23.02.2010

BHL, roi du toc

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A propos de notre beau philosophe, mon référent maître Cornelius écrivait : « Sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de vieille et grande culture, un “auteur” peut-il se permettre d’écrire n’importe quoi, la “critique” le porter aux nues, le public le suivre docilement – et ceux qui dévoilent l’imposture, sans nullement être réduits au silence ou emprisonnés, n’avoir aucun écho effectif ? » Optimiste, Castoriadis ajoutait néanmoins : « Que cette camelote doive passer de mode, c’est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, à obsolescence incorporée. »

 


Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, Wikipedia nous rappelle que Pierre Vidal Naquet, Bourdieu, Deleuze, se sont souvent étouffés en lisant le magicien des médias. Sa dernière campagne publique me sidère, il en est encore au fascisme, au stalinisme, au colonialisme et à l'impérialisme, comme si le monde n'avait pas changé depuis mai 68. On cherche en vain dans la pensée de ce gredin intellectuel de quoi éclairer notre malheureuse lanterne. On aimerait qu'il nous parle de la Chine et des autres pays émergents, d'Israêl et de son combat  d'un autre âge. Il préfère la Tchéchénie et la Georgie. Cornélius doit se retourner dans sa tombe,  la camelote n'est pas passée de mode.

 


Imperturbable, ce grand seigneur de l'imposture intellectuelle, se dit de gauche tout en mettant hors jeu le parti qui l'incarne. Il déclare qu'on doit en finir, le plus vite possible maintenant, avec le Parti Socialiste, ce "grand corps malade »  (Ce grand cadavre à la renverse, 2007).  A ses yeux, la gauche doit renouer avec l'essentiel, : l'antifascisme, l'anticolonialisme et l'anti-totalitarisme. Il exprime l'espoir de reconstruire, sur les ruines du parti socialiste, la gauche de demain, moderne et réinventée, avec à la clé une indifférence au social clairement assumée !. On croit rêver en le voyant asséner ces vieilles lunes (qui avaient tout leur éclat il y a un demi siècle) devant des journalistes serviles et médusés . Il est vrai que ce brillant penseur a de quoi, en réseaux, en pouvoir et en dollars, faire tourner les miroirs aux alouettes.

PS/ et je ne parle pas du fameux faux philosophe Botul...


25.01.2010

Plumassons et Trissotins

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Suite au clash médiatique de Vincent Peillon, j'admire la vénérable coalition des journalistes "officiels" de nos principaux organes de presse, ceux que j'appelle les Plumassons et les Trissotins qui se donnent des grands airs et s'accordent une autorité dans l'opinion, qu'ils montent collectivement en crème fouettée. J'y ai observé toutes les mimiques de la dignité blessée face à la mise en doute de leur indépendance par le rappel de leurs connivences quotidiennes avec les politiques, qu'on peut d'ailleurs mesurer au nombre de mariages incestueux. Tout cela parce que Vincent Peillon leur a bricolé un traquenard qui voulait dire : j'en ai assez de votre terrorisme intellectuel, je ne supporte plus de passer sous vos fourches caudines, vous ne m'inviterez plus et après ?

 

Il suffisait d'observer sur Canal+, A.D. le Pape de la confrérie, au bord de l'apoplexie et prêt à en venir aux mains, pour comprendre que l'enjeu était proprement vital, essentiel à l'idée que ces gens d'influence se font de leur fonction. De tous les bords journalistiques encouragés par les plus serviles des politiciens  fusent les insultes à l'égard de l'insolent, coupable du crime de lèse majesté, couard, fourbe, sournois, peu intelligent et probablement fou. Et pourtant, tout bien considéré, il ne s'agit que d'un tout petit esclandre qui, à l'aune de la nation, ne mérite pas plus qu'un entrefilet. Mais on comprend qu'il ne faut pas défier ainsi une corporation maîtresse de ses codes, avec ses petits arrangements et ses gros mensonges, qu'il est hors de question de voir remis en question.

