19.11.2011

Que le nucléaire explose...

 

 

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A la figure des Verts. On approche du moment de vérité. Après avoir escaladé les grues, grimacé derrière leurs masques de carnaval  et  distribué partout des à-peu-près et des contre vérités, les écolos sont confrontés à la réalité tranchante. Il n’y a rien de plus simple que la dureté des rapports de force et  que la toute puissance des faits. Après avoir chanté partout l’urgence de la sortie du nucléaire, sans vouloir en dire ni les coûts ni les échéances, les Gourous, ces chevaliers de l’Apocalypse,  promise par le Réchauffement climatique, les OGM et les Centrales nucléaires,  doivent se rendre à l’évidence. Il n’y a plus de niaqua ni de faucon, il  faut aussi maintenant écouter leurs alliés et comprendre leurs  ennemis. Ils doivent à présent réfléchir, argumenter et composer. Ils sont enfin contraints de revenir sur terre.

 

Les Verts ont fait leur fortune sur un argument : le nucléaire est dangereux, mais dangereux au point qu’on ne saurait vous dire, à vous poursuivre dans votre tombe. Voyez Iroschima et Nagazaki, et Tchernobyl, et maintenant Fukoshima et en plus tout ce qu’on ne vous dit pas, caché dans les sacoches profondes du lobby nucléaire. D’accord, il faudrait être un imbécile pour nier les dégâts à court et à long terme des irradiations. Un bémol malgré tout : combien de morts jusqu’à présent dans le nucléaire civil? Allez donc faire un tour dans les mines de charbon passées présentes et à venir, et  aujourd’hui en Chine ou ailleurs. Faites le compte.  Honnêtement, l’argument principal des anti- nucléaires est la peur, la peur sans cesse entretenue par des singeries, des photos de monstres,  des sous entendus lourds de sens, de la comedia del arte. L’antiatomic-pride. Le Parti des Verts, c’est le Parti des Couards.

 

Malgré tout,  le Parti des Couards voudrait bien goûter aux délices du pouvoir. Après s’être donné tant de mal pour affoler les populations,  au point qu’aujourd’hui une forte majorité de Français sont contre les OGM en se demandant ce que ça peut bien être et qu’une bonne quantité des mêmes sont prèts à fermer les centrales sans savoir ce que ça pourrait coûter, les maîtres chanteurs veulent prendre leurs bénéfices. Nos Gourous se disent que si il y a une limite dans la galéjade, c’est bien celle des places à saisir.  Bové et Bendix au Parlement Européen, Voynet et Placé,  Sénateurs, et tous les autres Cochet, Mamère, qui prospèrent, il ne manque que Duflot députée de Paris, que dis-je députée ! maire de la capitale. Il n’y a pas de meilleur endroit pour un écolo qu’un centre ville. Dans ces conditions, ça vaut le coup d’arrêter le chantage et de troquer des hallucinations contre des sièges. Soit. C’est le début de la sagesse et de la réflexion

 

Il y en a une qui digère mal cette braderie idéologique, c’est notre petit clown triste venu des forêts de sapins de Scandinavie. Qu’est-ce qu’elle va gagner elle,  à se vautrer devant les caméras pour soutenir l’insoutenable et se répandre en affirmations débiles et allumées ? se décrédibiliser, se ridiculiser, transformer son image respectable de petite juge courageuse en marionnette incontrôlable ? Tout ça pour des cacahuètes puisqu’elle n’a rien à espérer. Elle est la dinde de la farce, laquelle prend un  goût amer. On a mis la juge en situation de desperada. Je comprends que ça la fasse renâcler, peut-être même reculer. L’abandon de la petite juge sera la cerise sur le gâteau épais de l’incohérence et de l’inconsistance,  préparé par cette bande qui se cache derrière des bonnes idées pour en tirer des catastrophes. Moi je vous le dis, qui suis un vieux gâteux amoureux de la nature, de la sauvegarde de notre planète et du progrès humain, les Verts m'apparaissent  aujourd’hui, avec leurs affabulations sans suite et démodées, les plus virulents ennemis de la protection de l’environnement et de l’écologie en général.

 

26.10.2011

Alerte aux vautours

 

 

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Il faut garder tout notre sang-froid. On voit bien que nos ténors français et allemands sont en train de nous jouer un joli duo. Merkel et Sarkozy ont à peu près la même base électorale, conservatrice, possédante, patronale et pleine aux as. Depuis tout le temps ces bataillons avertis de la droite redoutent plus que tout  des appareils d’Etat démocratiques forts qui pourraient remettre en cause la propriété privée et les privilèges des richesses accumulées. Tout va pour le mieux quand on reste entre soi, dans les beaux quartiers, les grandes écoles, les conseils d’administration et la légitimité du pouvoir.  En démocratie l’ordre social ne peut changer qu’avec une alternance des forces de gouvernement et  l’instauration de nouvelles lois, en particulier d’une fiscalité nouvelle qui puisse rééquilibrer les retombées de l’activité économique.

 

Pour la droite, il est tout à fait naturel de tenir en suspicion un Etat qui représente une menace permanente sur les avantages  des groupes sociaux dominants. Une bonne technique est de le ruiner et de le déconsidérer. Fillon a commencé son quinquennat par un constat de faillite, qui voulait dire « Tenez vous au large, il n’y a pas un sou. Nous entendons veiller sur l’ordre établi, et ne rien céder au chantage des prolos. » D’ailleurs les maîtres chanteurs sont de leur côté. Au moindre manquement on nous menace d’ une fuite des capitaux et du chômage généralisé. Remarquons quand même que sans travail il n’y a pas de bénéfices non plus…Ce que je veux dire c’est que la ruine de l’Etat sert bien les intérêts de la droite. A condition qu’elle ne soit pas acculée à augmenter les impôts, car, comme dit Sarkozy : « Je n’ai pas été élu pour ça ». On comprend pourquoi on en est à taxer les sodas et les mutuelles !

