23.05.2011
Sortie de prison
J'ai été enfermé dans la prison de ma douleur hépatique pendant plus de dix jours. Impossible de rien écrire, rien lire, rien entendre. Le docteur Arsène du CHU de Caen est venu me délivrer avec le magnifique trousseau de clés de la médecine moderne. Aujourd'hui je revis, même si, cette semaine, les fleurs des aubépines ont un peu jauni, le Val de Saire me paraît plus riant que jamais.
Malgré tout j'ai appris plein de choses pendant mon séjour dans ces chambres d'hôpital et j'ai vu autour de moi des personnes encore plus souffrantes et bien plus malheureuses que moi. Je vous parlerai très prochainement d'un certain Clément, ouvrier agricole de mon âge qui m'a fait bidonner et qui m'a rappelé mon enfance. Il aurait fallu peu de choses à cette époque pour que le destin se trompe et que moi aussi je me sois démoli le dos en portant des sacs de blé d'un quintal.
Pour l'heure, beaucoup de choses se sont passées. Vous savez tous que Strauss-Kahn n'était pas ma tasse de thé. Quand j'ai vu les images, en rentrant chez moi, de cet homme à l'esprit puissant crispé sur sa honte et sur sa douleur, répétant à l'infini le masque tragique de l'homme déchu, des larmes d'émotion m'ont submergé.
Mais de nouveaux combats nous attendent. La gauche doit prendre le pouvoir . L'humiliation du bling-bling exposé au peuple ordinaire, le mépris, la stigmatisation des uns ou des autres, étrangers ou fonctionnaires doivent cesser. Nous allons tout faire pour que nos petits enfants aient une vie meilleure.

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10.05.2011
Eloge de notre député-maire Bernard Cazeneuve
Chacun sait que je ne suis pas un adepte de la brosse à reluire et que je suis plutôt, l’âge aidant, un ratiocineur qui adore débusquer les arrivistes et les profiteurs présumés. C’est la raison pour laquelle je me sens à l’aise dans cet éloge, qui n’a rien à voir avec une oraison convenue mais qui se veut tout au contraire un appel à l’encouragement et à la louange d' un de nos principaux leaders politiques de notre région. Les anciens, réputés pleins de sagesse et de discernement, peuvent aussi servir à ça.
Depuis plusieurs années déjà, je sentais que nos notables manchots de l'UMP empruntaient le chemin du déclin. Le Président Legrand malgré quelques bonnes intuitions sur l’environnement ou le tourisme s’est englué avec l’âge dans des jeux tacticiens périmés qui traduisent une vraie déliquescence de l’action politique dans le département, accélérée par le sarkozysme ambiant. Il faut maintenant une relève appelant une nouvelle génération de gens modernes, compétents, intègres, dont les conceptions civiques ne peuvent être mises en doute.
Chaque fois que je réfléchissais à la question, mon regard se tournait vers Cherbourg dont le Député-Maire me paraissait porteur de nos meilleures espérances. Comme militant PS, c’est d’abord dans mon Parti que je m'attendais à trouver les arguments confortant cette intuition. Autant le dire tout de suite, j’ai été déçu : le malin plaisir à gauche est de dévorer nos propres enfants. Bernard Cazeneuve est une personnalité discrète et pudique. Ce sont des qualités que j’apprécie sincèrement mais qui ne facilitent pas pour autant les contacts et qui expliquent peut-être le peu d'enthousiasme des cadres du PS à se ranger derrière tel ou tel. Autant dire que lorsque la publication de son livre sur Karachi a été annoncée, je me suis précipité, pour en savoir plus sur notre député.
Cet ouvrage aurait être, comme je le redoutais, une compilation de rapports et de documents « gris » plus ou moins officiels, à vocation informative. Pas du tout. C’est un vrai livre dans lequel notre député décrit ses états d’âme et sa méthodologie, son sens civique et sa conception de la politique. Sa lecture a répondu à mes attentes et a suscité chez moi beaucoup d’enthousiasme. La preuve en est que j’écris ces lignes alors que j’ai à peine terminé ma lecture. J’ai maintenant la conviction que Bernard C. est le leader politique qui nous manque dans la presqu’île.
