19.11.2011
Que le nucléaire explose...
A la figure des Verts. On approche du moment de vérité. Après avoir escaladé les grues, grimacé derrière leurs masques de carnaval et distribué partout des à-peu-près et des contre vérités, les écolos sont confrontés à la réalité tranchante. Il n’y a rien de plus simple que la dureté des rapports de force et que la toute puissance des faits. Après avoir chanté partout l’urgence de la sortie du nucléaire, sans vouloir en dire ni les coûts ni les échéances, les Gourous, ces chevaliers de l’Apocalypse, promise par le Réchauffement climatique, les OGM et les Centrales nucléaires, doivent se rendre à l’évidence. Il n’y a plus de niaqua ni de faucon, il faut aussi maintenant écouter leurs alliés et comprendre leurs ennemis. Ils doivent à présent réfléchir, argumenter et composer. Ils sont enfin contraints de revenir sur terre.
Les Verts ont fait leur fortune sur un argument : le nucléaire est dangereux, mais dangereux au point qu’on ne saurait vous dire, à vous poursuivre dans votre tombe. Voyez Iroschima et Nagazaki, et Tchernobyl, et maintenant Fukoshima et en plus tout ce qu’on ne vous dit pas, caché dans les sacoches profondes du lobby nucléaire. D’accord, il faudrait être un imbécile pour nier les dégâts à court et à long terme des irradiations. Un bémol malgré tout : combien de morts jusqu’à présent dans le nucléaire civil? Allez donc faire un tour dans les mines de charbon passées présentes et à venir, et aujourd’hui en Chine ou ailleurs. Faites le compte. Honnêtement, l’argument principal des anti- nucléaires est la peur, la peur sans cesse entretenue par des singeries, des photos de monstres, des sous entendus lourds de sens, de la comedia del arte. L’antiatomic-pride. Le Parti des Verts, c’est le Parti des Couards.
Malgré tout, le Parti des Couards voudrait bien goûter aux délices du pouvoir. Après s’être donné tant de mal pour affoler les populations, au point qu’aujourd’hui une forte majorité de Français sont contre les OGM en se demandant ce que ça peut bien être et qu’une bonne quantité des mêmes sont prèts à fermer les centrales sans savoir ce que ça pourrait coûter, les maîtres chanteurs veulent prendre leurs bénéfices. Nos Gourous se disent que si il y a une limite dans la galéjade, c’est bien celle des places à saisir. Bové et Bendix au Parlement Européen, Voynet et Placé, Sénateurs, et tous les autres Cochet, Mamère, qui prospèrent, il ne manque que Duflot députée de Paris, que dis-je députée ! maire de la capitale. Il n’y a pas de meilleur endroit pour un écolo qu’un centre ville. Dans ces conditions, ça vaut le coup d’arrêter le chantage et de troquer des hallucinations contre des sièges. Soit. C’est le début de la sagesse et de la réflexion
Il y en a une qui digère mal cette braderie idéologique, c’est notre petit clown triste venu des forêts de sapins de Scandinavie. Qu’est-ce qu’elle va gagner elle, à se vautrer devant les caméras pour soutenir l’insoutenable et se répandre en affirmations débiles et allumées ? se décrédibiliser, se ridiculiser, transformer son image respectable de petite juge courageuse en marionnette incontrôlable ? Tout ça pour des cacahuètes puisqu’elle n’a rien à espérer. Elle est la dinde de la farce, laquelle prend un goût amer. On a mis la juge en situation de desperada. Je comprends que ça la fasse renâcler, peut-être même reculer. L’abandon de la petite juge sera la cerise sur le gâteau épais de l’incohérence et de l’inconsistance, préparé par cette bande qui se cache derrière des bonnes idées pour en tirer des catastrophes. Moi je vous le dis, qui suis un vieux gâteux amoureux de la nature, de la sauvegarde de notre planète et du progrès humain, les Verts m'apparaissent aujourd’hui, avec leurs affabulations sans suite et démodées, les plus virulents ennemis de la protection de l’environnement et de l’écologie en général.
