10.10.2011

Scénario catastrophe

dsk fabius.jpgJe suis déçu par les résultats du premier tour. Ce que je redoutais est arrivé. Tout bien considéré je pense que FH va gagner au deuxième tour, mais de peu, de trop peu. J'entends déjà dans les officines de l'axe Paris-Lille fuser les quolibets et les trahisons. En 2007 ils ont eu Ségo, en 2012 ils tenteront d'abattre François. J'en voudrai toujours à Martine Aubry de se prêter au jeu de massacre, à l'union des contraires, aux accords secrets, aux ambitions ravalées.

 

Martine n'est pas propriétaire des voix de Montebourg, mais "ils" font déjà comme si. Menteur parmi les menteurs, Fabius affirmait d'un air entendu à la télé qu'il avait des infos, que l'écart entre Martine et François se réduirait quasiment à rien au matin du Lundi. Bien sûr il n'en est rien,  les huit petits points ont tenu. L'intox va continuer. Hamon autre traître de la gauche du PS mêle ses voix à celle des déçus de DSK et à celles  des petits amis parisiens, les "bobos" de la mairie de Paris,  qui n'ont rien à voir avec sa propre ligne politique. Confusion. Enfumage.

Martine n'est pas la fille de Jacques Delors, au contraire de lui c'est une politicienne cynique et vindicative. C'est sans doute pour cela que le papa admire sa fille, elle a les défauts qui lui ont manqué à lui, pour se présenter aux présidentielles en son temps. Pour ma part,  je pense qu'elle perpétue une image détestable de la politique, sans convenances ni grandeur, une Sarkozyste de gauche en somme. Avec des amis comme elle, on peut se passer d'ennemis.

 

Il va bien falloir faire avec, on aura un résultat à 52-48 ou pire, que la droite aura beau jeu de reprocher à notre candidat. Les Flamby vont fleurir, les petites phrases vont être distillées, les mensonges vont prospérer, Lille va devenir un bastion de l'opposition interne du PS. La soi-disant élite providentielle va étriller le populaire. Une fois encore les gens de gauche ont refusé le vote utile, comme en 2002. Les Gaulois adorent se tirer dans les pieds et brûler ce qu'ils ont adoré la veille. Les larmes de Ségolène en témoignent. Sarkozy peut se frotter les mains, les ambitions personnelles sont à l'oeuvre. Après elles, le déluge...

05.10.2011

Les primaires et les sondages


 

famille-traitres-apotres-L-1-175x130.jpegInvariablement les mal classés des sondages affirment ne pas y croire. Méthode Coué. Mensonges. Ceux qui sont en tête feignent également de les manier avec des pincettes et beaucoup de scepticisme. Il n’est pas question de vendre la peau de l’ours…un peu de superstition ne nuit pas gravement. Mais comme le dit François Hollande, il vaut quand même mieux être donné gagnant que perdant, c’est de meilleure augure. Tous d’ailleurs épluchent avec méthode et rigueur les enquêtes d’opinion pour ajuster leurs arguments de campagne car en secret,  ils y croient dur comme fer. Moyennant quoi tous les candidats se livrent à une intox vis à vis des citoyens à qui on veut faire avaler des à peu près et des semi vérités. C’est un des multiples exemples du manque de respect des politiciens pour leurs électeurs.

 

Le divin Fabius, as de la manipulation, toujours prêt à dire du mal de ses petits camarades le répète encore ce matin : « les sondages ne veulent rien dire ! ». Fabius est un menteur. On prend comme vague argument que les sondages se sont toujours trompés, ce qui est bien entendu faux. Le deuxième argument, c’est que comme on ne sait pas qui va aller voter, il est impossible de savoir qui va choisir qui. Ce qui est encore faux bien entendu. Il n’y a aucune difficulté avec les précautions statistiques d’usage à prévoir une fourchette du nombre de votants .  Connaissant ce nombre de votants il n’est pas non plus difficile de leur demander pour qui ils vont voter ! Il faut tout simplement interroger un nombre suffisant de citoyens pour que la marge d’erreur donne les garanties nécessaires. Nonobstant, ces sondages ne sauraient être l'élection et peuvent évoluer jusqu'à la porte de l'isoloir. Certes, mais peu. C’est ce que nous ont expliqué les sondeurs eux mêmes.

