09.10.2010
CLAUDE LEFORT (1924-2010)

On le sait depuis toujours mais ça fait toujours mal : même les esprits forts finissent par mourir. Lefort c’est avec Castoriadis l’un des deux piliers de Socialisme ou Barbarie, la revue qui m’a servi de viatique politique entre 1957 et 1962. Je remercie ces deux là parce qu’ils m’ont donné durablement le goût de m’opposer, la tentation de l’irrévérence, et une bonne partie (avec Sartre) de ma colonne vertébrale idéologique. Je saute sur l’occasion pour m’interroger sur le rôle de ces deux penseurs sur ma propre vie.
Trop jeune sans doute et pas assez cultivé pour entrer de plein pied avec la pensée de ces deux philosophes là, j’en ai quand même tiré la force de militer pour l’indépendance de l’Algérie et la tentation permanente de m’opposer aux pouvoirs institutionnels ou pas. Même si ma devise était : Quand je vois un chef, je tire mon pistolet, je parle bien d’opposition idéologique sans violence. J’ai relu un papier de Claude Lefort dans le n°26 de S ou B, pages 120-134, publié en 1958, intitulé modestement : Organisation et Parti . Cet article contenait déjà toute sa pensée concernant la démocratie et le totalitarisme. C’était une explication de son opposition à l’organisation (Pouvoir Ouvrier) qu’une partie du groupe de S ou B avait décidé de constituer.
Dès cette époque Lefort s’opposait au parti d’avant garde qui ne pouvait que se couper des travailleurs et entraîner le peuple dans des destinées étrangères à ses propres intérêts. La forme d’action qu’il préconisait était principalement la publication d’un journal mettant les analyses des intellectuels à la disposition des expériences ouvrières. Une organisation souple sans rôle de direction, rejetant toute centralisation.
Un tel langage me convenait parfaitement et je pouvais l’appliquer sans aucune difficulté dans le pays que j’étais venu servir (l’Algérie) et dans lequel je ne pouvais que m’abstenir de toute forme de menée politique. Dans mon domaine professionnel (agricole) je répétais sans cesse que la science était au service du peuple. Ce qui n’était pas sans importance dans la constitution des équipes de recherche et de leurs thèmes d’activité.
Malheureusement ce rôle de conseil, de participation bienveillante et positive trouve vite ses limites. La démocratie est respectée mais c’est au détriment de tout caractère opérationnel. Dans cet état d’esprit on oscille entre la tentation anarchiste (au sens propre) et celle de l’amateurisme ou du bénévolat. C’est dans ce sens que j’ai pu écrire que la définition en creux de la démocratie est une lacune absolue. On sait ce qu’elle ne doit pas être mais on reste plutôt vague sur ses formes abouties. Peut-être aurait-il fallu dire aux militants, faites de l’entrisme, prenez des responsabilités…
Je n’ai pas de meilleure réponse hélas, sauf que tout cela nous mène bon gré mal gré, à la social-démocratisation et à la patience. Est-ce si grave ?
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14.07.2010
CONFERENCE A REVILLE
Une incursion amusée dans notre mémoire collective en passant par la vie de nos saints, nos contes de fée, les espiègleries des goublins, les rendez-vous de sabbat, les maléfices des sorciers et nos légendaires vikings....
10:53 Publié dans culture, histoire, légendes normandes, patois normand | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cotentin, légendes | |
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03.07.2010
Quatrième de couverture
Pour la 3° fois Charles Brucan récidive
Le « Chevalier de Thibosville » vous entraîne dans la glorieuse épopée des normands,
de la bataille d’Hastings à la conquête de Jérusalem


