25.02.2011

Camarades algériens, encore un effort !

 

algérie,révolution arabeL’état d’urgence est levé en Algérie. C’est une victoire toute symbolique qui ne va rien changer pour l'instant, à l’exercice restreint des libertés civiques et politiques en Algérie. Bouteflika et son gouvernement  savent depuis quelques semaines que le mouvement « démocratique » qui souffle sur le monde arabo-berbère n’épargnera pas  l’Algérie. Ce matin j’ai écouté avec un grand soulagement les commentaires de Ghassam Salamé,  intellectuel libanais engagé et lucide. Il a raison de distinguer entre les dictateurs des années 70 (Nasser, Bourguiba, Boumedienne) qui ont porté une ambition politique, et les autocrates corrompus, qui ont confondu les biens du pays avec leurs biens propres et que le peuple est en train de chasser (Moubarak, Ben Ali, Khadafi). Le Président algérien actuel est quelque part entre les deux, en tout cas un des derniers héritiers du glorieux FLN, ce qui complique un peu la situation.

 

Ce qui est vrai aussi, c’est que ce qui souffle aujourd’hui est un vent d’exigences morales, libertaires. Ce n’est pas la révolte de la misère, c’est une soif de dignité et de responsabilité. Le pain sec est meilleur quand il est librement consenti. De 1962 à 1986 j’ai passé ma vie active dans les exaltantes hésitations  de la nouvelle Algérie.  Il a fallu passer de sept millions d’Algériens à 33 millions, du Ben Bella idéaliste au  Boumedienne étatiste inflexible. Mes premiers étudiants de 1962 sont maintenant retraités et les derniers de 2000 entrent dans la carrière. Deux ou trois générations de gens formés, cultivés, férus d’informatique et de réseaux sociaux. Ce sont ceux là qui réclament aujourd’hui une vie normale : faute de pouvoir émigrer pour vivre libres ils ont décidé de  faire rentrer la liberté par les fenêtres de leur pays cadenassé.

 

Aujourd’hui  25 février 2011, la donne a changé. Nasser est mort et enterré depuis longtemps et Boumedienne lui même entré dans l'oubli, Sadam Hussein est pendu, les Pharaons sont déchus, Khadafi est devenu fou, rien ne peut plus s’opposer à la vague de modernité qui va soulever le Machrek et le Maghreb. Le tour de l’Algérie est au prochain numéro, on sent des fermentations, on entend des craquements, des appels au courage, on voit la misère mais aussi la volonté d’un peuple jeune qui va prendre ses affaires en main. Aujourd’hui je ressens une immense fierté. Les quelques graines semées là bas vont peut-être trouver un rayon de lumière, germer et s’épanouir. On serait ému pour moins que ça. D’où mes cris du cœur qui sont le contre-chant de l’espoir que j’ai toujours gardé chevillé au corps.

 

Je dis aussi aux gens d’Israël qu’il est urgent pour eux de comprendre la nouvelle situation, je dis aux Glucksman, Lellouche, Marek Halter, BHL et à tous ces intellectuels dévoyés par leur  attachement sioniste, qu’il est urgent d’expliquer qu’il n’y a pas que la charia et les turbans dans les pays arabes. Les arabo-berbères sont des peuples comme les autres qui respirent et qui aiment, qui travaillent et espèrent pour leur famille. Il est urgent d’expliquer encore, s’il devait en être besoin, que les armes appellent les armes et que les meurtres appellent les meurtres. Il faut que les sionistes arrêtent de montrer les dents, les avions, les chars, les raids et les commandos. On peut et on doit se protéger des dictatures par la force s’il le faut,  mais on doit négocier et faire des traités de paix avec les démocraties. L’Union pour la Paix est plus proche que jamais en Méditerranée. L’Etat d’Israël va se trouver au pied du mur, pas celui qu’il a si bien érigé à travers les oliviers de Palestine, mais celui qu’il a impitoyablement construit dans les cœurs.