 

Les journalistes si prompts à nous servir des enquêtes d'opinion jetant le doute sur la pertinence et l'honnêteté des hommes et des femmes politiques, sont moins empressés quand il s'agit de procéder à leur autocritique. Ils n'ont pourtant pas dans l'opinion une image de Saint-Just, qui attirerait le respect et la confiance. Ne viennent-ils pas d'accepter sans mot dire (eux qui ont tout les outils pour remuer l'opinion) que les maîtres de la télévision soient nommés par le pouvoir exécutif ? Allons Mesdames et Messieurs les pisse-copie, un peu d'humilité et cessez vos cris d'orfraie.

22.12.2009

Beurka...dis moi ton nom.

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Que peuvent bien vouloir cacher ces femmes qui, en France, tiennent absolument à s'habiller comme des pingouins? Leur féminité bien sûr, substantielle par définition, qu'elles considèrent comme leur seul trésor. Convaincues par les traditions millénaires du Moyen-Orient et de la Méditerranée, elles admettent une fois pour toutes que leur véritable existence est dans le regard des hommes. Elles ne vivent que comme source d'inspiration sexuelle et doivent se garder de gaspiller ce seul viatique. Comme toutes les courtisanes du monde elles savent que moins on en montre , plus le désir flambe. En organisant la rareté, on fait monter les prix. Le port de la burqa est péripatétique. Ce qui ne manque pas de charme....

Image Slate/fr

13.11.2009

Les bons français et les autres

masques.jpgBadinter ce matin  à la radio a clairement résumé l’identité nationale dont on nous rebat les oreilles en ce moment : une communauté de culture d’Astérix aux Misérables, une communauté de valeurs, liberté, égalité, solidarité, laïcité, et bien sûr ce qu’on oublie trop souvent, une communauté de destin.

 

Façon élégante de dire que nous sommes, citoyens d’un même pays, embarqués dans la même galère. Voilà qui donne à réfléchir : les petits immigrés qui sifflent la Marseillaise dans les stades sont particulièrement visés. Nous sommes menacés par cette invasion de moricauds sans foi ni loi, qui ne se reconnaissent pas dans les valeurs de la République, avec cette excuse cependant, que la République ne les reconnaît pas trop bien elle-même comme ses propres enfants.

 

La ficelle est un peu grosse pour retrouver les faveurs des racistes de l’extrême droite, incorrigibles nostalgiques des colonies, gros bras tatoués xénophobes et fanatiques d’uniformes à barrettes que la Marseillaise excite aux dernières extrémités. Quand je pense que c’est le fourbe Besson qui se charge de la basse besogne !

 

Mais posons nous la question : ceux qui s’installent en Suisse ou en Belgique pour payer moins d’impôts, ceux qui jouent les emplois de l’hexagone au casino financier de Londres ou de New York, ceux qui s’enkystent dans les paradis financiers, ceux qui jouent leurs ambitions personnelles au détriment de l’intérêt général, sont-ils de meilleurs français ? Besson ferait bien de mettre cela sur le tapis. Le ministre du budget lui même a déclaré qu’il avait trois mille noms. Que ceux là viennent chanter la Marseillaise dans la cour de l’Elysée et ils seront pardonnés.

 

01.07.2009

Encore un effort camarades !

 

 

Les élections européennes ont été une nouvelle occasion pour les socialistes d’essuyer les quolibets gourmands et faciles des journalistes et de se faire brocarder par tous les beaux esprits. Les responsables de notre campagne électorale ont fait la preuve de leur incompétence, avec des affiches sans message évident et des bulletins de vote invisibles. Dans notre circonscription du nord-ouest, Pargneaux et les autres candidats ne donnaient pas vraiment envie aux socialistes et aux électeurs sympathisants d’aller voter, du moins en Basse Normandie. Après le scrutin, nos militants n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer.

