25.01.2010
Plumassons et Trissotins

Suite au clash médiatique de Vincent Peillon, j'admire la vénérable coalition des journalistes "officiels" de nos principaux organes de presse, ceux que j'appelle les Plumassons et les Trissotins qui se donnent des grands airs et s'accordent une autorité dans l'opinion, qu'ils montent collectivement en crème fouettée. J'y ai observé toutes les mimiques de la dignité blessée face à la mise en doute de leur indépendance par le rappel de leurs connivences quotidiennes avec les politiques, qu'on peut d'ailleurs mesurer au nombre de mariages incestueux. Tout cela parce que Vincent Peillon leur a bricolé un traquenard qui voulait dire : j'en ai assez de votre terrorisme intellectuel, je ne supporte plus de passer sous vos fourches caudines, vous ne m'inviterez plus et après ?
Il suffisait d'observer sur Canal+, A.D. le Pape de la confrérie, au bord de l'apoplexie et prêt à en venir aux mains, pour comprendre que l'enjeu était proprement vital, essentiel à l'idée que ces gens d'influence se font de leur fonction. De tous les bords journalistiques encouragés par les plus serviles des politiciens fusent les insultes à l'égard de l'insolent, coupable du crime de lèse majesté, couard, fourbe, sournois, peu intelligent et probablement fou. Et pourtant, tout bien considéré, il ne s'agit que d'un tout petit esclandre qui, à l'aune de la nation, ne mérite pas plus qu'un entrefilet. Mais on comprend qu'il ne faut pas défier ainsi une corporation maîtresse de ses codes, avec ses petits arrangements et ses gros mensonges, qu'il est hors de question de voir remis en question.
Les journalistes si prompts à nous servir des enquêtes d'opinion jetant le doute sur la pertinence et l'honnêteté des hommes et des femmes politiques, sont moins empressés quand il s'agit de procéder à leur autocritique. Ils n'ont pourtant pas dans l'opinion une image de Saint-Just, qui attirerait le respect et la confiance. Ne viennent-ils pas d'accepter sans mot dire (eux qui ont tout les outils pour remuer l'opinion) que les maîtres de la télévision soient nommés par le pouvoir exécutif ? Allons Mesdames et Messieurs les pisse-copie, un peu d'humilité et cessez vos cris d'orfraie.
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23.01.2010
Leçon d'agriculture

Hier soir, 22 janvier Henri Nallet a prononcé une conférence sur l'avenir de l'agriculture française et plus spécialement de celle de notre Cotentin, qui comme chacun sait, abrite autant de vaches que d'habitants, sans compter les moutons, les porcs, les chevaux et...les vétérinaires. L'assistance était donc nombreuse dans cette petite salle de l'Hôtel Dieu à Valognes. J'ai assisté à pas mal de conférences dans ma vie et j'en ai moi même commis, mais je n'ai jamais vécu cette qualité d'échange entre les auditeurs et l'orateur. Il n'y avait point d'effets de tribune cependant de la part de l'ancien ministre, qui se limitait à un effort d'empathie modeste le plaçant au diapason de l'auditoire, pour l'essentiel composé de ruraux , professionnels du secteur et d'élus locaux. Sur la manière, j'ai pris une leçon et ça m'a rempli d'aise car on n'a pas tous les jours l'occasion de s'enrichir.
Sur le fond, on ne pouvait qu'admirer la construction synthétique du propos, bâti sur un constat : les interrogations sur la fonction agricole ne datent pas d'aujourd'hui, elles ont toujours accompagné les grandes évolutions de la société française, tant il est vrai que cette activité dépend de nombre de facteurs qui n'ont rien à voir avec l'agriculture proprement dite. Après la dernière guerre la France s'est industrialisée et urbanisée offrant un vaste marché aux paysans qui avaient pu demeurer sur leurs terres. Avec l'aide des américains mais aussi du formidable effort de recherche et d'encadrement, notre agriculture a relevé le défi et nourri au meilleur prix les millions de citadins occupés dans l'industrie et les services.
