19.12.2011

Caramba ! Encore raté Mr Sarko !

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Nous y sommes :  annoncée par tous les économistes en marge des gesticulations de notre petit Président, la récession est là, pour un trimestre, voire deux, en réalité pour plus longtemps. Encore une promesse de Gascon d'un Sarkozy en pleine déconfiture, qui est allé chercher "la décroissance" avec les dents. Les amours de Mme Merkel et de Herr Sarkozy portent des fruits amers. Pour satisfaire leurs électeurs et supporteurs conservateurs, rentiers, possédants et maîtres du monde, le couple infernal s’est battu pour  plus d’austérité et moins de solidarité,  plus de chômage et moins de création monétaire. Les boutiquiers ont préféré quelques millions de chômeurs en plus au risque de voir émerger un peu d’inflation. L'inflation est la bête noire des rentiers d'Outre Rhin.  En France notre talon d'Achille est le sous emploi. L'abaissement de Sarkozy va conduire des centaines de milliers de gens, parmi les plus fragiles,  nos jeunes les premiers, dans la zone grise de la  précarité et des petits boulots.

 

 

On a accusé un temps la droite d’être la plus bête du monde. Avec son style flamboyant,  le candidat Sarkozy a fait de l’UMP un parti unique à la façade rénovée, sûr de lui et suffisant. Mais les choses ont-elles vraiment changé ? Car enfin, nous avons un Premier Ministre qui nous avertit dès le début de son exercice que la France ou du moins son Etat est en faillite. On aurait pu croire qu’il allait faire le nécessaire pour y remédier ! Pas du tout ! Il s’est empressé de faire voter la loi TEPA et son bouclier fiscal qui  ont allégé les impôts des plus aisés sans rétablir la confiance et l'investissement.  Cinq cents milliards de dettes plus tard, et pas mal de spéculations financières à la clé, assortis d'un zéro de croissance, la France se trouve menacée de perdre son fameux AAA,  considéré il y a moins d’un mois comme un Trésor National.

 

L’échec est absolu ! ce flop pourrait-il rendre notre bellâtre twittiste de la Sarthe un peu plus modeste ? Pas du tout ! Du haut de son arrogance  il accuse François Hollande (qui n’y est pour absolument rien) d’irresponsabilité et de forfaiture. Tout ce qui arrive est de la faute des trente cinq heures,  du PS et des Ecolos. Cynisme d’un commis de l’Etat réduit à son rôle d’homme de paille, de faire-valoir, de fusible et de prête-nom. On ne saurait faire davantage preuve d’insignifiance et de platitude intellectuelle.  Non content de laisser des finances en ruine, il accuse les autres de ses propres turpitudes ! Fillon devra bien un jour présenter ses excuses au peuple, comme l’a déjà  expliqué Laurent Fabius, avant-hier dans Le Monde.

 

Nous vivons en ce moment en plein spectacle d'Opéra Bouffe,  un morceau de choix qui nous donne à voir le naufrage d'une République de quat'sous. Je rêve qu'après deux jours de manifestations de rue, le peuple en colère s’empare de son gouvernement et l’embastille. Le lendemain  un tribunal révolutionnaire se réunit  et condamne tous les ministres au peloton. Le jour suivant les Excellences en grand uniforme, sont fusillées en fanfare. La femme Le Pen, cette sauvagesse barbare réclame la peine de mort !  Moi je réclame la mort politique pour ces ministres  guignols, les Baroin, les Pécresse, les Guéant, les Juppé et tous ces perroquets qui répètent à l’envi les éléments de langage dont on abreuve l’opinion avec un cynisme incroyable dans un constant déni du bon sens populaire. En tête, je ferais défiler ce premier de la classe avec son projet de société à zéro euros, qui ne sait même pas qu’il y a dix mille mètres carrés dans un hectare ! La plus-value intellectuelle de ce gouvernement de valets est tout à fait voisine du non détectable.

