09.02.2010
Hurler avec les loups ?

Hurler avec les loups, même quand ils sont édentés, n'est pas mon fort. Je dis à mes camarades socialistes du Languedoc, tenez bon ! Votre Georges Frêche n'est pas le Le Pen de la langue d'oc, ni le barbare rouquin et raciste des monts d'Auvergne, ni l'hystérique médiatisée de Lorraine, seulement un intellectuel mégalomane qui se corrige par l'humour et la dérision.Tout un chacun peut en trouver les raisons formelles que les journalistes se gardent bien de mettre en avant.
Depuis plusieurs années déjà le pouvoir médiatique s'est installé dans un consensus mou moulinant une sorte de bouillie d'idées et de concepts sans reliefs dans laquelle des bavards couards et arrivistes jouent à se faire peur pour leur renom et leur carrière. Ce n'est pas moi qui le dit c'est David Pujadas lui-même et il en connaît un bout (voir ici même, les Plumassons et Trissotins)
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Crier haro sur le Grand Baron de Montpellier est-ce vraiment lutter contre l'antisémitisme ? Il existe mille preuves que l'homme n'est pas antisémite mais ça ne coûte rien au microcosme d'accuser et en plus ça donne une allure morale exemplaire. Crier que Georges Frêche est raciste anti noir ou anti arabe, ne résiste pas plus à l'examen mais ça autorise à distiller gratos une leçon de bon goût politique.
Voilà la chiendent , le bon goût, à défaut de convictions, les bobos ont du bon goût et il convient de ne pas choquer leurs chastes oreilles. Ils veulent tout, le caviar et la bonne conscience en prime. Je vous le dis chers camarades, irresponsables socialistes de la bonne société, choisissez votre camp, moi je choisis celui des militants et de la Septimanie, du vin et de l'huile d'olive.
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04.01.2010
Casse toi pauvre con...
Notre Président a bien prononcé ces paroles. Je pense qu'elles ne cesseront pas de si tôt d'affecter son image . N'importe qui peut se laisser aller à ces commodités de langage ou plutôt à ces vulgarités d'expression. Hélas le petit Nicolas n'est pas n'importe qui, il est le leader d'un grand pays. D'un pays qui a su souvent, dans l'histoire, trouver des clés pour avancer. Je veux dire par là qu'il a fait progresser la démocratie. La conquête d'une organisation sociale plus juste, plus solidaire et plus démocratique reste d'actualité. On a l'impression que nos leaders politiques d'aujourd'hui, et singulièrement le premier d'entre eux s'en fichent comme d'une guigne, fascinés qu'ils sont par les rapports de force et la reconduction de leurs pouvoirs.
D'évidence, ceux là même qui se trouvent dans le surnageant de notre soupe sociale, n'ont aucun intérêt à changer les choses. Le besoin de progrès est en revanche collectivement ressenti par tous ceux qui sont affectés à la tâche banale du métro-boulot-dodo. Ceux là attendent des paroles d'espoir qui ne viennent pas. Trouver les formules qui rassemblent le peuple autour d'une espérance collective exige bien plus que la verbalisation quotidienne de nos difficultés, comme le fait le camelot politique qui nous gouverne. Cela suppose une mise en perspective, une profondeur historique et culturelle, des qualités de visionnaire qui ne s'inventent pas dans les fantaisies littéraires des "conseillers" irresponsables, si malins qu'ils soient.
Les Jaurès, les Blum, les Mendès-France, les de Gaulle, les Miterrand n'avaient pas besoin qu'on leur tienne la main. Ils nourrissaient une conception de la France et des Français qui ne se limitait pas aux illuminations médiatiques et à la fascination du pouvoir. Je fais tous les jours des voeux pour qu'enfin apparaisse dans notre vieux pays qui ne manque pas d'intellectuels, de philosophes et d'artistes en tous genres, l'homme ou la femme qui saura dire les mots qu'il faut, ouvrir les portes qu'il faut, monter les marches qu'il faut, pour que mes enfants et mes petits enfants aient une vie meilleure.
Début janvier, 2010, c'est bien l'époque des voeux non ?
11:51 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.09.2009
Quels candidats pour les élections régionales ?