 

Les sondeurs nous ont aussi prévenus que les méprises peuvent venir d’un tout autre critère, celui de la perméabilité des groupes d'intentions de vote. Il est assez logique de penser que tous nos candidats issus du PS avec un même socle idéologique sont susceptibles de recevoir les suffrages des gens de gauche, qui en ont vraiment assez de notre actuel Président. Ils pensent qu’ils voteront pour Aubry ou pour Hollande aux présidentielles,  pourvu qu’ils battent la droite. Cependant dans le cas des primaires, ils affichent une nette préférence pour François Hollande. Il est donné largement en tête au premier comme au deuxième tour. Bien entendu des changements politiques ou des fautes de communication peuvent encore,  mais avec de moins en moins de probabilités,  faire basculer l'opinion à tout instant. Pour FH il est urgent de ne rien dire ni rien faire qui puisse destabiliser sa position de leader.

 

Dans ces conditions, l’entêtement de Martine Aubry n’est pas de mise. Il n’est pas du tout impossible et je le souhaite,  que FH soit désigné au premier tour. On fera des économies et en même temps notre candidat en sortira renforcé et auréolé d’une réelle autorité. Il aura le prestige de la baraka, du gagnant, du meilleur, du soutien populaire, du rassembleur…Sauf si le clan adverse pro-aubry continue ses manoeuvres et ses petites phrases. On peut s'attendre à ce que le dit Fabius   joue en l'occurence le traître de la tragédie car il a peu de chances d'obtenir le pardon du vainqueur. Les combats pour soutenir Aubry sont des combats d’arrière garde qui ne profitent pas à la gauche. Je suis malgré tout persuadé que les citoyens ne vont pas s’y tromper. Ils vont donner une forte majorité à François Hollande dès le premier tour et se montrer beaucoup plus perspicaces que nos maîtres politiciens professionnels. Le peuple est plus responsable que ses petits princes. Le vote utile vous dis-je !

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01.10.2011

Arnaud et les petits bateaux

 

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Arnaud et les petits bateaux

 

 

Saint Vaast la Hougue était un bien joli petit port dans ce soleil bienvenu du 1er Octobre. Les conditions étaient exceptionnelles pour tracter au marché du samedi et tâter l’ambiance. On trouve autour des étals une quantité de gens qui ne sont pas d’ici, des baladeurs en camping car ou des évadés du week-end venus de Rouen ou de Paris. Il y a aussi des ex-citadins tout juste installés dans leur nouvelle résidence de retraité et des plus anciens qui ne s’éloignent jamais beaucoup de leurs déambulateurs. Au total, on y voit assez peu d’actifs du cru, toujours pressés, donc adeptes du supermarché. On voit enfin des promeneurs, et ce sont les plus sympathiques. Ils flânent devant les bateaux qui débarquent, au milieu des odeurs de poisson et du grabuge excité des goélands. On les sent friands de l’ambiance locale, rafraîchissante et colorée.

 

Une bonne moitié des gens me répondent avec une certaine hargne que les socialistes ne sont pas à leur goût et un bon quart me signifient par un geste de la main qu’ils ne sont pas intéressés. Certains « bofs » me gratifient d’un « tous pourris !» qui n’attend pas de réponse. Restent un bon nombre de personnes qui m’écoutent et parfois me confient obligeamment qu’ils iront voter dimanche prochain. Elles vont même jusqu’à me dire au creux de l’oreille, qu’elles sont pour Arnaud, surtout les femmes, car c’est un beau gosse et un beau parleur.

 

Cette popularité nouvelle m’a poussé à écrire cet article, d’autant plus que mon camarade Jean Paul Garnier y a déjà consacré de longs commentaires (voir ci-dessous). Montebourg est sûrement le plus remuant et le plus talentueux des quadragénaires du PS. Il a eu la bonne idée de monter sa candidature sur les idées de la gauche du parti (pour faire simple). Je veux dire par là qu’il n’hésite pas à affirmer dans son programme l’autorité politique comme régulateur de l’économie. Ceux qui sont contre, parlent de retour de la main mise de la bureaucratie d’Etat sur l’activité économique ou d’économie administrée. Il s’agit du contrôle des banques et du protectionnisme aux frontières, voire de la taxation des prix. En cela il n’est pas très éloigné de Ségolène.

 

Ces méthodes ne laissent pas que des bons souvenirs. La gestion étatique des banques a dans le passé récent produit le désastre du Crédit Lyonnais et l’économie d’Etat dans toute sa splendeur a, entre autres,  signé la faillite de l’URSS. Il serait quand même idiot de les rejeter sans plus de précautions. Il ne faut pas oublier que le libéralisme à la Thatcher ou à la Reagan nous a menés droit dans le mur de la crise actuelle. La raison oblige à constater que c’est bien de régulation que nous avons besoin aujourd’hui, pour ramener au bon sens des finances saisies par une folle avidité, laquelle s’exerce aux dépens de l’économie réelle. Le vrai débat est de choisir à quel niveau il faut mettre le curseur du contrôle étatique et comment on peut l’appliquer.

