04.07.2011

Mascarade vomitive

 

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La coupe est pleine. Même si  la réalité des faits tarde à prendre les couleurs de l'exactitude, il est temps pour moi  de libérer ma bile, qui,  je le sais depuis mes derniers calculs, peut gravement m'incommoder. Ce qui m'étouffe et me reste sur l'estomac, c'est le peu de cas qu'on fait des pauvres citoyens et en particulier de ceux qui croient sauver leur honneur politique en militant dans un parti, qu'ils considèrent comme la premiere marche d'une démocratie bien comprise. Je veux parler en l'occurence des adhérents du Parti Socialiste, (qu'on confond  souvent à tort avec des sympathisants ou des obligés de collectivités ou d'élus divers, ...). Je veux parler des véritables militants qui prennent leur engagement au sérieux. A leur place je me permettrais quelques conseils bien appuyés !

 

1)Je conseillerais d'abord aux pisse-copies,  journalistes et bavasseux divers,  de battre leur coulpe et de demander pardon au peuple de leurs lecteurs,  pour le colportage sans discernement de nouvelles incontrôlées et parfois sans fondement, dans le seul but de faire l'intéressant,  et du chiffre. J'en connais beaucoup, et non des moindres, qui parlent du PS comme s'il se réduisait aux élucubrations de quelques personnalités connues et à portée de main,  donc parisiennes. Dans les réflexions des gratte-papier et des raisonneurs patentés qu'on retrouve, toujours les mêmes,  dans les grands journaux et les télés principales, la "politique" est une affaire secrète à débattre dans le monde clos "politico-médiatique".  Vous avez déjà entendu parler d'une section du PS ?  Pour avoir délayé au de là du raisonnable,  et jusqu'à l'écoeurement,  les frasques de DSK, je demande la mort des éditorialistes !

 

 

2) Je conseillerais aux  leaders socialistes Aubryistes ou DSKaniens, de montrer profil bas et de s'adresser avec humilité  aux militants de notre parti. Ils nous doivent des  excuses pour l'indignité de la situation présente. Il n'est encore venu à aucun de nos chefs, Martine en tête, l'idée que la plupart des socialistes militants sincères, dévoués et convaincus ont été humiliés de voir ainsi ridiculisés leurs propres responsables. Après leur avoir présenté DSK comme l'homme providentiel , l'avoir poussé en avant, magnifié, et clamé que tout autre prétendant n'était qu'un ballot prétentieux, l'impensable arrive !  Notre héros  tombe dans le premier piège de braguette venu et il étale à profusion ses millions de dollars et toutes les gonzesses passées et à venir.

 

 

3)Je suggérerais à DSK de garder les yeux baissés et d'ajouter une ou deux rides au visage arrogant de son épouse. A sa place, je n'irais pas manger des pâtes à 100 $ la portion avant de m'être adressé aux militants de mon parti. J'entends bien que nous autres, les bas de gamme, les anonymes, les interchangeables, nous sommes pour rien dans les ressources géniales de son cerveau providentiel. Nous devrions plutôt le remercier de bien vouloir prendre en compte notre existence et de s'efforcer de nous sortir de notre nullité crasse en France et dans le monde entier. Mais nous sommes probablement 150000 dans le pays, et sans nous il n'y aurait ni Martine, ni Dominique, ni bien d'autres. J'attends toujours une petite lettre d'amitié et de compassion, à nous adressée par tous ces cireurs de pompes qui se répandent dans nos journaux et nos écrans, au nom de Saint Dominique.

 

 Pour tout dire, si j'étais militant du Parti Socialiste, ce que je suis plus que jamais, je réfléchirais sur le silence,  l'inconscience, l'ingratitude et l'indifférence de nos éléphants face aux  adhérents du Parti. Je chausserais mes plus gros godillots, non pour marcher au pas comme le proclamaient les gaullistes, mais pour botter les fesses d'un certain nombre de responsables qui nous ont entraînés dans cet effrayant maelstrom, dans lequel le socialisme n'est  plus une idée, ni même un étendard, mais  seulement le cache-sexe (c'est le cas de le dire) d'un monde perverti et content de lui jusqu'au ridicule.