Je suis confondu par la cécité et l’entêtement de mes camarades de Parti. On sait bien que dans la Manche la majorité d’entre eux s’est retrouvée derrière Benoît Hamon qui s’est habilement positionné sur le flanc gauche de notre armée mexicaine. Ils ont pu y réfugier leurs certitudes de militants endurcis et surfer sur la langue de bois qui date des années 80. La semaine dernière encore, j’ai entendu les mêmes mots d’ordre et la même autosatisfaction. La dernière Lettre de l’Avenir n’est qu’une compilation de ces poncifs.
Bien que revenant de La Rochelle, ces camarades n’y ont perçu que des encouragements à leurs idées fixes, tous à gauche, rien qu’à gauche, sans trop savoir ce que ça veut dire et à tout hasard. Ils n’ont rien vu des fissures qui affectent la majorité de Reims. Ils feignent de croire que leur majorité contestée, les mauvaises actions vis à vis des minoritaires (voir ci dessous), l’inertie qui en a résulté jusqu’aux européennes soldées par un désastre, n’ont pas laissé de traces. Ils ne veulent pas voir que l’événement, ce n’était pas le discours de Martine devant les militants, mais bien son article dans le Monde, la veille.
Il faut relire ce message qui montre une première secrétaire contrainte de sortir de son immobilisme et de son attentisme, par un nouveau rapport de forces qui a mis sur le devant de la scène (médiatique donc politique) une idée nouvelle : le Rassemblement écologique, socialiste et démocratique. Je suis absolument convaincu qu’aucune alternance ne peut se construire en dehors de ce rassemblement. Nous en verrons la première preuve aux élections régionales. Le Parti qui portera cette idée du Rassemblement sortira grandi dans l’opinion, celui qui le refusera n’aura plus qu’à s’étioler un peu plus, suivant en cela la voie pathétique empruntée par Marie Georges Buffet.
Modestement j’en appelle à nos instances fédérales. Nous n’avons pas le choix. Ce n’est pas Benoît Hamon, malgré tout le bien que je pense de lui, qui nous fera gagner des voix, mais bien l’esprit d’ouverture que nous serons capables d’afficher. Alors, que S.T. me pardonne (et j’ai beaucoup d’estime pour son dévouement, son militantisme et son équité) mais ce n’est pas non plus sur son nom que nous réunirons les citoyens. Il faudrait peut-être trouver des candidats plus proches des gens, certes socialistes, mais moins engagés dans l’appareil du Parti, avec du charisme et un esprit neuf. Nous devrions chercher des familliers des problèmes territoriaux ayant l’esprit aiguisé par les responsabilités municipales ou associatives, habitués au dialogue avec les gens qui ne sont pas de leur avis.
Mais c'est peut-être trop demander.
12:39 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections régionales, parti socialiste
27.08.2009
Des nouvelles du Nord
"Aujourd'hui, je crois nécessaire et possible une offensive de civilisation. Sans un projet de société qui nous réarme sur tous les terrains, qui redonne le goût du dépassement de soi, les luttes les plus ardentes, parcellisées, seront conduites dans l'impasse. Pour écrire ce projet avec les Français, nos valeurs sont précieuses. C'est "l'outillage mental" dont parlait Fernand Braudel" Martine Aubry dans "Le Monde" du 27 août 2009
Martine, leader maximo
Notre première secrétaire sort de son silence, sérieuse, réfléchie, avec l'inspiration d'un leader maximo. Nous en avions besoin. Je vois dans cet article une excellente introduction aux journées de La Rochelle, fraternelle, rassembleuse et offensive sans être agressive. Elle ne cherche pas à régler des comptes ou à faire porter sur les autres les responsabilités de nos insuffisances. Elle n'y parle plus la langue de bois du Congrès de Reims et elle revient avec simplicité sur les principes de base de notre Parti. Elle en appelle aux intellectuels et aux créateurs pour participer à la refondation socialiste. Elle abandonne le langage corporatiste et revendicatif que nous avons longtemps emprunté aux syndicats. L'intérêt général ne se limite plus à celui du peuple de gauche. J'attends la suite avec espoir.
12:17 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps
25.08.2009
Vincent et les autres....