Mais ce bond formidable a forcément trouvé son point d'équilibre avec la fin des trente glorieuses et l'explosion des crises industrielles et pétrolières. De la pénurie on est passés à la surproduction. On a résolu le problème par l'instauration des quotas et on a de cette manière maîtrisé les variations de l'offre et de la demande. La mondialisation et l'arrivée sur le marché mondial des grands pays émergents comme l'Inde, la Chine et le Brésil viennent une nouvelle fois de remettre en cause les fragiles équilibres. Le défi est de nourrir 9 milliards d'êtres humains en 2050.Exit les quotas et les aides. Les agriculteurs français se trouvent à nouveau dans une zone de turbulence rendant leurs revenus aléatoires.
Une nouvelle agriculture est à inventer, comme toujours par une nouvelle adaptation au marché . Cette agriculture devra être de qualité, très productive et respectueuse de l'environnement. L'adaptation ne se fera pas avec moins de plus value agronomique, mais avec plus de science et plus de pertinence technologique. Il faudra maintenir les aides mais elles devront être couplées au processus d'adaptation. Ce processus c'est aux agriculteurs eux mêmes de l'inventer avec leurs associations professionnelles, leurs instituts techniques et les services de la recherche agronomique. L'élaboration d'un parcours de modernisation demandera beaucoup d'efforts de créativité et de consensus. L'enjeu est de taille :depuis toujours en France le secteur agricole est fournisseur de devises et d'emplois non délocalisables. La production agricole est une formidable ressource pour notre pays et pour notre Cotentin en particulier.
Il faut remercier Henri Nallet de ne pas avoir lâché prise devant les sirènes écolo qui prêchent partout le retour à la terre et à une agriculture de paysans chimérique. On ne dira jamais assez que le gardien de chèvres moustachu et ses commandos de faucheurs travaillent contre le camp des agriculteurs et hypothèquent gravement la survie du secteur (ça,
c'est moi qui le dit pas le conférencier). Vraiment hier j'ai assisté à une grande leçon d'agronomie.
13:02 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pac, producteurs de lait, environnement
04.01.2010
Casse toi pauvre con...
Notre Président a bien prononcé ces paroles. Je pense qu'elles ne cesseront pas de si tôt d'affecter son image . N'importe qui peut se laisser aller à ces commodités de langage ou plutôt à ces vulgarités d'expression. Hélas le petit Nicolas n'est pas n'importe qui, il est le leader d'un grand pays. D'un pays qui a su souvent, dans l'histoire, trouver des clés pour avancer. Je veux dire par là qu'il a fait progresser la démocratie. La conquête d'une organisation sociale plus juste, plus solidaire et plus démocratique reste d'actualité. On a l'impression que nos leaders politiques d'aujourd'hui, et singulièrement le premier d'entre eux s'en fichent comme d'une guigne, fascinés qu'ils sont par les rapports de force et la reconduction de leurs pouvoirs.
D'évidence, ceux là même qui se trouvent dans le surnageant de notre soupe sociale, n'ont aucun intérêt à changer les choses. Le besoin de progrès est en revanche collectivement ressenti par tous ceux qui sont affectés à la tâche banale du métro-boulot-dodo. Ceux là attendent des paroles d'espoir qui ne viennent pas. Trouver les formules qui rassemblent le peuple autour d'une espérance collective exige bien plus que la verbalisation quotidienne de nos difficultés, comme le fait le camelot politique qui nous gouverne. Cela suppose une mise en perspective, une profondeur historique et culturelle, des qualités de visionnaire qui ne s'inventent pas dans les fantaisies littéraires des "conseillers" irresponsables, si malins qu'ils soient.
Les Jaurès, les Blum, les Mendès-France, les de Gaulle, les Miterrand n'avaient pas besoin qu'on leur tienne la main. Ils nourrissaient une conception de la France et des Français qui ne se limitait pas aux illuminations médiatiques et à la fascination du pouvoir. Je fais tous les jours des voeux pour qu'enfin apparaisse dans notre vieux pays qui ne manque pas d'intellectuels, de philosophes et d'artistes en tous genres, l'homme ou la femme qui saura dire les mots qu'il faut, ouvrir les portes qu'il faut, monter les marches qu'il faut, pour que mes enfants et mes petits enfants aient une vie meilleure.
Début janvier, 2010, c'est bien l'époque des voeux non ?
11:51 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