10.05.2011

Eloge de notre député-maire Bernard Cazeneuve

 

ps,cherbourg,karachi,manche,cotentin,cazeneuve,députéChacun sait que je ne suis pas un adepte de la brosse à reluire et que je suis plutôt, l’âge aidant,  un ratiocineur qui adore débusquer les arrivistes et les profiteurs présumés. C’est la raison pour laquelle je me sens à l’aise dans cet éloge, qui n’a rien à voir avec une oraison convenue mais qui se veut tout au contraire un appel à l’encouragement et à la louange d' un de nos principaux leaders politiques de notre région. Les anciens, réputés pleins de sagesse et de discernement,  peuvent aussi servir à ça.

 

Depuis plusieurs années déjà,  je sentais que nos notables manchots de l'UMP empruntaient le chemin du déclin. Le Président Legrand malgré quelques bonnes intuitions sur l’environnement ou le tourisme s’est englué avec l’âge dans des jeux tacticiens périmés qui traduisent une vraie déliquescence de l’action politique dans le département, accélérée par le sarkozysme ambiant. Il faut maintenant une relève appelant une nouvelle génération de gens modernes, compétents, intègres,  dont les conceptions civiques ne peuvent être mises en doute.

 

Chaque fois que je réfléchissais à la question, mon regard se tournait vers Cherbourg dont le Député-Maire me paraissait porteur de nos meilleures espérances. Comme militant PS,  c’est d’abord dans mon Parti que je m'attendais à trouver les arguments  confortant  cette intuition. Autant le dire tout de suite, j’ai été déçu : le malin plaisir à gauche est de dévorer nos propres enfants. Bernard Cazeneuve est une personnalité discrète et pudique. Ce sont des qualités que j’apprécie sincèrement mais qui ne facilitent pas pour autant les contacts et qui expliquent peut-être le peu d'enthousiasme des cadres du PS à se ranger derrière tel ou tel. Autant dire que lorsque la publication de son livre sur Karachi a été annoncée, je me suis précipité, pour en savoir plus sur notre député.

 

Cet ouvrage aurait être, comme je le redoutais,  une compilation de rapports et de documents « gris » plus ou moins officiels, à vocation informative. Pas du tout. C’est un vrai livre dans lequel notre député décrit ses états d’âme et sa méthodologie, son sens civique et sa conception de la politique. Sa lecture a répondu à mes attentes et a suscité chez moi beaucoup d’enthousiasme. La preuve en est que j’écris ces lignes alors que j’ai à peine terminé ma lecture. J’ai maintenant la conviction que Bernard C. est le leader politique qui nous manque dans la presqu’île.

 

L’ouvrage nous donne les clés de sa personnalité. Contrairement aux grandes gueules dont on nous rebat les oreilles, notre député n’est pas secret, il est seulement pudique. Ce qu’on prend pour de l’indifférence est en réalité du respect pour autrui. Il fuit la gloriole et il a trop d’humour pour se laisser prendre au piège de la notoriété. En revanche c’est un inquiet et un bosseur.

 

 Pour leur venir en aide il a prévenu les victimes de Karachi et leurs familles, qu’il ne ferait aucune exploitation politique de leur combat et que seule la connaissance aussi exacte que possible des faits pouvait  être utile. La vérité ne pouvait sortir des jeux de rôles conventionnels qui bloqueraient la machine institutionnelle. Notre député a donc entrepris un travail de notaire, modeste et patient, sans concession mais plein d’un  humour  ciselé  qui a désarmé beaucoup de réticences  et a vaincu une partie des  obstacles que lui a opposés la majorité gouvernementale. Chapeau l’artiste !

 

Je pourrais donner des exemples, des détails, mais chacun d’entre nous doit lire ce livre qui décrit la noblesse du combat politique quand il prend les contours d’un travail d’orfèvre. A une époque où l’esprit de responsabilité de nos élites est souvent controversé, l’analyse de Bernard C. nous fait comprendre que l'esprit de méthode et la hauteur de vue sont des qualités infiniment précieuses quand elles sont mises au service de la collectivité. En quelques pages nous pouvons apprécier tout le courage et toute la finesse de notre Député qui a du affronter des grands méchants loups de la politique tels que Léotard ou Balladur. Nous avons la chance d’avoir parmi nous un homme au caractère bien trempé.