J’ai laissé mon âne dans son herbage et j’ai fait le voyage à Marseille. Quatre jours de presque vacances dans une ville chère à mon cœur. Il y a près de cinquante ans (novembre 1962), j’embarquais à la Joliette, avec ma jeune épouse, sur le Ville d’Oran , pour ce qui devait être l’aventure de notre vie. Alors que presque tous avaient fui l’Algérie indépendante, nous, les deux paysans du bocage, nous étions fiers de nous rendre sur une terre qui venait de conquérir sa liberté. Il s’en est suivi une histoire d’amour avec un peuple dont il faudra bien un jour que je décrive l’immense courage, la patience, l’humour et la générosité. Bien sûr tout n’est pas rose dans ce pays lancé vers l’inconnu par la toute puissance de sa démographie et l’infini de ses espaces arides. Nous en reparlerons. (Mon ami T.B. me raconte que Matoub Lounés, chanteur berbère, glorieusement assassiné par les intégristes répondait aux journalistes :
-Quel est votre animal préféré ?
- L’âne qui transporte par le djebel les matériaux de construction pour construire nos ksours et nos mechtas…
- Et l’animal que vous aimez le moins ?
- Le dromadaire qui a amené les arabes en Algérie ! )
Marseille il y a cinquante ans était une ville du tiers monde. C’est aujourd’hui une capitale méditerranéenne admirable et sûre d’elle. Les jardins du Pharo qui accueillaient l’Université d’été de l’Espoir à Gauche sont un espace magnifique qui surplombe l’entrée du vieux port. L’accueil et l’organisation des ateliers par Patrick Mennucci, maire de ce secteur de Marseille furent sans faille. Je ne veux pas maintenant reprendre dans le détail les échanges qui ont eu lieu (sur l’éducation, sur la communication, sur la démocratie participative…). Je veux me contenter de l’événement principal, c’est à dire la présence à la même tribune des communistes, des écologistes, des radicaux de gauche et du Modem, sur invitation de Vincent Peillon.
Je sais que toute une partie du PS va immédiatement vouer aux enfers politiques les responsables de ce scandale et Peillon en premier . Il est probable qu’on tente de lui faire payer le prix de cette audace dès la semaine prochaine. Les tenants de la gauche-gauche sont des spécialistes de l’auto-mutilation. On a réussi à se débarrasser de Ségolène, ce devrait être encore plus facile d’expédier Peillon dans la zone de purge petite-bourgeoise et intellectuelle. Et pourtant le discours de Marielle de Sarnez fut magnifique, soulevant l’enthousiasme de l’assistance. Entendre Robert Hue et Mme de Sarnez s’adresser des fleurs fut passionnant. Pour moi c’est là que les choses bougent et ce sera encore une occasion manquée si on ne saisit pas la main tendue.
Les baisers sur la bouche (comme le dit joliment Christianne Taubira) avec l’exécrable Cohn-Bendit sont beaucoup plus discutables. Bendix est le pire des démagos, en nous assurant que sa parole est libre, sous prétexte qu’il ne brigue pas de mandat. La liberté de pensée n’autorise pas la confusion et l’amalgame (exemple : pourquoi défendre les services publics puisque l’EDF nous a menés au nucléaire ?) ou la provocation ( ex : Arrêtons de parler de progrès !). Je le dis, ce trublion véhicule quelque chose de dangereux qui ne respecte pas l’intelligence du peuple. Il surfe sur les peurs et la pensée unique imposées par les écolos médiatiques qui n’éprouvent aucun scrupule à se vautrer dans les paradoxes (continuer à vouloir sortir en urgence du nucléaire alors que pour le moment c’est un des moyens puissants d’éviter le recours aux énergies fossiles et l’émission massive de CO2). Comment à la fois, défendre l’économie de marché et réclamer la planification à marche forcée de directions industrielles qui n’ont pas fait la preuve, loin de là, de leur efficacité économique et sociale ? (la voiture électrique, les éoliennes, le photovoltaïque, l’exclusion des OGM)
Je ne regrette pas mon voyage à Marseille. En organisant la confrontation des points de vue, Vincent Peillon a fait avancer les choses, modestement, sans chercher à en encaisser visiblement des bénéfices personnels. Il m’a semblé qu’il s’est comporté comme un véritable animateur de colloque, avec un esprit de recherche de solutions et de pistes pour l’avenir. En somme il a misé son capital de crédibilité dans un investissement à moyen et long terme dont il va falloir surveiller et encourager les retombées.
Ce matin,24 août, le quotidien Libération est revenu, sous la plume de Laurent Joffrin, sur le succès des Ateliers d'été et du rassemblement proposé par Vincent Peillon.
