06.03.2010

Pourquoi je n'aime pas les écolos...?

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En voilà une question ! Qui donc pourrait être contre la défense  de l'environnement et de la nature ? J'ai moi-même enseigné dans mon université un cours centré sur le concept de la protection de l'environnement comme moteur du développement économique, il y a bientôt quinze ans de cela.

 

 

La plage des Gougins à marée basse


La sauvegarde de notre planète est une ardente obligation si nous voulons que la destinée humaine conserve sa glorieuse évolution, inégalée, exceptionnelle, à tel point que certains en attribuent le moteur à une divine volonté.

 

 

Je n'aime pas les écolos parce qu'ils réunissent le pléthorique parti des ignorants et des pétochards. L'un allant avec l'autre, car rien n'est plus angoissant que l'inconnu, ainsi l'électricité nucléaire assimilée à la bombe d'Hiroshima, ainsi les OGM alliés du grand capital et menaçant la biodiversité, ainsi  le terrible réchauffement climatique, cataclysme hypothétique menaçant le monde entier des pires tragédies !. Zéro morts, zéro maladies, zéro catastrophes en France. Pendant ce temps là les mêmes écolos sont muets sur l'aménagement de nos côtes (50 morts hier*) et pas vraiment actifs sur la modernisation de l'habitat ou le changement des modes de transport. Il est vrai que ces questions ne font peur à personne.


L'humanité ne  progressera pas la peur au ventre. Elle doit être convaincue de son génie,  dont on peut (si on veut) voir chaque jour les manifestations. Le respect des lois de la nature demande de l'ambition, de l'argent et beaucoup d'intelligence. En mélangeant tout pour en faire une menace gobale, les écolos perdent leur crédibilité et ont dans l'opinion une influence négative. Il est grand temps que ces ayatollahs qui  prospérent sur les anathèmes, revoient leurs discours et leurs doctrines, adoptent le sens des nuances et coupent leur mauvais vin d'une bonne dose de recul et d'humour !

 

PS/ Je viens de voir à la télévision l'inénarrable Cavada, député européen, régler son compte à la patate Amflora du haut de sa grandeur niaise.

 

Par ailleurs je lis dans Slate Magazine, cette remarque intéressante à propos de la dernière tempête :

*"c'est une catastrophe survenue dans un pays qui a constitutionnalisé un formidable principe: celui de la «précaution». Ainsi donc, en France, une catastrophe ne pourra plus désormais être qualifiée de «naturelle», même si la formule existe encore dans le langage administratif. Si une catastrophe  survient c'est, par définition, que l'on n'aurait pas tout mis en œuvre pour la prévenir; et donc que le principe de précaution n'aurait pas été mis en œuvre comme il aurait dû l'être. Seul l'écrasement d'une météorite de grande taille sur l'Hexagone sera peut-être, demain, encore considéré comme un phénomène relevant de la catastrophe naturelle.(Slate magazine)

 

 

 

02.03.2010

Les belles maisons du bord de mer

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La plage à Maltot

 

Pour son plus grand plaisir, mon âne Tonnerre vit dans un herbage avec vue sur la mer situé au point culminant du village. Maltot est un hameau très ancien, au contact de plusieurs fiefs attestés depuis le Moyen-Age (Le Houguet, Les Salines, Cartot et Maltot). Il n'y a pas une seule construction ancienne sur le bord de mer, ni non plus sur les points hauts : les demeures historiques sont ainsi épargnées par les vents de tempête et par les débordements de marée.

 

Depuis cinquante ans, j'assiste avec fureur à la colonisation rampante du mince cordon dunaire qui marque le trait de côte. Un syndicat agréé des pouvoirs publics s'est constitué pour protéger les occupants indus contre la mer. Traverses de chemin de fer, maçonneries diverses, enrochements ont ainsi transformé nos plages en chantiers, avec des escaliers, des rampes, des caravanes, des mobil homes, des HDL (habitations légères de loisirs). On assiste aujourd'hui impuissants à des tentatives éparses d'habitation permanente, facilitées par l'adduction d'eau et des poteaux téléphoniques peut-être clandestinement électriques. A tel point que j'ai proposé en vain que ce syndicat officiel, présidé par le maire de la commune se transforme en syndicat de Défense du Bord de Mer. On m'a ri au nez.