 

 Illustration : Dilem est un caricaturiste de presse algérien de génie publiant ses dessins dans le journal algérois "Liberté"

20.01.2011

Le jasmin dans ses terres

ENFANTS-d'alger.jpgLe jasmin est une fleur délicate, élégante et parfumée. Elle est le symbole de la jeunesse et des tendres sentiments. Sa floraison aux premières années de l'Indépendance, dans mon quartier  des 7 Merveilles  à Alger , était un enchantement. Hélas depuis  des années,   la guerre, l'urgence  et les violences ont ravagé ses terres. Les squares se sont étiolés au pied des immeubles surpeuplés. La rage et la misère ont piétiné ses plates bandes et les enfants fatigués n'ont cessé de verser des larmes devant le béton et le macadam qui ont envahi la ville.

 

Aux quatre coins du Maghreb,  hantés par la croissance démographique qui rassemblait dans les plus petits villages des hordes d'enfants cheminant vers des écoles improbables, le spectacle était le même. On finissait par le confondre avec la figure obligée de l'indépendance, du progrès et de la modernité. Pendant tout ce temps on était sans cesse en retard d'un combat. Il n'y avait jamais assez de salles de classes, jamais assez  de lycées en chantier, jamais assez d'universités en projet. Il a pourtant fallu tous les construire et ajouter des hôpitaux, et des routes et des trains. Il fallait toujours plus de blé, de lait, de médicaments et plus de logements. Pendant trente ans une course poursuite était lancée dont on comprenait qu'on ne verrait jamais la fin.

 

Dans ce contexte, on était indulgent pour les politiques. Peu mporte la démocratie, si le peuple mangeait à sa fin et pouvait apprendre à lire et à écrire. Les enjeux étaient sans commune mesure avec les petits tracas des vieux pays développés. Imaginez un pays qui triple sa population en trente ans !  Cela explique sans doute que les citoyens de ces pays ont montré plus de patience que d'autres devant l'absolutisme, la corruption et l'injustice. Privés d'information critique et de vraies comparaisons, ils en ont perdu leur  identité vraie dans un islamisme intrusif et cruel . Ils en ont oublié l'odeur ennivrante du jasmin. Ils ont été contraints de  ranger ces fleurs magnifiques et indispensables au rayon des pertes et profits.

 

Jasminum_officinale.jpgCe n'est pas par hasard que la révolte est née à l'Est. Depuis tout le temps, la Tunisie est considérée comme la contrée la plus douce du Maghreb, la moins montagnarde, la plus fleurie, la plus maritime, la plus riante et la plus accueillante. Les gens se sont tout d'un coup souvenus des opulentes floraisons parfumées du jasmin et de la fierté de vivre libres. Ils ont soudain compris que rien ne justifiait le joug de l'injustice et du mépris que leur infligeait un clan sans génie. Ils ont les premiers, donné le signal de la révolte. En quelques jours ils ont mis en fuite un pouvoir, dont on mesure aujourd'hui   la ridicule faiblesse et la veulerie.

 

La question est de savoir si les étincelles de la liberté peuvent enflammer les esprits algériens qui sont si proches et tout aussi repus de souffrances, de sacrifices et de misères. Le pouvoir actuel y est d'évidence tout autre, moins élémentaire qu'en Tunisie et mêlé aux militaires,  ramifié en plusieurs clans, plus retors les uns que les autres et plus forts qu'une simple tribu de salon de coiffure. Mais je ne crois pas que les  profiteurs du système, le plus souvent imbibés de bière et étouffés de richesses émollientes, témoignent de plus de résistance et d'efficacité d'organisation.

 

Ce qu'on peut redouter, en revanche, c'est le manque d'unité du peuple. Pays immense et divers, encore mal installé dans des villes toutes récentes, l'Algérie est  parcourue par de fortes solidarités familiales, claniques ou ethniques, drainant des antagonismes toujours vivaces. On peut craindre que les  citoyens  soient incapables de se rassembler dans la non-violence, le bon-sens et le respect de chacun, en dépit du monceau de souffrances accumulées et des horreurs d'une guerre civile,  encore si présente dans les esprits.

 

Cependant,  aujourd'hui,  les Universités ont fleuri partout du Nord au Sud, du Sahel aux Zibans, et d'Annaba à Béchar . Il n'y a plus de portion du territoire qui ne soit comme le dit Marzouki,  ensemencée par les graines de la connaissance et de la démocratie. Le potentiel imaginaire et créateur de ce peuple est en voie d'atteindre un niveau qui va lui rendre de plus en plus insupportables le mépris et la lâcheté. Le ferment est là, bien à l'oeuvre avec ses réseaux du Web et ses portables. Alors j'ai confiance, demain  ou après demain, très vite sans doute,   les rameaux légers du jasmin vont de nouveau éclore et les petits enfants des héros de l'Indépendance pourront,  bientôt,  sécher à nouveau leurs larmes dans les jardins parfumés d'Hydra,  de Boufarik ou de Laghouat. 