 

Je n’ai qu’une compassion limitée pour beaucoup d’entre eux, déçus aujourd’hui encore, mais qui ont participé avec violence au Congrès de Reims, à l’élimination de la moitié des forces du Parti. Ils n’avaient qu’un seul mot d’ordre, inavoué mais criant d’évidence : tout sauf Ségolène Royal, alors qu’ils auraient du réclamer l’unité et la synthèse. Ils ont préféré faire de Bayrou un casus belli et du vote à gauche (plus à gauche !) un brevet de vrai socialisme ( ?). On voit le résultat  : Mélanchon quitte le Parti et Cohn-Bendit ramasse la mise.

 

Fin de la séquence. On passe aux régionales. Je m’adresse aux bas-normands. Si une nouvelle fois, on prend les citoyens pour des demeurés, nous aurons un vrai retour de flamme. Celui qui n’a pas compris que la question environnementale est devenue aussi importante que la question sociale n’a rien compris. Le PS, mon Parti, a du pain sur la planche.

 

Nous devons avoir une position claire sur l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables, nous devons parler des OGM de manière lucide et technique, nous devons donner notre position sur la loi littorale et l’urbanisation rurale, sur l’agriculture biologique, sur les techniques de pêche et les réserves halieutiques, sur la part de la route et du rail dans notre région, sur l’ouverture de nos ports et le rôle de Cherbourg en particulier, nous devons nous exprimer sur l’intercommunalité et le nouveau souffle à donner à la décentralisation et sûrement d’autres choses encore, comme l’hôpital et l’éducation.

 

Evidemment la liste n’est pas close. Si nous ne faisons pas cet effort intellectuel,  militants et élus, de mettre en équipe sur la table, une politique qui ne soit ni celle de la droite libérale, ni celle des écolos sectaires, ni celle doctrinale de l’extrême gauche, mais une ligne juste,  soucieuse de l’intérêt général et de la justice sociale, nous ne compterons plus électoralement. Depuis avril 2002 nous sommes parfaits dans les rôles incantatoires, il serait peut-être temps de changer de répertoire et de défendre une ligne politique tournée vers la transformation progressiste du pays. Dans sa motion Benoît Hamon voulait reprendre l'avantage conceptuel sur la droite. Je dis à tous : chiche, allons-y.

 

Au fait je suggère une nouvelle appellation pour notre vieux parti : le Parti pour le Progrès Ecologique et Social (PPES). Tout simplement. [Je corrige : Parti Européen pour le Progrès Ecologique et Social (PEPES ) : c'est au plus proche de la réalité ! note du 13 juillet 2009 ]

06.04.2009

Chronique de l'âne 12- En avoir ou pas

tête de totoWEB.jpgLa semaine dernière le jeudi fut une journée noire. Depuis quelque temps déjà mon bourricot prétendait m’imposer sa façon toute personnelle de voir les choses. Chacun sait que je suis très attaché à la résolution des conflits et des contradictions par un dialogue franc et direct. Malheureusement  mon âne est peu attentif aux subtilités de la parole et aux nuances du vocabulaire. Il a tendance à ponctuer ses envies avec des coups de tête dans le dos et des bourrades sournoises et pesantes. J’ai attribué ce comportement mesquin à une volonté de puissance agressive liée à un excès de testostérone. Le printemps venant, l’herbe verte, l’air marin et la force de l’âge n’ont fait que renforcer cette tentation animale de dominer ceux qui l'entourent.

 

Comme pater familias et toujours responsable de tribu, je ne pouvais pas admettre une remise en cause aussi brutale de ma bienveillante autorité. Bien qu’il m’en coûtât, je m’en suis ouvert au docteur vétérinaire pour procéder à l’ignominieuse opération qui consiste à descendre en breloques les jolies roupignolles du pauvre quetton. Ainsi fut dit, décidé et exécuté. Transformé en modeste castrat, mon âne du Cotentin voit du même coup sa lignée génétique stoppée et tous les espoirs de son père Milord de Boudosville anéantis. C’était le prix à payer pour conserver la paix sociale et éviter qu’un des membres de la famille, pas des plus fins, prenne le pouvoir et impose à tous ses caprices saugrenus.