 

Inutile d'arguer que toutes ces atteintes à notre environnement  étaient contraires aux dispositions de la loi du Littoral. D'ailleurs, une grande majorité des édiles municipaux de droite et de gauche  monte au créneau à chaque occasion pour proclamer haut et fort que cette loi est inapplicable en l'état, poussant partout les feux pour obtenir le droit exorbitant d'accorder des permis de construire à sa discrétion. Les services de l'Etat, grâce à quelques ingénieurs courageux, ont tenu les freins tant bien que mal. Mais dans notre commune le forfait est quasiment irréversible et il est considérable.

 

On a souvent dit pour se dédouaner, que les agressions sur notre côte étaient moins flagrantes qu'ailleurs. Bien sûr en Vendée on a construit dans les polders oubliant  que les levées de terre destinées à protéger des champs étaient tout à fait insuffisantes pour sécuriser des agglomérations, mais on est pas loin d'en faire autant derrière La Longue Rive...Nous voyons aujourd'hui le résultat et mon âne qui a tout le temps de méditer en ce moment, en est tout triste. Moi j'y vois une occasion : celle de rappeler que des conjonctions comme tempête+forte marée+dépression barométrique peuvent se renouveler n'importe où et y produire les mêmes effets qu'à La Rochelle et ses environs. Après le deuil vont venir les inventaires  et les réglements de compte. Avis aux amateurs.

 

Chaque désastre naturel - de Vaison-la-Romaine, en 1992, à Sommières, en 2002, en passant par la baie de Somme en 2001 - est déclenché par une conjonction exceptionnelle de phénomènes climatiques : en l'occurrence, des pluies très abondantes, des vents violents et l'élévation extraordinaire du niveau de la mer due à de très fortes marées. Comme à chaque fois, il y a là une part d'imprévisible. (Le Monde du 2 mars 2010)

Le 4 décembre 2008, lors de l'annonce de son plan de relance, Nicolas Sarkozy déclarait: «Les contraintes liées à l'urbanisme seront temporairement considérablement assouplies.» Le 21 avril 2009, au cours d'un discours sur le Grand Paris, il affirmait toutefois vouloir «rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l'environnement et aux risques».

 

 

 


27.01.2010

Les mauvais comptes du photovoltaïque

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J'ai déjà parlé des OGM et de l'entêtement malheureux des anti, j'ai aussi exprimé mes doutes quand aux garanties scientifiques concernant le réchauffement climatique, aujourd'hui c'est le prix de l'énergie solaire qui me fait dresser les cheveux sur la tête. Je me réfère pour cela à une analyse d'un chercheur de Toulouse spécialiste de la question (Le Monde du 27/01/10).


On sait que l'EDF rachète aux particuliers ou aux entreprises le kwh produit par les capteurs photovoltaïques à un prix préférentiel pendant les vingt prochaines années. Fixé à 60 centimes d'euro le kwh jusqu'en 2009, ce prix vient juste d'être réduit de deux centimes soit 58 ct à partir de 2010. La formule a du succès puisque les seules demandes nouvelles en 2009 fourniraient 5,4 gigawatts, soit l'équivalent de six centrales nucléaires, si elles étaient mises en oeuvre.


Il s'agit donc d'une bonne affaire, mais pas pour tout le monde. En moyenne, en Europe, dit le spécialiste, l'électricité coûte à produire environ 6 ct (toutes charges comprises incluant le démantélement) soit dix fois moins qu'avec les panneaux solaires mais en émettant 400 g de CO2 de plus. Un petit calcul permet d'évaluer un surcoût prévisible des 5,4 gigawatts pour EDF de 2,9 milliards d'euros et un coût de la tonne de CO2 évitée de plus de 1000 euros. On est loin des taux de valorisation prévus par la Commission Rocard qui proposait 32 euros, en accord avec les prévisions du GIEC sur l'évolution du climat.


On voit à quels excès nous mènent les terroristes de l'antinucléaire et du réchauffement. L'auteur de la note qui a l'air de savoir de quoi il parle confie qu'on peut faire les mêmes calculs à propos de la voiture électrique et de l'éolien ou des biocarburants. Si on généralisait la taxe carbone à 32 euros ne subsisteraient que les opérations économiques assurant un bénéfice par rapport à cette taxe, c'est à dire économisant du CO2 à moins de 32 € ! Et il il n'en manque pas comme par exemple l'isolation des bâtiments, le développement des transports en commun ou l'amélioration de l'efficacité des moteurs thermiques.


