20.08.2011
Apprendre
Certains aiment montrer qu’ils savent tout et que rien ne peut plus les étonner. On constate de plus en plus ce pénible travers chez nos hommes politiques et plus généralement chez ceux qui prétendent valoir leur pesant d’or dans nos télévisions, qui n’en peuvent mais. On préfèrerait voir s’insinuer chez eux le doute et l’incertitude qui sont les deux vertus cardinales des hommes de raison. L’accumulation des savoirs et leur étalage ne sont pas une preuve de culture. La première qualité d’un cerveau bien fait est plutôt de mesurer avec méticulosité l’étendue de ses lacunes. La véritable maîtrise de la pensée passe par la perception lucide de ce qu’on ignore.
J’observe également que des esprits excessifs cherchent à nous entraîner sur le terrain de ce qu’ils viennent d’apprendre ou entendre. On les voit répéter à l’envi, ne varietur, les idées à la mode. Ils ont ainsi la certitude d’être dans le vrai, et peuvent feindre,en répétant gravement la doxa du moment, d’en être les inventeurs . Ces beaux esprits contribuent ainsi à l’élaboration d’une sorte d’évangile qu’on désigne bientôt comme la pensée unique. Les modestes scrupuleux, conscients de leurs insuffisances peuvent protester : on ne les entend pas. Pour être écouté il faut hurler avec les loups et si possible un peu plus fort que le reste de la meute. Notre société ne tarde pas à être dirigée par quelques slogans qui désignent des boucs émissaires mal définis : la crise, le chômage, les dépenses sociales, les impôts, la délinquance, le réchauffement climatique, les OGM, le nucléaire, l’immigration.
Malgré tous mes efforts, je dois avouer que je suis loin de maîtriser tous ces sujets et qu’ils comportent dans ma tête un très large halo d’ignorance. Je ne doute pas que beaucoup de mes concitoyens se trouvent dans mon cas, qui est somme toute assez représentatif de la moyenne. Ces sujets qui devraient demeurer des enjeux pédagogiques sont utilisés au contraire comme des enjeux politiques. On force leur signification dans un sens ou dans l’autre suivant ce qu’on veut démontrer. Le budget de l’Etat est le seul moyen d’action des socialistes alors que les libéraux ne cessent de le dénigrer. Les OGM sont l’ennemi mortel des écolos et sont devenus la cible permanente du principe de précaution. Pour les agronomes, le génie génétique est au contraire la technologie du futur pour alimenter l’humanité, en respectant la planète. La question de l’énergie est un autre sujet central pour notre développement. Les uns ou les autres, mais surtout les Verts, en font un casus belli permanent en maintenant leurs propositions dans le flou polémique. En tentant de nous faire croire qu’il suffit de tourner un bouton magique pour oublier les énergies fossiles et s’écarter du nucléaire on maintient les citoyens dans l’ignorance profonde des difficultés réelles. Je pourrais multiplier les exemples de vrais sujets de réflexion devenus des prétextes ou des leurres.
On comprend pourquoi l’école est in fine l’espoir des progressistes. Il s’agit certes de la voie du salut. Mais elle est largement insuffisante si la société entière ne se soucie pas d‘apprendre. On conçoit que débordés par toutes sortes de messages publicitaires et péremptoires, donc approximatifs, les gens ne fassent plus qu’une confiance relative aux différents médias. On voit même des gens très bien, considérer que la Science, pourtant dépositaire du savoir, se trompe ou nous trompe volontairement. On voit partout pointer la menace du complot, complot des riches contre les pauvres, des Juifs contre le reste du monde, ou encore, comme au cinéma, d’oligarchies mystérieuses contre les Démocraties. Notre société basée sur le profit immédiat, s’enfonce ainsi dans une léthargie intellectuelle qu’il est urgent de combattre. Pour un homme de gauche, la remise en cause du conformisme devrait être un premier devoir. Pour le moment je ne vois rien émerger de tel, en tout cas nommément.
On ne peut pas compter sur Sarkozy ou Merkel pour produire des idées nouvelles car ils sont bien trop soucieux de moduler leur message en fonction de l’opinion de leur base électorale. On pourrait en revanche en attendre plus de nos philosophes et de nos scientifiques. Auraient-ils démissionné où bien sont-ils encore en vacances ? On n’entend plus que de loin nos penseurs de bazar. Est-il trop tard ? La pensée de l’humanité n’est-elle plus qu’un produit marchand comme les autres ?