L’ouvrage nous donne les clés de sa personnalité. Contrairement aux grandes gueules dont on nous rebat les oreilles, notre député n’est pas secret, il est seulement pudique. Ce qu’on prend pour de l’indifférence est en réalité du respect pour autrui. Il fuit la gloriole et il a trop d’humour pour se laisser prendre au piège de la notoriété. En revanche c’est un inquiet et un bosseur.
Pour leur venir en aide il a prévenu les victimes de Karachi et leurs familles, qu’il ne ferait aucune exploitation politique de leur combat et que seule la connaissance aussi exacte que possible des faits pouvait être utile. La vérité ne pouvait sortir des jeux de rôles conventionnels qui bloqueraient la machine institutionnelle. Notre député a donc entrepris un travail de notaire, modeste et patient, sans concession mais plein d’un humour ciselé qui a désarmé beaucoup de réticences et a vaincu une partie des obstacles que lui a opposés la majorité gouvernementale. Chapeau l’artiste !
Je pourrais donner des exemples, des détails, mais chacun d’entre nous doit lire ce livre qui décrit la noblesse du combat politique quand il prend les contours d’un travail d’orfèvre. A une époque où l’esprit de responsabilité de nos élites est souvent controversé, l’analyse de Bernard C. nous fait comprendre que l'esprit de méthode et la hauteur de vue sont des qualités infiniment précieuses quand elles sont mises au service de la collectivité. En quelques pages nous pouvons apprécier tout le courage et toute la finesse de notre Député qui a du affronter des grands méchants loups de la politique tels que Léotard ou Balladur. Nous avons la chance d’avoir parmi nous un homme au caractère bien trempé.
Je suis sûr que dans ce livre, Bernard Cazeneuve fait preuve de qualités hors du commun et qu’elles lui seront reconnues. Je supplie mes camarades des sections de la Fédé50 et du Conseil Fédéral d’être les premiers à le dire et le redire. Nous devons en conséquence pousser ensemble pour mettre en avant celui qui mérite le mieux d’arbitrer, d’innover, et d’entraîner notre action socialiste . Nous devons faire de notre Député-Maire un grand leader et lui donner les moyens psychologiques et politiques d’entraîner notre département dans la voie de la modernisation et du progrès.
Je crois à la démocratie, à la transparence, à la participation des citoyens et à leur esprit critique mais je crois aussi à la puissance de l’esprit (pour parler comme notre regretté F.M.) , à l’intelligence et au courage de chacun. Bernard Cazeneuve est celui qui va compter dans notre région pour les trente ans à venir. Je prie mes dieux préférés pour qu’il garde en toutes circonstances la modestie et l’énergie qui lui seront nécessaires.
17:55 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, cherbourg, karachi, manche, cotentin, cazeneuve, député | |
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06.05.2011
Drôles de calculs...

Sur la route de la santé (la RN13) qui mène à Caen, en face du Mémorial, je fus pris de violentes douleurs abdominales que j’attribuai à un croque-monsieur immonde, ingurgité par commodité dans un snack d’autoroute. Je partais pour un œil, j’arrivais pour une crise de foie. L’œil soigné, en arrière toute, retour à Pasteur, plié sur ma douleur. Merci à mon chauffeur, diligent et attentif.
La douleur si vous notez de 1 à 10, c’est quoi ? J’ai réfléchi deux secondes.
1 : je n’en parle pas
2 : ah oui, j’ai quelque chose là…
3 : tiens ça ne passe pas si vite que ça
4 : ça insiste, est-ce qu’il me reste du paracétamol ?