" Un peu de soleil dans l’eau froide de la désunion. Pour la première fois depuis des lustres, un peu d’espérance s’est fait jour dans une assemblée organisée par des socialistes. Pour la première fois depuis des lustres, quelque chose a sans doute commencé, samedi à Marseille, quelque chose qui peut renverser le courant de résignation qui semblait emporter la gauche vers une défaite certaine. En réunissant un arc-en-ciel politique qui va du Modem au PCF, en passant par les Verts et les Radicaux de gauche, Vincent Peillon a cristallisé la seule orientation stratégique qui puisse rendre un début de crédibilité au camp du changement social : la Grande Alliance, celle-là même que nous réclamions dans ces colonnes après les européennes.
12:18 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : algérie, écolos, ouverture, marseille
15.07.2009
Martine a encore frappé !
Pas seulement contente de nous avoir précipités dans le mur aux européennes avec un choix de candidats
sur des critères de convenance personnelle, de nous avoir adressé une lettre qui est un chef d'oeuvre de langue de bois, et d'avoir mené campagne en permanence à contre sens, notre première secrétaire frappe encore . Je n'ai pas de sympathie particulière pour Manuel Valls. Je sais qu'il hérisse l'aile gauche du parti. Est-ce une raison pour ne pas dialoguer avec lui sans le menacer d'expulsion, menace qui au demeurant, restera sans effet, si ce n'est celui tout de suite obtenu, de faire les délices des journalistes.
Les chefs ont horreur de voir leur autorité remise en cause : tous unis mais derrière moi, ont-ils l'habitude de répéter!
Ce matin j'ai médité sur le forfait de garnements qui ont arraché les plumes bleues des ailes de mon canard, sujet palmipède de ma basse-cour. Ils voulaient peut-être jouer aux indiens peaux rouges. Mon canard est vraiment triste d'avoir perdu ses plus belles plumes.
Est-ce que par hasard Martine et ses copains voudraient arracher les plumes du canard socialiste pour en faire un volatile certes docile, mais incapable de voler? On a commencé par la tête en éliminant Ségolène, il faut continuer par quoi ? l'aile droite ou l'aile gauche ? A-lou-ette...
11:54 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, martine, canard
22.11.2008
LA RESISTIBLE ASCENSION DE SEGOLENE
En 2006 Ségolène a battu Strauss Kahn (21%) et Fabius (18%) avec 60% des militants qui l'ont désignée comme notre candidate aux élections présidentielles. En 2007, avec 47 % elle a résisté honorablement à Sarkosy dont tout le monde s'accorde pour dire que c'était un redoutable adversaire. En 2008 le 6 novembre sa motion est arrivée en tête (29%), et le 20 novembre elle était encore la première avec 43% des voix. Heureusement le 21 novembre ses troupes ont été arrêtées en rase campagne par une coalition de vieux soudards éméchés, qui ont sauvé la France. Il s'en est fallu de 42 voix (0,02%).
17:22 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.09.2008
Chroniques de l'âne 9- Mettre les pieds dans le plat
Mettons les pieds dans le plat !
J’en ai assez des hypocrites. Tous les camarades qui se répandent sur les ondes en réclamant le débat des idées nous prennent pour des billes. On voit bien à lire les contributions que leurs auteurs se donnent un mal fou pour se distinguer de leurs petits camarades. Il leur faut bien exister ! Il n’y a pas d’épaisseur idéologique entre les uns et les autres. Sauf à être des politiciens formés à la casuistique, les militants sont incapables de trier le bon grain de l’ivraie.Même mon âne est incapable de faire la différence entre les chardons de Fabius et le mélilot de Rocard.
En revanche, nos généraux qui se ressemblent tant par leurs concepts politiques (rappelons nous que notre Déclaration de Principes vient d’être votée avec une belle unanimité), se distinguent réellement par leur savoir faire. Ils pensent tous la même chose mais ils servent leurs ambitions avec plus ou moins de bonheur, avec plus ou moins de pudeur, en poussant le bouchon plus ou moins loin. Alors mon âne suggère qu’on les juge la dessus. Sur leur façons de faire. Commençons, comme l’a dit Vincent Peillon par éliminer une dizaine de politiciens malfaisants qui se servent avant de servir. Faisons une liste de ceux qui n’ont pas respecté la discipline de parti, des spécialistes de la démolition, des chausse trappes et du mensonge et renvoyons les à leurs préoccupations de député, de maire ou de sénateur. Le parti leur a beaucoup donné ; qu’on en reste là.