La pensée unique que sont en train de nous infliger les écolos bobos va faire mal au portefeuille collectif !

 

26.01.2010

A quand l'interdiction du soja en France?

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Le gardien de chèvres moustachu va avoir du travail sur sa planche d'acrobate. La Presse de la Manche qui ne parle pas que du loto de Teurthéville Bocage ou du donjon de Bricquebec m'apporte aujourd'hui une bonne nouvelle retranscrite de la revue anglaise Nature qui fait autorité dans ce domaine.On a achevé de décrypter le génome de Glycine max , cette légumineuse plus connue sous le nom de soja,dont les américains se sont fait une spécialité et qui sert de base dans l'alimentation du bétail. Comme les pois, les haricots ou la luzerne ces plantes ont la propriété de fixer l'azote de l'air pour l'incorporer à leurs protéines. Autant dire qu'elles ne nécessitent pas ou peu d'engrais azoté dont on connaît le coût énergétique et le danger pour l'environnement.

 

Ce sont bien sûr les laboratoires publics ou privés américains (18 au total) qui ont mené cette tâche cruciale pour l'avenir de l'agriculture. On ne parle pas d'OGM, mais ce qui revient au même d'innovation génétique. On a découvert les 52 gènes qui orchestrent le fonctionnement des fameux nodules à Rhizobium responsables de la fixation de l'azote. Ces avancées ouvrent la voie à des progrès d'importance : amélioration des rendements en bio-diesel, de la digestibilité pour le bétail et qui sait ? greffage sur du blé ou du maïs de la séquence. Des blés ou du riz autosuffisants en azote seraient des plantes de cocagne pour les pays pauvres.

 

Nous importons chaque année 4,5 millions de tonnes de soja essentiellement du Brésil, ce qui représente 70% des tourteaux consommés dans notre pays. Evidemment les laboratoires français sont absents de la recherche dans ce secteur déterminant pour l'agriculture de demain.Nous devons en remercier José Bové et ses nombreux copains , les faucheurs d'OGM. Hélas, trois fois hélas, je ne vivrai pas assez vieux pour assister au retournement de cette situation désastreuse.

 


02.01.2010

Les yeux en face des trous

reg_WEB.jpgIl me semble que pour le Cotentin, le réchauffement climatique est une bonne nouvelle m'a dit mon âne, qui tout en faisant preuve d'une grande sagesse,  n'est  malheureusement  pas à l'abri d'un certain égoïsme, surtout en hiver.

C'est une bonne nouvelle aussi pour tous ceux qui se voient infliger une taxe carbone sur le fuel ou sur le gaz, déjà bien coûteux pour chauffer nos habitations. Hélas,  les écologistes n'aiment pas les bonnes nouvelles. Ils n'ont de cesse de nous gâcher la vie en nous gavant de sombres prédictions. Le niveau de la mer va monter, la désertification va s'accentuer et l'eau va manquer préviennent-ils. Comme si depuis toujours les raz de marée ne submergeaient pas les Bengalis, comme si depuis le Néolithique les pâturages ne manquaient pas au Sahel et comme si des villages entiers de par le monde d'aujourd'hui n'avaient pas accès à l'eau potable.

En réalité, depuis tout le temps les rapports de force entre les groupes humains poussent les plus faibles et les plus démunis vers les milieux les plus hostiles. Une bonne gouvernance mondiale serait de tempérer ces comportements. Plutôt que de s'acharner à contrecarrer une évolution climatique dont on ne connaît pas encore toutes les combinaisons et tous les mécanismes, il vaudrait mieux voler au secours de tous ceux qui aujourd'hui, sous nos yeux manquent de tout. Ne serait-il pas plus réaliste de se battre pour un programme mondial de développement qui se tourne vers les populations démunies qui n'ont ni maisons, ni puits, ni écoles, ni hôpitaux, ni travail, ni revenus ?

La terre n'a pas atttendu le réchauffement climatique pour avoir ses parias. A quand un Copenhague contre la misère ?