 

Je suis sûr que dans ce livre, Bernard Cazeneuve fait preuve de qualités hors du commun et qu’elles lui seront reconnues.  Je supplie mes camarades des sections de la Fédé50 et du Conseil Fédéral d’être les premiers à le dire et le redire. Nous devons en conséquence pousser ensemble pour mettre en avant celui qui mérite le mieux d’arbitrer, d’innover, et d’entraîner notre action socialiste . Nous devons faire de notre Député-Maire un grand leader et lui donner les moyens psychologiques et politiques d’entraîner notre département dans la voie de la modernisation et du progrès.

 

Je crois à la démocratie, à la transparence, à la participation des citoyens et à leur esprit critique mais je crois aussi  à la puissance de l’esprit (pour parler comme notre regretté F.M.) , à l’intelligence et au courage de chacun. Bernard Cazeneuve est celui qui va compter dans notre région pour les trente ans à venir. Je prie mes dieux préférés pour qu’il garde en toutes circonstances la modestie et l’énergie qui lui seront nécessaires.

15.04.2011

Je broie du Vert...

 

ps,écologie,verts,présidentielles,nicolas hulotSupposons que le PS, sous prétexte de gagner des voix lance sur orbite un guignolo comme BHL ou un bon à rien, comme le dernier prix Goncourt, on crierait partout au scandale ou à la supercherie. On accuserait notre Parti d’être sur une trajectoire attrape-tout et de se laisser pourrir par la démagogie et la veulerie intellectuelle. J’ai déjà reproché à DSK de se livrer à ce genre de facilités au bras de sa belle épouse Anne Sinclair. Les Verts sont en permanence sur cette tentation électoraliste avec des candidats de la « société civile » dont l’atout principal voire unique, est leur notoriété  médiatique. Nicolas Hulot est le dernier avatar de ces trublions politiques instables et recyclables pour différents usages ultérieurs.

 

Les écolos surfent sur les peurs de nos concitoyens qu’ils entretiennent  sans relâche par des mascarades habilement mises en scène. Ils crient partout qu’on va nous irradier, qu’on va nous empoisonner, qu’on va transformer notre terre en désert, et que nous allons finir rôtis ou noyés à brève échéance. Et que nous proposent ces oiseaux de malheur pour créer un monde nouveau ?  une juge d’instruction aux allures d’extra-terrestre ou/et un animateur de télévision dont la puissance politique est voisine de zéro. A en juger par l’imminence et  la gravité des menaces qui pèsent sur nous et nos enfants , les moyens de ces militants de la catastrophe sombrent dans un ridicule pathétique.

 

Mais on comprend la fourberie de la démarche. Les Verts chassent sur les terres du PS, plus à gauche qu’eux tu meurs. Au point où ils en sont, la radicalité irresponsable version Noël Mamer ne leur fait pas peur. Seuls peuvent encore résister quelques vieux « Trotskystes » confits de révolution mélanchonienne qui se réservent les dernières émotions du Grand Soir. Le PS lui, sait qu’on ne peut  pas bousculer les grands équilibres économiques sans d’infinies précautions,  sauf à envoyer tout le monde au chômage et appauvrir le peuple durablement. Il est contraint de tenir un langage de gouvernement, qui ne se comprend que dans la nuance. Voilà une situation favorable aux démagogues verdoyants, il suffit de pousser plus fort pour gagner des voix, et d'exiger du PS qu’il se couche.