 

26.05.2010

D'une rive à l'autre

mur_israel 2.jpgLa France est un vieux pays, disait de Villepin et les autres pays membres de l'Union Européenne,  tout autant. Je les soupçonne d'être paralysés par leurs héritages, certes fondateurs pour l'humanité toute entière, mais  encombrants et très lourds à porter. Ils sont incapables aujourd'hui d'imaginer, de créer, de  réinventer. Il suffit d'observer maintenant en comparaison, l'Amérique d'Obama galoper, la Chine  folle d'énergie  exploser , et le Brésil devenu subitement conscient de sa continentale puissance, s'imposer.

 

Pendant ce temps là, Angela Merkel se bat avec ses démons boutiquiers du siècle dernier, les Anglais s'entêtent dans leur ridicule isolement et les Français jouent à cache cache politique, droite et gauche  affublées de burkas idéologiques, juste bonnes à dissimuler leurs ambitions électorales et carriéristes. Nous avons pourtant sur les bras une jeunesse explosive qui s'agite dans nos quartiers, nous avons des Universités qui débordent d'étudiants et des armées d'ingénieurs hyper doués qui piaffent dans nos usines.


Alors pourquoi on n'avance pas ?


J'ai ma petite idée sur la question. Je vais essayer de la dire. Je sais aussi de quoi on va m'accuser, sans doute aussi vais-je recevoir des insultes. Il faut quand même tenter. Nous n'avançons pas parce que nous sommes sur la défensive. Ceux là mêmes qui ont les poches pleines et vivent fort bien par ces temps de crise, sont rassasiés et n'ont que l'ambition de conserver leurs sous et leurs privilèges.Nous avons pourtant une Nouvelle Frontière qui s'ouvre à nous, comme au temps de la ruée vers l'or aux States. Je veux parler de cette immense Afrique à commencer par celle du Nord, ce magnifique espace méditerranéen, d'ou sont issues nos civilisations gréco-romaines et nos religions du Livre.


Vincent Peillon vient de présenter au Parlement Européen son rapport pour l'Union Méditerranéenne et il ouvre des pistes pour relancer des actions politiques d'entente, fructueuses pour les peuples de tous nos pays.

Il cite des thèmes bien concrets et pas si difficiles à organiser :

- la promotion d’un Erasmus euroméditerranéen,

- une chaîne de télévision euroméditerranéenne

- la facilitation progressive de la libre circulation entre les deux rives,

- la convergence des politiques agricoles euro-méditerranéennes,

- une stratégie euro-méditerranéenne pour l’efficacité énergétique.

J'ajouterais un Institut euro-méditerranéen de développement sis  à Tunis, qui soit un lieu de rencontre entre tous les chercheurs,  spécialistes et experts de la zone.


Ayant travaillé de longues années en Algérie dont je me considère comme un citoyen, j'approuve sans nuances l'esprit de ce rapport et je suis convaincu de la puissante fécondité de tels projets. On pourrait se demander  pourquoi dans ces conditions il ne se passe rien. On comprend  qu'en France les pieds-noirs massés sur la Côte, là d'où justement on peut s'envoler pour le Maghreb, gardent une sorte de nostalgie enkystée dans leur traumatisme et mise en mémoire comme un mythique "crime anti-français", qui les paralyse. On les a vus réagir à propos du film "Les Hors la Loi", avec une insoupçonnable virulence. Je suis sûr malgré tout, qu'ils seraient faciles à retourner,  amoureux qu'ils sont de la Belle Algérie.