28.09.2009

Les Socialistes et l'Ecologie

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On pressent que les élections régionales vont se jouer à gauche sur l’issue d’un combat douteux entre les Verts et les Socialistes. Sous l’impulsion de Cohn-Bendit les Verts vont tenter de présenter des listes séparées et de rééditer leur exploit des européennes qui a largement siphonné notre électorat habituel. Ils vont probablement garder la méthode qui les a si bien servis, en composant des listes d’ouverture et de rassemblement et en mettant en avant si ils les trouvent, des personnalités symboliques comme l’ont été José Bové et la juge Eva Joly. Comment pouvons nous dans ces conditions faire bonne figure auprès des électeurs de Basse Normandie ?

Pour une liste de rassemblement aux régionales

Nous pouvons nous appuyer sur le bilan bien perçu de notre politique au cours du mandat écoulé et sur l’image positive de notre Président de Région Laurent Beauvais. Bien que considérable ce capital pourrait bien ne pas suffire. Nous ne devons pas en effet être trop confiants et nous devons redouter les effets désastreux des péripéties peu glorieuses de notre Parti au plan national. Si ils présentent des listes séparées, les Socialistes et les Verts donneront une image de division qui servira bien l’UMP. Même si ils sont eux- mêmes minés par des querelles internes, nos adversaires peuvent se refaire une santé avant l’échéance électorale. Le risque est tout bonnement de perdre la majorité et de devoir rendre les clés à la droite.

La solution idéale serait de se mettre d’accord sur une liste unique dès le premier tour, c’est à dire d’établir un projet pour la région qui satisfasse nos ambitions socialistes de justice et de progrès social et l’engagement écologique de promotion du développement durable et de protection de la planète. Cet accord ne devrait pas être hors d’atteinte si les deux parties s’en tiennent à la définition d’objectifs communs pour une politique régionale cohérente et réalisable au cours du prochain mandat. La proximité de nos électorats le prouvent : nous avons beaucoup d’idées en commun avec les Verts. Reste à savoir ce qui nous rassemble et ce qui nous distingue.


Le développement durable

Commençons par ce qui nous rassemble. Le développement durable a fait couler beaucoup d’encre au point qu’on ne sait plus très bien ce qu’il faut mettre dans ce concept très enveloppant. Restons-en à la définition la plus courante : le développement est durable quand il ne s’appuie ni sur l’épuisement des ressources naturelles ni sur l’accumulation de rejets dégradant définitivement notre biosphère. Dans ce sens les Socialistes sont comme les Verts et par principe des défenseurs du développement durable. L’emploi des énergies fossiles menacées d’épuisement et le recours à l’énergie nucléaire accumulant des matières radioactives dangereuses doivent être considérées comme incompatibles avec un tel engagement.

Pour les mêmes raisons nous condamnons l’agriculture intensive qui accumule l’azote et les pesticides dans les sols et les eaux, et la pêche professionnelle prédatrice qui aboutit à la raréfaction des stocks halieutiques et à la dégradation des habitats naturels de reproduction.

Toujours dans le même esprit nous sommes pour le ramassage, le tri et recyclage des déchets, et nous mettons en garde contre le gaspillage et la pollution des eaux des nappes et des rivières. Tout un ensemble de mesures qui visent à préserver ou à restaurer notre environnement au premier rang desquelles nous devons ranger le respect de la loi de conservation du littoral. Il y a bien dans ce concept tout un corpus d’idées que nous partageons avec les Verts et qui constitue le socle d’une politique de développement régional.

Il n’en reste pas moins des divergences importantes.

Le principe de précaution et le refus des OGM

Les Verts érigent en principe que toute technologie qui n’a pas fait la preuve de son innocuité absolue doit être confinée aux laboratoires en attendant une totale garantie. Le refus des OGM est un bon exemple de cette défiance face aux avancées techniques. Ce principe de précaution exprime in fine une remise en cause du progrès scientifique et donc du progrès humain. Pour nous socialistes, la base de notre philosophie est la confiance dans le progrès humain généré par les sociétés démocratiques. Nous ne pouvons suivre les Verts quand ils reprennent à leur compte une des phrases favorites de Cohn Bendit « Arrêtons de parler de progrès » . La marche vers plus de justice sociale est inséparable du progrès humain. Nous préférons substituer au principe de précaution, celui de l’évaluation rigoureuse des risques. L’odyssée technologique des hommes est inséparable de la prise de risques. Les OGM, les ondes électro-magnétiques, les champs électriques tout comme l’électricité et les interventions médicales comportent des risques. Refuser tout cela au nom du principe de précaution consiste à entraîner l’humanité vers une régression fatale, que beaucoup de Verts souhaitent en appelant à la décroissance.