 

On ne dira jamais assez les inconvénients de l’excès de testostérone sur le fonctionnement social de notre planète. Je serais tenté d’y attribuer la volonté de domination qui vient souvent dénaturer les rapports entre les hommes et les femmes. Quand ils ont du génie, les mâles dominants  se jettent dans l’imagination et la création et on obtient des Victor Hugo ou des Pablo Picasso dont on connaît l’extraordinaire puissance génésique. A ce compte là on se félicite d’être humain et on voit l’avenir avec un grand optimisme.

 

En revanche, lorsqu’ils  sont moins doués et que leurs compétences conceptuelles sont plus modestes, certains étalons, malgré tout dévorés par leur volonté de puissance, mettent en avant leurs gros muscles, et tous les attributs qui s’y rattachent, montres en or, belles autos, yachts improbables, villas au soleil, postes de commandement et comptes en banque en rapport. Comme mon bien aimé bourricot, leur souci principal est de se mettre à la tête du troupeau et d’installer partout l’apparence de leur suprématie. Apparaissent alors les Gengis Khan ou les Napoléon grand et petit. C’est à ces moments là que le doute s’insinue sur l’avenir de notre espèce.

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Tout bien pesé je ne saurais trop conseiller aux générations futures d’analyser avec la plus grande suspicion les déclarations d’amour des ânes politiques qui se disent décomplexés et qui promettent de mettre fin aux hypocrisies. La plupart du temps c’est une  façon de jeter aux orties les oripeaux du respect d’autrui en piétinant les platebandes des autres. Comme Tonnerre de la Fosse, fils d’Oasis de St Jores et de  Milord de Boudosville.

18.11.2008

Fin de partie à Reims

Dans ce monde de communication permanente, il y a tant de choses dites ou écrites qu’on est pris de vertige et qu’on a plus qu’une envie, celle de se taire. D’autant plus que ce sont rarement des déclarations positives qu’on entend. On cherche en vain les idées de conciliation, les tentatives d'apaisement, ou les propositions de coopération. On entend au contraire et en surabondance  de l' ironie mordante, des proclamations victorieuses et des imprécations grandiloquentes,,  des condamnations péremptoires   et des exclusions définitives.

 

Dans ce concert de damnés ou personne n’écoute plus personne, les officiers de l'armée mexicaine qu’on appelle encore le PS,  ont renvoyé aux militants le soin de trier et d’éliminer les candidats pour choisir leur Général en Chef. Hélas notre Etat Major n’a pas vraiment élaboré de plan de campagne, ni désigné les véritables ennemis, ni reconnu d’éventuels alliés. Débrouillez vous chers militants et votez en conscience. Mais c’est un peu trop tard car il n’y a plus de bonne solution. Comment croire qu'après avoir appris à se détester les militants socialistes travaillent ensemble de gaieté de coeur? 

 

Dans ce psychodrame désolant il reste que le mouvement, la nouveauté, l'esprit d'équipe, la sincérité se trouvent du côté de Royal. Elle a fait des propositions claires que les trois autres ont repoussées avec une mauvaise foi évidente. Delanoé et Aubry ne sont que les paravents du vieux Parti qui veut se succèder à lui même. Il me semble que mon favori, Benoît Hamon, est lui aussi prisonnier de son mentor Henri Emmanuelli dont il reproduit l'immobilisme et le sectarisme, que Mélanchon vient de mener à leur extrêmité. Si Aubry gagne c'est que rien ne va changer et que les Barons vont continuer à se moquer des militants de base et à n'en faire qu'à leur tête. Je vois déjà  Fabius, Jospin, Lang et bien d'autres (ceux que Benoît Hamon a appelés les repus), faire la loi en coulisse avec leur habituelle fatuité.Nous n'aurons plus qu'à prier pour qu'ils se retiennent de trahir et qu'ils cessent d'alimenter  les sarcasmes de la Droite, tout en rêvant du prochain Congrès. 