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15.11.2011
Les forts en gueule

A défaut d’avoir la cote dans les sondages, les Verts font un tabac dans les médias et ça paye. La stratégie de communication des Verts n’a rien à envier à celle de la femme Le Pen ou à celle du camelot du Front de Gauche . Pour la plus grande joie des éditorialistes, ainsi assurés de trouver du souffle pour les clairons de la polémique et de la controverse, les extrêmistes pallient à leur marginalité par l'outrance. D’ailleurs la droite gouvernementale se laisse aller avec délices aux mêmes absurdités. Rejetée par le pays, la « majorité » essaie de se refaire une santé sur le dos du candidat de la gauche aux Présidentielles.
On a vu avec quel succès populaire François Hollande a été désigné par le suffrage pour défendre nos couleurs et battre Sarkozy. Ses adversaires, jaloux d’une telle aura en profitent pour tenter de tirer quelques marrons médiatiques en pratiquant l’amalgame et la caricature. Que la droite utilise ces méthodes, on pouvait le prévoir et s’y être préparé. Quand ce sont nos futurs alliés de la gauche, on peut s’étonner de les voir s’évertuer à couler l’embarcation qui doit nous mener au pouvoir. Mélanchon pourrait bien construire son propre naufrage avec son pédalo imbécile et Green Peace en sera peut-être réduit à attaquer au Zodiac les pétroliers qu'il aura contribué à réarmer en sabotant bien trop tôt notre industrie nucléaire.
J’ai écouté Eva, le clown triste des Verts, ce matin sur France Inter. Elle manie la casuistique, la litote et le mensonge avec un aplomb incroyable. Dans sa bouche, les centrales à charbon deviennent des sources d’énergie modèles, pourvu qu’elles soient allemandes. Il n’est pas question de comparer les rejets de CO2 allemands à ceux des français ! ni des risques énergétiques que la précipitation des Grunen font courir outre-rhin. Le seul viatique de la critique des Socialistes et de leur candidat, doit suffire à la faire remonter dans les sondages pense-t-elle. Haro sur le Hollande ! Allons-y ! La Duflot en rajoute et Bendix y va de son coup de pied de l’âne. Hollande se Ségolénise ! autant dire que le Rouquin lui prédit la défaite.
Je vois dans cette confluence des critiques, des mots d’oiseau et des insultes un aveu de faiblesse politique et une preuve du mépris envers les citoyens ordinaires, en particulier envers les millions de gens qui soutiennent François Hollande. Si j’enrage et si je m’irrite de ces outrances qui abaissent le niveau de la réflexion, il me suffit de quelques instants pour retrouver mon calme. Les gens ordinaires ne sont pas dupes des tours de passe-passe de ces coupe-jarret politiciens. FH se doit de garder son sang-froid et de respecter son calendrier. Il n’a aucun intérêt à se mêler à la compétition ridicule dans laquelle s'abîment ses adversaires.
Il n’y a aucune urgence à faire un accord avec les écolos qui se déconsidèrent chaque jour un peu plus avec l'EPR, un soi-disant accident industriel qui est en passe de devenir leur tombeau politique. Il n’y a pas non plus à se précipiter pour expliquer à l’UMP les plans économiques qui mûrissent actuellement dans nos cartons. Chaque semaine qui passe change la donne et rend caducs les projets de la veille. La droite ferait bien mieux de réfléchir à ses propres priorités et à ses responsabilités d’aujourd’hui, qui sont immenses. Comment va-t-elle justifier face au pays les 500 milliards de dettes qu’elle a accumulés pendant la législature Sarkozy ?