 

Mais le Roi de la Comédie, la « marionnette qui s’apprête à s’effondrer dans le trou du souffleur » c’est bien entendu notre Sarko ! Cet homme a grandi dans le mépris du peuple. Il n’a de considération que pour plus fort que lui. Il n’a aucune notion de la culture humaniste et sociale. Cet homme nous a prouvé depuis son élection qu’il n'éprouvait aucun respect pour le peuple français. Pour lui,  Jaurès ou De Gaulle ne sont  que des objets politiques peu différenciés  dont l'intérêt est avant tout publicitaire. La démocratie n'est qu'une gesticulation pour parvenir au pouvoir ! On l’a su dès sa sortie du Fouquet’s, mais on aurait du le deviner avant,  par ses amis si bien cachés,  Copé, Takiedine, Hortefeux, Gaubert, Bazire,  les marchands d’armes et les porteurs de mallette, les patrons des bars Nibar et Nichon !

 

La seule bonne nouvelle est que les élections présidentielles approchent. Dans quatre mois nous serons fixés. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant même de l’avoir capturé, mais je sens que la piste est fraîche, on entend la bête qui s’énerve et qui perd son sang froid. Elle se fait peur !  enfin !  de ses propres mensonges. Il y a du chantage, du sauve-qui-peut. Il y a des rêves qui virent au cauchemar. La mère MAM toujours aussi vive d'esprit, crie à l'erreur de communication ! J’espère pour ma part que bientôt les parquets de la République vont être lavés à grande eau javellisée. Je ne doute pas un instant que François Hollande va faire  le job, qu’il va s’entourer des meilleurs, qu’il va rassembler les forces vives des intellectuels et des entrepreneurs, des créateurs et des imaginatifs et qu’il va jeter hors tous ces freluquets sans consistance, sans foi et sans loi. Nous vivrons à nouveau le respect de l'Etat, de la Démocratie et de tous les citoyens rassemblés, quels que soient leurs rangs et leurs origines. Et aujourd'hui, par dessus tout, rendons grâce à Vaclav Havel...cet intellectuel qui a rendu sa noblesse à la politique et qui vient de nous quitter.

 

14.12.2011

L'article de la mort

la mort de Socrate

La mort de Socrate de David


C’est un bel article ! non pas de ces articles de boutiquier, funéraires en l’occurrence,  du genre bouquin de marbre avec photo du défunt, ou bien couronne en cuivre ornée  de fleurs en porcelaine, non pas  non plus, comme on pourrait aussi le penser un article de journal façon épitaphe nécrologique pour disparu célèbre, mais bien celui qui désigne ce moment court et délicat  qui vous conduit de vie à trépas. Je me souviens d’avoir prévenu un chirurgien, « votre patient est en train de passer… », je m’étais heureusement trompé, mais j’ai gâché sa croisière au praticien.


On dit  parfois de notre voisin ou de notre arrière grand mère qu’ils ont passé l’arme à gauche, c’est une façon militaire d’envisager les choses. J’ai relevé aussi dans Gilles de Gouberville, qu’il écrivait de son meunier écrasé par sa meule « qu’il labourait aux dernières extrémités », jouant sur le mode agricole et agité qui convenait bien à cette époque. Ces expressions qui désignent le passage terminal, le temps fugace de l’agonie,  ont un charme fou, et réjouissent les poètes.

 

Je n’éprouve aucune hâte ni empressement pour l‘issue fatale et si je souhaite qu’elle advienne (car je ne saurais m’y opposer) c’est bien le plus tard possible, après avoir épuisé tous les recours raisonnables. Ce n’est pas une raison pour laisser aller les choses à vau-l’eau et pour se laisser embarquer sans préparation.  Il s’agit d’ une expérience unique, sans itération possible. Le ressenti est sur l’instant définitif et indiscutable. Il faut donc convenir que si on veut rendre son dernier souffle avec un minimum de confort, il faut y penser avant,  comme disent les motards de la police aux chauffards qui refusent de payer leurs contraventions.