 

Notre vieux Parti est tellement décrié par la droite et par la gauche, dont lui-même, que l’opération est facile. Il n’est pas impossible qu’avec des candidats en carton-pâte, les Verts servent la soupe à la vague bleue Marine, femme Le Pen, et qu’on n’aie pas de candidat de gauche au second tour des Présidentielles. Le problème est qu’il y a véritablement urgence à repenser les fondements de la politique moderne  humaniste et progressiste. Je dis à mon pote François qu’il faut qu’il se révolte. Nicolas Hulot comme beaucoup de créatures vertes est un leurre pour la pensée d’aujourd’hui. A cette ferraille clinquante et théâtrale il faut opposer le sérieux de nos vrais intellectuels, philosophes, agronomes, physiciens, économistes, penseurs de toutes obédiences qui travaillent dans nos laboratoires et nos Instituts. Il est grand temps de renouer avec nos savants et de les convier à endiguer les flots du m’as-tu-vu et de l’à-peu-près. Je fais des vœux pour qu’enfin l’intelligence s’occupe de notre avenir. 

 

 

 

11.04.2011

A quoi sert Jules Lelampiste ?

 

présidentielles,françois hollande,rassemblement à gauche,ps,vertsJ’ai ma petite idée, mais le plus simple est de se référer au guide du secrétaire de section édité par le Parti. C’est un beau document classé en fiches cartonnées sur papier glacé. Un vade-mecum en quelque sorte qui traite de tous les devoirs de ce dévoué personnage. Ceux-ci sont nombreux, il anime la section, il accueille les nouveaux, il forme et informe les adhérents, il administre et coordonne les actions sur le terrain. Il est assisté d’un trésorier et d’un secrétaire adjoint et d’autant de chargés de mission que nécessaire. On compte sur lui pour toutes les tâches de propagande et de recrutement que le Bureau national pourrait décider.

 

Evidemment après cette énumération des devoirs, j’ai cherché celle des droits, mais en vain, il n’y a aucun chapitre rédigé comme tel. J’en ai conclu qu’il fallait s’en référer au règlement interne du Parti qui n’est pas un document très répandu dans nos usages. Quels sont les pouvoirs réels d’une section ? Seul celui qui a tenté de les faire valoir lors d’une occasion ou d’une autre peut répondre. Formellement,  ils sont nuls. La consultation des secrétaires de section en tant que tels, est laissée à la discrétion du Secrétaire Fédéral .

 

Le PS n’est pas un syndicat, ni un club d’idées. Le corps de la doctrine de notre Parti est exprimé dans un texte assez rébarbatif réécrit récemment qui s’appelle la  Déclaration de Principes. Ce texte de quelques pages  demeure par nature au niveau des idées générales, et laisse la porte ouverte à toutes sortes de nuances. Il n’empêche que le PS est dans le droit fil des philosophies politiques humanistes, de Jaurès à Léon Blum ou Pierre Mendès-France, qui oeuvrent pour la défense républicaine de la « Liberté, Egalité, Fraternité ». Cette devise est déclinée pour faire très, très court, en soutien des services publics, fiscalité de redistribution et respect d'un code du travail qui protège  les salariés de la voracité capitaliste.

 

 

Tout adhérent du PS est membre d’une section. Notre première  tâche de militant est d’envoyer dans les institutions de la République des représentants,  députés et sénateurs,  qui défendent  nos idées. La section est le lieu où on met  en avant les meilleurs candidats à ces fonctions honorées et enviées.  Le choix doit être démocratique. Il justifie les discussions les plus animées. L’ enjeu du travail des militants est de faire émerger des leaders capables d’entraîner les citoyens par leur charisme et leur exemplarité. Si le choix est bon, nos leaders rendront des services au centuple, au pays, à l’intérêt général et au Parti lui même. C’est vraiment à ce niveau que se situe le nœud de la démocratie politique. On peut et on doit y déjouer les ambitions égoïstes et les combinaisons sans éthique. C’est sur cette charnière fondamentale que les militants doivent se battre, sauf à se considérer comme des soldats de plomb qui applaudissent à tout bout de champ. Bien sûr quand les choix sont faits,  l’ordre de bataille et la discipline sont de rigueur. Ma devise personnelle est « Liberté de parole, unité d’action ! »

 