Notre candidat n’a donc pas à rentrer dans le jeu brouillon de ses adversaires de tous bords. Il doit garder son calme et donner l’impression de la force tranquille dont on a connu le succès avec Miterrand. Il se doit de rassurer et de sécuriser nos concitoyens et surtout nos acteurs économiques, ouvriers et patrons. Le vainqueur de cette histoire sera celui qui rétablira la confiance dans le pays au mlieu de cette tempête économique et financière. Ce ne sera sûrement pas une affaire de bande dessinée ou de petites phrases, mais de travail, d'études et de concertation. François Hollande l'a déclaré dès l'annonce de sa candidature il sera le Président qui redonnera la confiance et l'espoir aux Françaises et aux Français qui ne demandent qu'à travailler et vivre en paix.
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11.11.2011
11 novembre : la bataille de mon grand-père
Mon grand-père maternel Octave Postel a fait son service militaire de 1910 à 1912. Le premier août 1914, il apprend la mobilisation, sur les lieux de son travail à la laiterie de Sottevast. Ma mère vient de naître. Il se rend à Cherbourg en vélo et se place à la disposition des autorités le lendemain.
Parti de Cherbourg le 7 août, 6 jours après la mobilisation générale, mon grand père et ses copains du 25° RI arrivent par le train aux environs de Bar le Duc et poursuivent à pied, vers la frontière belge qu’ils atteignent deux semaines plus tard. Le 22 août ils sont en contact avec les troupes allemandes, à proximité d’un village au nom charmant , Rossignol. Il écrit dans son carnet :
Les compagnies s’engagèrent les unes après les autres et ma compagnie partit une des premières obliquant sur la droite où ma section se déploya, le lieutenant en tête et moi derrière lui. Nous nous engageâmes dans un petit sentier, baïonnette au canon. Non loin de là, en plein dans le bois à trois cents mètres de la route, nous arrivâmes dans un cul de sac, en terrain couvert. En contre bas nous aperçûmes, le lieutenant et moi, les casques à pointe couchés en tas et en réserve sans doute. Aussi tôt il se retourna vers nous et nous montra la direction de l’ennemi qui se trouvait à 15 mètres de nous.
Aussi tôt nous mîmes à tirer dessus, mais les premières balles ennemies furent pour le lieutenant, touché en pleine tête et il s’en vint tomber sur moi. Je me débarrassai de lui et remontai quelques mètres à quatre pattes.
Déjà les camarades avaient reçu des balles et nous étions foutus, car une mitrailleuse était braquée sur le sentier qui dessinait une claire-voie sous les arbres. Là fut la mort de presque toute la section et je dus avec courage tenir tête à l’ennemi qui était devant moi.
Je me dissimulai au plus vite derrière un arbre mais je ne tardai pas à être la cible de l’ennemi et je reçus une balle dans le pied, pénétrant par le talon. A ce moment, j’eus un instant d’effroi mais vite je me rétablis et je me mis à tirer de plus belle, car il fallait vaincre ou mourir.
Je restai à peu près une heure à cet endroit et je brûlai plus de cent cartouches que mes camarades blessés m’avaient passées et je dus tenir tête surtout à deux casques à pointes qui me visaient avec attention. Mais c’était au meilleur tireur la force. C’est après avoir essuyé plusieurs balles que je déplante le plus à craindre, il était temps car il était à cinq mètres de moi.
Mais ce ne fut pas tout, le petit sentier que j’avais remonté leur servait de passage et là j’en démolis sept, tombant l’un sur l’autre, au fur et à mesure qu’ils venaient, mais ce n’est pas sans avoir essuyé des balles ennemies. Heureusement pour moi j’étais derrière un bon abri et dissimulé par les camarades morts tout autour de moi. Mais je dois me souvenir que mon meilleur abri était mon sac. Je le mis devant moi et il fut déchiqueté par les balles.
Mais il vint un moment où les balles n’étaient plus dans ma direction et j’en profitai pour faire un bond en arrière sous une grêlée de balles mais pas une ne m’atteignit heureusement, c’était un vrai miracle pour moi. Après le premier bond que je fis, sans m’apercevoir que j’étais blessé, je marchai d’un pas de fou quand je rencontrai une ligne de tireurs qui venaient à notre secours. Mais ces braves n’avaient plus le sang froid de marcher carrément. Il est vrai que c’était une terreur de voir presque toute la compagnie couchée morte sur le sol, sans avoir pu tirer pour ainsi dire de balles. Je fais remarquer que nous avions avancé trop loin en masse, sans réserve, nous fûmes pris dans un guet-apens.
