14.03.2011
Les trémolos des écolos
Les gratte-ciel de Tokyo oscillent encore que nos ayatollahs du nucléaire sont déjà sur le sentier du psychodrame franco-français. Mamère a des tremblements dans la moustache et Eva Joly prend des airs de clown triste. La plus pathétique est bien Corine Lepage qui excipe de sa qualité de grand-mère pour porter l’alerte à son maximum. Il faut admirer l’innocence avec laquelle cette mamie dévouée a plongé dans le syndrome chinois ! (plaisanterie des atomistes qui désigne le cas où une centrale en fusion US traverse l’écorce terrestre pour émerger... en Chine).
Non pas que ce qui arrive au Japon ne soit un drame majeur de notre époque . Les images des destructions engendrées par le tsunami sont fascinantes par leur brutalité inhumaine. On comprend en même temps que le choix des centrales nucléaires dans cette région présente des risques et que nous sommes en train de côtoyer la catastrophe. On tremble pour ces millions de personnes qui vivent des heures sombres en pensant à la menace d’un éventuel panache radioactif, bombe silencieuse suspendue au dessus des filles et des garçons du malheureux archipel.
C’est bien à cause de cette imminence du danger qu’il faut garder son sang froid. Les écolos français (et les autres) se comportent comme des pompiers qui jetteraient de l’huile sur le feu par affolement. Il n’y a aucune urgence à réclamer des mesures définitives comme la fermeture des centrales avec ou sans référendum. Quelle serait d’ailleurs la question posée ? Personne ne semble pouvoir la formuler. Pouvons nous, même en dix ou vingt ans nous amputer de 80% de notre électricité ? Un militant enthousiaste répondait ce matin : quand on veut on le peut ! Il suffit d’arrêter d’éclairer la Tour Eiffel et tout le reste ! En somme, tourner le bouton.
Gardons notre calme et défions nous des clameurs angoissées des marchands de peur. Le nucléaire on le sait, ne saurait être une source durable d’énergie à cause de ses déchets difficiles et coûteux à stocker. Mais qui aujourd’hui est en mesure de présenter un plan de reconversion crédible et peu ou prou applicable ? Les Verts allemands ont décrété la fin du nucléaire, où en sont-ils aujourd’hui ? Les Ecolos français seraient plus crédibles si ils envisageaient les choses avec logique et raison, plutôt que d’avancer peints et masqués comme des chamanes en goguette.
12:02 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, séisme, centrales nucléaires, catastrophe, nuage radioactif, écolos | |
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25.08.2009
Vincent et les autres....
J’ai laissé mon âne dans son herbage et j’ai fait le voyage à Marseille. Quatre jours de presque vacances dans une ville chère à mon cœur. Il y a près de cinquante ans (novembre 1962), j’embarquais à la Joliette, avec ma jeune épouse, sur le Ville d’Oran , pour ce qui devait être l’aventure de notre vie. Alors que presque tous avaient fui l’Algérie indépendante, nous, les deux paysans du bocage, nous étions fiers de nous rendre sur une terre qui venait de conquérir sa liberté. Il s’en est suivi une histoire d’amour avec un peuple dont il faudra bien un jour que je décrive l’immense courage, la patience, l’humour et la générosité. Bien sûr tout n’est pas rose dans ce pays lancé vers l’inconnu par la toute puissance de sa démographie et l’infini de ses espaces arides. Nous en reparlerons. (Mon ami T.B. me raconte que Matoub Lounés, chanteur berbère, glorieusement assassiné par les intégristes répondait aux journalistes :
-Quel est votre animal préféré ?
- L’âne qui transporte par le djebel les matériaux de construction pour construire nos ksours et nos mechtas…
- Et l’animal que vous aimez le moins ?