 

Le temps paraît révolu ou l’article de la mort s’accompagnait pour le moribond d’insupportables souffrances. On ne laboure plus aux dernières extrémités. Aujourd’hui il faut compter avec la morphine et diverses substances. Le mourant s’endort. J’essaie d’imaginer cet instant précis où on emprunte un long corridor, que je verrais bien comme un couloir d’hôpital, celui qu’on parcourt dans certains sous-sols pour se rendre  au bloc. Il y a des avantages :  vous n’avez ni le bruit du chariot ni la face hilare du brancardier qui drague les infirmières au passage. Croyez moi les brancardiers sont des bellâtres musclés qui plaisent aux dames. Il n’y a pas de portes latérales dans ces sombres coulisses, pas d’échappatoires, seulement une porte définitive, qui barre le bout de la coursive et que vous voyez se rapprocher avec une certaine curiosité, peut-être aussi avec un mélange de terreur et de fatalisme.

 

Je suppose que ce sont dans ces derniers instants que vous lâchez la rampe, engourdi par le silence ouaté à travers lequel vous parviennent  quelques notes de musique séraphique et des mots d’amour glamours, arrivant de très loin, murmurés par quelqu’un qui vous aime. Pour le coup, vous n’avez plus rien à faire, le couloir est en pente, vous vous laissez glisser par consentement à la pesanteur et à l’irrémédiable. Il vous est impossible de vous retourner et de remonter au point de départ. Vous vivez vos derniers instants d’homme entier. Car de toute évidence, dès que vous passez  la porte du fond, vous rendez l’âme. Par quel déchirement ou quel décollement ? nul ne le sait. Ce qui se passe derrière cette porte blindée est un irritant miracle, aussi funeste soit-il.  

 

Quelques instants plus tôt, on vous a changé de chambre car les personnels de santé ont vu sur vous les griffures de néant. Il n’est pas nécessaire de faire peur à votre voisin de lit. La mort des autres est déprimante, beaucoup plus que votre propre mort qui est la solution, longtemps interrogée,  d’une énigme qui dure depuis votre naissance. Rien ne doit devoir entraver le déroulement du mystère, qui est une affaire toute personnelle, à vrai dire. Quelques minutes, quelques heures plus tard, vous aurez rendu votre dernier souffle. Dans cet ultime moment,  il y a donc bien deux notions, celle du passage d’un état à l’autre et celle du dernier soupir expiré.

 

J’imagine que le changement d’état est une sublimation  identique au passage de la glace à la vapeur,  vous passez de vif à mort, directement, sans phrases. Vous êtes encore chaud et subrepticement vous sentez une sorte d’ankylose, qui annonçe la raideur cadavérique, l’immobilité, la froideur, l’absence de sentiments. Vous vous retrouvez finalement,  sans y avoir vraiment consenti, entre les mains d’improbables thanatopracteurs qui vous donnent bonne figure en adoucissant votre sourire et en ajoutant un peu de couleur à vos joues, que le sang a désertées. Vous êtes là sans y être,  puisque vous ne comprenez rien à la situation, même si vos proches ou vos voisins viennent jeter un œil et font comme si. Ils parlent bas. On vous respecte infiniment plus mort,  que vivant.

 

Ainsi confortablement installé dans votre alvéole funéraire, sagement enveloppé dans votre linceul et les mains jointes, il faut bien avouer qu’il vous manque quelque chose, puisque vous avez rendu l’âme. Et ça c’est quand même le coeur du problême !  le crash s’est déroulé au moment ou la porte blindée du fond s’est ouverte devant vous  et s’est refermée dans votre dos. Bon ! soyons francs,  personne n’a vu s’envoler un dernier souffle : si il existe,  il est incolore et inodore, absolument silencieux et se déplace comme un esprit. Justement ! Nous y sommes ! ce qui s’est envolé derrière la grande porte c’est votre incoercible esprit, brutalement libéré, envolé,  qui a choisi ce moment difficile pour vous abandonner sans retour possible. Vous l'aviez cultivé rebelle et il vous le rend bien en s'éclipsant sans aucun regret.

