13.06.2010
Chroniques de l'âne n.s. 3 - Manche Nature dénaturée
Je lis dans la Presse de la Manche que le Maire de Barneville-Carteret est excédé par Manche Nature, l'association foutrement célèbre de défense de la nature et de l'environnement dans notre département. La renommée de cette officine tient à son opiniâtreté diabolique à attaquer au plan juridique toute faiblesse réelle ou supposée de certains dossiers d'environnement. Les tribunaux lui donnent parfois raison et condamnent les contrevenants à payer. Comme le plus souvent il s'agit de services municipaux, ce sont les contribuables qui mettent la main à la poche.
L'histoire des Fermes de Carteret est assez exemplaire. La bataille contre la réalisation d'une deuxième tranche du lotissement a été menée par un des propriétaires de la première tranche, sous prétexte comme l'aurait dit Bruce Hortefeux, qu'avec une seule ça va, mais avec deux ça devient insupportable. Manche Nature a flairé la bonne affaire et a emprunté le waggon, en se disant que les intérêts privés ne sauraient aller démentir l'intérêt collectif. Pas question d'une deuxième tranche, pourtant d'évidence justifiée par la première, à laquelle le plaignant avait offert son concours et accord de fait !
A la place de Monsieur le Maire de Barneille-Carteret, je me tirerais tout de suite une balle plutôt que d'essayer de raisonner et de convaincre ces jusqu'aux boutistes de l'écologie. Certains esprits parviennent à un tel degré d'autisme social qu'il n'y va aucune chance de les faire changer d'avis, tant leur nature sectaire est évidente.
Cette affaire, qui dure depuis plusieurs années, serait risible, si elle ne ravalait pas la noble cause de l'environnement et de l'aménagement au rang subalterne des ratiocinations réglementaires. La protection de nos côtes et leur aménagement écologique, touristique et économique volent bien au dessus de ces maigres batailles, qui tournent en ridicule ce qui devrait être essentiel. On arrive à une époque où les citoyens se sentent concernés par ce qu'on veut faire de leur pays et ils aimeraient pouvoir en discuter démocratiquement. Manche Nature au lieu de mener l'effort pédagogique indispensable, préfère la polémique et les outrances. Mon bourricot du Cotentin Tonnerre, est d'accord, le bonnet d'âne écologique est amplement mérité par cette incroyable organisation
18:43 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cotentin, carteret, aménagement, manche nature
24.05.2010
Je veux qu'on m'explique...

Naturellement, j'ai lu avec attention l'article de Claude Allègre dans Le Monde du 22 mai, qui est une invitation à une discussion dépassionnée sur la théorie du réchauffement climatique du aux rejets de CO2 dans l'atmosphère. J'ai été déçu par la réponse des gens du GIEC maintenant sur la défensive. Ces universitaires qui portent des titres ronflants (titulaire de chaire, directrice de recherche...) jouent les vierges outragées en protestant de leur rigueur scientifique. Ce faisant ils jouent bien sûr aussi les trissotins en accusant l'ancien ministre, outre de les avoir insultés (!) de ne pas avoir respecté les régles déontologiques. Il aurait en quelque sorte dans un livre de grande diffusion, forcé le trait pour ses démonstrations (66 pages de remontrances !). Dans ma vie d'universitaire, en ai-je rencontré de ces professeurs académiques qui se jettent sur les fautes d'orthographe lors des jurys de thèse (inadmissibles par ailleurs mais justifiables des vérificateurs informatiques) faute de pouvoir contribuer à l'évaluation des concepts et des raisonnements...c'est à dire d'avancer un jugement sur le fond .
Toujours dans Le Monde j'ai lu que l'Office Mondial de la Météo nous faisait savoir que le mois d'avril avait été le plus chaud sur la planète depuis qu'on procèdait à des mesures systématiques. Soit. Et je vois qu'on a additionné les températures moyennes du Canada, hémisphère nord et de l'Australie, hémisphère sud, et sans doute aussi celles de l'équateur et de la zone intertropicale. J'admets, mais alors qu'on m'explique ce que c'est que cette moyenne ? Quelle est sa signification climatique ? Pour ma part dans mon Cotentin, j'ai trouvé que ce mois d'avril avait été bien frais, avec un retard de végétation à la clé.