 

Ma dernière remarque c'est que les chefs et les sous-chefs sont bien plus figés dans leurs alliances, dont dépend leur carrière politique (et parfois leur carrière tout court) que les militants de base qui n'ont rien à défendre fors leurs convictions. Pour les cadres du Parti, les  nominations, les investitures, et les cooptations de toute nature sont le pain quotidien qui embellit leur ordinaire. Comment oser dans ces conditions des changements et des synthèses qui remettraient en cause les chaînes de transmission du Pouvoir ?

02.10.2008

Chroniques de l'Ane 10- Bataille idéologique et guerre sociale

 

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En avons nous entendu,  des Sarkozystes qui se glorifiaient d’avoir terrassé la vieille idéologie socialiste. Nous avons gagné la bataille idéologique clamaient les Fillon, les Copé, les Lagarde, les Raffarin, les Bertrand et autres forts en thèmes de la majorité. Notre petit télégraphiste Nicolas avait même pris la précaution de réviser sa leçon auprès de l’inénarrable Bush et il se présentait avec Bolloré et les autres comme un garant de l’orthodoxie libérale. Les vainqueurs menaient carrosse et donnaient à voir sans pudeur le spectacle des yachts de luxe et de la grande vie dans les palaces. Nous avons gagné la bataille idéologique se vantaient les rois de la finance, les Tapie et autres PDG spécialistes du parachute et du bonus. Rien n’est trop beau pour récompenser  nos incroyables mérites, l’argent va aux élites et c’est bien normal. Pour eux les jackpots sont inépuisables, et leur appétit d’argent insatiable. Ils mangent le caviar à la louche et ils s’engraissent pour plusieurs générations.

 

Mais nous autres les bourricots laborieux, les victimes évidentes de cette évidente défaite, que sommes nous devenus ? Le PS malade fait le dos rond. La gauche radicale pourtant bien mise en scène,  brandit Besancenot comme un (faux) mage. Il ne nous reste plus qu’à tenir notre rôle de salariés indistincts. Montrer patte blanche et écouter l’idéologie victorieuse. Nous devons nous mettre au service de la France sans acrimonie aucune, mondialisation oblige. Sinon les Chinois viendront dormir dans nos lits . Que chacun sache qu’un sou est un sou et un chômeur un fainéant. Les caisses sont vides, il est inutile de réclamer sans cesse de la santé et de l’éducation pour nos vieux et nos jeunes. Est-ce que l’Etat doit toujours payer pour les services publics, pour les hôpitaux, pour les écoles, pour la recherche, pour la culture ? Faites comme nous démerdez vous, levez vous le matin très tôt, travaillez plus, devenez souples, si vous n’avez plus de travail chez vous, allez donc chercher ailleurs. Ce n’est pas nous,  les vainqueurs idéologiques qui allons encore payer des impôts et des taxes . Nous en avons fini de jouer les rad-soc,  nous avons gagné  le pactole, nous sommes la France qui gagne. Laissez nous remplir en paix nos coffres sécurisés.

 

Seulement voilà , un matin on se réveille avec un beau bubon qui éclate dans la peste financière. La maladie vient des USA. Nous en France on rigole. Ce n’est pas important, juste des nègres qui ne peuvent pas payer leurs traites. On va prendre des mesures et effacer tout ça. Seulement la maladie s’aggrave et on parle de centaines de milliards de dollars passés à la trappe. La faillite et la panique s’installent dans les banques. Le virus se transmet et passe l’Atlantique. Les liasses de billets des chambres fortes sont remplacées par de mauvais courants d’air. Voilà que le gratin financier se gratte avec angoisse, finis les bonus et les parachutes, envolés les actions et les titres, saisis les yachts et les châteaux.

Alors on a vu dès l’aube, le baron Sellières en tête,  des cohortes d’hommes en gris, habitués à donner des ordres, y compris aux Etats, frapper à la porte des ministères et proclamer que la situation était très grave et menaçait l’ordre mondial, surtout celui de leurs portefeuilles. Les gouvernements et les ministères jusqu’ici chambrés, honnis, brocardés, deviennent d’un coup les instruments du salut. Le libéralisme sauvage est oublié. Vive Mr Keynes, il faut remettre l’argent du peuple au pot du casino financier. L’état d’un coup redevient utile aux Barons de la finance et aux Princes de la spéculation.