 

Vous ne pouvez plus ni sourire, ni pleurer, ni vous poser des questions, ni taquiner vos petits enfants. C’est tout à fait ça,  le vrai malheur. François Mitterrand a mystifié son monde en disant qu’il croyait aux forces de l’esprit qui  s’éternisaient après le grand saut. Je suis comme lui,  je crois très fort à ces  forces là. Je  suis même convaincu que ce sont les seules qui vaillent et que ce sont elles  qui nous mènent au plus loin dans les manufactures de l’humanité. Mais que diable, évitons les conte-sens, il s'agit des forces de la vie, pas de celles de la mort.  Les forces de l’esprit sont  malheureusement celles qui vous abandonnent quand vous cassez votre pipe. L’esprit des morts lui, n'existe que dans le souvenir des vivants. On le voit planer dans les cimetières silencieux par les beaux matins de décembre, comme ces  nappes  de brume légère et impalpable qui survivent aux nuits glaciales des longs hivers qui s'annoncent.

08.12.2011

Atmosphère de fin de règne

 

 

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Nous entrons dans le vif du sujet, droite contre gauche. Toute l’astuce de Sarkozy candidat en 2007 a été de se déguiser en Président au service du peuple, en rupture avec la vieille droite, sa propre famille. Il en appelait à Jaurès et il embauchait Kouchner, Besson, Jouyet. Tous ces oripeaux  ont été très efficaces pour dissimuler sa nature véritable et emporter des votes. Le dîner du Fouquet’s fut une belle idiotie de sa part, à laquelle il n’a pas su résister, tant il est vaniteux. Desseigne le propriétaire du boui-boui, Bolloré, Dassault, Arnault, Bernheim, et combien d’autres étaient là, magnats, héritiers et hallebardiers, barons et truands, tous serviteurs, profiteurs et adorateurs de la Finance. Les Juppé ou les Fillon ont appris plus tard (trop tard ?) à Sarkozy la discrétion et la modestie, ce qui sans doute nous en a épargné de belles. Pour un peu on aurait vu  notre Président en vacances chez son ami Gaubert en Bolivie…dans la finca Cactus, attablé dans les bars Nibar et Nichon !

 

Aujourd’hui, avec Madame Bismarck, changement total de rôle, bon sang de capitaliste conservateur ne peut mentir. Outre-Rhin,  on ne batifole pas avec ces choses là, on ne dépense pas son argent dans des cafés de luxe et quand on parle de sous c’est du sérieux. Le bas de laine germanique est sacré. L’euro doit protéger la richesse allemande. La monnaie doit rester un rempart,  comme du temps du mark. L’Allemagne est un vieux pays qui se dépeuple et qui anticipe sur ses vieux jours. Pas question de laisser filer  une éventuelle inflation qui diminuerait le pouvoir d’achat de ce pays de rentiers.

 

Sarkozy n’a pas les moyens de résister à cette politique. Homme de droite aventurier, sans passé ni principes,  il doit se ranger bon gré mal gré du côté des banques et des taux d’intérêt qui offrent une vraie rémunération aux investissements et aux spéculations, Il lui est interdit de s’écarter de l’orthodoxie financière la plus stricte. Pas question de nourrir les bouches inutiles et les fainéants. Il faut s’en tenir à la sobriété, aux privations, aux sacrifices, à la rigoureuse austérité. Peu importe que la récession menace ou que le chômage guette ! Peu importe que nos jeunes ne trouvent pas de travail, que nos écoles se délabrent et que nos hôpitaux ferment. Il faut rationaliser, économiser, raboter !  L’Etat doit rétrécir, s’étioler, s’anémier, se faire vraiment petit et coûter moins de sous.