Allègre ne dit pas autre chose. Le GIEC ne sera pas crédible tant qu'il n'aura pas avancé une justification convaincante de ces moyennes avec lesquelles il nous menace d'une augmentation de la température extraordinairement précise : 2, 4, 6, 10°C en 2050 ou 2100, selon qu'on veut dramatiser ou non et déclarer l'état d'urgence. Je me souviens pour ma part que le très cher DUBIEF qui a passé sa vie à étudier le climat du Sahara, s'est refusé à homologuer un 57°1 le 12 juillet 1936 à Tindouf parce qu'il manquait un barreau à la persienne de l'abri météo, et de fait, jamais aucune température de cet ordre n'a été enregistrée pendant les 25 ans qu'il a inventoriés. Le maximum restant mesuré à Ouargla en aout 1941 avec 52°7. Je veux dire par là que les températures mesurées ont une réalité concrète dont on ne peut discuter la validité, quand les appareils de mesure sont correctement étalonnés.
La température varie pour un même lieu d'une heure à l'autre et d'un jour à l'autre. Pour simplifier on parle de température maximum et de température minimum, pour finalement additionner les deux et faire une moyenne journalière en divisant par deux. On peut faire de la même façon des moyennes mensuelles et des moyennes annuelles. La moyenne annuelle des températures maxima au Sahara tourne autour de 35°C et celle des minima de 10°C. Si j'ajoute les deux et que je divise par deux je trouve la température idéale : 22°5. Le Sahara est pourtant selon les saisons et l'altitude une sacrée fournaise ou bien un grand frigidaire !
Voilà pourquoi je voudrais qu'on m'explique comment, à partir d'une température moyenne du globe, on peut prédire un nombre quelconque de réfugiés climatiques. Ceci n'a aucun sens. Je suis sûr que les gens du GIEC sont bien conscients de cela, mais j'attends encore qu'ils démentent de leur côté les âneries de Nicolas Hulot ou de Yann Arctus Bertrand !
12:39 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réchauffement climatique, température moyenne
03.05.2010
La bête havette et le pétrole
Du temps des chevaux, que je propose de définir comme la période antérieure au moteur à explosion, les fontaines étaient aussi précieuses que les pompes à essence aujourd'hui. Un des endroits qui m'ont le plus fasciné quand j'étais encore en culottes courtes était l'abreuvoir de mon petit hameau. Il était à moitié enfoui sous les fougères et juste aménagé par quelques pierres plates au pied d'un talus. J'y jouais avec les têtards, les tritons, les grenouilles et toutes sortes de petites bestioles dont le monde secret faisait rêver l'enfant que j'étais encore. Il y avait des libellules : depuis combien d'années je n'ai plus vu de libellules ? J'ai souvent pensé que ce terrain de jeu n'était pas pour rien dans ma vocation précoce de naturaliste. Une vieille grand mère qui habitait une petite maison toute proche me répétait souvent "fais attention, mon fi, t'approche pas si près, il y a la bête Havette la dedans !!"
Pendant longtemps je n'ai pas su qui était cet animal. Il m'a fallu des années pour en deviner la réalité. C'est seulement aujourd'hui que j'ai compris que la bête ne pouvait être que le fruit de notre imagination. Le bruit de l'eau dans les ruisseaux est magique. Les mares qui renvoient comme des miroirs les "rougies du sé" vous ensorcèlent. Les lieux humides, les marais, les étangs sont des lieux fréquentés par les feux follets, les fées, les milloraines. En y pensant je deviens un écologiste fervent et je me dis que nous ne respecterons vraiment notre terre que lorsque l'imaginaire aura retrouvé ses aises dans les forêts, les prairies et les rivières.
Les mangroves qui sont le lieu de rencontre incertain de la mer et des grands fleuves tropicaux offrent à la nature toute la diversité des milieux aquatiques et permettent à une grande quantité d'espèces irremplaçables de prospérer. Hélas, trois fois hélas, ce sont aussi des régions de subsidence où les hydrocarbures se sont accumulés depuis des millions d'années. Voilà qu'aujourd'hui des troupeaux de plateformes pétrolières se gavent de ces réserves fossiles et...toxiques. Sous les palétuviers, entre les roseaux, dans les bayous, toutes les miraculeuses bêtes Havettes vont se retrouver à patauger dans l'huile noire, gluante, suffocante et empoisonnée.