C’est ainsi que je montrai la direction de l’ennemi au chef qui venait à notre secours, mais ne pouvant maîtriser ses hommes ce fut une débandade . Ils se tiraient les uns sur les autres, car ils tiraient sans commandement et sans voir l’ennemi. Au contraire, ils ne faisaient que de cribler les malheureux camarades restés sans pouvoir bouger. C’est ainsi que je traitai le groupe d’imbéciles de tirer sur les camarades. Je fis quelques pas en avant avec le chef et je lui montrai le résultat du sentier. C’est de là que je le vis changer de couleur et ne plus savoir quoi faire. Je lui donnai courage et moi je me retirai un peu plus loin car ma blessure me faisait mal et je ne pouvais plus mettre le pied à terre. Je me servais de mon fusil comme appui et il devinait que je ne pouvais rester là.
Je me retirai jusque sur la route où je vis tout le monde dans la débandade, plus d’ordres, hommes, chevaux, voitures, tout tombait sur la route sous une grêlée de balles et d’obus. Tout le monde criait sauve qui peut. Je continuai ma route en retardataire comme beaucoup d’autres, quand j’atteignis une compagnie qui se mettait à faire face à l’ennemi pour protéger la retraite du premier et du deuxième Colonial, venus à notre secours mais aussi bien abîmés car c’était une vraie boucherie d’hommes. Partout le sang ruisselait, cela faisait frayeur mais je ne m’arrêtai point. Je pris la direction de la Croix Rouge à un kilomètre de là en arrière. C’est ainsi que je vis les allemands qui entouraient tout le village sur les hauteurs et l’artillerie ennemie donnait dans son plein.
Les paysans avec tout leur sang froid portaient secours du mieux qu’ils pouvaient à tous les blessés. Les uns donnaient du sucre-menthe, les autres du confortant, mais ce fut pour eux une grande misère car les allemands envahissaient le village et brûlaient et pillaient tout, et les obus et les balles pleuvaient partout. Et pour comble nos soldats eurent la retraite coupée par un pont que les allemands firent sauter.
C’était là au dire des compétents le plus tragique moment car chevaux, voitures et hommes venaient s’abattre les uns et sur les autres par un affolement invraisemblable, ce qui empêcha notre artillerie d’effectuer un bon travail de défense. Ils durent prendre position sur la route sans couvert, mais ils tinrent toute la journée jusqu’au dernier obus. Mais à la fin de la journée ils durent se rendre, car ne pouvant se sauver, il fallut être prisonnier. Ce fut pour notre colonne une vraie défaite.
Le vaillant fantassin réussit à atteindre le poste de la Croix Rouge qui fut pris le soir par les Allemands. Il fut fait prisonnier, expédié en Prusse et ne revint que quatre ans plus tard après bien des aventures, dont un séjour dans les mines de sel. Au cours de sa captivité, il a raconté "sa guerre" dans un petit carnet , jusqu'au 15 mars 1915. L'extrait que vous venez de lire vient de là. Pour ceux que ça intéresse , je peux leur communiquer la totalité du récit transcrit sur Word.
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08.11.2011
Que sont nos révolutions devenues ?
Que nous avons de si près tenues...
La crise de la dette tourne au psychodrame planétaire. Je ne sais comment, par quel miracle, par quel ultime tour de bonneteau (qui faisait autrefois la joie des gogos), une bande restreinte d’avocats ou d’experts, je ne sais trop, s’est mise en position de multiplier les pains comme Jésus-Christ lui-même. Sauf qu’en fait de petits pains, il s’agit de dettes. Un tour de magie facile, une saynète à l’antique qu’on peut ainsi résumer : « Nous les Agents des Agences considérons que vous aurez le plus grand mal à rembourser vos dettes et Déclarons en conséquence que Nous dégradons votre note. L’argent que vous allez emprunter pour rembourser va vous coûter plus cher. Il vous faudra donc emprunter plus pour payer. Votre dette va malheureusement grimper et votre note va vous ranger parmi les cancres. Vous êtes faits. La bourse ou la vie ?"