(gouache de D. Labadie)
Avec le « Chevalier de Thibosville » Charles Brucan nous raconte comment, en trois générations, les coureurs des mers scandinaves, les fameux Vikings, se transforment dans notre Cotentin en piliers d’une brillante civilisation attachée à la terre.
La saga commence avec l’arrivée d’Ozouf à la Dent, en 1025, lorsque l’aventurier danois débarqué à Landemer, investit brutalement le chastel de Quettehou, principal point de défense du Val de Saire à l’époque. Elle se termine un siècle plus tard, lorsque son petit fils Thibaud, victorieux du désordre et des drames familiaux, assiste au désastre nautique de la Blanche Nef.
Dans ce troisième volume de la collection « Histoires et légendes du Cotentin », l’auteur nous fait assister à la bataille de Val-es-Dunes, à la conquête de l’Angleterre et à la prise d’Antioche et de Jérusalem, lors de la première croisade. C’est dans ces circonstances que le Chevalier découvre l’Italie du Sud, conquise par les fils de Tancrède de Hauteville, un modeste seigneur du Coutançais.
En toute simplicité, l’auteur porte un regard amusé sur la vie quotidienne de ses personnages, aux prises avec les grands évènements de l’époque. Comme dans les deux récits précédents, Dominique Labadie l’auteur des onze planches originales, nous fait vivre à la pointe de son crayon guidé par l’humour et le talent, les étapes marquantes du récit. D’une lecture facile et plaisante, « Le Chevalier de Thibosville » est une excellente occasion de se remémorer les épisodes fondateurs d’une période faste de l’ histoire de notre presqu’île.
12:28 Publié dans Actuelles, culture, histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cotentin, histoire, normandie, croisades, vikings, jérusalem, antioche | |
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06.05.2010
Saint Clair, le meilleur d'entre nous !

Je vous ai raconté pourquoi je vénérais Sainte Colombe, la belle oiselle de l'amour. Je vais vous dire maintenant pourquoi j'admire Saint Clair qui en fut le martyr.
Saint Clair, et ceci n'est peut-être pas innocent, est venu d'Angleterre vers 870, dans les bagages des danois qui dans notre Cotentin, se considéraient comme chez eux. Il débarqua à Cherbourg déjà baptisé et sachant lire et écrire. C'était un très beau jeune homme, mais qui préférait la compagnie de ses frères de monastère à celle des dames.
Cependant sa piété et son recueillement s'accommodaient mal des prières en grégorien et des cérémonies qui attiraient des visiteurs et des visiteuses. Il eut la permission de se retirer dans un ermitage, qu'il bâtit lui même dans la forêt dominant la mer à Nacqueville. Ainsi retiré, il se consacra à la méditation et aux gloses sur les textes sacrés. Malheureusement sa réputation de clerc avisé le fit rechercher par de plus en plus de gens pour des conseils et des soins.
Une de ces paroissiennes, grande Dame de la région, décida d'en faire son confesseur, malgré ses protestations. La dame n'aimait pas qu'on lui résiste. Elle tomba farouchement amoureuse de Clair et le poursuivit de ses sollicitations et de ses invites. On aurait parlé aujourd'hui de harcèlement sexuel.
Impuissant à se débarrasser de l'amoureuse hystérique Clair résolut de s'enfuir. Il prit la route tout en priant et en prêchant sans jamais s'arrêter, de peur d'être rattrapé. Quand il crut avoir effacé toute trace de sa pérégrination, il s'arrêta au bord d'un joli fleuve qu'on appelait l'Epte. Il planta une cabane et cultiva son jardin.
Hélas, la dame furieuse d'avoir été ignorée devint folle de haine en voyant tant d'amour traité par le mépris. Elle envoya deux gardes armés à sa recherche en exigeant qu'ils ramènent le fuyard, mort ou vif. Les spadassins aboutirent au jardin de l'ermite et le surprirent à bêcher ses légumes. Ils lui ordonnèrent de les suivre et de se livrer à la Dame, impérativement. Clair refusa en s'agenouillant, au nom de Dieu et de sa piété. Il leur suffit alors d'un seul coup d'épée pour le décapiter.
Les gardes sanguinaires furent bien ébaubis de voir Clair, malgré sa décollation, ramasser sa tête ensanglantée pour aller se coucher dans la sépulture qu'il avait lui même préparée. Après un tel miracle une chapelle fut construite et les pèlerins furent si nombreux qu'une bourgade naquit sous le nom de Saint Clair sur Epte, là ou Rollon signa avec Charles le Simple en 911, le fameux traité qui donna naissance à la Normandie.
Il faut que les dames se fassent une raison, on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Si en plus il vient d'Angleterre et que la grande Histoire s'en mêle, il est prudent de ne pas insister, on sait bien que les Saints ont toujours le dernier mot.
22:11 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saint clair, harcèlement, rollon, normandie | |
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04.05.2010
Exposition à Saint Sauveur

Anne Marie Leconte exposera ses porcelaines décorées,
Dominique Labadie et Charles Brucan dédicaceront leurs livres
Jean Pierre Renouf exposera ses peintures sur toile (eaux et sous bois)
10:07 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saint sauveur, histoires et légendes | |
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