On a envie de demander aux Américains qui n'ont peur de rien et qui sont capables du meilleur comme du pire, de sauver les bêtes Havettes en priorité. Sans elles les gratte-ciel, les avions, les fusées ne servent à rien. Sans elles, nous deviendrons des robots malheureux et sans âme. Nous sommes au début du Printemps, saint Obama priez pour nous.
(J'ai empunté la photo, sur laquelle je reconnais facilement la bête havette, sur internet. Merci à son ou à ses auteurs, dont je suis tout prêt à respecter les droits)
11:22 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marée noire, mangrove, louisiane
02.04.2010
La peau d'Allègre
A défaut d'avoir raison les sectateurs du GIEC, finiront par avoir la peau du téméraire géologue. En réalité, quel est le différent ? Allègre est d'accord pour dire que le CO2 augmente dans l'atmosphère, d'accord pour dire qu'on peut avoir des périodes de réchauffement...et de refroidissement, ce qui est la réalité stricte. Il conteste le raisonnement qui vise à extrapoler l'accroissement du CO2 à un réchauffement inéluctable et catastrophique. Il proteste qu'on puisse sans sourciller, lier le niveau de réchauffement à une hypothétique température moyenne du globe dans un siècle.Il refuse les prédictions du GIEC, dont il dit que les fondements scientifiques sont insuffisants.
Ce n'est quand même pas banal de voir 400 "scientifiques" en appeler à leur ministre pour obtenir raison ! Si c'est Valérie Pecresse qui décide du réchauffement, tout est permis. J'ai entendu Jadot, Hulot, Arctus-Bertrand, si on les croit le tour est joué, le réchauffement est déjà là, on en voit les effets, inondations, érosions, famines et on entend incrédule, les picaillons joliment trébucher dans leur tiroir-caisse. Que 400 chercheurs se liguent avec ces trois là pour aller à la curée contre un professeur de nos universités est une infamie et une incongruité scientifique.
Débat stérile, religionnaire, alors qu'il y a tant à faire. Hier j'ai vu à la télévision l'éco-quartier de Grenoble. Si nous étions des adeptes humbles de la politique modeste au service des gens et de notre terre, la question serait celle là : comment transformer nos affreux quartiers des années soixante-dix en petits paradis écologiques ? Nous avons mille chantiers devant nous, à notre portée, créateurs d'emplois et de bien être, sources de paix et d'équilibres, mais personne ne s'y arrête. Les grands médias, bien contraints, veulent des grands acteurs clamant très fort des grandes demi-vérités et des petits mensonges, sinon, vous savez quoi ? nous zappons !
« Quand quelqu'un s'oppose tout seul à des milliers de scientifiques sur les changements climatiques dont on sait qu'ils occasionnent déjà 300 000 morts par an, je me dis que l'injure et le mensonge ne remplacent pas la vérité scientifique », a ajouté Nicolas Hulot.
De deux choses l'une, ou bien la terre va se réchauffer et c'est embêtant, ou bien elle est déjà trop chaude pour nous, alors marchons à l'ombre et fabriquons des ombrelles !!! (ça on sait faire). Blague à part, la sécheresse et les famines existaient bien avant Monsieur Hulot et ses amis. Les inondations aussi. Ce n'est pas le réchauffement qui tue les gens, c'est la pauvreté qui les pousse dans les endroits déshérités de la planète. En faisant la confusion Hulot et les autres sont dans la totale imposture.
12:33 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.03.2010
Les naturopathes
On pourrait dire que sans l'homme, la nature n'existerait pas...
En vieillissant on a des idées fixes, les miennes tournent autour des névrosés du retour à la nature,développant en même temps le syndrome stupide du c'était mieux avant. Les amoureux de la nature qui se prennent pour des écologistes sont les pires ennemis de l'environnement. Prenez les maisons : sous prétexte d'aimer les prairies ou les plages ils vont planter leurs baraques au beau milieu de ce qui nous reste de vraie campagne. Après cela il faut multiplier les fils électriques, les poteaux, le bitume, les cars scolaires, les bagnoles....