Vous voulez des exemples : Fabius qui a cristallisé la campagne du non au référendum, contre toute attente ; Rocard qui est allé se répandre en critiques acerbes sur Ségolène ; Jospin qui complote avec Bertrand pour s’approprier le Parti et même Jack Lang qui n’a pas respecté la discipline de vote sur les Institutions. Et la chère Martine, dernier avatar, qui s’est livrée ouvertement aux marchandages à La Rochelle. Et comme on dit la liste n’est pas exhaustive, on pourrait ajouter Strauss Kahn qui a cédé aux sirènes dorées de l’ordre international, ou bien Moscovici qui tente des alliances contre nature. Mettons les au placard et leurs copains avec.
Je respecte les idées des uns et des autres mais il y a des moments ou les armées en bataille ne peuvent accepter les trahisons. Fusillons les traîtres, je veux dire mettons les à l’écart du parti. En tout cas, puisqu’ils servent objectivement Sarkosy, reconnaissons le ouvertement et classons les avec les ennemis de classe. Je sais que les partisans du tout est dans tout et de la confusion vont dire allons ! aimons nous les uns et les autres, comme Ségolène l’a fait récemment. C’est une erreur, il ne suffit pas de s’aimer, il faut être intelligent, rigoureux et impitoyable, en dehors de quoi notre Parti va mourir.
PS / Encore une petite chose, Stéphane dans la PDLM déclare que la Fédé de la Manche met un point d’honneur à soutenir les poils à gratter du PS, Montebourg et Emmanuelli. Je crains d’y voir un abus de langage et en tout cas je constate que le poil à gratter du bon Henri est bien celui d’une vieille barbe.
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06.06.2008
Chroniques de l'âne 8 - Les trois maladies du PS
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Mon bourricot s’est fait un grand ami avec Monsieur D., un ancien agriculteur presque octogénaire mais toujours alerte, qui parle à l’oreille des ânes et des chevaux. L’âge de Monsieur D. fait qu’il a connu la traction hippomobile et qu’il en a gardé le rythme et l’heureuse placidité. Tonnerre malgré la fougue de la jeunesse est sensible au charmes simples des gestes chaque jour répétés. Le résultat en est la manifestation d’un attelage réconfortant de complicité et d’efficacité. En les voyant je me disais qu’on aimerait bien trouver au Parti Socialiste une seule paire d’amis comme celle là qui tire dans la même direction. J’ai cherché et je n’ai trouvé que des gens isolés qui vont dans tous les sens : le leur. Je me suis dit que notre parti était momentanément souffrant, bien malade même. Je pourrais croire qu’il s’agit de maladies infantiles contre lesquelles on peut aisément se vacciner, comme la rougeole ou la coqueluche, malheureusement ça me paraît plutôt être des affections dues à la satiété consommatrice et à la sénilité idéologique.
Le premier des maux, dont on observe en ce moment l’explosion épidémique, est l’individualisme. Comment pourrait-il en être autrement ? C’est une banalité de dire que le socialisme est né dans les corons et les cours d’usine. Les démunis se tournent spontanément vers l’entraide et la solidarité. A contrario, en s’enrichissant, les hommes commencent à croire qu’ils peuvent se passer des autres et qu’ils doivent leur bien-être à leurs qualités personnelles avant tout. Les laissés pour compte l’ont bien cherché, pensent-ils, qui sont des fainéants ou des alcooliques. Les socialistes, même s’ils sont conscients que l’organisation sociale est à la base de tout, n’échappent pas à ce sentiment. Ceux des grandes écoles et des familles aisées, ou bien simplement ceux qu’on appelle les bobos de Paris ou de province, ceux qui se sont habitués au succès et au pouvoir et habitent les beaux quartiers, finissent par s’imprégner de la conviction qu’ils sont les plus méritants dans cette société. Ils ne sont plus au service du parti mais ils se servent du parti pour faire carrière. Leur conduite est alors marquée du sceau de l’individualisme, que Sarkozy contribue à banaliser comme l’alfa et l’oméga des moteurs de notre société, sous le regard complaisant des médias.
Ils oublient, ces socialistes de la haute ce qu’ils doivent aux militants, au parti, à l’action collective. Une nouvelle fois j’appelle les camarades à cesser d’être des cireurs de pompe, à faire valoir l’esprit d’équipe et à exercer leur pouvoir critique, indispensables à la co-responsabilité.