 

Manque de chance,  le petit Nicolas est en campagne électorale et l’opinion publique française ne semble pas mûre pour endosser l’égoïsme austère de la droite allemande. Il faut donc trouver des prétextes, des leurres électoraux, il faut accuser les arabes immigrés de nous ruiner par exemple, rechercher les voleurs de la sécu, les truqueurs de l’indemnité, accuser les socialos d’avoir mis la France en faillite avec leurs 35 heures,  proclamer que la gauche est irresponsable en  refusant de signer la Règle d’Or ! déguisée pour la circonstance en une sorte de Graal, de Toison d’Or, de Trésor caché ! La gauche est illégitime. Elle ne peut venir au pouvoir que par effraction.  Pour finir on en appelle à un gouvernement d’Union Nationale ! Malheureusement tout cela ne marche pas très bien et les sondages ne bougent que bien peu.

 

L’UMP et consorts  s’aperçoivent chaque jour un peu plus, qu’ils risquent de perdre les élections présidentielles. Alors ils font  feu de tout bois, gesticulent des quatre fers, accusent à tout va, insultent, menacent.  Même le petit Président se laisse aller à l’âcreté en compagnie de Madame Merkel. La tradition est pourtant de laver le linge sale français en famille. Impudence et imprudence. Nous sommes loin du débat politique, nous sommes dans le domaine de l’invective et à ce petit jeu l’UMP n’a rien à gagner, sauf le déshonneur de la démagogie et du mensonge. Montebourg aurait tort de se gêner, les cris d’orfraie de la droite française s’offusquant de la germanophobie, Sarkozy en tête, sont surjoués pour effrayer le bon peuple de l’Hexagone. Les Allemands quand à eux ,  n’ont pas du tout honte de leur Bismarck, fondateur de leur nation.

 

 

Le peuple est plus intelligent que le sieur Copé Jean François. Avec ses 10% de chômeurs, dont 25% des jeunes de moins de 25 ans, la situation est économiquement critique et socialement instable, profondément injuste. La politique conservatrice allemande ne répond en aucun cas à notre situation. Notre dette est détenue dans des paradis fiscaux et la spéculation s’en est emparée. Nous avons nourri la spéculation au lieu d’alimenter l’investissement productif. Il faut renverser la vapeur, il nous faut un Etat stratège, investisseur, animateur économique. L’épargne française doit être mobilisée pour produire et créer des emplois. Il nous faut un vrai gouvernement au service du peuple et pas une bande de jean-foutre ! C’est ce que vient de rappeler François Hollande entouré de prolos,  qui n’ont rien d’autre que leur travail pour vivre !

 

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Ce n’est pas si facile à faire direz-vous ? Croyez vous que le jeune Baroin qui s’est roulé par terre pour avoir son maroquin ou que la triste Pécresse dressée en chienne de garde sarkozyste, ou que l’élégante Kosiusko-Morizet dont les dents rayent profond les parquets de la République, sont capables de nous sortir de là ? Nous ne sommes plus dans la communication !  Nous avons besoin d’une vraie politique économique qui rétablisse la confiance, celle des patrons et celle des salariés. Il faut des gens sérieux qui réfléchissent, qui sont soucieux de l’intérêt public et qui cessent leurs plaidoyers pro domo. Il faut faire place nette ! Croyez moi, nous ferons des  découvertes, voyez du côté de Guéant et de ses sbires dont les basses œuvres seront nombreuses et à peine dissimulées.

 

 

Nous avons maintenant sous les yeux une lamentable fin de règne, une déconfiture qui fermente un peu plus chaque semaine et qui nous plonge toujours plus profond dans le doute et dans la récession. Les riches ne veulent plus payer d’impôts et les travailleurs y vont au noir. Dans les troupes de la droite, les solidarités se disloquent et les ambitions se dissolvent. Il n’y a plus de réserves de votes. Bayrou marchande ses futurs électeurs. Hollande se tient à 60% au deuxième tour ! On commence à chercher des solutions de repli pour les capitaux volants et même des recours contre la zonzon dans les cas les plus graves.  

 

La seule perspective positive pour la France c’est celle des élections et du changement de Président et de Régime. A la place des agences de notation je mettrais cela dans la colonne du crédit plutôt que dans celle du débit.