Par tempérament nos chercheurs fuient la meute et rongent leur frein en silence. Si je pouvais donner un conseil à notre futur Président François Hollande, ce serait de réunir autour de son équipe tout ce que la France compte d’esprits distingués, créatifs, indépendants et novateurs, pour les conduire vers le dialogue et la synthèse. Il faut mettre en valeur les termes objectifs du fonctionnement de nos sociétés pour que le peuple s’en fasse juge. Il est grand temps de laisser s’effriter les guenilles du sarkozysme concernant l’élitisme et la loi du plus fort. Il faut rendre leur dignité aux citoyens et cesser de les percevoir comme des consommateurs ou des profiteurs. Il faut s’adresser à l’intelligence collective.
Partout, dans toutes les nations, l’ignorance met en danger le genre humain. Il est temps de revenir in fine à une conception simple de notre apprentissage du monde : la science doit être au service du peuple, certainement pas du lucre et de la vanité. Pour nous en convaincre, pensons à notre Académie Française, cette illustre assemblée érigée en caricature de notre société désemparée. Au lieu de se manifester comme les dépositaires bouillonnants de tous nos savoirs, les pensionnaires de la Coupole posent en collection de vieux serviteurs honorables et honorés, mais à demi momifiés et hors d’usage ! Il faut transmettre l’habit vert à la révolution des esprits, et en grande pompe !
PS/ L'illustration est un portrait de Louis Pasteur par Albert Edelfelt (1885)
10:46 Publié dans Actuelles, culture, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |
Imprimer
13.07.2011
Allez admirer les toiles de Michel Larivière...
A l'abbatiale de Montebourg. Je ne connais pas beaucoup d'oeuvres de nos peintres régionaux qui puissent résister au décor grandiose de l'édifice. Larivière est un artiste qui déborde d'énergie et qui nous transporte dans sa propre vision du monde par le mouvement et la lumière. On peut ne pas partager les envolées lyriques de l'humaniste mais il est impossible de rester indifférent à la puissance et à la beauté des formes et des couleurs qui font la force d'expression des dernières toiles du peintre. Il y a une sorte d'accord intime entre le jaillissement vers le haut des oeuvres et la majesté vertigineuse des piliers de la grande nef (complètement restaurée entre 1920 et 1950). L'exposition reste ouverte tout ce weekend, courez-y avant qu'il ne soit trop tard. C'est un moment rare.
11:21 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |
Imprimer
07.07.2011
La tentation de Fanny
« Il y a très peu de légèreté chez l’homme » L.F. Céline à P. Dumayet en 1957, à Lectures pour tous
On ne peut pas regarder l’horizon en permanence et scruter sans arrêt les signes du destin qui font la pluie et le beau temps sur notre terre compliquée. Il faut donc admettre que de temps en temps, on doive coucher les pouces et accepter les choses comme elles viennent. Ce défaitisme, où plutôt ce laisser-aller, est dérangeant, et il exige des palliatifs.
Parmi ceux-ci, les regards de la belle Fanny ne sont pas les moins efficaces. L’éclat de ses yeux bleu-nuit, sous la tignasse blanche vous assure d’une adoration indéfectible, en quête d’amour total, et vous désarme de toute ambiguïté. Vous vous prenez alors au jeu de la brosse et du peigne pour aligner les sourcils et faire onduler les moustaches en rassurant la séductrice sur son élégance, sur sa beauté et sur son infinie tendresse. Vous vous retrouvez soudainement dans la peau du maître et du protecteur, comme si votre chienne n’avait jamais quitté les salons de la haute et vous offrait un numéro de demi-mondaine.
Si vous ajoutez à cela que les pigeons ramiers nichent à côté et que les grives s’affairent dans votre cerisier à recracher les noyaux, vous vous dites qu’il ne faut rien changer à l’ordre du monde, que l’indignation n’est pas de mise et la révolte encore moins. Les cumulus de beau temps qui traversent l’azur avec nonchalance, ne portent aucune alarme et vont mourir tranquillement sur l’horizon marin qui prend tous les tons du bleu, du gris et du mauve. La passion immodérée que me voue Fanny est tout a fait propre à faire de moi un rêveur détendu.