 

En apprenant cela, mon âne Tonnerre s’en alla braire à tous les vents son désarroi et sa rancoeur. Bourricots nous sommes, bourricots nous resterons braillait-il. Une fois encore on va nous faire les poches en nous faisant croire que c’est normal et inévitable, la moins mauvaise des solutions. Nous faire croire que le monde ne peut pas tourner rond si les riches ne peuvent plus s’enrichir et si les pauvres refusent de payer. Ou alors c’est la Révolution ! Et on sait bien depuis Staline,  Mao et Castro que les révolutions tournent mal. De toute évidence cette défaite va nous coûter cher.

 

A moins camarades que tous les quettons du monde se mettent en tête de renverser la preuve par 9. Qu’ils démontrent que ce sont les forts en thème qui nous mènent à la ruine. Et que leur victoire au printemps nous conduit à la débâcle en hiver. Proclamons une fois pour toutes que l’Etat c’est nous et c’est pour nous,  pas pour financer les rapines des rapaces de la finance. Pas si bêtes, les troupes de l’UMP ont senti le coup venir. Ils prennent leurs dispositions pour éviter la Bérézina. Un petit peu d’Etat ne nous ferait pas de mal avouent-ils. Les temps sont à l’austérité. Le Président retraité du Sénat lui même accepte d’aller habiter en HLM ! Je vous le dis camarades et mon âne également , on a perdu une bataille mais il est grand temps de gagner la guerre, je veux dire la sociale !

10.03.2008

Chroniques de l'âne 4- Et les autres candidats ?

 

Depuis quelques jours, je marmonne dans mon coin de blog en mettant égoïstement en avant mes propres turpitudes et celles de mon bourricot, alors  que je n’ai pas dit un mot de mes valeureux concurrents. Et pourtant ils sont bien plus connus que moi et pas du tout novices dans l’art et les artifices du politicien local.

Je ne m’attarderai pas  sur la mystérieuse candidate au poulet déplumé dont l’affiche est presque aussi laide que son programme. Tout à l’autre bout de l’éventail je ne peux en revanche qu’applaudir le courageux camarade du PC, tout en lui rappelant que les lendemains qui chantent de l’antilibéralisme sont loin des rêves les plus fous de nos concitoyens du Val de Saire.

 

On pourrait aussi passer vite sur l’élégant Monsieur de Paris venant au secours des bouseux, comme son statut de fonctionnaire de la mairie de Paris (et ses RTT)  l’y autorisent. Mains croisées, l’homme et sa suppléante ont une attitude très catholique propre à rassurer nos paroissiens que des évènements récents ont profondément meurtris.

A tout prendre je préfère la charmante candidate du Modem qui forme un couple très moderne avec son jeune suppléant, bien dans la ligne de François Bayrou. Malheureusement je n’arrive toujours pas à bien comprendre cette ligne  d’entre deux, qui mène au Triangle des Bermudes politique. Depuis l’école primaire j’ai appris qu’entre la thèse et l’antithèse, il n’existait rien qui vaille. Dialectique exige.

 Restent  les deux frères ennemis de Quettehou et de Saint Vaast. L’un jeune, l’autre pas ; l’un soutenu par JF Legrand, l’autre pas ; l’un déjà maire et futur maire, l’autre plus. L’un peu imaginatif et l’autre pas davantage. L’un aux dents assez longues malgré un  programme un peu court, l’autre autoproclamé sérieux notaire, qui jure avec onction de garantir notre avenir contre les incertitudes du changement.

En réalité, tous les deux se préparent  à reprendre la guerre des chefs qui a si bien réussi par le passé. Clochemerle est toujours vivant et anime encore dans nos villages son cortège d’amusantes et ridicules figurines. Nonobstant, ils brandissent imperturbablement le drapeau blanc de l’entente cordiale tout en fourbissant les armes fatales qui leur assureront,  croient-ils, le leadership du canton.