02.12.2011

Au travail mes bons Princes !

 

fabius,aubry,royal,sarkozy

 

 

J’entends un peu partout chez des gens bien informés que le PS, mon parti, n’aurait pas complètement cicatrisé les plaies de l’élection primaire. On me dit que dans le Nord et en Haute Normandie, subsistent des poches de réfractaires à François Hollande et que dans certaines instances on profiterait des débuts de campagne pour arrondir son pré carré (hum…). Les deux principaux visés seraient Aubry et Fabius. Je ne suis pas étonné. Ces deux-là n’abdiqueront jamais, ils ont grandi dans les coups et les coulisses, les urnes à double fond et les alliances suspectes. Ils tiennent plus que tout à leur statut de Premiers Barons du Parti et à leurs fiefs de Picardie et des Flandres.

 

On devrait pourtant dès aujourd’hui se rendre compte que nous avons à faire à forte partie. Sarkozy, tout le monde en convient, est un piètre Président,  mais un fameux candidat. Pour l’instant il s’essaie à réunir son camp favori, celui de la droite dure. Il lui faut  mordre sur l’électorat de la femme Le Pen. Plus tard, n’en doutons pas, il va se tourner vers ses centristes, les flatter dans le sens du poil, leur promettre des portefeuilles et ça marchera. Sarkozy est aujourd’hui au plus bas mais en deux louches de démagogie, il en appellera à Jaurès et à de Gaulle. C’est à ce moment là que les temps seront durs pour notre candidat.

 

Pour gagner, nous devons garder l’initiative et ne pas nous laisser entraîner dans les coups de bluff du Président sortant. Il ne faut pas se contenter de rendre coup pour coup,  nous avons l’obligation de conserver un coup d’avance, pour faire campagne sur nos thèmes et pas sur ceux de l’adversaire.  Parmi ces thèmes, il y a une réalité lourde que le petit Président ne peut pas masquer et que les Français ne vont pas lui pardonner aisément, c’est l’explosion du chômage et plus précisément de celui des jeunes. La difficulté pour trouver un emploi stable est un drame pour les jeunes eux-mêmes, mais aussi pour les parents qui sont obligés de subvenir aux besoins. La gauche doit convaincre qu’elle va vraiment s’investir pour un retour de l’activité, de la croissance et de l’investissement des entreprises. François Hollande doit marteler que notre priorité ira à la formation de la jeunesse, et au renforcement de la recherche et de l’innovation. Notre grand chantier est de relever notre niveau de production et de créer des emplois. C’est d’ailleurs la seule vraie condition pour sortir de l’endettement.

 

Nous n’avons pas à suivre les sarkozystes dans les méandres de leurs démêlés avec les marchés financiers. Ceux-ci n’ont plus confiance parce que les gouvernements actuels sont justement ceux qui ont massivement accru les dettes d’Etat. Le gouvernement français a emprunté 500 milliards en quatre ans ! Ce sont les ministres actuels qui nous ont mis dans la main crochue des marchés et des agences de notation. Nous devons exiger de nos forts en thème, de nos Baroin, Pécresse, Wauquiez, pleins d’arrogance et de suffisance, qu’ils nous  sortent du bourbier. Depuis deux ans, comme l’a dit à la télévision l’ogre déchu du FMI,  ils font trop peu,  trop tard. S'ils sont incapables de résoudre ce foutu problème, ils n’ont qu’à partir.

 

Bien entendu, il nous faut affirmer bien fort que si nous étions aux affaires, rien de tel ne serait arrivé. La gauche est bien meilleure gestionnaire que la droite, car elle a besoin de l’Etat. La droite, elle, par idéologie,  ne cesse de le rabattre et de l’abaisser. Avec elle un seul ennemi, la dépense publique ! A gauche, on pense que la puissance financière de l’Etat peut être utilisée pour relancer l’activité et gagner la confiance. Notre candidat FH est l’homme du rassemblement et de la confiance. Une banque publique d’investissement, des euro-bonds, la chasse aux paradis fiscaux et à l’évasion fiscale, des grands chantiers, voilà le langage de la gauche !  Il y a sans doute là dedans des traces de démagogie, mais je ne crois pas que nous pourrons gagner sans forcer le trait et caricaturer quelque peu.

