17.06.2010

Chroniques de l'Ane n.s.4 - L'affaire des cigares

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Douze mille euros de cigares, à dix euros pièce, ça en fait 1200. Christian Blanc en fumait au moins dix par jour, et il a du dépenser ça en même pas quatre mois, à condition de ne pas en offrir à son chauffeur et de ne pas se faire voler par le petit personnel, qui comme chacun sait, a tous les vices. J’attends la note de la sécu, pour les stents ou pour le masque à oxygène.


Quarante cinq mille euros, c’est ce qu’a dépensé Rama, la sublime créature de la sarkosie, pour se faire photographier avec les enfants des quartiers pauvres d’Afrique du Sud, alors qu’elle aurait pu s’acheter des cigares pour une année entière ! Avec l’ex PDG d’Air France, elle ferait un admirable couple bling-bling, white and black, mais cela coûterait cher aux contribuables.


Avec près de vingt mille euros par mois, il vaut mieux proposer la botte à Christine Boutin qu’on imagine bonne gestionnaire et économe. Avec elle, l’argent de la République doit être sérieusement entassé et géré, à moins que cette bonne boutiquière entretienne un coquin qui lui coûte les yeux de la tête. On comprend le bonhomme !


Je ne parle pas des autres. J’ai pourtant une pensée attristée pour Liliane Bettencourt, cette malheureuse femme morte vivante, qui se fait dépouiller par une bande de hyènes bien élevées. Des comptes en Suisse, une île aux Seychelles, des bateaux, des fondations, il y a de quoi croquer. Comme le dirait Madame Boutin elle même, il est plus difficile pour un riche d’aller au paradis, que pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille.


Douze mille euros par mois pour un couple avec deux enfants, c’est la limite à partir de laquelle on peut s’estimer riche, à condition de ne pas tout dépenser en cigares. On imagine qu’un certain nombre de nos compatriotes atteignent ce niveau de revenus et qu’ils n’ont pas la vie facile. Outre le fait qu’ils risquent l’ enfer pour l’éternité,  ils se trouvent contraints de régler plein de problèmes que les pauvres ignorent. Ils doivent veiller à ne pas payer d’impôts et à hériter du patrimoine familial sans payer de droits,  qui comme chacun sait, sont en France exorbitants. Heureusement en Sarkozie Bling-Bling, le petit Nicolas a supprimé,  ou presque, les Droits de Succession et il a instauré le Bouclier Fiscal. Tout le monde ne peut pas comme Joyandet négocier un permis de construire bidon à Saint Tropez !


Mon âne est aigri ces temps derniers. Il trouve peu de goût aux croûtons de pain que je lui offre. Comble d’infortune, il a plu partout, sauf dans son enclos, où l’herbe fleurit et sèche prématurément. « C’est toujours les ânes qui trinquent, m’a t-il confié, et parfois je me demande si on ne se moque pas des équidés dans ce bas monde. Je me sens humilié ». Alors il m’est revenu des phrases de René Char, qui valent tout l’or du monde :

« Ronger est un des rares verbes qui puissent se conjuguer par  une complète obscurité ».

Percés à jour nos dignes représentants font mine de ne plus avoir faim.

« L’appétit de quelques uns a complètement détraqué l’estomac des hommes. Pourquoi cette perte de noblesse entre la révélation et la communication ? » (A une sérénité crispée)

 

 

13.06.2010

Chroniques de l'âne n.s. 3 - Manche Nature dénaturée

carteret_WEB.jpgJe lis dans la Presse de la Manche que le Maire de Barneville-Carteret est excédé par Manche Nature, l'association foutrement célèbre de défense de la nature et de l'environnement dans notre département. La renommée de cette officine tient à son opiniâtreté diabolique à attaquer au plan juridique toute faiblesse réelle ou supposée de certains dossiers d'environnement. Les tribunaux lui donnent parfois raison et condamnent les contrevenants à payer. Comme le plus souvent il s'agit de services municipaux, ce sont les contribuables qui mettent la main à la poche.