Le vrai motif, c'est la question d'Israêl, à laquelle se sont ralliés tous les Juifs de France ou d'ailleurs. Les tenants du Grand Israël repousseront aussi longtemps qu'ils le pourront toute solution de paix avec les Arabes du Moyen Orient et du Maghreb. Ils en ont les moyens financiers et politiques. La crise palestinienne paralyse et paralysera encore longtemps toute issue positive à la soi-disant guerre des civilisations. Je  dis sincèrement aux juifs de bonne volonté, qu'ils enfoncent aujourd'hui l'Europe toute entière dans leurs querelles tribales. Ils perdent chaque jour des faveurs dans l'opinion (Dieu sait pourtant si ils les ont payées au prix fort). Devant la crise ou plutôt les crises à répétition, il faudra bien trouver un jour des boucs émissaires. Il est temps, grand temps, si ils en sont encore capables derrière leur mur, de ranger les bazookas et d'avancer des propositions de Paix . Le mur de béton n'est qu'un symbole bien visible qui pourra un jour être détruit, hélas  le mur mental qu'ils ont dressé entre leur nation et le reste du monde est autrement plus dangereux pour eux-mêmes.

Post scriptum

Des personnalités juives européennes engagées pour une paix entre Israéliens et Palestiniens ont lancé un "appel à la raison". Le mouvement, intitulé J Call, pour "European Jewish Call for Reason", a été lancé début mai à Bruxelles lors d'une réunion au Parlement européen. Parmi les signataires figurent notamment Elie Chouraqui, cinéaste, Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, Elisabeth de Fontenay, philosophe, Georges Kiejman, ancien ministre et avocat, Bernard-Henri Lévy, philosophe, Pierre Nora, historien. (Le Monde 27/05/2010)

 

04.03.2010

A un vieil ami

 

Cette note est la centième de ce blog, j'ai voulu fêter l'évènement à ma manière en exhumant un poème que j'avais placé en exergue de ma thèse, comme dédicace à un grand ami, modeste paysan du désert, qui m'a appris la  noblesse des hommes simples, respectueux de leurs semblables, de la nature et de la vie.

 

A Mohamed B., agriculteur de la vallée du M'Zab,

maître en agriculture et en humanité.




Mohamed B. détient beaucoup de secrets simplesjardin_WEB.jpg

et essentiels, mais surtout il sait que

l'homme

modeste, patient et fort,

peut domestiquer les mauvais génies

du désert.

Il peut commander le destin incertain

des graines qui germent,

des boutures qui s'enracinent,

des greffes qui bourgeonnent

et des fleurs qui éclosent.

Il peut rendre obliques les piques verticales

du soleil à midi

et calmer la sarabande des grains de sable

endiablés par un sirocco de juin.

Ne s'arrêtant jamais

il protége le bon grain

et arrache l'ivraie, chasse les moineaux voleurs

et les gerboises gourmandes,

foudroie les chenilles et les pucerons,

les acariens, les noctuelles

et les sauterelles voraces,

tout un petit peuple vil et désobligeant.

Il faut des jours et des jours,

un par un comptés

par la somme des gestes renouvelés

pour que les mauvais génies se lassent

et que le soir offre sa moisson

de légumes et de fruits,

verts ou rouges ou jaunes

comme de l'or.

Alors au plus frais de l'aube

quand commence une nouvelle journée dure

et tranquille

et qu'il fait chanter

l'eau dans les rigoles en n'oubliant

aucune plante, aucun arbre,

rendu allègre par le bonheur de la vie

si simplement présente,

Mohamed B., paysan du M'Zab dit:

"C'est pour le plaisir de Dieu

Grand et Miséricordieux"

 

 

 

25.08.2009

Vincent et les autres....

Vincent.jpg 

J’ai laissé mon âne dans son herbage et j’ai fait le voyage à Marseille. Quatre jours de presque vacances dans une ville chère à mon cœur. Il y a près de cinquante ans (novembre 1962), j’embarquais à la Joliette, avec ma jeune épouse, sur le Ville d’Oran , pour ce qui devait être l’aventure de notre vie. Alors que presque tous avaient fui l’Algérie indépendante, nous, les deux paysans du bocage, nous étions fiers de nous rendre sur une terre qui venait de conquérir sa liberté. Il s’en est suivi une histoire d’amour avec un peuple dont il faudra bien un jour que je décrive l’immense courage, la patience, l’humour  et la générosité. Bien sûr tout n’est pas rose dans ce pays lancé vers l’inconnu par la toute puissance de sa démographie et l’infini de ses espaces arides. Nous en reparlerons. (Mon ami T.B. me raconte que Matoub Lounés, chanteur berbère, glorieusement assassiné par les intégristes répondait aux journalistes :

-Quel est votre animal préféré ?

- L’âne qui  transporte par le djebel les matériaux de construction pour construire nos ksours et nos mechtas…

- Et l’animal que vous aimez le moins ?