 

Alors je m’adresse aux Barons de l’Artois, de Picardie et de la Basse Seine et je leur signale qu’ il y a du pain sur la planche. Vous êtes imbus de votre pouvoir et de vos privilèges ? Alors profitez en pour faire œuvre utile et répandre la bonne parole. Les petits arrangements de courants, de circonscriptions et d’ego ne sont que des frivolités au regard de la partie qui va se jouer et dont l’issue décidera de notre avenir collectif. Prenez exemple sur la dernière intervention de Ségolène Royal  au Nouvel Obs qui pointe 75 discours de Sarkozy sur la crise, remplis de promesses sans effet et de contradictions. Elle travaille utilement pour son ex. Il est temps de vous y mettre également mes bons Princes !

26.11.2011

Notre industrie nucléaire est mise à l'encan !

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Il faut reconnaître que le choix de l’énergie nucléaire n’a pas été  fait dans la transparence. Mais il serait vain de revenir en arrière quand les conditions étaient bien différentes d’aujourd’hui. D’année en année , grâce à ses succès industriels indéniables,  la filière a mis la France à l’abri des pénuries d’électricité et a permis de relativiser notre dépendance au pétrole.

 

Le parti des Ecolos de  tous bords s’est largement nourri des dangers que représente la mise en œuvre de l’énergie de la fission atomique. Les accidents de Tchernobyl et de Fukushima ont illustré les risques liés à toute défaillance des systèmes. Par bonne fortune, rien de grave n’est survenu en France, bien que nous soyons le premier utilisateur au monde de la technologie.


Aujourd’hui nous bénéficions d’un complexe industriel dont il convient d’apprécier les atouts  sereinement. Malheureusement les écolos préfèrent agiter des peurs plutôt que des mesures.   Chacun peut comprendre que l’énergie nucléaire est transitoire, à cause de la contrainte de  gestion des déchets et du caractère non renouvelable des ressources en uranium. On devrait  avoir un débat serein technique, scientifique. On préfère le happening et la polémique où chaque groupuscule s’adonne à la surenchère.  

 

 

Eva Joly est le porte étendard de cette armée mexicaine aux Présidentielles. Elle a choisi d’être la plus antinucléaire qui soit, persuadée de réunir sur son nom un grand nombre d’électeurs dits « anti ». Au moment même où se décidaient les accords PS/EELV, elle s’en va réclamer tout de go,  la sortie du nucléaire (qui au passage a été soutenue par Martine),  l’arrêt de l’EPR et la disparition de la filière mox, c’est à dire l’arrêt du retraitement,  objet même de notre Areva de la Hague !

 

Les socialistes du Cotentin ont l’épiderme particulièrement sensible à toute menace concernant l’EPR et Areva. Les salariés des entreprises, à qui nous devons tout notre respect,  encore bien davantage. Je l’ai compris à la réunion publique de jeudi soir (24/11). Il faut dire que, exceptés les retraités bobos, tous les gens du coin sont plus ou moins tributaires de ce concentré de technologie industrielle, qui procure des emplois aux jeunes et des royalties aux collectivités territoriales. Le député-maire de Cherbourg, Bernard Cazeneuve, dont j’ai dit par ailleurs tout le bien que j’en pensais, en est depuis longtemps conscient et s’est toujours porté en garant de notre industrie. Il nous a raconté publiquement et avec précision le psychodrame malencontreux qui a failli piéger François Hollande.

 

Dès que notre député a appris que subsistait dans le texte de l’accord un paragraphe qui menaçait la filière mox, il a alerté FH, qui, tombant des nues,  est entré dans une colère noire. La ligne « nucléaire » de FH est claire : sortie du « tout » nucléaire en passant de 75% à 50% d’électricité dans la filière,  achèvement de l’EPR de Flamanville et maintien de la filière « mox » en tant que besoin. Le paragraphe qui remettait insidieusement cette ligne en cause, mal compris par Michel Sapin  qui participait à la négociation,  fut donc retiré par notre candidat.