 

La Pécresse s’apprête à faire voter un budget  de 300 milliards de dépenses pour 200 milliards de recettes. Il va falloir emprunter 100 milliards de plus. Il n’y a pas si longtemps, le Trésor empruntait aux Français. Ils achetaient des bons du Trésor avec une confiance absolue et les bons anonymes étaient une bénédiction pour les petits épargnants : on a même vu Giscard redonner 95 milliards de francs pour 6,5 milliards empruntés sur 15 ans. Une manne ! mais l’argent restait en France, remplissait les bas de laine mais aussi  nourrissait la consommation et l’investissement. Aujourd’hui qui est le principal acheteur de nos dettes ?  Les Iles Caïman ! et à suivre,  le Luxembourg et le Royaume Uni ! C’est à dire des paradis fiscaux qui autorisent la spéculation financière et  alimentent le casino mondial.

 

Le résultat c’est qu’en deux clics on peut arbitrer des échanges financiers massifs jouant à la hausse ou à la baisse de produits dont on ne connaît pas vraiment le contenu économique réel. Dans une telle ambiance de dérégulation, les traders, les banquiers et patrons de fonds de placement se gavent. Ils se payent à la commission, au pourcentage, il n’y a pas de limites. Les actionnaires avertis jouent de même, exerçant leurs stock-options au bon moment. On pourrait dire que ce n’est  pas grave. Cet argent si vite gagné pourrait être vite dépensé et  s’investir dans l’industrie ou les services et créer de l’emploi. Pas du tout ! on ne change pas une technique qui gagne si bien. Ces gains vont immédiatement  nourrir d’autres bulles spéculatives parasitaires : dans l’immobilier,  dans les matières premières, le blé, les métaux, le pétrole…


Le chômage augmente, les déficits publics s’installent, la purge comme avec les médecins de Molière est prête à être servie. Tous ces prolos sont des incapables et des fainéants, disent les ministres de droite, des bons à rien, des profiteurs, des assistés, il faut couper les dépenses somptuaires de l’Etat ! Sinon gare !  En réalité ce que notre gouvernement n'ose plus dire, tant son échec est patent sur ce plan, c'est que tous ces déficits accumulés sont liés à la persistance du chômage qui crée une véritable hémorragie dans les dépenses publiques. Et cela fait vingt ans que ça dure. Pendant ce temps là,  se jouent à toute pompe les grandes orgues de  la financiarisation de l’économie.

 

Face à toutes ces dettes on nous met en scène  des shérifs autoproclamés qui patrouillent dans  des officines longtemps discrètes mais aujourd'hui triomphantes qui opèrent sous le nom bizarre d’Agences de Notation. Elles  se présentent comme des compagnies de grosses têtes pensantes qui sont des sachants, des avertis, des légitimes, en réalité des défenseurs du libéralisme, de la propriété privée et des bonnes pratiques du capitalisme conservateur. Ils considèrent que la spéculation est le juste avatar des déséquilibres économiques et le seul moyen de les résorber. Aujourd’hui, en ce moment même,  la spéculation se tourne vers la dette des Etats. Comme une nuée de vautours,  les financiers se sont repus de la dette grecque qui offrait des revenus incroyables à deux chiffres. La Grèce est ruinée, il n'y a plus que les os. Les autres pays d’Europe volent à son secours. Mais les vautours ont faim, ils entrevoient de la chair fraîche, des monceaux de dettes publiques. Attention l’Italie ! attention la France et les autres !  si vous ne faites pas ce qu’on vous dit, on va vous appliquer notre élixir préféré ! des forts taux d’emprunt qui rapportent bien. En deux coups de clavier vous serez  ruinés, comme la Grèce que vous voulez sauver.

 

Dans tous les cas l’issue est fatale. Il n’y a plus de bonnes solutions. Vous augmentez les impôts et vous tuez l’activité ? le déficit s’envole. Vous préférez investir pour relancer l’activité et emprunter à des taux impossibles ? les charges de la dette vous ruinent. Le système financier des Iles Caïman est en train de ravager l’Europe, de mettre sur la paille les vieux et les malades, de condamner nos jeunes aux petits boulots et nos pères de famille à la précarité. Les forces productives,  du plombier à l’agriculteur et du métallo à l’informaticien, sont entraînées dans un maelström qui risque de tout submerger. Les forces conservatrices préfèrent sombrer avec le navire plutôt que de remettre en cause un régime qui leur est si favorable.

 

Dans les naufrages ce sont les soutiers qui se noient, ceux du pont trouvent toujours une embarcation de dernier ressort, surtout quand ils ont des galons. Citoyens il faut nous lever et protester. Il faut rejoindre en masse les indignés,  jeunes et vieux. L’avenir de nos petits enfants dépend de nous. Il faut le crier ! halte au chômage ! Le fric ? Il faut le prendre là où il est et investir dans les grands chantiers de développement, la connaissance, les infrastructures, la communication, le stockage des données, la santé… La puissance des Etats est mise au défi. Le monde entier doit se retirer des griffes de capitalisme idiot qui véhicule sa propre agonie pour gaver quelques privilégiés inconscients de l’être et qui décident de notre vie en donnant des ordres à partir des passerelles de yachts somptuaires et improbables. L'alerte aux vautours est déclanchée.