Essayez ensuite de les déloger de nos dunes, de nos deltas,de nos bords de rivière, de nos étangs ! L'inondable (comme on dirait l'impensable) doit alors être protégé, et c'est à la collectivité de faire face avec des digues, des machineries, et des ramparts en tous genres. Pour finir à la fin des fins avec des noyades et des destructions.
Nous autres humains, sommes toujours plus nombreux et nous avons sans cesse besoin de nouvelles surfaces bâties pour notre activité et notre confort. Il faut aménager, urbaniser, rendre toujours plus vivable le monde de demain. Pendant ce temps là, les mêmes qui se sont mis là où il ne faut pas, vont plaider pour la décroissance, l'économie d'énergie, le pas de viande, le sans voiture, le moins d'eau et l'installation de la ville à la campagne. Moi je dis que pour faire un monde meilleur, et restaurer, sinon embellir et enrichir notre environnement naturel, il faut beaucoup de science et des quantités d'argent. Comme pour un jardin.
Oui, nous devrons faire de notre planète un immense jardin, comme le parc d'un universel château de la vie, où devront être stimulés et protégés les grands équilibres naturels, habitat par habitat, écosystèmes par écosystèmes, forêts polaires, forêts tempérées et forêts équatoriales, océans, lagons, deltas, déserts, montagnes ; fonctions par fonctions, photosynthèse et hétérotrophie, cycle du carbone et cycle de l'azote, vie végétale et vie animale, celle de l'homme tout particulièrement. Cette vie humaine indispensable au déroulement du tout et qui est qu'on le veuille ou non, l'énorme cerise sur le gâteau de l'évolution commandant notre obscur destin.
Et parce que l'humanité est cette grosse cerise, elle a le devoir de veiller sur son propre avenir d'abord mais aussi sur les richesses de la création qui l'entourent, richesses diverses, multiples, époustouflantes et indispensables, mais qu'elle est seule capable de mettre en valeur. La démonstration est faite depuis longtemps que la nature livrée à elle même est un impressionnant chaos, suite hasardeuse d'erreurs et de réussites, de destructions et d'éclosions, de disparitions et d'invasions, d'oublis et de miraculeux succès. Seul l'homme est capable de mettre un peu d'intelligence dans tout ça, de classer, de mémoriser, de conserver, de dupliquer ! La civilisation humaine peut entraîner des ravages sur les équilibres naturels , mais elle est aussi la seule à savoir réparer ses erreurs.
Alors, que nos naturopathes cessent de se prendre les pieds dans le tapis et de nous promettre la fin du monde.L'homme doit mener à bien l'impérieux devoir du succès de sa destinée. Il a besoin pour cela de science, toujours plus de science, de génies, toujours plus de génies et de quelques miraculeuses poignées de dollars, qui ne se trouvent pas dit-on "sous les sabots d'un cheval"...La science est une énorme boule de neige que l'humanité pousse centimétre par centimétre à l'assaut des montagnes de l'ignorance. Quand on est contre la science on est contre l'homme.
On voit dès aujourd'hui se dessiner une marquetterie de réserves de la vie sauvage , de parcs naturels à protection rapprochée, de Natura 2000 désignées à toutes les attentions, qui préfigurent la nature domestiquée et gérée par notre seule intelligence . En 2100, la nature sera plus belle qu'aujourd'hui ou bien alors l'humanité, ce que je n'ose croire, aura précipité sa propre perte.Quand à la terre sauvage d'avant l'Homme que certains appellent de leurs voeux , il y a bien longtemps qu'elle n'existe plus.
Un parc dans les Sorlingues
11:02 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nature, écosystèmes, décroissance, jardins
06.03.2010
Pourquoi je n'aime pas les écolos...?

En voilà une question ! Qui donc pourrait être contre la défense de l'environnement et de la nature ? J'ai moi-même enseigné dans mon université un cours centré sur le concept de la protection de l'environnement comme moteur du développement économique, il y a bientôt quinze ans de cela.