L'histoire des Fermes de Carteret est assez exemplaire. La bataille contre la réalisation d'une deuxième tranche du lotissement a été menée par un des propriétaires de la première tranche, sous prétexte comme l'aurait dit Bruce Hortefeux, qu'avec une seule ça va, mais avec deux ça devient insupportable. Manche Nature a flairé la bonne affaire et a emprunté le waggon, en se disant que les intérêts privés ne sauraient aller démentir l'intérêt collectif. Pas question d'une deuxième tranche, pourtant d'évidence justifiée par la première, à laquelle le plaignant avait offert son concours et accord de fait !


A la place de Monsieur le Maire de Barneille-Carteret, je me tirerais tout de suite une balle plutôt que d'essayer de raisonner et de convaincre ces jusqu'aux boutistes de l'écologie. Certains esprits parviennent à un tel degré d'autisme social qu'il n'y va aucune chance de les faire changer d'avis, tant leur nature sectaire est évidente.


Cette affaire, qui dure depuis plusieurs années, serait risible, si  elle ne ravalait pas la noble cause de l'environnement et de l'aménagement au rang subalterne des ratiocinations réglementaires. La protection de nos côtes et leur aménagement écologique, touristique et économique volent bien au dessus de ces maigres batailles, qui tournent en ridicule ce qui devrait être essentiel. On arrive à une époque où les citoyens se sentent concernés par ce qu'on veut faire de leur pays et ils aimeraient pouvoir en discuter démocratiquement. Manche Nature au lieu de mener l'effort pédagogique indispensable, préfère la polémique et les outrances. Mon bourricot du Cotentin Tonnerre, est d'accord,  le bonnet d'âne écologique est amplement mérité par cette incroyable organisation

09.06.2010

Chroniques de l'Ane n.s. 2 - L'écume des jours

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Il y a des jours où la télévision et les journaux vous rendent la vie insupportable. Hier soir, c'était BHL qui se pavanait à Canal + pour dire le contraire de ce qu'il avait déclaré quelques jours plus tôt dans l'Appel des juifs européens. La mauvaise foi n'a pas de limite, et on ne voit pas pourquoi elle en aurait,  puisque ça marche et que cet intellectuel jetable tient le haut du pavé.


Ce matin, c'est Christine Boutin qui justifie sans vergogne sa façon d'escroquer la République.  Elle reprend un argument que j'entends depuis  toujours : « Je suis une bosseuse ». Tous les mecs qui se font du blé plus ou moins malhonnêtement en disent autant. La Boutin est en bonne compagnie, si on croit le Canard. L'appartement d'Estrosi, celui de ni Pute ni Soumise et tout un tas d'autres petits arrangements avec l'honnêteté et l'honneur qu'on ignore, fleurissent dans la bonne société bling-bling.


A côté de ça, changement d'époque, on nous montre le Grand Général ramer en quarante, face à Pétain le Zombie et à Reynaud le Pétochard. Heureusement de Gaulle trouve son alter ego, avec l'inénarrable Churchill. Rien que pour celui-là,  on est content d'avoir des amis britanniques ! A revoir l'extraordinaire mollesse des politiciens et des militaires face au nazisme, on se dit que l'humanité a eu bien de la chance de survivre. Aujourd'hui on n'a plus de Général et encore moins de Winston, l'artiste peintre qui boit du whisky et fume le cigare en traitant des affaires du monde.


Pendant que la République distribue les prébendes, on nous répète que les caisses de l'Etat  sont vides et on s'apprête à tondre la laine sur le dos de la majorité silencieuse. Après tout,  il faut se convaincre que c'est la bonne solution. Au moment où les moutons de Panurge vont se précipiter dans les passions du ballon rond, délicatement manipulés par les nouveaux millionnaires de l'Eldorado sportif, on peut penser que nos concitoyens sont  prêts à subir toutes les arnaques d'hier et de demain.


En passant devant sa pâture,  je me suis arrêté quelques instants pour m'entretenir de la gravité de la situation avec mon âne Tonnerre. Le ministre* m'a confié que vu son espérance de vie, qu'il estimait à une trentaine d'années, il aurait le temps de voir comment tout ça va finir et qu'il n'était pas pressé. Ce qui n'est pas mon cas. Il m'a expliqué avec sagesse et dans le langage des ânes : Laisse béton Papie, à ton âge, il y a mieux à faire que de renifler l'écume des jours.

 

* Dans le Cotentin on appelle souvent  ministre l'âne de la maison