10.06.2011

S.O.S bord de mer, dans le Val de Saire.

 

 

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Tel est le nom de l'association que je viens de créer avec quelques copains. J'invite tous ceux qui sont intéressés à nous rejoindre en prenant contact par mail. Nous ferons dans quelques jours une assemblée générale pour désigner un bureau, avec Président(e), secrétaire, et trésorier(e). Les membres fondateurs apportent 50€ et une cotisatuion annuelle de 15€. Les adhérents simples se limitent à leur cotisation annuelle.

 

L' association  se donne trois objectifs,

  • veiller à la sauvegarde et à la restauration écologique des rivages du Val de Saire, dans la concertation et la pédagogie, avec les riverains, les usagers et les autorités locales,
  • faire respecter les dispositions juridiques de la loi du littoral et du code de l'urbanisme tels qu'elles doivent être appliquées sur le bord de mer et dans  les espaces proches du rivage,
  • promouvoir auprès de l'opinion et des autorités concernées l'aménagement dans notre petit pays d'un centre de loisirs balnéaires bioclimatique, protégé et sécurisé, destiné en priorité aux personnes âgées et aux jeunes enfants (à inventer sur la base d'intégration au paysage et de l'utilisation des énergies solaires et éolienne).

 

Je n'ignore pas la vanité d'une telle entreprise et les soucis que je peux me créer à un moment où mes forces ont tendance à se dérober sans prévenir. Je ne peux pas non plus rêver du Val de Saire sans apporter une petite contribution plus concrète qui peut-être, profitera à mes petits enfants. Abandonner avant d'avoir essayé n'est pas non plus dans mon caractère. Je sais aussi que ne suis pas seul, que nombre de mes connaissances acceptent et souhaitent militer pour les objectifs énoncés. Enfin, je constate  que mon blog trouve au fil des semaines plus de lecteurs qui m'encouragent. Alors allons-y !


29.05.2011

Faire un rêve pour le Val de Saire !

 

 

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1 - Le constat du géographe

Le géographe que je suis s’émerveille, et l’enfant du pays (que je suis aussi) encore davantage. La Saire qui descend doucement à travers bois et bocages depuis le Mesnil au Val, pousse son eau claire dans les prairies herbeuses du Vast et de Valcanville pour  se lover en paresseuse dans les terres grasses du pied de la Pernelle. Le pont de Saire qui est à la limite de Saint-Vaast et Réville marque  un des plus beaux  estuaires du Cotentin. L’ouverture de la rivière sur la baie de Jonville entre la Pointe de Saire et l’île Tatihou en fait rêver plus d’un, accoudé au parapet, l’appareil photo en bandoulière. Barfleur est une autre perle qui inspire le rêve marin.  Ce qui fait la joie du géographe, c’est la diversité et plus encore la complémentarité des paysages…

 

Je ne connais pas de région qui marie aussi bien la plaine littorale et le bocage, le ruban doré des plages de Quinéville à Fermanville et les profondeurs mystérieuses des bois du Rabey , de Boutron et de Barnavast. Voilà un pays qui a échappé aux guerres modernes de destruction, avec quasiment tout son passé architectural  intact, du vieux donjon de l’église de Quettehou, aux tours de Vauban et à la demeure seigneuriale de l’intraitable Jambe de Bois de la Crasvillerie. Le granite de Barfleur règne en maître et ses blocages donne une noblesse inimitable aux églises et aux châteaux ainsi qu’aux magnifiques corps de fermes-manoirs à escaliers en tourelles. Même les plus modestes chaumières des journaliers ou des péqueux  conservent une allure qui défie humblement mais avec force, notre temps de pavillons à enduits colorés.

 

Ce pays fut aussi à plusieurs reprises le lieu de miracles agricoles allant de la sélection de la race bovine normande et du trotteur anglo-normand, à l’invention de la pomme de terre bonotte encore cultivée en l’île de  Noirmoutier, et à la sélection du persil de Montfarville. Pour s’en tenir au dernier demi-siècle, les limons souples et profonds de la plaine côtière ont donné année après année,  les plus belles récoltes de carottes, de choux et de pommes de terre qui soient. A quelques milles les pêcheurs ont tendu au homard et  au bouquet, ligné au maquereau et à la dorade, au bar et à la morue. La douceur du climat pour ne pas dire sa fraîcheur nous a épargné les hordes plagistes et les horribles urbanisations balnéaires de  Bretagne ou des Charentes.

 

Alors notre Val de Saire serait-il un pays de cocagne qui s'ignore ? Hélas non ! Les tracteurs de cent chevaux ont percé les haies, aplati les talus, soulevé la glaise et nivelé les « caches ». Chaque année,  mes amis agriculteurs ramènent de Belgique ou de Beauce des instruments gigantesques qui tiennent plus des scrapers et des bulls de Travaux Publics que du matériel agricole. C’est que chaque année il faut cultiver plus grand, plus vite, plus mécanique. A trois lieues au large, nos pêcheurs y vont tout pareil, avec des moteurs toujours plus puissants qui draguent, labourent, et râtèlent sans relâche les moules, les coquilles, les soles et les turbots s’il en reste, traînant derrière eux d’épouvantables perches métalliques qui martyrisent le fond de la mer. Entre deux, les ostréiculteurs agrandissent les parcs, veulent produire plus, plus vite et se retrouvent en butte à la fragilité sanitaire de ces élevages intensifs monovariétaux…Plus haut  dans l'intérieur des terres, les éleveurs augmentent le cheptel, défoncent aussi le bocage pour le maïs et deviennent des techniciens victimes de leur propre savoir face à la concurrence des systèmes géants des grandes plaines d'Europe de l'Est ou d'ailleurs.