D’où vient cependant qu’un courant d’air ou un éclat de voix vous fasse soudainement trébucher ? Comment se dissimuler que la vie est courte et le temps compté, à la mesure des grandes échéances ? Rien en réalité, ne peut vous faire oublier que l’homme marche sur un fil et que seul, le mouvement l’empêche de choir. L’homme debout est tenu d'accepter un chemin et de décider du prix qu’il donne à sa vie. L’usage de sa liberté lui interdit d’abdiquer et il est condamné à se battre jusqu’à la dernière extrémité . Toutes les petites chiennes du monde, si belles et si tentantes qu’elles soient, n’y peuvent rien.
17:41 Publié dans Actuelles, culture, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |
Imprimer
05.01.2011
De la chasse à la baleine à la pêche aux vignots
Si on en croit nos historiens, du temps de Guillaume le Conquérant on pêchait la baleine dans la baie de Jonville. Les « craspois » comme on les appelait à l’époque désignaient tout un ensemble d’animaux allant du marsouin à la baleine de grande taille. On a des descriptions qui identifient ces cétacés par les panaches d’eau rejetés par les évents et par les dimensions de la queue et de la langue. Le Cartulaire de l’Abbaye de Montebourg renferme deux textes du début du XII° qui attestent l’existence d’une pêche organisée. Le premier est une donation collective des baleiniers (appelés waumanni) de la Saire qui accorde aux moines les nageoires de la queue des animaux, le second mentionne non seulement les baleiniers de la Saire, mais aussi ceux de Saint-Vaast, de la Hougue, de Lestre, de Quinéville et de Saint-Marcouf.
Ces documents nous prouvent que nos côtes abritaient des sociétés de pêche à la baleine organisées et qui possédaient une personnalité juridique. Différentes sources nous apprennent également que la capture des animaux se faisait à la côte avec des filets en chanvre arrimés avec des gros cordages. On rabattait les cétacés avec des barques pour les faire échouer à la côte ou se prendre dans les filets. On les tuait ensuite avec des harpons à trois pointes. Il s’agissait en réalité d’une chasse « à hue et à cry » dans des sites privilégiés et probablement aménagés. Par ailleurs il existait une réglementation précise sur les « craspois » venus à l’échouage (à varech), dont on retrouve souvent les traces dans des contestations procédurières. En règle générale les gros animaux étaient réservés aux seigneurs du lieu d’échouage, voire tout bonnement au duc qui pouvait offrir ce privilège aux monastères et aux abbayes.
On peut donc considérer qu’il y a mille ans des troupeaux de baleines fréquentaient nos côtes et faisaient l’objet d’une exploitation réglementée, car l’huile et la chair étaient particulièrement recherchées. Peut-être reverrons- nous ces animaux après que les réglementations restrictives de la pêche contemporaine auront produit leurs effets. Cela laisse à penser que comme les cétacés, beaucoup d’espèces nobles ou moins nobles, doivent être protégées de notre voracité pour empêcher leur destruction.
Il y a cinquante ans, jeune étudiant je me souviens d’avoir fait un herbier d’algues, dont l’estran sur nos côtes était riche. Aujourd’hui, je sais que ma vue a baissé, mais aussi que je ne trouve plus cette diversité. Je vois dans les mares et les chenaux des cailloux retournés et du sable bouleversé par les fourches et autres objets. Plus de crabes verts, plus de satrouilles (poulpes), plus d’hippocampes…Le simple piétinement détruit les larves et les formes juvéniles. Imaginez que dans votre jardin, à chaque grande marée, une dizaine de cueilleurs viennent à la hâte et sans précaution couper les choux et arracher les carottes, que vous restera-t-il en fin de compte ? un champ de ruines. Nos basses iau, si fréquentées et si courues, qui voient affluer de plus en plus d’amateurs, sont en réalité des jeux de massacre. Aujourd’hui il nous reste quelques bigorneaux, que nous appelons vignots ou brelins et que nos enfants ne savent même plus reconnaître ; mais jusqu’à quand ?.
Dans ce carnage, certains pécheurs professionnels ne sont pas en reste. Il n'y a qu'à voir les "perches" de plusieurs tonnes qui traînent les chaluts de fond. On connaît les "perques" de nos églises qui portent les crucifixions à l'entrée du choeur, eh bien les perques de nos chalutiers sont elles aussi de véritables crucifixions pour les fonds marins ; si j'étais matelot j'aimerais mieux me couper la main que de tirer cet attirail !
Comme c'est la période des voeux, j'en prononcerais bien un, en patois celui-là : arrêtons de dévignoter (dérailler) et pensons bien que les fonds de la mer sont comme des prairies. A les saccager de la sorte, il ne restera bientôt plus que des montagnes de boues et des plages de sables et de cailloux complétement désertes.
