piège de braguette venu et il étale à profusion ses millions de dollars et toutes les gonzesses passées et à venir.
3)Je suggérerais à DSK de garder les yeux baissés et d'ajouter une ou deux rides au visage arrogant de son épouse. A sa place, je n'irais pas manger des pâtes à 100 $ la portion avant de m'être adressé aux militants de mon parti. J'entends bien que nous autres, les bas de gamme, les anonymes, les interchangeables, nous sommes pour rien dans les ressources géniales de son cerveau providentiel. Nous devrions plutôt le remercier de bien vouloir prendre en compte notre existence et de s'efforcer de nous sortir de notre nullité crasse en France et dans le monde entier. Mais nous sommes probablement 150000 dans le pays, et sans nous il n'y aurait ni Martine, ni Dominique, ni bien d'autres. J'attends toujours une petite lettre d'amitié et de compassion, à nous adressée par tous ces cireurs de pompes qui se répandent dans nos journaux et nos écrans, au nom de Saint Dominique.
Pour tout dire, si j'étais militant du Parti Socialiste, ce que je suis plus que jamais, je réfléchirais sur le silence, l'inconscience, l'ingratitude et l'indifférence de nos éléphants face aux adhérents du Parti. Je chausserais mes plus gros godillots, non pour marcher au pas comme le proclamaient les gaullistes, mais pour botter les fesses d'un certain nombre de responsables qui nous ont entraînés dans cet effrayant maelstrom, dans lequel le socialisme n'est plus une idée, ni même un étendard, mais seulement le cache-sexe (c'est le cas de le dire) d'un monde perverti et content de lui jusqu'au ridicule.
12:33 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, aubry, dsk, journalistes | |
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20.06.2011
Chère Martine, le temps est suspendu à ton souffle...

Je suis un militant PS comblé ! Après avoir vu un DSK porté au pinacle par nos élites socialistes, j’ai du assister toute honte bue à la chute de l’homme providentiel. Mais comme si cela ne suffisait pas notre première secrétaire, porteuse du Pacte de Marrakech ( !!!), loin de s’expliquer sur cet avatar malheureux se tient muette, de confusion ? d’indécision ?, ou bien par tactique ? par duplicité ?. Je n’ai qu’à choisir les réponses qui me conviennent puisque rien n’est dit à destination des membres du Parti. Plus lampiste que jamais, après avoir voté des deux mains des textes sans enjeu, me voilà ravalé au rang de spectateur innocent, incapable de comprendre ce qui se trame dans les sphères dirigeantes.
François Hollande est trop mou, accuse la Maire de Lille et moi je dis qu’elle est une politicienne sans aveu, qui s’allie avec ses ennemis d’hier (Fabius sur l’Europe) et aux ennemis de ses amis (Emmanuelli et DSK). Martine se tait parce qu’elle ne sait pas encore comment bien présenter ses forfaitures aux militants. Elle ne sait pas encore comment concilier son opportunisme à Lille et ses trucages au Congrès de Reims. Elle ne sait pas non plus comment elle va enfiler sa brochette de soutiens (Hamon, Cambadélis, Guérini, Emmanuelli…) pour la rendre comestible aux électeurs cartésiens.
Je le dis tout net, je ne milite pas au PS pour me faire rouler dans la farine comme un enfant de chœur par un archiprêtre. J’attends de mes responsables et leaders politiques qu’ils aient un comportement clair, pédagogique et honnête. La maire de Lille est dans le mensonge, elle est dans la magouille et l’enfumage . Il est clair que je ne voterai en aucun cas pour elle, parce qu’elle ne nous dit pas la vérité, parce qu’elle n’a aucune envie de s’expliquer devant les militants, parce que nous sommes là au degré zéro de la politique.
Bien sûr, il est aisé face à cette politicienne entêtée, d’opposer le comportement limpide et sans menteries de François Hollande. Il est le seul à avoir depuis le début des manœuvres, annoncé sa stratégie et les bases de son action. Il est le seul dont le parcours est compréhensible et accessible aux militants. Plus que jamais je fais des vœux pour que sa trajectoire se maintienne dans cette ligne. Nous avons besoin d’un Président simple et droit, pas d’une équipe obscure et composite, mal définie, dont nous ne savons pas ce qui pourra naître des chapeaux magiques du marchandage et des manoeuvres de clan.
Tous comptes faits je pense que Martine Aubry est une vieille routière de la politique à l’ancienne, matoise et cachottière. Il ne lui est pas venu à l'idée que son accord avec DSK l'avait du même coup disqualifiée. Elle entend bien reprendre l'avantage comme si de rien n'était. Désolé, il faut bien rappeler que les faits sont là, ignominieux, porteurs de honte et de débandade. L'accord de Marrakech pèsera de tout son poids sur la suite des évènements. L'élection de Martine Aubry ne présagerait rien de bon pour la France.
17:40 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aubry, hollande, dsk, présidentielles, primaires socialistes | |
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