 

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2 - L'utopie plus forte que le réel

C’est le progrès me direz vous, il faut payer les traites et les études des enfants. Bien évidemment et personne ne songerait à reprocher à ces agriculteurs et à ces pêcheurs de faire ce qu’il faut pour survivre. Oui mais ? le Val de Saire prétend-il rivaliser avec les plaines céréalières et les  bateaux usines océaniques ? A ce jeu, on peut dire honnêtement, que c’est perdu d’avance comme on dit chez nous, pour tout le monde. C’est perdant, perdant. Aux tenants de ce « modernisme » je voudrais opposer mon rêve, celui de la diversité, de la proximité, de la qualité et de la complémentarité. Le rêve d’une activité agro-marine destinée au marché de frais, à Caen, à Rouen ou à Paris et à nos touristes. On dit bien volontiers que nos touristes ne viennent pas pour bronzer idiots, mais qu’ils nous aiment pour le bon air, l'authenticité, et la bonne bouffe goûteuse, donc fraîche de récolte, ignorée jusqu’à l’oubli dans les villes pressées,  gorgées de  snacks insipides et industriels.

 

D’évidence la commercialisation directe, qu’on voit se développer aujourd’hui avec un certain succès,  ne peut suffire à écouler les productions. Il faut nécessairement un accès efficace aux zones de grande consommation urbaine,  de France et de Navarre. Alors je conseille à nos maraîchers et nos pêcheurs de regarder Les Maîtres Laitiers du Cotentin, qui payent à leurs coopérateurs 20% de plus que les autres industriels. Les MLC, grâce au coup de génie de leur Président Fortin,  sont devenus de puissants opérateurs de distribution des produits frais aux collectivités, chaînes d’hôtellerie, hôpitaux, casernes, entreprises, compagnies d’aviation. Je fais un rêve ! nos forces économiques sont intactes et les chambres consulaires de l’agriculture et du commerce déclarent évidentes les synergies entre nos terroirs. Le Cotentin peut devenir dans les vingt ans qui viennent,  un modèle économique de l’agro-alimentaire artisanal de terroir comme on dit, et répondre aux besoins des nouvelles clientèles qui s’annoncent.

 

Ainsi se dessine un paysage agricole fait d’exploitations variées alliant les jeunes pousses, le bio, la production lourde (patates,  poireaux, carottes, choux) les asperges, la  mâche, les Florette  et bien d’autres possibles plus craquants les uns que les autres, associé aux artisans pêcheurs et à la conchyliculture, et aux producteurs de viande et de lait . Ainsi armé, l’agroalimentaire manchot peut faire prospérer d’importants réseaux de commercialisation visant à satisfaire les centrales d’achat,  trouver des partenaires pour la transformation et le transport international pas seulement pour Paris, Berlin, Madrid et Rabat mais par Cherbourg, pour l’Angleterre, l’Amérique et la Russie…

 

Je rêve, mais j’ai pris l’habitude immodeste de voir à mesure que les années passent,  mes rêves se réaliser. Pour mes talents de voyance je demande à mes copains lecteurs d’apprécier par eux mêmes. A bas la guerre, vive la justice sociale et la liberté de chacun, vive l’éducation et la dignité de nos concitoyens. On y va ! Chaque jour un peu mieux et un peu plus, le Cotentin  va se couler dans les méandres imprévus du progrès. En prendre conscience aide parfois à accélérer le processus.

 

02.04.2011

Sortir du nucléaire

 

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Au Japon, le système capitaliste libéral nous administre la preuve qu'on ne peut pas compter sur les entreprises privées pour assumer leurs devoirs de sécurité et de protection civiles. La catastrophe de Fukushima porte un coup très rude à la crédibilité et à la fiabilité des installations nucléaires. Il vient s'ajouter au passif déjà lourd de Tchernobyl et de Three Miles Island. En y ajoutant les difficultés entraînées par la gestion des déchets radioactifs et le démantélement des installations obsolètes, on a maintenant un faisceau d'arguments en faveur d'un abandon programmé de ce type d'énergie.

 

Cependant la sortie du nucléaire est au moins aussi compliquée que sa mise en oeuvre. Les écologistes donnent chaque fois l'impression qu'ils veulent que la décision soit prise tout de suite avant de savoir comment faire. Ce n'est pas acceptable. Il faut réclamer en toute priorité la transparence des contrôles et l'absolu monopole des pouvoirs publics en la matière. Il faut dans un deuxième temps programmer la modernisation et la sécurisation de nos centrales tout autant que la montée en puissance des solutions alternatives. Toute retraite dans le désordre deviendrait criminelle.

 

Les Verts devraient prendre conscience que leurs imprécations sont contre-productives et génératrices d'insécurité.Il y aura un avant et un après Fukoshima. De toute évidence il faut tirer les leçons techniques, humaines et politiques du drame. Aux défenseurs de la planète d'ouvrir le dossier avec courage, lucidité, précision  et raison. Ce projet devra être porté par notre futur candidat aux présidentielles.