Pour la Pêche à la Baleine, voir J. Prevert et surtout Prof. L. Musset dans Heimdal, n°14, 1974
12:26 Publié dans Actuelles, culture, écologie, économie, Nature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bord de mer, baleines, faune et flore marine, pêche | |
Imprimer
09.10.2010
CLAUDE LEFORT (1924-2010)

On le sait depuis toujours mais ça fait toujours mal : même les esprits forts finissent par mourir. Lefort c’est avec Castoriadis l’un des deux piliers de Socialisme ou Barbarie, la revue qui m’a servi de viatique politique entre 1957 et 1962. Je remercie ces deux là parce qu’ils m’ont donné durablement le goût de m’opposer, la tentation de l’irrévérence, et une bonne partie (avec Sartre) de ma colonne vertébrale idéologique. Je saute sur l’occasion pour m’interroger sur le rôle de ces deux penseurs sur ma propre vie.
Trop jeune sans doute et pas assez cultivé pour entrer de plein pied avec la pensée de ces deux philosophes là, j’en ai quand même tiré la force de militer pour l’indépendance de l’Algérie et la tentation permanente de m’opposer aux pouvoirs institutionnels ou pas. Même si ma devise était : Quand je vois un chef, je tire mon pistolet, je parle bien d’opposition idéologique sans violence. J’ai relu un papier de Claude Lefort dans le n°26 de S ou B, pages 120-134, publié en 1958, intitulé modestement : Organisation et Parti . Cet article contenait déjà toute sa pensée concernant la démocratie et le totalitarisme. C’était une explication de son opposition à l’organisation (Pouvoir Ouvrier) qu’une partie du groupe de S ou B avait décidé de constituer.
Dès cette époque Lefort s’opposait au parti d’avant garde qui ne pouvait que se couper des travailleurs et entraîner le peuple dans des destinées étrangères à ses propres intérêts. La forme d’action qu’il préconisait était principalement la publication d’un journal mettant les analyses des intellectuels à la disposition des expériences ouvrières. Une organisation souple sans rôle de direction, rejetant toute centralisation.
Un tel langage me convenait parfaitement et je pouvais l’appliquer sans aucune difficulté dans le pays que j’étais venu servir (l’Algérie) et dans lequel je ne pouvais que m’abstenir de toute forme de menée politique. Dans mon domaine professionnel (agricole) je répétais sans cesse que la science était au service du peuple. Ce qui n’était pas sans importance dans la constitution des équipes de recherche et de leurs thèmes d’activité.
Malheureusement ce rôle de conseil, de participation bienveillante et positive trouve vite ses limites. La démocratie est respectée mais c’est au détriment de tout caractère opérationnel. Dans cet état d’esprit on oscille entre la tentation anarchiste (au sens propre) et celle de l’amateurisme ou du bénévolat. C’est dans ce sens que j’ai pu écrire que la définition en creux de la démocratie est une lacune absolue. On sait ce qu’elle ne doit pas être mais on reste plutôt vague sur ses formes abouties. Peut-être aurait-il fallu dire aux militants, faites de l’entrisme, prenez des responsabilités…
Je n’ai pas de meilleure réponse hélas, sauf que tout cela nous mène bon gré mal gré, à la social-démocratisation et à la patience. Est-ce si grave ?
12:45 Publié dans Actuelles, culture, histoire, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |
Imprimer
14.07.2010
CONFERENCE A REVILLE
Une incursion amusée dans notre mémoire collective en passant par la vie de nos saints, nos contes de fée, les espiègleries des goublins, les rendez-vous de sabbat, les maléfices des sorciers et nos légendaires vikings....
10:53 Publié dans culture, histoire, légendes normandes, patois normand | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cotentin, légendes | |
Imprimer
03.07.2010
Quatrième de couverture
Pour la 3° fois Charles Brucan récidive
Le « Chevalier de Thibosville » vous entraîne dans la glorieuse épopée des normands,
de la bataille d’Hastings à la conquête de Jérusalem


(gouache de D. Labadie)
Avec le « Chevalier de Thibosville » Charles Brucan nous raconte comment, en trois générations, les coureurs des mers scandinaves, les fameux Vikings, se transforment dans notre Cotentin en piliers d’une brillante civilisation attachée à la terre.
