21.01.2012
Demain au Bourget, l'espoir de tout un peuple

Les critiques adressées à François Hollande par les militants et les sympathisants de gauche sont à la mesure de leur angoisse. Nous avons tous peur d’un nouvel échec, comme en 2002, comme en 2007, et cette peur est d’autant plus aigue que nous redoutons une reconduction du petit Président. Tout sauf Sarko ! nous sommes saturés de ses grimaces, de ses provocations, de ses mensonges, de ses manières de comedia del arte. A tel point que même face à la femme Le Pen les gens de gauche ne voteront pas pour lui et au mieux s’abstiendront.
Beaucoup d’entre nous perdent leur calme. Ils ne supportent pas la trêve médiatique, pourtant annoncée par notre candidat à l’issue des primaires. Ils sont révulsés par les attaques tous azimuts de la droite. Ils veulent répondre, ils veulent se battre, ils se sentent salis. Ils se demandent si la tactique de l’impassibilité est la bonne, si c’est vraiment voulu, ou bien si ce n’est pas un symptôme de la faiblesse de notre candidat. On voit apparaître des expressions désobligeantes et des interrogations sur le flou du programme. Même dans notre parti le Bujo-bujo du sud-ouest a remis ça, suivi par l’infatigable Lieneman et le décidément trop opportuniste Benoît Hamon. Les gens de gauche sont prompts à critiquer et à se décourager. Chacun y va de sa couleur, de son bon mot, de ses propres ambitions. Ils oublient de taire leurs préférences comme si ils ne savaient pas que pour gagner il faut rassembler 51% des voix. Ils oublient que chaque opinion discordante dans notre camp est une arme redoutable remise aux mains de nos adversaires.
Comme je l’avais prévu, les outrances de la droite ont plutôt conforté notre candidat. Mélanchon l’a déjà appris à ses dépens et la petite elfe du cercle polaire également. Je ne doute pas que le vieux Henri Emmanuelli et son équipe vont aussi y perdre des plumes. Les derniers sondages montrent que les Français ne sont pas dupes de l’agitation du Président et des invectives de ses ministres. On sent dans la nation qu’un espoir de changement se lève et qu’avec le temps on y croit de plus en plus fort. Si on garde son calme comme j’essaie de le faire malgré mon impatience, on se dit que la victoire ne peut nous échapper. Sarkozy est mort et bientôt enterré. La femme Le Pen ne gouvernera jamais la France. Mélanchon occupe brillamment le créneau de la révolte mais il ne réunira jamais 51% des voix, il peut faire perdre la gauche, mais il ne gagnera jamais sur des bases électorales aussi étroites. Reste la grenouille du Pays Basque qui nous annonce la météo depuis des années. Il pourrait éventuellement servir de canasson de rechange pour la droite au cas ou Sarko s’enfuirait la queue basse. Dans ces conditions les reports frontistes se feraient mal sur cet homme aux contours de plasmode bien pensant et dépourvu de bataillons.
Ce qui fait que tous les espoirs de changement reposent sur François Hollande. Demain au Bourget il va devoir répondre à l’espérance immense qu’il incarne. Malgré son humour, sa distance, son refus de personnaliser, sa volonté du travail en équipe, son ambition de représenter un Président normal pour la France qui se met au service du pays et de ses concitoyens, il va devoir rencontrer le souffle des dix mille militants qui vont l’accompagner avec une ferveur en pleine explosion. Je fais des vœux pour qu’il trouve la force physique, la puissance mentale et le sang froid nécessaires, pour que lui viennent l’exactitude des mots et la vigueur des expressions et des mimiques, propres à faire partager ses idées et ses sentiments à tout un peuple. J’écouterai avec passion son discours demain, ce sera l’heure de vérité.
12:23 Publié dans campagne présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande | |
Imprimer




Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.lalettreducotentin.com/trackback/4567282
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.