29.03.2011

La crise nucléaire, mea culpa !

tsunami,nucléaire,japonJ’ai critiqué les écolos et leurs trémolos parce qu’ils pleuraient avant d’être battus (ma chronique du 14/03/2011). Je dois reconnaître qu’à ce moment là,  je n’imaginais pas les carences invraisemblables dont font preuve aujourd’hui les ingénieurs nippons. J’ai toujours défendu le progrès de la science que j’estime indispensable à la conquête de la liberté par le genre humain. L’homme se libère de ses entraves primitives pour atteindre les plus hautes destinées, que nous sommes aujourd’hui incapables d’imaginer, mais qui sont le véritable ressort de notre lignée évolutive. C’est une philosophie ouvertement confiante, imprégnée de darwinisme et de foi dans le jeu des puissances naturelles. Dans une certaine mesure ma tolérance au nucléaire est liée à ce fond d’optimisme.

 

Au moment des régionales, donc bien avant le désastre nippon, j’avais écrit à propos des relations socialo-écolo «  Reconnaissons que l’énergie nucléaire n’est pas une solution durable. Mais elle existe. Elle fournit à la France 80%¨de son électricité. Doit-on fermer les centrales nucléaires et l’usine de retraitement des déchets qui va avec, pour ouvrir des centrales thermiques (à gaz, pétrole, charbon) ? Non n’est-ce pas, à cause du bilan carbone devenu un enjeu vital pour notre planète. Doit-on faire des économies d’énergie ? Oui cent fois oui, indiscutablement. Doit-on développer le solaire, l’éolien, la géothermie ? nécessairement, mais sans oublier que toutes ces solutions ont aussi leurs limites. Doit-on dans ces conditions prendre le risque de se retrouver dans un régime de pénurie ? Seules les centrales nucléaires sont aujourd’hui notre véritable garantie contre une crise de l’énergie qui se révélerait redoutable pour notre pays. »

 

La manière dont les ingénieurs de la Tepco japonaise gèrent le désastre engendré par le tremblement de terre et le tsunami qui s’en est suivi me contraignent à plus de circonspection aujourd’hui. Je m’étonnais il y a quelque jours de la légèreté avec laquelle des centrales avaient été implantées sur un littoral menacé par la vague sismique, dans un pays tout à fait familier des tremblements de terre. A mesure que les jours passent on a l’impression que les hommes en charge de la centrale de Fukoshima perdent les pédales. Ils pataugent au sens propre dans des flaques d’eau radioactive et font des erreurs de calcul grossières. Ils n’ont plus l’air d’avoir la visibilité nécessaire. Ils semblent avoir perdu la maîtrise des opérations.

 

Je veux bien croire que les complications, la désorganisation  et  la fatigue entraînées par le séisme aient  rendu la tragédie presque hors d’atteinte. Mais il est inadmissible que les mesures de sécurité n’aient pas prévu cette accumulation de facteurs, même improbables, puisqu’il est notoire qu’un accident est toujours le résultat d’une pareille conjonction. Le drame japonais fait naître chez moi un doute définitif sur l’esprit de responsabilité des organismes chargés de la mise en œuvre de systèmes industriels qui peuvent se révéler comme de véritables volcans radioactifs.

 

tsunami,nucléaire,japon

 

 

On peut accuser l’appât du gain développé par notre système économique trop libéral, peut-être aussi le conformisme d’esprits anesthésiés par le quotidien. A tout le moins l’expérience douloureuse du Japon doit être le signal d’une ardente obligation : repasser au peigne fin toutes les mesures de sécurité des centrales nucléaires du monde entier, quelque soit le pays. Ce genre d’accident concerne la planète entière.

22.02.2011

DSK, ça suffit...!

 

khadafi,sarkozy,mam,ollier,dictatures,libyeJe ne peux y voir qu’un complot médiatique. Toute cette semaine  on n’a fait que chanter les laudes de DSK, de mâtines à vêpres et le rusé chanoine du FMI a pu finir la semaine en beauté, en majesté, au 20 heures de France 2. Voilà comment un pur produit de la mondialisation, élaboré par la finance internationale et présenté au G20 à Paris, finit un dimanche soir dans nos assiettes, tout cuit, fin prêt  à être consommé dans les urnes présidentielles de 2012.

 

Pour ce coup magistral, j’y vois des grands chefs qui ont l’habitude de mijoter des rois en coulisse. Ils se cachent en outre opportunément, derrière la prêtresse des années 80, Anne Saint Clair, qu’un facho de ma jeunesse dénonçait comme marchande de soutiens-gorge mais qui par ailleurs est une journaliste de talent et  une habile manipulatrice, ayant les moyens de ses ambitions.

 

Ce qu’a fait cette équipe de grande cuisine  est un coup porté à la gauche , progressiste et intelligente. Alors qu’aujourd’hui le gouvernement Sarkozy est au bord de l’implosion à cause de ses liens multiples avec les dictateurs arabes (Fillon-Moubarak, Alliot-Marie-Ben Ali, Ollier- Khadafi) et de ses improvisations malencontreuses (Boillon à Tunis), notre DSK ramène à lui la couverture sans dire un mot de tout cela et tire la droite du coma, en lui donnant du grain à moudre (DSK-Bobo). Pour soigner sa droite DSK, vient au secours de Sarkozy !

 

Excusez  ma colère, je ne suis qu’un lampiste, pas encore assez mûr cependant pour me faire berner, comme le plus couard des analphabètes. Nos élites ont beaucoup de choses à cacher au bon peuple, on en est restés à l’antiquité, du pain et des jeux, voilà qui suffit aux smicards. Non seulement on fait tout pour berner les gens par des plans de communication rocambolesques, mais on voudrait encore les faire voter pour  des hommes providentiels, autoproclamés.