Le principe de réalité et la question du nucléaire

C’est peut-être cette notion qui nous sépare le plus des Verts et en tout cas en Basse Normandie, qui a le plus de conséquences sur un projet politique commun. La question du nucléaire resurgit à ce niveau là. Nous reconnaissons que l’énergie nucléaire n’est pas une solution durable. Mais elle existe. Elle fournit à la France 80%¨de son électricité. Doit-on fermer les centrales nucléaires et l’usine de retraitement des déchets qui va avec pour ouvrir des centrales thermiques (à gaz, pétrole, charbon) ? Non n’est-ce pas, à cause du bilan carbone devenu un enjeu vital pour notre planète. Doit-on faire des économies d’énergie ? Oui cent fois oui, indiscutablement. Doit-on développer le solaire, l’éolien, la géothermie ? nécessairement, mais sans oublier que toutes ces solutions ont aussi leurs limites. Doit-on dans ces conditions prendre le risque de se retrouver dans un régime de pénurie ? Seules les centrales nucléaires sont aujourd’hui notre véritable garantie contre une crise de l’énergie qui se révélerait redoutable pour notre pays.

Notre accord avec les Verts pourrait se faire sur une phrase de ce type : l’électricité nucléaire n’est pas une solution pour un développement durable et a vocation à céder la place à des sources d’énergie propres et renouvelables, mais elle est provisoirement indispensable à la stabilité économique de notre pays. Dans ces conditions tout repose sur un calendrier prévisionnel et conditionnel.

Ne nous y trompons pas, c’est la droite dure qui est aux commandes. Il semble que beaucoup de gens sont fatigués et indignés par les mesures fiscales injustes et par le mépris dans lequel on les tient. Mais ils sont aussi lassés des divisions et des querelles de la gauche. Le Parti Socialiste ne retrouvera son audience qu’en faisant tout pour rassembler et redonner de l’espérance aux gens. Nous devons en faire la preuve aux régionales et démontrer qu’une entente politique est possible entre les différents courants d’opposition.

05.05.2007

Le Chou de la Mer

Botanique et gastronomie : le Chou de la mer.

C’est un des trésors botaniques des rivages du Val de Saire, mais on ne le trouve pas n’importe où. Pour le découvrir il faut aller en mai ou en juin à Gattemare, entre Gatteville et Cosqueville, là où le cordon littoral bloque les eaux de pluies dans la zone marécageuse qui se transforme en étang à la fin de l’hiver. Du sommet de la dune jusqu'à deux pas de la laisse de plus haute mer, une belle plante à feuilles de chou déploie, malgré le vent d’amont et les paquets de mer, des grandes grappes de fleurs blanches, c’est le Crambé maritime (Crambe maritima). On l’appelle souvent le Chou marin, parce que ses feuilles et ses inflorescences ressemblent à celles du Chou, mais tous les botanistes disent que ce n’est pas un vrai Chou1 (qui lui, appartient au genre Brassica) même si il est de la même famille (Crucifères).

 

Dans cet endroit remarquable et remarqué des naturalistes, le Crambé tente de se faire oublier après avoir connu un passé plus brillant. Les Romains déjà, nourrissaient leurs légions en campagne avec ses feuilles larges et charnues qu’ils transformaient en choucroûte en les entassant dans des barriques peut-être empruntées d’ailleurs, aux compagnons de Viridorix. Plus communément on faisait blanchir les jeunes feuilles en recouvrant la plante avec du sable, comme pour des asperges. La plante sauvage (non cultivée) est très souvent citée comme alimentaire dans les ouvrages spécialisés du XVIe et du XVIIe siècle. On le connaissait sur les côtes de la mer du Nord, de la Baltique, de la Manche et de l’Atlantique et jusqu’en mer Noire.