 

Les idées d’Arnaud Montebourg sont donc nécessaires au débat. Il parvient à les faire passer dans l’opinion avec un réel talent. Néanmoins je ne crois pas qu’on puisse les appliquer en évitant des effets d’aubaine et des contre-performances imprévisibles. Il faut donc de la prudence et de l’expérimentation. Le dialogue avec Manuel Valls est passionnant. Les candidatures de ces deux là sont utiles, car elles font progresser le niveau politique des électeurs et des auditeurs. Je suis convaincu que sous la Présidence de François Hollande ces deux leaders trouveront des rôles à leur mesure et qu’ils seront utiles au pays encore longtemps. Si ils ne sont pas saisis comme bien d’autres par les vertiges empoisonnés du pouvoir.

30.09.2011

Votes utiles et candidatures inutiles

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Votes utiles et candidatures inutiles

 

J’adore la controverse quand elle fait avancer la réflexion des uns et des autres. On sait bien que la trouvaille, la bonne solution, la vérité,  viennent de là. Une bonne idée ne devient vraiment bonne que lorsqu’elle est partagée. Je comprends très bien que les supporters de Martine A. soient consternés par sa défaite annoncée. Il faut rassurer chacun d’entre nous,  il n’y aura qu’un vainqueur : cinq groupes de militants seront frustrés et déçus. Raison de plus pour regarder la situation avec sérénité et avec un seul objectif pour la gauche : gagner les élections présidentielles en 2012.

 

Si je considère que Martine devrait se retirer ce n’est pas pour donner des coliques à ceux de mes camarades qui la défendent, c’est parce que je suis un grand stratège politique tout naïf, qui ose dire des choses, fussent-elles saugrenues. L’appel au désistement de notre ex. Première Secrétaire en est un exemple. Je suis donc un irresponsable certes,  mais qui respecte tout le monde et qui ne craint personne. J’ai des arguments pour justifier ma position que certains considèrent comme iconoclaste :

 

1) Martine est arrivée dans les valises plus ou moins consentantes de DSK. Chacun peu lire dans ce blog que je n’ai jamais fait confiance à cet homme providentiel dont les solidarités « grand style » me sont étrangères. La mauvaise image de DSK  ternit celle de Martine.Si elle est notre candidate, la droite ne se privera pas pour lui reprocher.

 

2) Martine a pris le pouvoir à Reims dans des conditions peu démocratiques faisant alliance avec la gauche de Hamon et la droite de DSK. Je lui ai toujours reproché cela comme un péché originel que je porte à son débit.

 

3) François H. s’est déclaré  candidat le premier, librement, sans marchandages et ententes préalables. Il a pris ses risques et montré du courage et de la détermination. Il a élaboré une stratégie politique moyenne permettant le rassemblement de toute la gauche indispensable à la victoire.Il est aujourd'hui en situation, c'est à dire qu'une majorité des Français souhaite son élection. Je trouve à cette candidature une visibilité et une clarté rafraichissantes.

 

4) Au vu de cela, si Martine avait été une bonne camarade, elle ne se serait pas mise sur les rangs, car elle n’offre par rapport à FH  aucune alternative politique (contrairement aux 4 autres candidats). Tous les commentateurs s'accordent pour trouver sa ligne politique très proche de celle de F.H.

 

J’en conclus que Martine Aubry se présente pour incarner et donner sa chance à une fraction (Hamon, Fabius) de nos leaders contre une autre, celle de François Hollande, qu’ils détestent depuis toujours. La raison de la candidature d’Aubry est avant tout basée sur des motifs personnels et claniques.

Ce faisant, cette candidature nuit à la clarté du scrutin des primaires et égare le débat politique en le transférant vers une querelle de personnes, ce que j’ai toujours détesté et beaucoup d'autres  militants avec moi. Pour finir je peux jurer que si François Hollande était dans la situation du deuxième attardé comme Martine aujourd’hui, j’appellerais tout pareil à son retrait. On parle souvent de vote utile, mais on devrait bien réfléchir également sur les candidatures inutiles.

29.09.2011

Aux primaires socialistes, Martine doit se retirer!

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L’hésitation n’est plus de mise !