 

Soudainement avec les révoltes arabes, les dictateurs chamarrés ne sont plus, à l’image de l’ignoble Khadafi, que des épouvantails sanguinaires délabrés, mais le plus fort de tout, c’est que nos propres élites, ministres, présidents de la république et autres tenants de la jugulaire et de la respectabilité civiques, sont épouvantablement nus face à leurs responsabilités.   En dépit de la mascarade ambiante, ils restent résolus à porter beau quoiqu’il arrive.

 

Billet modifié le 29/03/2011, pour le rendre plus compréhensible, l'illustration a également été changée.

15.01.2011

Payer des impots...

 

plage-marie-galante.jpgC’est un lieu commun de dire qu’en France, on rechigne à payer ses impôts. Les niches fiscales reposent sur ce trait singulier de nos concitoyens . Pour favoriser tel ou tel secteur de l’économie,  nos gouvernants « défiscalisent ». Ainsi en est-il de l’amélioration « écologique » de l’habitat  qu’on encourage par des remises d’impôt sur l’isolation des murs et des toits, le double vitrage, ou les chaudières à condensation et les pompes à chaleur. On comprend qu’in fine l’économie française s’y  retrouve par des retombées diverses. La remise d’impôts sur les salaires des emplois de proximité (aides ménagères, gardes d’enfants) correspondent aussi au double besoin de consolider un secteur d’emploi encore précaire et de rendre des services à la personne qui d’une manière ou d’une autre, devraient être satisfaits.

 

Les zones franches avec les remises fiscales aux entreprises qui s’y installent  sont en revanche facilement dévoyées. On peut juger scandaleux que des cabinets médicaux changent de quartier juste pour réduire leurs impôts sans pour autant créer des emplois en contrepartie. Quand aux fameux investissements dans les DOM et la loi Girardin qui vous permettent  d’obtenir un crédit d’impôt en construisant des résidences outremer, ça devient carrément  de la galéjade fiscale. Ces dispositions, comme le disent les publicités sur le Web, sont destinées à ceux qui payent beaucoup d’impôts, aux cadres très supérieurs et aux hommes d’affaires. Avec un slogan comme « Transformez vos impôts en patrimoine ! »,   c’est du bon boulot.

 

 

D’ailleurs le « Nouvel Observateur » s’est décidé cette semaine à en faire son article vedette, en épinglant son ex-directeur Denis Olivennes, maintenant à Europe 1. Et il y a d’autres noms : des Saint Jean Bouche d’Or qui sont d’excellents moralistes pour les autres et des exemples de civisme pour les gogos. Demandons à BHL si il paye des impôts . Si nous commençons à tirer sur cette pelote, nous allons étaler un grand nombre de noms qui nous feront comprendre que les réformes fiscales, il vaut mieux les faire sans en parler que le contraire. Je ne suis jamais seul ! chante Johny Hallyday.

 

François Hollande poursuit son petit bonhomme de chemin d’apprenti candidat en répétant qu’une des plus ardentes obligations de la politique à venir est une remise à plat du système fiscal et du rétablissement de sa progressivité. Je trouverais normal que tous les citoyens y compris les plus démunis payent un impôt sur le revenu,  même s’il ne s’agit que de 50 euros. C’est un geste symbolique de citoyenneté. Aujourd’hui la pyramide est à l’envers, ce sont les plus riches qui ont les plus gros dégrèvements. Au point que si Madame Betancourt se trouve en panne d’imagination libératoire, et qu’elle se retrouve  redevable au fisc, le bouclier fiscal vient à son secours et lui rend un bon paquet, en lui disant : Pardon Madame, vous avez trop versé !

 

montre rolex cellini exp.jpgOn pourrait croire que devant ce manque à gagner,  notre gouvernement s’indignerait de voir ses ressources diminuer,  au point de mettre « l’Etat en faillite » comme le dit Mr Fillon.  Or ce n’est pas du tout ça. Si tout va mal, c’est qu’on paye encore trop de taxes. « Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts ! » martèle le petit Président. On nous rabâche à chaque instant que nos comptes publics sont déficitaires et qu’on dépense encore bien trop. La droite préfère endetter l’Etat plutôt que de réclamer leurs impôts à ses clients politiques. C’est la raison pour laquelle les gouvernements de droite creusent sans arrêt le déficit budgétaire, tout en disant que c’est de la faute à la gauche. Alors on rogne sur tout, sur l’école, la santé, la justice et on accuse les fonctionnaires appauvris d’être des fainéants et des incapables. Cette manière de voir est bien relayée par les éditorialistes et les gens des médias. Vu qu’ils en croquent leur part, on comprend qu’ils fassent silence sur ce paradoxe incroyable du néo-libéralisme.

 

 Les services publics sont pourtant le seul patrimoine des gens modestes.  Les conservateurs n’ont de cesse de l’affaiblir et de le déstabiliser. Le peuple français s’appauvrit à toute vitesse et on lui dit que c’est à cause des Chinois !

Pendant ce temps, dans l’ombre feutrée des grandes banques,  les gens qui profitent du système payent des experts comptables et des fiscalistes pour s’exonérer. Ils puisent dans la complexité du système,  à pleines mains, par gros paquets. Leur fortune les affranchit des contraintes de la loi. Ils ne doivent rien à l’Etat. Ils ne doivent rien aux services publics. Pour un oui ou pour un nom ils vont habiter sur les bords du Lac Léman, ou ailleurs, en mettant leurs biens dans un paradis fiscal. Des biens parfaitement liquides qu’on peut à tout instant déplacer suivant les besoins, de Hong Kong aux Bahamas, à l’image de cette fameuse île de Liliane dont on arrive même pas à identifier le vrai propriétaire.