La deuxième maladie s’étend par imprégnation, elle se nomme l’écologisme. Aujourd’hui, les gens sont enfin convaincus que la protection de la planète et le respect des ressources naturelles sont les seules voies qui nous fassent accéder à un équilibre durable et permettent aux humains de se maintenir comme l’espèce biologique dominante. Pour y parvenir nous sommes condamnés à toujours plus d’imagination et de créativité. Nous devons adopter une hiérarchie des risques. Seuls des énergumènes farfelus imaginent qu’on puisse retourner vivre dans les cavernes.
Il faut bien comprendre que l’équilibre durable que nous appelons de nos vœux ne se fera pas sans le progrès scientifique et sans la sophistication de nos moyens d’existence. L’hostilité maladive au nucléaire et plus récemment aux OGM n’est pas une volonté d’améliorer notre environnement, c’est seulement l’expression d’une peur de l’inconnu. Cette ignorance est habilement exploitée par quelques esprits simples mais médiatiques, qui ne s’embarrassent pas de leurs évidentes contradictions. Sous la conduite du gardien de chèvres moustachu et pittoresque, ces politiciens entraînent le pays vers le bas.
La peur du changement est perceptible dans les classes moyennes (employés, enseignants) qui ne manquent de rien mais ont peur de tout. Ils veulent le beurre (le confort, la belle vie) et l’argent du beurre (la sécurité absolue, au nom du fameux principe de précaution). La tentation est grande chez certains d’entre nous de se placer dans le registre de la compassion et de la protection. On a vu Ségolène y succomber en recrutant B. Rebelle. Nous ne devons pas accepter au niveau politique que le Parti devienne le refuge des peurs et des contradictions véhiculées par les écolos et nous devons expliquer pourquoi.
Nous devons être le parti de la justice sociale et de la solidarité. Pour avoir vécu longtemps dans un pays sous développé, je sais que la croissance économique est nécessaire (mais pas suffisante) pour corriger les injustices terribles de la faim, de la maladie et de l’ignorance. Nous devons demeurer des humanistes qui militent pour l’épanouissement de tous les hommes et de toutes les femmes de ce monde. Nous ne devons pas être une assurance tous risques contre le progrès.
Le troisième fléau est celui du gauchisme. A notre gauche on entend des propositions radicales. Il faut faire table rase du passé. Les colères d’aujourd’hui annoncent les lendemains qui chantent. Si le Parti Socialiste perd les élections c’est qu’il n’est pas assez à gauche. Ceux qui ne sont pas d’accord sont des traîtres. Malheureusement ces militants de la Révolution rebaptisés anti-libéraux pour les besoins de la cause, sont comme les Verts, incapables de résoudre leurs contradictions. Il suffit de considérer l’émiettement des groupuscules de l’extrême gauche et la sénescence du PC. Il n’empêche que les esprits de gauche sont durablement déformés par l’espoir entretenu que la grève générale illimitée peut nous conduire à la société idéale. On a vu jusqu’où peut mener ce genre d’aberration. La dictature d’un parti d’avant garde nous conduit tout droit aux monstruosités du stalinisme ou de maoïsme. Qu’on ne se fasse pas d’illusions, il y a un Pol Pot dans chacun d’entre nous. On ne m’ôtera pas de l’idée que chaque fois que l’esprit politique abandonne le sentiment de la complexité pour se livrer à des slogans et à des simplifications élémentaires, l’action est vouée à l’échec à plus ou moins court terme. Les petits malins qui se livrent à cet exercice pour gagner des voix (le parti se gagne à gauche…) vont à l’encontre des intérêts du parti et se livrent à la démagogie alors que c’est la pédagogie qui devrait être la règle. Au nom de cette radicalité on exploite les craintes que suscite l’Europe et la mondialisation qui taraudent des millions de français. Or justement, la Communauté est la seule garantie possible dans les rapports de force mondiaux qui se préparent.