Le peuple qui n’en peut mais, n'a plus qu'à répondre ce qu’on répond aux usuriers habituellement. Prenez ma vie. Je n’ai plus un sou. Ma maison est vide. Je suis au chômage, ma femme fait le tapin, mes enfants sont sans travail, ma mère est Alzheimer, mon frère a le cancer, mon cousin est en prison . Je ne peux rien payer de vos taxes et de vos impôts. Envoyez les huissiers, les hallebardiers, les garde-chiourme. Le savetier vient de comprendre que le financier n’est qu’un bandit armé jusqu’aux dents et que rien ne sert de résister. Il vaut mieux prendre le maquis. Voilà le tour pendable qu’ont joué ces messieurs aux Grecs et qu’ils s’apprêtent à répéter avec d’autres. Obama devant et les petits bonshommes qui s’abritent derrière, ne font qu’anoner ce qu’énoncent les as du triple A. Les partisans du libéralisme thatchérien sont tous d’accord. Ils laissent au peuple le choix de la couleur de la corde pour se pendre et ils ont un dogme inébranlable : le seul équilibre qui vaille est celui des marchés financiers.
Le premier béotien venu comprend pourtant que cette voie est sans issue. A toujours siphonner les richesses dans les mêmes poches on finit par stériliser les capitaux qui disparaissent dans le puits sans fond des dépenses somptuaires et improductives. Le résultat est l’installation du chômage, le véritable cancer de nos sociétés. Les nantis considèrent que tous ces sans-emploi sont des fainéants et des parasites qui vivent à leurs dépens. Pas question de supporter ces assistés. Si nous souffrons du chômage disent-ils, c’est qu’on paye trop d’impôts. Supprimons les taxes et les droits et nous allons investir pour vous sortir de là. Et qui va payer l’Armée ? la Justice ? l’Ecole et les Hôpitaux ? La dette ! A la fin du parcours on emprunte sur les marchés spéculatifs. Et le noeud de la corde se resserre. Toujours le bonneteau.
J’ai bien compris que les riches s’inquiètent du remue-ménage que cela provoque. On voit des indignés s’installer un peu partout. Il faut stopper cette gangrène. Les Messieurs rêvent donc de limiter l’abcès aux rives du Parthénon, pour conserver leurs comptes en banque intacts, aux Caïman, à Jersey, en Suisse et dans plein de petits endroits à l’abri de la vindicte populaire. Mais voilà que déjà des relents infectieux s’échappent de la botte italienne et qu’on ne sait pas très bien jusqu’à quel point les Espagnols et les Français vont avaler la pilule censée les sauver. Berlusconi sent le vent du boulet. Il se pourrait que la septicémie ou le scepticisme comme vous voulez, s’installent pour de bon. Les cochons payeurs risquent de renâcler, de grogner, de dissimuler, de faire du noir, de se détourner de la morale civique.
Malgré leurs diplômes et leurs prestigieux CV, tous ces champions du triple A sont des ânes. Il y a bien longtemps déjà qu’un ami, qui sortait lui-même de là, me répétait : si tu veux couler une boite donne là à un polytechnicien. Nous y sommes et les financiers n’y voient pas plus loin que leur nez. Leurs plans sont toujours à courte vue, mono clonaux, mono factoriels, transposés sans nuances aux intérêts immédiats d’une seule catégorie de population, celle des possédants et des rentiers. Ils oublient que pour rembourser les dettes, il faut d’abord du travail et du travail partagé, utile, solvable, bénéfique.