 

La mondialisation c’est celle-là et pas celle des tee-shirt de Pékin. L’homme mondial est plein aux as, il porte des tenues légères, il est bronzé toute l’année et il se marie à quatre vingt ans avec des nanas canon qui ont trouvé le filon avant même d’avoir lu mon blog !  L’homme mondial ne connaît du peuple que sa gouvernante, son chauffeur, ou son jardinier, et même pas le prénom du marin qui accroche les amarres de son yacht sur les bites du port de Cannes ou d’Ibiza. Quand ils ont un peu de savoir faire, les plus narcissiques viennent même pérorer dans nos télés et nous donner des leçons de savoir-vivre comme  acheter des Rolex  par exemple. « Tirez vous ! » fulmine Mélanchon.

 

amphi.jpgJe suis moins véhément mais tout à fait d’accord. La loi fiscale est trop compliquée et laisse passer trop de gros poissons, voire des requins. Puisqu’il s’y prépare et le propose,  je compte sur mon petit camarade François pour mettre de l’ordre dans tout ça. Il nous faut une réforme fiscale : elle doit s’installer comme la substance de la prochaine campagne présidentielle. Il faut qu’on tire ça au clair. Chaque jour nous en apprenons de plus belles sur les émoluments et les passe-droit. Il est temps que nos élites procèdent à une refondation de leurs valeurs humanistes. Qui sait ? Cet aspect des choses pourrait déboucher sur un nouvel état d’esprit, un nouveau civisme qui investirait sur sa jeunesse,  re - matérialiserait l’économie et créerait des emplois. C’est ce que le peuple demande.

12.01.2011

François le modeste

François-Hollande.jpgAprès le bling-bling exaspérant de Sarkozy et la suffisance insupportable de beaucoup de ses lieutenants, nous avons besoin d’un homme qui répare les consciences et parle aux citoyens de vivre ensemble. Pour ma part je chercherais bien un bourgeois modeste à la Pinay qui s’adresse à une majorité de gens tranquilles de la classe moyenne, ceux dont les vertus soigneusement entretenues d’honnêteté et de courage, font la France quotidienne. Je sais que ce Français moyen statistique n’existe pas et que chacun d’entre nous est unique par son imagination et ses turpitudes, mais nous sommes nombreux qui ne demandons pas la lune, juste à manger pour tous, avec un peu de justice et de lumière culturelle pour chacun, quelles que soit sa religion, sa couleur de peau ou son origine.

 

La première des injustices est celle du chômage et des petits boulots qui perdurent. Pour y remédier il ne s’agit pas de vilipender l’Etat mais de le reconvertir en un véritable Bureau de Développement. Ce n’est pas en comptant sur des entrepreneurs comme le Baron Seillière (dont on vient d’apprendre les dernières frasques financières), de Wendel et compagnie (et il y en a de la compagnie de cet acabit), qu’on pourra maintenir des entreprises et créer des emplois en France. On soupire après  de Gaulle, son plan calcul, ses avions et ses fusées. C’est ici qu’on peut proposer un peu de rêve, des emplois verts pour faire des voitures électriques, de la nourriture saine et des banques vertueuses, des bonnes écoles et des hôpitaux accueillants. Chez nous, comme dans le reste du monde, le libéralisme mis en musique par Friedman a tout assassiné, sous la férule de Thatcher, la boutiquière british, et de son émule américain, Reagan,  le deuxième couteau. Mais les temps ont changé : le vieux Greenspan (voire aussi dans ce blog les vieillesses crépusculaires) a lui même avoué ses fautes capitalistes après 20 ans à la tête de la Fed (Réserve fédérales des USA). Notez bien au passage que lui aussi a eu droit à notre Légion d’Honneur !

 

On a maintenant besoin d’un Président qui bosse, non pas pour éblouir les citoyens ébahis mais pour maîtriser les dossiers compliqués que doit arbitrer un Chef d’Etat. Il ne suffit pas de s’en remettre à quelques experts ou fonctionnaires malades de trouille à l’idée de perdre leur job, mais bien pour notre future Plus Haute Autorité de l’Etat d’en savoir plus que les autres, à force de travail, de pertinence et de méthode. Il faut aussi que cet homme (ou cette femme) ait une conscience ouverte à la philosophie des lumières et attachée à l’éthique.

 

Un gars ou une fille en somme, qui deviendrait Président parce qu’il sait mieux que les autres manier les hommes et les idées, et qu’il aime le petit peuple de notre pays. Il devra aussi savoir investir pour faire un avenir meilleur, même si ce n’est pas lui qui récolte. Surtout pas un gars qui soit à tu et à toi avec tous les nantis de ce monde et qui soit fasciné par eux, juste pour se vanter et faire le malin. Ces gens là, qui se prennent pour des Grands Electeurs ayant plus de droits que les autres et qui le font valoir, sont politiquement nuls. Un de leurs arguments massue est le chantage au départ à l’étranger ou à l’extension du chômage.