La saga commence avec l’arrivée d’Ozouf à la Dent, en 1025, lorsque l’aventurier danois débarqué à Landemer, investit brutalement le chastel de Quettehou, principal point de défense du Val de Saire à l’époque. Elle se termine un siècle plus tard, lorsque son petit fils Thibaud, victorieux du désordre et des drames familiaux, assiste au désastre nautique de la Blanche Nef.
Dans ce troisième volume de la collection « Histoires et légendes du Cotentin », l’auteur nous fait assister à la bataille de Val-es-Dunes, à la conquête de l’Angleterre et à la prise d’Antioche et de Jérusalem, lors de la première croisade. C’est dans ces circonstances que le Chevalier découvre l’Italie du Sud, conquise par les fils de Tancrède de Hauteville, un modeste seigneur du Coutançais.
En toute simplicité, l’auteur porte un regard amusé sur la vie quotidienne de ses personnages, aux prises avec les grands évènements de l’époque. Comme dans les deux récits précédents, Dominique Labadie l’auteur des onze planches originales, nous fait vivre à la pointe de son crayon guidé par l’humour et le talent, les étapes marquantes du récit. D’une lecture facile et plaisante, « Le Chevalier de Thibosville » est une excellente occasion de se remémorer les épisodes fondateurs d’une période faste de l’ histoire de notre presqu’île.
12:28 Publié dans Actuelles, culture, histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cotentin, histoire, normandie, croisades, vikings, jérusalem, antioche | |
Imprimer
06.05.2010
Saint Clair, le meilleur d'entre nous !

Je vous ai raconté pourquoi je vénérais Sainte Colombe, la belle oiselle de l'amour. Je vais vous dire maintenant pourquoi j'admire Saint Clair qui en fut le martyr.
Saint Clair, et ceci n'est peut-être pas innocent, est venu d'Angleterre vers 870, dans les bagages des danois qui dans notre Cotentin, se considéraient comme chez eux. Il débarqua à Cherbourg déjà baptisé et sachant lire et écrire. C'était un très beau jeune homme, mais qui préférait la compagnie de ses frères de monastère à celle des dames.
Cependant sa piété et son recueillement s'accommodaient mal des prières en grégorien et des cérémonies qui attiraient des visiteurs et des visiteuses. Il eut la permission de se retirer dans un ermitage, qu'il bâtit lui même dans la forêt dominant la mer à Nacqueville. Ainsi retiré, il se consacra à la méditation et aux gloses sur les textes sacrés. Malheureusement sa réputation de clerc avisé le fit rechercher par de plus en plus de gens pour des conseils et des soins.
Une de ces paroissiennes, grande Dame de la région, décida d'en faire son confesseur, malgré ses protestations. La dame n'aimait pas qu'on lui résiste. Elle tomba farouchement amoureuse de Clair et le poursuivit de ses sollicitations et de ses invites. On aurait parlé aujourd'hui de harcèlement sexuel.
Impuissant à se débarrasser de l'amoureuse hystérique Clair résolut de s'enfuir. Il prit la route tout en priant et en prêchant sans jamais s'arrêter, de peur d'être rattrapé. Quand il crut avoir effacé toute trace de sa pérégrination, il s'arrêta au bord d'un joli fleuve qu'on appelait l'Epte. Il planta une cabane et cultiva son jardin.
Hélas, la dame furieuse d'avoir été ignorée devint folle de haine en voyant tant d'amour traité par le mépris. Elle envoya deux gardes armés à sa recherche en exigeant qu'ils ramènent le fuyard, mort ou vif. Les spadassins aboutirent au jardin de l'ermite et le surprirent à bêcher ses légumes. Ils lui ordonnèrent de les suivre et de se livrer à la Dame, impérativement. Clair refusa en s'agenouillant, au nom de Dieu et de sa piété. Il leur suffit alors d'un seul coup d'épée pour le décapiter.
Les gardes sanguinaires furent bien ébaubis de voir Clair, malgré sa décollation, ramasser sa tête ensanglantée pour aller se coucher dans la sépulture qu'il avait lui même préparée. Après un tel miracle une chapelle fut construite et les pèlerins furent si nombreux qu'une bourgade naquit sous le nom de Saint Clair sur Epte, là ou Rollon signa avec Charles le Simple en 911, le fameux traité qui donna naissance à la Normandie.
Il faut que les dames se fassent une raison, on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Si en plus il vient d'Angleterre et que la grande Histoire s'en mêle, il est prudent de ne pas insister, on sait bien que les Saints ont toujours le dernier mot.