Le développement humain est passé par toutes les étapes du progrès social, de la fin de l’esclavage et du servage à l’extinction du fait colonial, la fin du travail des enfants et à la libération des femmes. Les étapes de cette évolution inscrite dans la longue durée dépendent pour beaucoup de la politique menée dans chaque pays. En France aujourd’hui, notre parti se doit de conquérir le pouvoir pour redonner une dignité au travail salarié durement altérée par la rapacité du capitalisme financier. Il est aussi de notre devoir de renforcer la solidarité face à la maladie et au handicap. Enfin nous avons l’ardente obligation d’aider les pays pauvres et de concourir via l’Europe, à la paix dans le monde. Notre succès dépend pour beaucoup de l’exactitude de nos diagnostics et de la pertinence de nos propositions. Il dépend aussi de l’émergence d’un grand leader qui mettra ses qualités de rassembleur au service de nos idées et saura éviter les pièges qui nous sont ainsi tendus.
Ainsi vont les méditations inspirées par le spectacle insolite d’un homme de grande simplicité qui est capable de faire d’un animal à l’état brut un âne plutôt intelligent. Cet homme nous rappelle que la force tranquille peut domestiquer la nature tout en la respectant et sans qu’il soit nécessaire d’élever la voix. On voudrait bien que nos généraux socialistes reviennent à cette simplicité.
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16.04.2008
Chronique de l'âne 5- L'Ane et le Sénateur
Il faut que je vous dise que mon âne Toto a le privilège d'avoir une pâture sur une belle butte de granite avec de l'herbe autour et une vue imprenable sur la mer. Aujourd'hui justement, cette mer là était bleu d'outremer dans un paysage baigné de lumière. Je me suis donc assis sur un caillou pour lire à mon quetton la lettre (voir le lien ci-dessous) que le Sénateur UMP Legrand, vétérinaire de profession, Président du Conseil Général de la Manche a adressée au Président de son groupe au Sénat.
Venant d'un vétérinaire, Toto était forcément tout ouïe. Assieds toi lui dis-je, il y en a trois pages. Il faut que tu saches d'abord que ton vétérinaire n'est ni pour ni contre les OGM. C'est quand même plus prudent. As-tu seulement une idée de ce fourrage là, toi pauvre bourricot ? Je te le déclare tout net : 80% des humains sont contre. C'est très dangereux disent-ils, ça peut vous ruiner la santé en rien de temps, peut-être pas demain, mais à coup sûr avant longtemps. Au nom du principe de précaution, il faut repousser cette diabolique invention. Sans compter, pour vous camarades de gauche, qu'elle est l'oeuvre satanique d'une entreprise multinationale qui tond la laine sur le dos des pauvres paysans, et pour vous, camarades écolos, que la dite entreprise a empoisonné la moitié de la planète au PCB.
Le pauvre Sénateur, soucieux de faire valoir ses mérites écologiques a mis la main dans l'engrenage en se proposant pour présider le fameux Groupe de Travail au Grenelle de l'Environnement. Il s'est immédiatement retrouvé coincé entre les Faucheurs Volontaires menés par le Gardien de chèvres moustachu et le Lobby paysan dans ce qu'il a de plus consistant, celui des céréaliers. Aujourd'hui il se plaint amèrement : " Lorsque la haine et la méchanceté s'associent ainsi, j'éprouve un sentiment de mépris total à l'égard du ou des auteurs pour lesquels je ressens encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris"
A quoi ça sert d'être ni pour ni contre, si c'est pour en arriver là ? C'est que, comme pour le nucléaire, nous pataugeons en plein pathos. Pour l'électricité il nous faut choisir aujourd'hui entre les centrales atomiques et le réchauffement climatique. Demain de manière encore plus pressante nous devrons choisir entre l'agriculture intensive et la pénurie alimentaire, voire la famine. Monsieur le Sénateur ne nous donne pas d'explications sur ce cruel dilemme. Il dit seulement que les autres sont méchants avec lui, qu'il est un gaulliste de la première heure et un humaniste de toujours, et que si ça continue il va tout envoyer cul par dessus tête.
Heureusement le Sénateur se console car lui, qui n'est ni pour ni contre je le répète, reçoit des centaines de messages de soutien chaque jour. Il est devenu le dernier rempart pour la foule angoissée, puisque 80% de la population considère que les OGM sont le fruit de manigances diaboliques. Il est donc urgent d'interdire. Et il ne reste personne pour dire que faire de la politique c'est choisir, et pourtant on les paye pour ça nos politiciens, et plutôt bien.
Mon bourricot prit un air sentencieux.
-Avec des hommes aussi décidés on ne va pas tarder à manquer de foin pour l'hiver ! me dit-il.
Et il s'éloigna en broûtant, d'un air dégoûté.
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