 

Parmi tous les candidats de mon Parti, j’en observe un qui grimpe doucement dans les sondages d’opinion. Celui que tous ses copains charitables comme Lolo le Magnifique ou le vieux Bujo-Bujo(1) du sud-ouest  et bien d’autres esprits forts,ont moqué et dénigré, je veux parler de François Hollande. Celui-là nous répète depuis plusieurs mois qu’il travaille et qu’il se prépare à la candidature, qu’il rendra effective si les circonstances sont favorables et si il a quelques chances de rassembler et de remporter la victoire. Il nous faut un Président « normal » dit-il.

 

J’écoute tout ce qui se dit à son propos et j’entends beaucoup de bien de la part des journalistes et des éditorialistes. Ce matin Laurent Joffrin sort du bois : Et si c’était lui ? (le bon candidat). Jusqu’ici je n’ai pas vu qu’il ait fait un faux pas ou lâché quelque bourde. On serait trop contents au Parti de l’épingler et de le renvoyer à ses études. Pour le moment, si on me demande mon avis, c’est sur ce cheval là que je parie. Il a le pelage frais, du muscle intellectuel et beaucoup d’humour.

 

(1) En Kabylie, pour faire peur aux petits enfants on les menace de Bujo-Bujo (en référence au général Bugeaud de la colonisation, vieux de plus d’un siècle et demi mais qui a durablement marqué l’imaginaire des populations), Henri Emmanuelli est le Bujo-Bujo des socialistes, il possède le sabre de l’orthodoxie.

05.01.2011

De la chasse à la baleine à la pêche aux vignots

 

 

baleine.jpgSi on en croit nos historiens, du temps de Guillaume le Conquérant on pêchait la baleine dans la baie de Jonville. Les « craspois » comme on les appelait à l’époque désignaient tout un ensemble d’animaux allant du marsouin à la baleine de grande taille. On a des descriptions qui identifient ces cétacés par les panaches d’eau rejetés par les évents et par les dimensions de la queue et de la langue. Le Cartulaire de l’Abbaye de Montebourg renferme deux textes du début du XII° qui attestent l’existence d’une pêche organisée. Le premier est une donation collective des baleiniers (appelés waumanni) de la Saire qui accorde aux moines les nageoires de la queue des animaux, le second mentionne non seulement les baleiniers de la Saire, mais aussi ceux de Saint-Vaast, de la Hougue, de Lestre, de Quinéville et  de Saint-Marcouf.

 

Ces documents nous prouvent que nos côtes abritaient des sociétés de pêche à la baleine organisées et qui possédaient une personnalité juridique. Différentes sources nous apprennent également que la capture des animaux se faisait à la côte avec des filets en chanvre arrimés  avec des  gros cordages. On rabattait les cétacés avec des barques pour les faire échouer à la côte ou se prendre dans les filets. On les tuait ensuite avec des harpons à trois pointes. Il s’agissait en réalité d’une chasse « à hue et à cry » dans des sites privilégiés et probablement aménagés. Par ailleurs il existait une réglementation précise sur les « craspois » venus à l’échouage (à varech), dont on retrouve souvent les traces dans des contestations procédurières. En règle générale les gros animaux étaient réservés aux seigneurs du lieu d’échouage, voire tout bonnement au duc qui pouvait offrir ce privilège aux monastères et aux abbayes.

 

On peut donc considérer qu’il y a mille ans des troupeaux de baleines fréquentaient nos côtes et faisaient l’objet d’une exploitation réglementée, car l’huile et la chair étaient particulièrement recherchées. Peut-être reverrons- nous ces animaux après que les réglementations restrictives de la pêche contemporaine auront produit leurs effets. Cela laisse à penser que comme les cétacés, beaucoup d’espèces nobles ou moins nobles, doivent être protégées de notre voracité pour empêcher leur destruction.

 

Il y a cinquante ans, jeune étudiant je me souviens d’avoir fait un herbier d’algues, dont l’estran sur nos côtes était riche. Aujourd’hui, je sais que ma vue a baissé, mais aussi que je ne trouve plus cette diversité. Je vois dans les mares et les chenaux des cailloux retournés et du sable bouleversé par les fourches et autres objets. Plus de crabes verts, plus de satrouilles (poulpes), plus d’hippocampes…Le simple piétinement détruit les larves et les formes juvéniles. Imaginez que dans votre jardin, à chaque grande marée, une dizaine de cueilleurs viennent à la hâte et sans précaution couper les choux et arracher les carottes, que vous restera-t-il en fin de compte ? un champ de ruines. Nos basses iau, si fréquentées et si courues, qui voient affluer de plus en plus d’amateurs, sont en réalité des jeux de massacre. Aujourd’hui il nous reste quelques bigorneaux, que nous appelons vignots ou brelins et que nos enfants ne savent même plus reconnaître ; mais jusqu’à quand ?.

 

Dans ce carnage, certains pécheurs professionnels ne sont pas en reste. Il n'y a qu'à voir les "perches" de plusieurs tonnes qui traînent les chaluts de fond. On connaît les "perques" de nos églises qui portent les crucifixions à l'entrée du choeur, eh bien les perques de nos chalutiers sont elles aussi de véritables crucifixions pour les fonds marins ; si j'étais matelot j'aimerais mieux me couper la main que de tirer cet attirail !


Comme c'est la période des voeux, j'en prononcerais bien un,  en patois celui-là : arrêtons de dévignoter (dérailler) et pensons bien que les fonds de la mer sont comme des prairies. A les saccager de la sorte, il ne restera bientôt plus que des montagnes de boues et des plages de sables et de cailloux complétement désertes.

 

Pour la Pêche à la Baleine, voir J. Prevert et surtout Prof. L. Musset dans Heimdal, n°14, 1974

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