5 : j’ai du manger quelque chose de mauvais, j’ai envie de vomir…
6 : je n’arrive pas à vomir et je n’arrête pas d’y penser
7 : il me faut un médecin pour me soulager, au plus vite
8 : j’en ai marre de vos questions , j’ai mal
9 : je suis plié en deux, je geins, je m’insulte et ma mère aussi la pauvre…
10 : je pense aux tortures nazies, je hurle, j’avoue ma religion et tout le reste, je transpire, je perds connaissance
Bien sûr, j’étais à 7 en arrivant devant un médecin compatissant. Il se reconnaîtra. Il m’a ouvert les portes d’une médecine dans laquelle souffrir n’est rien, quand souffle une petite brise d’empathie. Relisons histoires d’Ho à Pasteur (O2/11/2009) billet dans lequel je disais tout le mal que je pensais d’un séjour dans un service voisin et qui n’est pas sans rapport, puisque c’est à cette occasion là qu’un chirurgien, peut-être un peu trop pressé, a du oublier un mauvais calcul dans mon « colédoc ». L’objet s’est bloqué juste avant le Duo Denum. Sacrée musique qui a duré avec ses pleins et ses déliés depuis deux ans ou presque. Cette fois-ci on était dans le final emphatique du concert.
La nuit, à la diète sur mon lit d’hôpital, j’ai rêvé de mon plateau de fruits de mer idéal :
- 12 praires de belle taille, pêchées la veille à Chausey, nature.
- 6 huîtres n°2 (de grande taille) triploïdes de Saint Vaast, charnues, gratinées au beurre d’escargot
- Une poignée de petits bulots de Carteret dégorgés, dessablés, cuits avec noblesse, accompagnés d’une once de mayonnaise maison.
- Les deux grosses pinces d’un maître « clopoint » de Barfleur bouillis juste à point dans un court-bouillon parfumé de romarin.
Le tout accompagné d’un Bandol 2009 rosé, bien frappé, d’un Château de ma connaissance.
C’est vous dire !
PS/ merci à tous ceux qui m’ont si bien accueilli
12:50 Publié dans Actuelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, calculs, hôpital pasteur, fruits de mer | |
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03.05.2011
DSK et les antisémites
Ne pas aimer un juif sous prétexte qu’il est juif est une totale ineptie. Nul ne saurait juger une femme ou un homme en fonction de sa religion, de son origine ou de sa couleur de peau. Pris comme des individus, les êtres humains sont tous des frères, sans discussion possible, et ils méritent tous considération et respect, d’autant plus qu’ils sont fragiles et sans défense. La génétique humaine, complexe, est partout à l’œuvre et peut éclore à tout instant de miracles imprévus. L’intelligence n’a pas de race, le génie non plus. Bien sûr des monstres peuvent aussi se cacher sous toutes les latitudes.
Dans ces conditions, on se demande pourquoi certains quartiers réunissent des Indiens ou des Antillais, des Juifs ou des Chinois, des Pakistanais ou des Arabes. Car la réalité nous oblige à constater que les gens se rassemblent par affinités linguistiques, sociales et culturelles. Si ces gens, un peu différents du Français lambda se trouvent plus ou moins regroupés, c’est sans doute parce qu’ils se trouvent en commun des défauts ou des qualités que les autres n’ont pas. Ils affirment ainsi leur différenciation et donnent à notre concitoyen moyen, matriciel et indistinct, mais quand même souvent blanc et baptisé, des arguments généralisateurs, totalisants, et pour tout dire « racistes ». On ferait mieux de dire « ethnicistes » car ils tiennent souvent du folklore et des habitudes de vie singulières, plutôt que de la race.
Autrement dit la première connotation raciste est écrite par les communautés elles mêmes qui se regroupent et se singularisent. Une des tentations les plus fortes dans notre société est celle de l’antisémitisme. Cette forme « d’ostracisme » a des origines historiques et se perpétue de nos jours plus que jamais.