La plage des Gougins à marée basse
La sauvegarde de notre planète est une ardente obligation si nous voulons que la destinée humaine conserve sa glorieuse évolution, inégalée, exceptionnelle, à tel point que certains en attribuent le moteur à une divine volonté.
Je n'aime pas les écolos parce qu'ils réunissent le pléthorique parti des ignorants et des pétochards. L'un allant avec l'autre, car rien n'est plus angoissant que l'inconnu, ainsi l'électricité nucléaire assimilée à la bombe d'Hiroshima, ainsi les OGM alliés du grand capital et menaçant la biodiversité, ainsi le terrible réchauffement climatique, cataclysme hypothétique menaçant le monde entier des pires tragédies !. Zéro morts, zéro maladies, zéro catastrophes en France. Pendant ce temps là les mêmes écolos sont muets sur l'aménagement de nos côtes (50 morts hier*) et pas vraiment actifs sur la modernisation de l'habitat ou le changement des modes de transport. Il est vrai que ces questions ne font peur à personne.
L'humanité ne progressera pas la peur au ventre. Elle doit être convaincue de son génie, dont on peut (si on veut) voir chaque jour les manifestations. Le respect des lois de la nature demande de l'ambition, de l'argent et beaucoup d'intelligence. En mélangeant tout pour en faire une menace gobale, les écolos perdent leur crédibilité et ont dans l'opinion une influence négative. Il est grand temps que ces ayatollahs qui prospérent sur les anathèmes, revoient leurs discours et leurs doctrines, adoptent le sens des nuances et coupent leur mauvais vin d'une bonne dose de recul et d'humour !
PS/ Je viens de voir à la télévision l'inénarrable Cavada, député européen, régler son compte à la patate Amflora du haut de sa grandeur niaise.
Par ailleurs je lis dans Slate Magazine, cette remarque intéressante à propos de la dernière tempête :
*"c'est une catastrophe survenue dans un pays qui a constitutionnalisé un formidable principe: celui de la «précaution». Ainsi donc, en France, une catastrophe ne pourra plus désormais être qualifiée de «naturelle», même si la formule existe encore dans le langage administratif. Si une catastrophe survient c'est, par définition, que l'on n'aurait pas tout mis en œuvre pour la prévenir; et donc que le principe de précaution n'aurait pas été mis en œuvre comme il aurait dû l'être. Seul l'écrasement d'une météorite de grande taille sur l'Hexagone sera peut-être, demain, encore considéré comme un phénomène relevant de la catastrophe naturelle.(Slate magazine)
12:40 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gougins, écolo, polémique
02.03.2010
Les belles maisons du bord de mer

La plage à Maltot
Pour son plus grand plaisir, mon âne Tonnerre vit dans un herbage avec vue sur la mer situé au point culminant du village. Maltot est un hameau très ancien, au contact de plusieurs fiefs attestés depuis le Moyen-Age (Le Houguet, Les Salines, Cartot et Maltot). Il n'y a pas une seule construction ancienne sur le bord de mer, ni non plus sur les points hauts : les demeures historiques sont ainsi épargnées par les vents de tempête et par les débordements de marée.
Depuis cinquante ans, j'assiste avec fureur à la colonisation rampante du mince cordon dunaire qui marque le trait de côte. Un syndicat agréé des pouvoirs publics s'est constitué pour protéger les occupants indus contre la mer. Traverses de chemin de fer, maçonneries diverses, enrochements ont ainsi transformé nos plages en chantiers, avec des escaliers, des rampes, des caravanes, des mobil homes, des HDL (habitations légères de loisirs). On assiste aujourd'hui impuissants à des tentatives éparses d'habitation permanente, facilitées par l'adduction d'eau et des poteaux téléphoniques peut-être clandestinement électriques. A tel point que j'ai proposé en vain que ce syndicat officiel, présidé par le maire de la commune se transforme en syndicat de Défense du Bord de Mer. On m'a ri au nez.