- Le dromadaire qui a amené les arabes en Algérie ! )
Marseille il y a cinquante ans était une ville du tiers monde. C’est aujourd’hui une capitale méditerranéenne admirable et sûre d’elle. Les jardins du Pharo qui accueillaient l’Université d’été de l’Espoir à Gauche sont un espace magnifique qui surplombe l’entrée du vieux port. L’accueil et l’organisation des ateliers par Patrick Mennucci, maire de ce secteur de Marseille furent sans faille. Je ne veux pas maintenant reprendre dans le détail les échanges qui ont eu lieu (sur l’éducation, sur la communication, sur la démocratie participative…). Je veux me contenter de l’événement principal, c’est à dire la présence à la même tribune des communistes, des écologistes, des radicaux de gauche et du Modem, sur invitation de Vincent Peillon.
Je sais que toute une partie du PS va immédiatement vouer aux enfers politiques les responsables de ce scandale et Peillon en premier . Il est probable qu’on tente de lui faire payer le prix de cette audace dès la semaine prochaine. Les tenants de la gauche-gauche sont des spécialistes de l’auto-mutilation. On a réussi à se débarrasser de Ségolène, ce devrait être encore plus facile d’expédier Peillon dans la zone de purge petite-bourgeoise et intellectuelle. Et pourtant le discours de Marielle de Sarnez fut magnifique, soulevant l’enthousiasme de l’assistance. Entendre Robert Hue et Mme de Sarnez s’adresser des fleurs fut passionnant. Pour moi c’est là que les choses bougent et ce sera encore une occasion manquée si on ne saisit pas la main tendue.
Les baisers sur la bouche (comme le dit joliment Christianne Taubira) avec l’exécrable Cohn-Bendit sont beaucoup plus discutables. Bendix est le pire des démagos, en nous assurant que sa parole est libre, sous prétexte qu’il ne brigue pas de mandat. La liberté de pensée n’autorise pas la confusion et l’amalgame (exemple : pourquoi défendre les services publics puisque l’EDF nous a menés au nucléaire ?) ou la provocation ( ex : Arrêtons de parler de progrès !). Je le dis, ce trublion véhicule quelque chose de dangereux qui ne respecte pas l’intelligence du peuple. Il surfe sur les peurs et la pensée unique imposées par les écolos médiatiques qui n’éprouvent aucun scrupule à se vautrer dans les paradoxes (continuer à vouloir sortir en urgence du nucléaire alors que pour le moment c’est un des moyens puissants d’éviter le recours aux énergies fossiles et l’émission massive de CO2). Comment à la fois, défendre l’économie de marché et réclamer la planification à marche forcée de directions industrielles qui n’ont pas fait la preuve, loin de là, de leur efficacité économique et sociale ? (la voiture électrique, les éoliennes, le photovoltaïque, l’exclusion des OGM)
Je ne regrette pas mon voyage à Marseille. En organisant la confrontation des points de vue, Vincent Peillon a fait avancer les choses, modestement, sans chercher à en encaisser visiblement des bénéfices personnels. Il m’a semblé qu’il s’est comporté comme un véritable animateur de colloque, avec un esprit de recherche de solutions et de pistes pour l’avenir. En somme il a misé son capital de crédibilité dans un investissement à moyen et long terme dont il va falloir surveiller et encourager les retombées.
Ce matin,24 août, le quotidien Libération est revenu, sous la plume de Laurent Joffrin, sur le succès des Ateliers d'été et du rassemblement proposé par Vincent Peillon.
" Un peu de soleil dans l’eau froide de la désunion. Pour la première fois depuis des lustres, un peu d’espérance s’est fait jour dans une assemblée organisée par des socialistes. Pour la première fois depuis des lustres, quelque chose a sans doute commencé, samedi à Marseille, quelque chose qui peut renverser le courant de résignation qui semblait emporter la gauche vers une défaite certaine. En réunissant un arc-en-ciel politique qui va du Modem au PCF, en passant par les Verts et les Radicaux de gauche, Vincent Peillon a cristallisé la seule orientation stratégique qui puisse rendre un début de crédibilité au camp du changement social : la Grande Alliance, celle-là même que nous réclamions dans ces colonnes après les européennes.
12:18 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : algérie, écolos, ouverture, marseille | |
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