Les membres de la communauté juive sont les premiers à se reconnaître entre eux et à s’affirmer comme juifs. Ils reconnaissent leur appartenance à leur grande communauté internationale, une diaspora qui va des USA aux lointains bleds du Sahara et de la Sibérie, et de Moscou à d’Istanbul. On ne saurait reprocher à ces gens leur attachement culturel à Israël, qui vaut celui des Arabes à Bagdad ou des Catholiques à Rome. La diversité et la puissante civilisation de ces peuples ne peuvent (et ils le prouvent tous les jours) qu’apporter des bienfaits à notre commune humanité. Sans compter qu’avec la Shoah, il est clair que rien qui pourrait banaliser cette horreur humaine ne peut être prononcé, ni entendu, ni admis. Il reste cependant une communauté avec ses organisations, ses systèmes de défense et de conservation, voire ses politiques d’occupation du pouvoir.
Parmi ces politiques, celle du sionisme a établi un Etat juif en Palestine qui aujourd’hui encore, est au centre de nombreux troubles à la paix mondiale. Cette politique est généralement soutenue par la communauté juive. Pour mon propos et sans lui faire injure, je reprends une déclaration de DSK au Nouvel Observateur : « Je considère que tout juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l'ensemble de mes actions, j'essaie d'apporter ma modeste pierre à la construction d'Israël. » (Nouvel Obs, n°2405, 2010). C’est à ce propos qu’on ne peut taire l’origine juive de DSK dont il craint lui même qu’elle ne le desserve dans son projet d’élection au Poste de Président de la République française.
Le plus incroyable dans tout cela c’est qu’aucun commentateur ou homme politique n’ose aborder la question. J’en connais pourtant qui font les malins à tout instant sur nos ondes. Sans doute ont-ils peur d’être taxés d’antisémitisme, accusation tranchante qui vous exécute un journaliste en un clin d’œil. Et pourtant on ne peut interdire d’appeler un chat un chat. Dire que DSK est d’origine juive et Anne Sinclair-Rosenberg qui participe à sa campagne, également, ne peut être une insulte. La France a prouvé avec Blum et Mendès-France qu’elle ne se souciait pas de cela quand l’homme avait le mérite de la fonction. A l’instant même, j’ai malgré tout la désagréable impression de transgresser un tabou. Il me semble que DSK et ses soutiens vont devoir prendre ce problème à bras le corps. Préfèrent-ils que ce soit la femme Le Pen et d’autres de la droite bien rance ou de la gauche stalinienne utilisent l’argument en douce, comme un péché inavoué ?
Je préfèrerais clamer haut et fort l’attachement ou non à ma communauté plutôt que de laisser les autres en décider. Je ne peux pas envisager un instant que DSK , le leader socialiste et le patron du FMI ne nourrisse pour Israël des sentiments et des projets politiques qui nous mènent à la paix avec les pays arabes et surtout redonnent aux Palestiniens dignité et prospérité. J’attends qu’au cours de la campagne qui s’annonce, la question soit clairement tranchée de la manière la plus explicite qui soit, et que DSK se désolidarise du gouvernement israélien actuel et dise son opposition au mythe du Grand Israël.
Nos concitoyens sont devenus des adultes, ils ont le droit de savoir pour qui et pour quoi ils votent . Ils ont aussi le devoir de bien soulever les tapis pour s’assurer qu’il ne traîne pas quelque part des balayures maudites qui pourriront l’histoire à venir de notre pays.
P/S : J'apprends que DSK nous a fait le coup "de la Porsche tranquille" la semaine dernière. Est-il inconscient ? si il y a quelque chose dont les Français ne veulent plus c'est bien du bling-bling à la Sarkozy. La Mégane décapotable de Jospin était déjà limite. Un président normal dit François H. , voilà ce que les Français souhaitent. Il a raison.