La semaine a été faste pour les socialistes et la gauche en général. Avec le Sénat, c’est un vieux bastion de la droite qui s’effondre. On peut croire qu’il y a là-bas quelques placards qui renferment des secrets de famille. Comme lors d’une succession, l’alternance va permettre de les exhumer et de les publier. Il était question de vider les écuries. La Gauche va se trouver à pied d’œuvre. Je ne sais pas pourquoi, il me semble que J.P. Bel, ce provincial discret, répand comme un parfum d’honnêteté et de simplicité. Attendons de le voir à l’œuvre.

 

L’autre heureux évènement tient à la tenue du deuxième débat télévisé des candidats aux primaires. Tous les six ont fait preuve d’intelligence et de sérieux. Cette confrontation des idées dans la clarté et la liberté est à l’honneur du Parti. On y découvre que la relève est assurée avec des hommes comme Montebourg et Valls qui représentent utilement deux pôles, l’un plus à gauche et l’autre plus à droite qui encadrent la figure centrale de François Hollande. Celui-ci n’a pas failli à son rôle de rassembleur ouvert aux idées nouvelles. Il a délaissé tout esprit polémique en signifiant aux cinq autres qu’on avait besoin de tout le monde et qu’il était le mieux placé pour entraîner l’équipe, sans morgue ni animosité. Il s’est affirmé sans effort, devant tous les téléspectateurs, comme le leader le plus « naturel » de notre Parti. Il est déjà Président.

 

Je n’en dirais pas autant de sa concurrente la plus directe. Martine Aubry a été en permanence dans la défensive et l’acrimonie. On sent bien qu’elle en veut à ses camarades de lui disputer la place. Elle rejoint en ce sens beaucoup de dignitaires du Parti qui pensent que ces Primaires ne devraient pas exister. Elle se retranche derrière sa fonction de Première Secrétaire dont elle se vante d’avoir assumé glorieusement les fonctions. Ce qu’on peut discuter, mais qui n’est pas essentiel : depuis quand serait-il convenu qu’un bon Premier Secrétaire ferait un bon Président de la République ?

 

Je ne voudrais pas dénier à Martine Aubry d’éminentes qualités politiques. Elle remplit avec dignité et brio ses fonctions de Maire de Lille qu’elle a,  il me semble, rendue attractive et dynamique. Elle fut une glorieuse ministre sous Jospin. Elle est donc une grande serviteure de notre Parti.  C’est pour cette raison qu’elle doit se retirer de la course à la désignation. Elle a tout à perdre d’une défaite aux primaires. Elle aurait tout à gagner en rendant les armes à François Hollande : elle nous offrirait une preuve de militantisme, de désintéressement et d’ intelligence politique. On lui saurait gré dans l’histoire, d’avoir tout fait pour offrir la victoire à son camp.

 

Après cette semaine pleine d’espérance, le désistement de Martine Aubry dans ces Primaires rendrait possible une élection au premier tour de notre candidat, avec 60% des voix. Une telle désignation, sans ambiguïté aucune, laisserait nos adversaires de droite sur le carreau. François Hollande prendrait dans l’opinion une stature de héros national. Celui que le pays appelle pour nous débarrasser de l’hydre de la concussion, du mépris, de la bassesse, de l’inculture, de la ploutocratie, de l’injustice et de l’incohérence. L’équipe à Sarko devrait ravaler ses sarcasmes et ne plus penser à jouer les DRH du PS ou prendre Jaurès en otage avant d’aller se gaver de caviar au Fouquet’s.

 

Vous allez me dire que je rêve, que rien n’est jamais joué, qu’on nous a appris qu’il fallait se battre jusqu’au bout. Nous ne sommes pas au football et encore moins en guerre. Nous sommes dans une démocratie pacifique, épuisée par les frasques d’un clan sans honneur. Nous avons l’occasion unique de conquérir le pouvoir loyalement par les urnes et de l’offrir à un Président normal, modeste et sincère. Est-ce que ça ne vaut pas la peine de faire quelques sacrifices personnels, expiatoires et militants?  

 

 

Extrait du livre à paraître de Renaud Dély et Henri Vernet (Le Nouvel Obs)

 Puis, un rien condescendant, Dominique Strauss-Kahn ajoute : "François est un garçon intelligent, il a une belle carrière devant lui. Il peut espérer Bercy ou, pourquoi pas, Matignon. Il en veut beaucoup à Lionel de l’avoir laissé au parti, il juge qu’Aubry est méchante et injuste avec lui, je peux peut-être faire quelque chose pour lui, mais tout dépend de son attitude…" Puis le directeur général du FMI assène le coup de grâce : "S’il veut quelque chose, il faut qu’il se couche, et vite !" Deux semaines plus tard, c’est finalement DSK qui s’est couché. Pour de bon.