- Le dromadaire qui a amené les arabes en Algérie ! )

 

Marseille il y a cinquante ans était une ville du tiers monde. C’est aujourd’hui une capitale méditerranéenne admirable et sûre d’elle. Les jardins du Pharo qui accueillaient l’Université d’été de l’Espoir à Gauche sont un espace magnifique qui surplombe l’entrée du vieux port. L’accueil et l’organisation des ateliers par Patrick Mennucci, maire de ce secteur de Marseille furent sans faille. Je ne veux pas maintenant reprendre dans le détail les échanges qui ont eu lieu (sur l’éducation, sur la communication, sur la démocratie participative…). Je veux me contenter de l’événement principal, c’est à dire la présence à la même tribune des communistes, des écologistes, des radicaux de gauche et du Modem, sur invitation de Vincent Peillon.

 

Je sais que toute une partie du PS va immédiatement vouer aux enfers politiques les responsables de ce scandale et Peillon en premier .  Il est probable qu’on tente de lui faire payer le prix de cette audace dès la semaine prochaine. Les tenants de la gauche-gauche sont des spécialistes de l’auto-mutilation. On a réussi à se débarrasser de Ségolène, ce devrait être encore plus facile d’expédier Peillon dans la zone de purge petite-bourgeoise et intellectuelle. Et pourtant le discours de Marielle de Sarnez fut magnifique, soulevant l’enthousiasme de l’assistance. Entendre Robert Hue et  Mme de Sarnez s’adresser des fleurs fut passionnant. Pour moi c’est là que les choses bougent et ce sera encore une occasion manquée si on ne saisit pas  la main tendue.

 

Les baisers sur la bouche (comme le dit joliment Christianne Taubira) avec l’exécrable Cohn-Bendit  sont beaucoup plus discutables. Bendix est le pire des démagos, en nous assurant que sa parole est libre, sous prétexte qu’il ne brigue pas de mandat. La liberté de pensée  n’autorise pas la confusion et l’amalgame (exemple : pourquoi défendre les services publics puisque l’EDF nous a menés au nucléaire ?) ou la provocation ( ex : Arrêtons de parler de progrès !). Je le dis, ce trublion véhicule quelque chose de dangereux qui ne respecte pas l’intelligence du peuple. Il surfe sur les peurs et la pensée unique imposées par les écolos médiatiques qui n’éprouvent aucun scrupule à se vautrer dans  les paradoxes (continuer à vouloir sortir en urgence du nucléaire alors que pour le moment c’est un des moyens puissants d’éviter  le recours aux énergies fossiles et l’émission massive de CO2). Comment à la fois, défendre l’économie de marché et réclamer la planification à marche forcée de directions industrielles qui n’ont pas fait la preuve, loin de là,  de leur efficacité économique et sociale ? (la voiture électrique, les éoliennes, le photovoltaïque, l’exclusion des OGM)

 

Je ne regrette pas mon voyage à Marseille. En organisant la confrontation des points de vue, Vincent Peillon a fait avancer les choses, modestement, sans chercher à en encaisser visiblement des bénéfices personnels. Il m’a semblé qu’il s’est comporté comme un véritable animateur de colloque, avec un esprit de recherche de solutions et de pistes pour l’avenir. En somme il a misé son capital de crédibilité dans un investissement à moyen et long terme dont il va falloir surveiller et encourager les retombées.

 

Ce matin,24 août,  le quotidien Libération est revenu, sous la plume de Laurent Joffrin, sur le succès des Ateliers d'été et du rassemblement proposé par Vincent Peillon.

 

" Un peu de soleil dans l’eau froide de la désunion. Pour la première fois depuis des lustres, un peu d’espérance s’est fait jour dans une assemblée organisée par des socialistes. Pour la première fois depuis des lustres, quelque chose a sans doute commencé, samedi à Marseille, quelque chose qui peut renverser le courant de résignation qui semblait emporter la gauche vers une défaite certaine. En réunissant un arc-en-ciel politique qui va du Modem au PCF, en passant par les Verts et les Radicaux de gauche, Vincent Peillon a cristallisé la seule orientation stratégique qui puisse rendre un début de crédibilité au camp du changement social : la Grande Alliance, celle-là même que nous réclamions dans ces colonnes après les européennes.