Nos dettes sont sociales et seules la société peut les rembourser. Il faut d’abord que les jeux financiers soient revus et corrigés par nos démocraties politiques. Pour avoir trop longtemps laissé la bride sur le cou aux prédateurs de l’économie dérégulée, nous en sommes arrivés à un point d’éclatement, de rupture. Une vraie celle-là. Tôt ou tard les indignés vont finir par comprendre que le remède est entre leurs mains, que c’est à eux d’inventer les solutions, de choisir les voies et les moyens d’y parvenir. Il faut un vrai pouvoir politique indépendant de la Haute Finance et des hordes de prédateurs. Un pouvoir qui fasse peur aux profiteurs de la dérégulation.
Il n’y a pas d’hommes ni de partis providentiels. Rien de tout cuit ne peut nous sortir de là. François Hollande lui-même, mon héros, mon préféré, ne pourra rien du tout, si le peuple ne prend pas lui-même la cause, Notre Cause en main. Je le dis tout net aux adeptes du camping sur les places publiques qu’ils vont devoir faire autre chose que de la com. A eux de bosser, de réfléchir, de proposer des pistes.
Les jeunes d’aujourd’hui, la génération Internet, ne peuvent se satisfaire du Faceboock et du Twitter. Ils doivent d’urgence se lancer dans l’action démocratique pour la justice et l’équité. Les lieux et les moyens existent pour se faire comprendre et entendre, ce sont nos vieux partis politiques, qui sont devenus vieux parce que les jeunes les boudent depuis trop longtemps. Tout décriés qu’ils soient les Partis politiques sont la seule issue honorable à l’action civique. La nouvelle génération doit en venir aux vrais combats. A moins qu’elle ne préfère en toute naïveté redécouvrir le fil à couper le beurre, refaire mai 68, le Front Populaire, La Commune, 1789 ? Des fois, je vous jure, on aimerait voir ça, pour qu’enfin ça change.
12:30 Publié dans Actuelles, histoire, polémique, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |
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02.11.2011
Au Royaume des Allongés
La douceur du temps, la lumière sur la mer et les ors de la forêt d’automne nous illuminent. On se dit qu’il ne va pas être trop dur de rentrer dans l’hiver. En tout cas la météo nous offre un répit bienvenu. C’est que la Toussaint est chaque année une porte bien froide pour rentrer dans le Royaume des Allongés. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais les étalages de chrysanthèmes et de cyclamens ne font rien pour me remonter le moral. Une impression de déjà vu. L’image d’un rituel. Et moi je suis réticent à toute sorte d’habitude ou de convention. J’ai toujours cherché mon salut dans l’inédit, dans la remise en question de la pensée unique et dans l’examen sans concession des comportements routiniers. C’est sans doute pour ça que je me sens pas à l’aise dans les migrations des multitudes, que ce soient les cérémonies funéraires ou les matchs de football. Quand on est plus de deux… chantait Brassens.
Il n’empêche. Penser aux morts nous procure une sensation vertigineuse. Un impressionnant raccourci du temps. Mon père par exemple, que je n’ai jamais connu, qui ne m’a donc laissé aucun souvenir, ni de sa voix, ni de son regard et qui est mort quand il était encore un gamin, seul ou presque, dans le froid de la guerre, a joué un rôle dans ma vie absolument considérable, juste par son absence. Voilà un mort qui a eu une influence démesurée, en creux. Est-ce que cela veut dire que ma petite enfance était tout juste pleine de trous comme un gruyère mal préparé et que personne ne pouvait les combler ? Aujourd’hui du haut de mon troisième âge, j’en suis convaincu.
Ce qui ne veut pas dire que mon père vivant eût été le baume à tous mes manques. Il serait peut-être devenu la source de désagréments et de mystifications encore plus difficiles à résoudre. Sa simple mort, survenue avec l’auréole du « Mort pour la France » inscrite pour de bon sur le Monument aux Morts, était quoiqu’on dise une sorte d’équation simpliste, banale à souhait, bien que très affligeante pour ses proches et surtout pour lui. Aristide mérite donc bien son chrysanthème annuel.