La deuxième tâche assignée à la section est  de convaincre un maximum de personnes de voter pour nos candidats. Le vote est la seule méthode démocratique de transformation de la société. Le collage d’affiches, le tractage, le porte à porte, toutes les activités de propagande n’ont de noblesse que si la phase 1 du choix a correctement fonctionné. Il y a des militants aguerris qui sont toujours aux avant-postes pour ce travail difficile qui exige un savoir faire évident. Dans nos villages et nos bourgs il faut (fallait) surmonter une certaine hostilité pour représenter les « Rouges » sur des marchés et des places où il est (était) de bon ton de ne pas faire de politique. Il faut bien dire qu’aujourd’hui nos électeurs les plus dynamiques sont plus souvent derrière leurs ordinateurs que dans les rues commerçantes ou sur la place de l’église. Les seules concentrations sont à la sortie des supermarchés qui ont asséché nos centres bourgs de beaucoup de leurs chalands , mais leurs patrons tiennent à rester en dehors des joutes politiques, et là dessus il y a pas mal à dire.

 

La troisième mission de la section est enfin de drainer du sang neuf, c’est à dire des nouveaux adhérents. Nous avons beaucoup à faire pour que nos sections représentent plus fidèlement la société dans laquelle nous vivons. L’adhésion militante demande du temps et de la disponibilité. On compte parmi nous une majorité de retraités. L’adhésion au PS repose sur des convictions politiques, c’est à dire une colonne vertébrale idéologique qui ne s’acquière pas facilement . Dans ma jeunesse les batailles pour la décolonisation, contre le stalinisme, pour l’autogestion, ont produit toute une effervescence qui a fleuri en Mai 68 en donnant aussi des ramifications hippies, vertes et un peu folles. Elles ont formé des générations de militants tout en déplaçant le curseur vers l'écologie. Pour beaucoup de nos compatriotes, être de gauche c’est d’abord se battre pour l’environnement.  Les Verts chassent avec succès sur le terrain  du Parti en ajoutant pêle-mêle l’exigence de justice sociale et l’amélioration de la qualité de la vie. On comprend cela de la part des classes moyennes prises dans le maelström d'une urbanisation mal foutue, dont ils ont à subir les agressions de plus en plus insupportables,  dans le bruit et la fureur.

 

 

Si nous voulons avoir quelques chances de succès dans le rassemblement des forces de gauche et dans l’élection en 2012 d’un Président qui les représente pour de vrai, nous devons sans hésiter  faire valoir le poids de notre expérience politique dans la prise en compte des peurs actuelles de nos concitoyens. Je parle du  nucléaire, des toxiques de l’air et des produits alimentaires, du réchauffement de la planète et  de l’érosion de la biodiversité. Il faut  donner  au respect de notre terre natale autant d’importance qu’à la justice sociale et au développement économique, devenu depuis peu définitivement vert

A nous de promouvoir pendant les primaires  le candidat qui répondra le mieux à cette nécessité d’ouverture et d’unité . Pour le moment  je crois que François Hollande est le mieux placé pour faire le boulot. L’affaire s’annonce bien, je fais des vœux pour que ça ne dérape pas dans les mois qui viennent.

 

10.03.2011

Les agités du bocal

 

requins3.jpgL’avenir politique paraît bien incertain. Au sarkozysme plein de morgue et de clinquant succède une atmosphère délétère de fin de règne. Le petit Président y est pour beaucoup :  avec ses contorsions du cou et ses rictus satisfaits, il a incarné à outrance la suffisance, la gloriole et la vindicte du parvenu. La crise (mais au fait quelle crise ?) est arrivée juste à point pour expliquer les échecs du petit cycliste. Voilà qu’aujourd’hui on nous dit que les grandes entreprises se sont refait une santé et qu’elles réalisent à nouveau des bénéfices. Et plus que jamais. Nous en sommes à compter nos milliardaires.

 

Je dis quelle crise ? parce que je ne vois pas qui a souffert de cet événement présenté comme le sinistre économique le plus violent depuis 1929. Les grands de ce monde n’ont manqué de rien. Leurs cérémonieux commis n’ont pas réduit leurs salaires.Toute la classe économico-politique dominante a conservé ses privilèges, dans la bienséance, la courtoisie et l’adorable politesse de la bonne bourgeoisie affairiste et profiteuse. Je remarque en revanche que cette fameuse crise est particulièrement utile, pour justifier auprès des classes laborieuses le prolongement du statu quo. Travailler plus pour gagner plus ? à d’autres. Il ne s’est rien produit de tel et ce n’est pas pour demain !