 

Les interventions du staff d’Areva, sont venues après coup, dans les heures suivantes. Elles n’étaient en réalité qu’un piège  politique largement intentionnel, dans lequel Eva Joly s’est empressée de tomber. Car Il faut que chacun sache aujourd’hui,  qu’Areva est instrumentalisé par l’UMP pour en faire un outil de chantage politique. Après avoir fragilisé et  viré la pédégère Anne Lauvergeon trop peu docile, la droite libérale qui n’a renoncé a aucune de ses conquêtes économiques et ni aucune de ses atteintes aux services publics, a maintenant les coudées franches pour satisfaire les appétits du secteur privé qui compte bien  en tirer de juteux bénéfices.

 

Il faut voir comment le beau Baroin, en moins de trois mois s’est dit et dédit dans ses instructions au Directoire d’Areva. Il était urgent de serrer les boulons pour avoir du cash en temps de crise et tout d’un coup il demande de surseoir aux licenciements.  Politique d’abord, bénéfices plus tard. La manœuvre est politique ! comme politiques également les invitations du  petit apparatchik  local UMP a la table du nouveau pdg.  Aréva, un de nos fleurons industriels est ainsi ramené au rang  d’instrument politicien, alors qu’il concerne l’intérêt national et la sécurité publique . On entend depuis deux jours ce que Sarkozy tire comme marrons du feu !

 

De son côté,  si Eva Joly n’était pas seulement une petite elfe venue du cercle polaire, elle se serait donné le mal de se renseigner et de vérifier auprès de ses alliés « naturels » la réalité de ses accusations. Elle aurait évité de traîner injustement les socialistes dans la boue des compromissions. Mais l’occasion était trop belle de se montrer la plus pure et la plus intransigeante. Et de prouver à ses camarades de Parti qu’elle n’allait pas, elle, la juge sans peur et sans reproche, brader ses principes contre quelques circonscriptions.

 

Finalement, ceux qui pensent benoîtement que le débat national sur l’option énergétique nucléaire se trouve enfin ouvert, se trompent lourdement. Nous sommes loin des faits et des chiffres qui devraient aider à discerner le souhaitable du possible. Le « Monde » titrait hier sur les évaluations « au doigt mouillé » qu’on se lance à la tête, à droite comme à gauche, socialistes et écologistes rassemblés. Duflot et Aubry ont largement contribué à maintenir la confusion, comme le prouve l’épisode du mox. Nous sommes malheureusement non pas au cœur d’un débat passionnant, mais au sein d’une polémique utilisant amalgames et caricatures, dont le champion est le Président sortant.

 

 

Manifestement les dossiers ne sont pas assez avancés pour faire l’objet d’une véritable réflexion et encore moins de réelles projections . En limitant les implications de l’accord Verts/PS, François Hollande a sauvé l’essentiel, c’est à dire conservé les voies possibles d’un réexamen serein des différentes options. Nous sommes malgré tout nombreux à penser que cet accord signé avec les Verts avec autant de sous-entendus et de faux-fuyants,  n’était pas utile et qu’il aurait suffi d’attendre l’entre deux tours de la Présidentielle.

 

Quoiqu’il en soit Mélanchon  avec son pédalo,  et la petite juge aux lunettes, avec ses marionnettes, jouent contre la gauche. Ils ne font en rien avancer la maturité politique de nos concitoyens. Jusqu’à présent F. Hollande a refusé avec humour de participer à cette triviale facilité. J’espère qu’il n’y cèdera pas plus à l’avenir. Les gens lui en sauront gré in fine et reconnaîtront son calme et sa hauteur de vue. On peut perdre des élections, c’est mieux que de perdre son âme. Malgré tout, en secret,  je me demande si il n’est pas temps de sortir la boite à gifles du placard….