A part ce mort tout à fait particulier qui m’a considérablement dérangé par le vide qu’il m’a laissé, il y a toute une cohorte d’allongés à qui je suis redevable de mes heurs et malheurs. Ma grand mère, mon grand père, ma mère, mes oncles et mes tantes ont tous ensemble tissé le cocon familial qui m’a offert mes premières galoches et m’ont coiffé de mes premiers chapeaux. Ils sont tous couchés au même endroit à vingt toises de la rivière. Un peu plus tard, mes professeurs, à l’adolescence, m’ont infligé plus de peur que d’admiration, en général. Les plus belles m’ont fait rêver, les plus originaux m’ont fait rigoler, tous ont réussi à me faire apprendre des bribes. Ils sont maintenant alignés, tous ou presque au champ d’honneur de l’éducation.
Par la suite, m’asseoir sur les bancs de l’Université fut le plus grand honneur de ma vie. J’avais un respect sans bornes pour les Maîtres qui officiaient dans les amphis. Leur autorité suffisait à m’obliger à bûcher et à mémoriser. J’avais la vague conscience que je passais d’un monde dans un autre et que les caches (= chemin creux) de mon bocage natal débouchaient sur la pensée, le savoir et donc la liberté. En entrant moi-même dans le sérail fantassin de la science, il m’a bien fallu déchanter, j’étais entouré de Trissotins minuscules, dont bien peu pouvaient me secourir. J’ai trouvé des naïfs, des ambitieux, des m’as-tu-vu, quelques modestes, pas de génies. Paix à leurs âmes.
A ce stade de mes souvenirs tournés vers le Panthéon de mes allongés personnels, je dois faire une place à Bill, venu de l’autre côté des Amériques, de Berkeley pour tout dire. Celui-là, bien qu’alcoolique et âgé m’a tout appris de la sûreté et de la rigueur du raisonnement. Bill était un immense professeur connu du monde entier pour des travaux de biologie. En quelques semaines, sans qu’on se le dise, nous avons développé une amitié durable en travaillant de concert sur nos champs d’observation. Nous ne parlions pas la même langue et pourtant il m’a appris la valeur d’un mot. Nous n’avions pas la même expérience et il m’a appris le poids d’un fait. Avec lui le monde m’est devenu intelligible. Bravo Bill (Prof. W. Snyder), dors en paix, souviens toi des bouteilles de Johny Walker, black label que nous avons vidées ensemble, en si belle intelligence ! Rêves-tu encore de cette indienne nue qui dansait sur le comptoir ?
Et pour finir, je ne peux pas laisser dormir ceux de mes collègues qui ont lâché la rampe mal à propos, avant moi, alors qu’ils étaient plus jeunes. Patrice avec lequel j’ai partagé vingt ans d’aventures sahariennes et de substantielles navigations et le dernier compagnon, il y a tout juste un mois, Gérard le grand barde breton, qui fut le soutien et la consolation de ma réintégration dans l’Université française. Voilà deux disparus qui demeurent présents à chaque instant, vivants, positifs, debout, avec leur rire et leur humour, débordants de sève et de vitalité. Ils sont deux vrais grands arbres de ma forêt personnelle, dans laquelle je me promène sans cesse, le sourire aux lèvres.
La Toussaint et le soleil permettent de penser aux morts avec une sorte de gaieté gourmande. Ceux là au moins ont franchi la grande barrière, ils n’ont plus de souci à se faire. Ils connaissent tout de la vie. Mon frère aussi, il a déjà du oublier le froid du passage à trépas. Mais moi, il me reste tout à apprendre. Tout d’un coup je me sens le petit jeunot de la bande, celui qui ne sait rien. Malgré mes efforts, j’éprouve beaucoup de difficultés à soulever le petit coin du voile noir derrière lequel s’ouvre le four funéraire. J’imagine que dans le meilleur des cas, c’est comme de prendre un coup sur la tête ou bien de s’endormir et d’oublier de se réveiller. En homme d’action je me dis qu’ il faut le voir pour le croire. Attendons.
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