Inutile d'arguer que toutes ces atteintes à notre environnement étaient contraires aux dispositions de la loi du Littoral. D'ailleurs, une grande majorité des édiles municipaux de droite et de gauche monte au créneau à chaque occasion pour proclamer haut et fort que cette loi est inapplicable en l'état, poussant partout les feux pour obtenir le droit exorbitant d'accorder des permis de construire à sa discrétion. Les services de l'Etat, grâce à quelques ingénieurs courageux, ont tenu les freins tant bien que mal. Mais dans notre commune le forfait est quasiment irréversible et il est considérable.
On a souvent dit pour se dédouaner, que les agressions sur notre côte étaient moins flagrantes qu'ailleurs. Bien sûr en Vendée on a construit dans les polders oubliant que les levées de terre destinées à protéger des champs étaient tout à fait insuffisantes pour sécuriser des agglomérations, mais on est pas loin d'en faire autant derrière La Longue Rive...Nous voyons aujourd'hui le résultat et mon âne qui a tout le temps de méditer en ce moment, en est tout triste. Moi j'y vois une occasion : celle de rappeler que des conjonctions comme tempête+forte marée+dépression barométrique peuvent se renouveler n'importe où et y produire les mêmes effets qu'à La Rochelle et ses environs. Après le deuil vont venir les inventaires et les réglements de compte. Avis aux amateurs.
Chaque désastre naturel - de Vaison-la-Romaine, en 1992, à Sommières, en 2002, en passant par la baie de Somme en 2001 - est déclenché par une conjonction exceptionnelle de phénomènes climatiques : en l'occurrence, des pluies très abondantes, des vents violents et l'élévation extraordinaire du niveau de la mer due à de très fortes marées. Comme à chaque fois, il y a là une part d'imprévisible. (Le Monde du 2 mars 2010)
Le 4 décembre 2008, lors de l'annonce de son plan de relance, Nicolas Sarkozy déclarait: «Les contraintes liées à l'urbanisme seront temporairement considérablement assouplies.» Le 21 avril 2009, au cours d'un discours sur le Grand Paris, il affirmait toutefois vouloir «rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l'environnement et aux risques».
11:34 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bord de mer, littoral, inondations, érosion marine, réville
27.01.2010
Les mauvais comptes du photovoltaïque

J'ai déjà parlé des OGM et de l'entêtement malheureux des anti, j'ai aussi exprimé mes doutes quand aux garanties scientifiques concernant le réchauffement climatique, aujourd'hui c'est le prix de l'énergie solaire qui me fait dresser les cheveux sur la tête. Je me réfère pour cela à une analyse d'un chercheur de Toulouse spécialiste de la question (Le Monde du 27/01/10).
On sait que l'EDF rachète aux particuliers ou aux entreprises le kwh produit par les capteurs photovoltaïques à un prix préférentiel pendant les vingt prochaines années. Fixé à 60 centimes d'euro le kwh jusqu'en 2009, ce prix vient juste d'être réduit de deux centimes soit 58 ct à partir de 2010. La formule a du succès puisque les seules demandes nouvelles en 2009 fourniraient 5,4 gigawatts, soit l'équivalent de six centrales nucléaires, si elles étaient mises en oeuvre.
Il s'agit donc d'une bonne affaire, mais pas pour tout le monde. En moyenne, en Europe, dit le spécialiste, l'électricité coûte à produire environ 6 ct (toutes charges comprises incluant le démantélement) soit dix fois moins qu'avec les panneaux solaires mais en émettant 400 g de CO2 de plus. Un petit calcul permet d'évaluer un surcoût prévisible des 5,4 gigawatts pour EDF de 2,9 milliards d'euros et un coût de la tonne de CO2 évitée de plus de 1000 euros. On est loin des taux de valorisation prévus par la Commission Rocard qui proposait 32 euros, en accord avec les prévisions du GIEC sur l'évolution du climat.
On voit à quels excès nous mènent les terroristes de l'antinucléaire et du réchauffement. L'auteur de la note qui a l'air de savoir de quoi il parle confie qu'on peut faire les mêmes calculs à propos de la voiture électrique et de l'éolien ou des biocarburants. Si on généralisait la taxe carbone à 32 euros ne subsisteraient que les opérations économiques assurant un bénéfice par rapport à cette taxe, c'est à dire économisant du CO2 à moins de 32 € ! Et il il n'en manque pas comme par exemple l'isolation des bâtiments, le développement des transports en commun ou l'amélioration de l'efficacité des moteurs thermiques.