18:49 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dsk, présidentielle, antisémitisme, sionisme | |
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27.04.2011
Les aventuriers
Il y a peu, ils partaient des confins du Maroc pour atteindre les Canaries, après une traversée périlleuse d’une centaine de milles sur des embarcations improbables. Aujourd’hui, ils s’entassent sur des sardiniers, dans une telle cohue que pas un ne devrait, en toute logique, franchir indemne les passes du port de Zarzis. Mais Allah récompense les audacieux et il y en a quand même plus qui arrivent qu’il n’y en a qui se noient. Vingt mille, dit-on aujourd’hui, sont agrippés à Lampédusa comme des oiseaux en migration qui se posent sur la première terre venue pour se refaire des forces. Gageons que s’il s’agissait d’un vol d’oies bernaches égarées, Brigitte Bardot, Greenpeace et WWF auraient déjà débloqué des fonds pour leur venir en aide.
Mais il ne s’agit pas de volatiles et ces migrateurs sont des beaux jeunes gens dans la fleur de l’âge, en pleine santé. Ce sont des gens pleins de rêves et de courage qui ont décidé de changer de vie. Ils ont décidé de tourner le dos aux ruelles poussiéreuses de leur village et à l’ordre millénaire de leur société encore toute imprégnée du patriarcat ancestral. Le poids social de la famille, bien souvent élargie aux oncles et aux oncles des oncles et régie par la loi des anciens, ces cheikhs muets qui détiennent le droit et l’ordre, est aujourd’hui insupportable aux âmes libres de la jeunesse. Le code politique des dictateurs repose entièrement là dessus et il va mettre quelque temps encore avant de s’effondrer.
Ces aventuriers de la modernité ne reculent devant aucun sacrifice. Ni le chagrin de la mère, ni le désespoir muet du père, ni l’angoisse des jeunes sœurs livrées à leur malheureux destin, ne peuvent les faire renoncer à l’El Dorado de la liberté. On fait un contresens en y voyant une simple migration du travail pour fuir la misère. Ces jeunes là ne manquent de rien, ils ne sont ni affamés, ni malades, ils sont même souvent instruits, lettrés, entreprenants. Quand on veut vraiment gagner des sous on va en Arabie Saoudite ou aux Emirats, dans les chantiers. En se tournant vers l’Europe et au premier chef vers la France, ces jeunes gens là ne cherchent pas du travail, ils cherchent la liberté, car ils sont à bout de souffle, comme des poissons asphyxiés dans les eaux stagnantes de l'immobilisme social.
Le pain sec est bien meilleur quand on le mange en liberté. Ce sont donc les plus méritants des hommes qui sont prêts à risquer leur peau pour devenir des hommes libres. Si j’étais Directeur des Ressources Humaines, j’irais choisir dans ce troupeau là, mes collaborateurs et mes associés, car ces garçons ont l’énergie créatrice des pionniers. Ils méprisent la peur et ne doutent pas d’atteindre leur but. Ils n’ont que faire de nos allocations ou de nos filles comme le prétend bêtement la femme Le Pen, ils veulent avoir une « belle » vie, celle qu’on vit dans une société démocratique libre et sans préjugés.
Je me souviens d’avoir croisé, au volant d’un confortable véhicule, à plusieurs centaines de kilomètres de toute habitation en dur, un petit bonhomme sec, en gandoura à mi mollet qui marchait seul et d’un pas pressé sur la piste du Tanezrouft. Il portait à la main une théière pas bien grande. Il me fit signe de m’arrêter et me pria gentiment de remplir d’eau sa pauvre gamelle. Je lui demandai où il allait, «- Vers le nord » me dit-il dans un rire lumineux. Le rêve l’habitait. Vingt mille jeunes hommes sont habités par le rêve à Lampédusa et nos grands politiciens se demandent comment faire pour leur barrer la route.
10:28 Publié dans Actuelles, géographie, monde arabe, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : migrations, lampedusa, fn | |
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