 

Car enfin, les seuls qui souffrent aujourd’hui ce sont les jeunes sans boulot, les femmes à temps partiel, les salariés mis en concurrence avec leurs collègues jusqu’au suicide, les vacataires jetables, les plus faibles, les moins bien formés, les moins malléables, les moins mobiles, les plus vieux. La liste serait longue de tous ces gens qui travaillent pour élever leurs enfants décemment, les loger et les soigner et pour lesquels il faut compter chaque euro ou dizaine d’euros. Ce sont ceux qui hésitent devant la salle de cinéma en comptant leurs sous et celles qui résistent à la tentation d’un autre rouge à lèvres. Pour ces gens là, on réduit les services publics et sociaux, on effiloche les filets de sécurité. Ces personnes là ont perdu tout espoir de maîtriser leur destin. Leur liberté réelle ne leur laisse le choix qu’entre le fatalisme et la fuite.

 

Elles durent depuis des siècles, les inégalités des sociétés humaines qui ont construit notre monde. Esclaves, serfs, travailleurs sans statut, prolos industriels ont toujours subi le joug des maîtres, mieux armés, plus instruits, plus riches. Mais la dialectique du maître et de l’esclave a parfois tourné à la révolution,  comme en 1789. Pour en arriver là,  il a fallu des centaines d’années de discours et d’écritures pour que l’injustice entre dans les consciences. Aujourd’hui tout s’accélère, tout se sait et se voit par nos lucarnes et nos PC. A un point tel que même les chargés de gouvernement, dans leur naïveté, peinent à s’en rendre compte. Ils découvrent avec stupeur que le peuple les voit vivre avec les grands de ce monde comme des requins dans un bocal panoramique.

 

Les gens d’en bas comme le dit si bien l’épicier Raffarin voient vivre  les barons qui font la loi et qui les commandent. Et ceux là  vivent sur un grand pied de magnificence,  cent fois mieux qu’eux ! Ils voient tous les signes de la concussion et du profit qui régissent cette société de l’élite. Ils voient les fils de la morale s’étirer comme des vieilles jarretelles. Ils voient un monde qui n’est pas le leur et qui s’agite derrière une paroi de verre. L’élite s’est coupée du peuple. Bien sûr le populaire ne met pas forcément des mots sur sa souffrance. Il est prêt à croire n’importe quoi, qui lui fasse miroiter un espoir d’amélioration. Surtout quand ce sont des vérités qui ont à première vue une fausse évidence mathématique.

 

Comme par exemple celles que des  esprits forts,  mais obtus, veulent leur faire croire. Avec le Front National tout est simple,  on explique aux gens que tout cela est de la faute des étrangers, de ces horribles hordes migrantes arabo-islamiques haïes et redoutées qui vont prendre leurs emplois, baiser leurs femmes et habiter leurs maisons. Ce n’est plus  la fameuse crise économique, c’est l’immigration qui va être désignée comme la raison du mal-être ! Les étrangers, c’est encore mieux que la crise. Tous ces miséreux qui nous menacent vont faire disparaître les derniers signes de notre prospérité passée. La seule solution est de renvoyer tout ce monde étrange dans les bateaux avec lesquels les métèques sont venus. Avec la femme Le Pen, il faut s’attendre au pire : une forme dégradée et bottée du sarkozysme.

 

Ca me fait réfléchir et la colère m’étouffe. Je voudrais tellement dire aux gens du peuple, mes frères, que ces raccourcis là nous mènent aux indignes catastrophes.  Par ce chemin là,  tout restera comme avant, pire qu’avant, plus injuste et plus cruel qu’avant. Avec une différence importante : à nos misères nous aurons ajouté la honte, la grande honte d’avoir joué nos peurs et nos errements contre l’avenir de l’homme. Et si vous ne me croyez pas, allez poser la question outre-Rhin.