22:11 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saint clair, harcèlement, rollon, normandie | |
Imprimer
04.05.2010
Exposition à Saint Sauveur

Anne Marie Leconte exposera ses porcelaines décorées,
Dominique Labadie et Charles Brucan dédicaceront leurs livres
Jean Pierre Renouf exposera ses peintures sur toile (eaux et sous bois)
10:07 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saint sauveur, histoires et légendes | |
Imprimer
05.04.2010
Digressions pascales
Contrairement à ce que racontent les livres de cuisine, il ne faut pas cuire le gigot à four chaud. Mettez le pendant deux heures à 120°C, puis une demie heure à 220°C et enfin autant de temps que vous voulez à 70 pour qu'il se détende, en attendant d'être servi. Jamais d'ail piqué dans la viande mais jonchez le fond du plat de cuisson avec des gousses en tunique et des belles échalottes, semez une cuiller à soupe de gros sel. Vous ressortez le tout caramélisé en surface, cuit à coeur et moelleux ! Voilà mon expérience d'hier . Toute la famille était aux anges gastronomiques. Et je ne parle pas du Gevrey Chambertin 1998, ouvert le matin et à juste température !
Dans ces repas de famille, le bonheur des petits est une source de joie. Leur spontanéité, leur créativité et leur volubilité font l'admiration, même si nos vieilles oreilles en souffrent un peu. Malgré tout, ce moment familial paisible et heureux ne parvenait pas à chasser de mon esprit les effets de la terrible semaine sainte que viennent de vivre l'église catholique et son Pontife. Entendons nous bien, je ne fais pas partie du peuple des croyants, même si ma mère et encore plus mon grand-père m'ont toujours donné l'exemple d'une fervente dévotion. J'ai été baptisé, communié et recommunié, marié même, par des prêtres. C'est dire si je porte encore en creux ou en bosses les empreintes judéo-chrétiennes.
J'ai eu le bonheur de grandir dans une famille où le respect des enfants était sacré, nonobstant la dure préparation à la vie qui ne pouvait qu'être laborieuse et pas tendre. Il n'empêche que les seuls exemples de scandales sexuels que j'ai connus à douze ans dans mon petit village venaient du curé. Celui là même qui vint, blême et tremblant, en descendant le raidillon du presbytère, annoncer à ma mère la mort de mon père. Mon meilleur petit copain d'école était réputé être son fils et il lui ressemblait. Il y eut aussi cette agression sur une gamine un peu trop délurée peut-être, et que toute la paroisse a chassée sous le tapis épais de l'omerta. Tout cela pour dire qu'en regardant avec envie la superbe Marie Rose qui jouait de l'harmonium, nous avions déjà le sentiment du péché.
Les prélats, chanoines et archevêques, ne peuvent plus faire comme si de rien n'était. Les langues se délient massivement. A mon avis, ces comportements impardonnables sont inhérents à la condition du prêtre. Je sais maintenant qu'en amour, l'enveloppe charnelle n'est qu'une distraction facultative, en tout cas simple à maîtriser. Il n'en est pas de même du commerce des âmes qui font que les rires et les pleurs, les regards et les mots, les battements de coeur et les larmes sont autant de mouvements d'un brutal érotisme. En s'arrogeant des droits sur l'âme des petits qu'ils veulent éveiller à l'amour de Dieu, les prêtres font des brêches dans les ramparts du respect de l'autre ; respect qu'ils ne devraient jamais oublier un seul instant, surtout quand il s'agit de jeunes êtres sans défense, voire de pauvres innocents ou de handicapés !
Les religieuses elles même dit-on, dans un élan d'amour et de foi pour Jésus Christ, peuvent parvenir à l'orgasme. La croyance en Dieu est une affaire d'adulte et on devrait en exclure les enfants, en tout cas se refuser pour eux à tout tentative d'endoctrinement. Les spécialistes disent bien qu'on retrouve des pédophiles dans les autres religions et j'ajouterais que cette perversion existe chez tous les gourous qui s'arrogent des droits sur l'âme de leurs adeptes. Tôt ou tard, les ecclésiastiques, qu'ils soient mariés ou non, vont devoir renoncer à leurs prétentions sur les petits enfants. Ce n'est qu'à ce prix que l'église catholique retrouvera son honneur perdu.
10:19 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prélats pédophiles, agneau pascal, agressions sexuelles, ecclésiastiques | |
Imprimer