La pensée unique que sont en train de nous infliger les écolos bobos va faire mal au portefeuille collectif !
17:05 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : électricité, solaire, verts
26.01.2010
A quand l'interdiction du soja en France?

Le gardien de chèvres moustachu va avoir du travail sur sa planche d'acrobate. La Presse de la Manche qui ne parle pas que du loto de Teurthéville Bocage ou du donjon de Bricquebec m'apporte aujourd'hui une bonne nouvelle retranscrite de la revue anglaise Nature qui fait autorité dans ce domaine.On a achevé de décrypter le génome de Glycine max , cette légumineuse plus connue sous le nom de soja,dont les américains se sont fait une spécialité et qui sert de base dans l'alimentation du bétail. Comme les pois, les haricots ou la luzerne ces plantes ont la propriété de fixer l'azote de l'air pour l'incorporer à leurs protéines. Autant dire qu'elles ne nécessitent pas ou peu d'engrais azoté dont on connaît le coût énergétique et le danger pour l'environnement.
Ce sont bien sûr les laboratoires publics ou privés américains (18 au total) qui ont mené cette tâche cruciale pour l'avenir de l'agriculture. On ne parle pas d'OGM, mais ce qui revient au même d'innovation génétique. On a découvert les 52 gènes qui orchestrent le fonctionnement des fameux nodules à Rhizobium responsables de la fixation de l'azote. Ces avancées ouvrent la voie à des progrès d'importance : amélioration des rendements en bio-diesel, de la digestibilité pour le bétail et qui sait ? greffage sur du blé ou du maïs de la séquence. Des blés ou du riz autosuffisants en azote seraient des plantes de cocagne pour les pays pauvres.
Nous importons chaque année 4,5 millions de tonnes de soja essentiellement du Brésil, ce qui représente 70% des tourteaux consommés dans notre pays. Evidemment les laboratoires français sont absents de la recherche dans ce secteur déterminant pour l'agriculture de demain.Nous devons en remercier José Bové et ses nombreux copains , les faucheurs d'OGM. Hélas, trois fois hélas, je ne vivrai pas assez vieux pour assister au retournement de cette situation désastreuse.
17:45 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, soja, agriculture, paysans
02.01.2010
Les yeux en face des trous
Il me semble que pour le Cotentin, le réchauffement climatique est une bonne nouvelle m'a dit mon âne, qui tout en faisant preuve d'une grande sagesse, n'est malheureusement pas à l'abri d'un certain égoïsme, surtout en hiver.
C'est une bonne nouvelle aussi pour tous ceux qui se voient infliger une taxe carbone sur le fuel ou sur le gaz, déjà bien coûteux pour chauffer nos habitations. Hélas, les écologistes n'aiment pas les bonnes nouvelles. Ils n'ont de cesse de nous gâcher la vie en nous gavant de sombres prédictions. Le niveau de la mer va monter, la désertification va s'accentuer et l'eau va manquer préviennent-ils. Comme si depuis toujours les raz de marée ne submergeaient pas les Bengalis, comme si depuis le Néolithique les pâturages ne manquaient pas au Sahel et comme si des villages entiers de par le monde d'aujourd'hui n'avaient pas accès à l'eau potable.
En réalité, depuis tout le temps les rapports de force entre les groupes humains poussent les plus faibles et les plus démunis vers les milieux les plus hostiles. Une bonne gouvernance mondiale serait de tempérer ces comportements. Plutôt que de s'acharner à contrecarrer une évolution climatique dont on ne connaît pas encore toutes les combinaisons et tous les mécanismes, il vaudrait mieux voler au secours de tous ceux qui aujourd'hui, sous nos yeux manquent de tout. Ne serait-il pas plus réaliste de se battre pour un programme mondial de développement qui se tourne vers les populations démunies qui n'ont ni maisons, ni puits, ni écoles, ni hôpitaux, ni travail, ni revenus ?
La terre n'a pas atttendu le réchauffement climatique pour avoir ses parias. A quand un Copenhague contre la misère ?
10:32 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : changement climatique