 

Il semble que sa culture ait été initiée en Italie et se soit répandue jusqu’en Angleterre aux environs de 1750. En France on dit que La Quintinie, le jardinier et agronome de Louis XIV l’aurait cultivé dans les jardins de Versailles. Au XIX° le Crambé cultivé franchit l’Atlantique et les horticulteurs U.S. le considèrent alors comme un excellent légume « qui mérite d’être cultivé », mais l’Encyclopédie agricole de Vilmorin (1883) le présente à la même époque comme rare en France. Au xx° siècle le produit a disparu des marchés et n’a conservé que son statut de plante sauvage, oubliée des jardiniers et des cuisiniers.

Et pourtant c’est une plante fort intéressante : non seulement elle est facile à multiplier par graines ou par boutures de racine, mais elle résiste remarquablement aux morsures du sel et aux assauts des vents chargés d’embruns et de particules sableuses. Quand la plupart de nos arbres et de nos arbustes voient leurs jeunes feuilles griller dans la bise aigre de nordet, le Crambé pourtant campé aux avant-postes reste impassible. Il résiste même à l’enfouissement par les sables vifs de la plage et se contente de pousser d’énormes ramifications souterraines qui laissent à penser que dans la plante, les feuilles ne sont que la petite partie visible de l’iceberg. Pour couronner le tout, sa parfaite adaptation au bord de mer ne l’empêche pas de croître dans une terre cultivée et j’ai pu en observer une vergée ou deux en expérimentation, alignés comme nos choux fleurs, dans les alluvions fertiles du bord de Loire en Anjou.

 

On a appris à le cultiver en salles de forçage comme le chicon (l’endive) et à produire des pousses étiolées des jeunes feuilles dont on dit qu’en salade leur goût est entre le radis et la noisette. Quelques restaurants gastronomiques en ont même fait un certain temps leur produit phare. Malheureusement cette culture est encore peu productive et assez onéreuse. Les bouquets de jeunes feuilles ne pèsent que quelques grammes et pour les commercialiser, il faut les conserver dans des sachets clos comme nos salades toutes préparées, en vitrines réfrigérées. Pour devenir un grand ou plus simplement pour survivre aujourd’hui, un légume doit résister aux conditions difficiles des consoles des supermarchés.

Ne vous précipitez pas à Gattemare pour cueillir les feuilles du Chou de la mer. C’est interdit : le peuplement naturel de l’endroit est une relique précieuse et le Conservatoire du Littoral y veille. Beaucoup de stations plus modestes ont été détruites en Bretagne ou ailleurs par les aménagements littoraux. En France on ne connaît qu’un deuxième peuplement important, dans la baie de Somme. Il faut se contenter d’admirer, sans piétiner, le tableau sublime du grand Chou marin, en compagnie du Pavot cornu, du Diotis cotonneux, de l’Euphorbe des sables, de la Betterave maritime et d’une toute petite plante rougeâtre aux feuilles discrètes et charnues (Crassula muscosa) dont on dit qu’elle est la plus petite plante terrestre connue....

 

Et si vous y tenez vraiment, limitez votre larcin à quelques graines arrivées à maturité. On en trouve en abondance. A la maison vous decortiquez et vous mettez à germer dans du terreau maintenu humide à 15-20°. Après surveillance et patience pendant deux à trois semaines, vous obtiendrez des petits Crambé qui grandiront bien vite si vous avez la main verte. Vous pouvez alors les repiquer en pleine terre et les laisser se développer jusqu'à l’automne. Au printemps suivant buttez comme pour des asperges, les jeunes feuilles se développeront en crosse à l’abri de la lumière. Procédez à la récolte en coupant ces jeunes pousses au ras de la tige souterraine, lavez, cuisinez et mangez.

 

Si vos semis et votre culture réussissent, préparez les pousses de Crambé à la sauce bachique : cuire les pousses au court bouillon jusqu'à ce qu’elles deviennent tendres et craquantes. Pendant ce temps faites bouillir un quart de litre de vin blanc avec 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive jusqu'à réduction du tiers, ajoutez un hachis menu d’échalote, de cresson alénois, de cerfeuil et de ciboulette. Salez légèrement. Nappez le crambé avec cette sauce et servez. C’est une recette du XVIIIe siècle et je vous la donne pour ce qu’elle vaut, mais vous pouvez plus simplement dans notre tradition, servir à la crème.

(1)Il existe un vrai chou (Brassica oleracea) ressemblant à nos choux à lapins qui pousse en bord de mer dans les rochers calcaires, très localisé en Seine maritime et Pas de Calais. Il n’est pas signalé sur notre côte.