Comme je lui faisais part de mes réflexions ce matin,  mon âne est entré dans une rage ostentatoire. « Les autres candidats devraient avoir honte de se présenter contre toi qui as tant de qualités, disait-il. Et je ne parle pas de ta suppléante dont la grâce souriante remporte tous les suffrages. Vraiment, a-t-il poursuivi, quand on commande à un ministre tel que moi, on mérite bien tous les suffrages, sans qu’il en manque aucun.

Comme je me rengorgeais de satisfaction, j’ai aperçu dans son œil gauche, car le droit m’était caché, une lueur de fourberie qui gâchait ces propos flatteurs et nous menait droit à la flagornerie. Je suis sûr qu’il  en voulait seulement au quignon de pain qui est sa récompense habituelle. Il n’est pas du tout certain que dans l’isoloir il voterait pour moi,  cet animal. Par précaution je lui ai confisqué sa carte d’électeur.

 

 

27.02.2008

Chroniques de l'âne 3 - L'aménagement zéro

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Comme je l'ai déjà dit, la campagne électorale, me permet de visiter le Val de Saire par le menu, de rencontrer les maires et les conseillers municipaux, d'observer et d'entendre, de comparer et de dialoguer, de digérer en quelque sorte le pays après l'avoir ingurgité par le menu.

Et bien je suis désolé, le plat me reste sur l'estomac. Non pas que les mets soient avariés ou les matières premières sans qualité, c'est plutôt le maître-queux qui est en cause. Ce n'est pas de la gastronomie c'est de la gargote. Et j'ai compris pourquoi : l'absence d'anticipation politique et les querelles de clocher ont fait sans cesse tourner la sauce.

On se plaint aujourd'hui de l'enclavement routier et des énormes poids lourds qui traversent nos villages et nos bourgs sans aucun égard pour le bien-être des habitants. Les huitres, les poireaux, les pommes de terre et les choux fleurs transbahutent par milliers de tonnes à travers Sainte Geneviève, Quettehou, Morsalines et Aumeville Lestre. Les gens s'en plaignent et en été ça fait mauvais effet pour les touristes. Comment a-t-on pu sans sourciller laisser une des plus importantes plateformes de notre commerce légumier s'installer au plus profond de notre réseau vicinal ?

On pourrait de la même manière considérer comme saugrenus l'opération du Pont des Bermes, destinée à s'enliser dans les terrains humides prélittoraux, ou bien encore celle des deux salles de sport jumelles et aussi le lotissement du Bout du Fil. Tout cela parce que les communes, à commencer par les plus puissantes ont joué leur jeu, sans aucune considération pour le bien du canton ni pour la relance économique future. Pas de vision, pas d'anticipation, les égoïsmes de clocher sont à l'oeuvre,  produits amers d'une vision passéiste de notre société.

Pour un géographe, l'évidence est que les activités industrielles et commerciales devraient s'échelonner sur l'axe Quettehou-Barfleur comme on en observe aujourd'hui l'esquisse, que les zones résidentielles auraient du être privilégiées sur les hauteurs de Crasville au Vicel, ménageant ainsi à tous une vue magnifique sur notre littoral de Gatteville à la Hougue, que le centre administratif d'école, de santé, de sécurité aurait du être le Chef Lieu Quettehou, que les points forts d'ancrage touristique auraient du être Saint Vaast ET Barfleur. Il n'est pas question de tout réglementer mais l'anticipation et  l'incitation, auraient pu nous faire gagner beaucoup de sous. Ceux là même que nous donnons au percepteur.

J'ai tenté de faire comprendre ça au jeune Tonnerre de la Fosse : il m'a répondu par des coups de tête intempestifs en retroussant les babines et en essayant de mordre mon paletot. Cette attitude lui est coutumière quand il ne veut rien d'autre que m'imposer sa force et son ânerie. Sans doute comprendra-t-il plus tard, quand il aura reçu l'éducation qui convient.

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