08.12.2011

Atmosphère de fin de règne

 

 

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Nous entrons dans le vif du sujet, droite contre gauche. Toute l’astuce de Sarkozy candidat en 2007 a été de se déguiser en Président au service du peuple, en rupture avec la vieille droite, sa propre famille. Il en appelait à Jaurès et il embauchait Kouchner, Besson, Jouyet. Tous ces oripeaux  ont été très efficaces pour dissimuler sa nature véritable et emporter des votes. Le dîner du Fouquet’s fut une belle idiotie de sa part, à laquelle il n’a pas su résister, tant il est vaniteux. Desseigne le propriétaire du boui-boui, Bolloré, Dassault, Arnault, Bernheim, et combien d’autres étaient là, magnats, héritiers et hallebardiers, barons et truands, tous serviteurs, profiteurs et adorateurs de la Finance. Les Juppé ou les Fillon ont appris plus tard (trop tard ?) à Sarkozy la discrétion et la modestie, ce qui sans doute nous en a épargné de belles. Pour un peu on aurait vu  notre Président en vacances chez son ami Gaubert en Bolivie…dans la finca Cactus, attablé dans les bars Nibar et Nichon !

 

Aujourd’hui, avec Madame Bismarck, changement total de rôle, bon sang de capitaliste conservateur ne peut mentir. Outre-Rhin,  on ne batifole pas avec ces choses là, on ne dépense pas son argent dans des cafés de luxe et quand on parle de sous c’est du sérieux. Le bas de laine germanique est sacré. L’euro doit protéger la richesse allemande. La monnaie doit rester un rempart,  comme du temps du mark. L’Allemagne est un vieux pays qui se dépeuple et qui anticipe sur ses vieux jours. Pas question de laisser filer  une éventuelle inflation qui diminuerait le pouvoir d’achat de ce pays de rentiers.

 

Sarkozy n’a pas les moyens de résister à cette politique. Homme de droite aventurier, sans passé ni principes,  il doit se ranger bon gré mal gré du côté des banques et des taux d’intérêt qui offrent une vraie rémunération aux investissements et aux spéculations, Il lui est interdit de s’écarter de l’orthodoxie financière la plus stricte. Pas question de nourrir les bouches inutiles et les fainéants. Il faut s’en tenir à la sobriété, aux privations, aux sacrifices, à la rigoureuse austérité. Peu importe que la récession menace ou que le chômage guette ! Peu importe que nos jeunes ne trouvent pas de travail, que nos écoles se délabrent et que nos hôpitaux ferment. Il faut rationaliser, économiser, raboter !  L’Etat doit rétrécir, s’étioler, s’anémier, se faire vraiment petit et coûter moins de sous.

 

Manque de chance,  le petit Nicolas est en campagne électorale et l’opinion publique française ne semble pas mûre pour endosser l’égoïsme austère de la droite allemande. Il faut donc trouver des prétextes, des leurres électoraux, il faut accuser les arabes immigrés de nous ruiner par exemple, rechercher les voleurs de la sécu, les truqueurs de l’indemnité, accuser les socialos d’avoir mis la France en faillite avec leurs 35 heures,  proclamer que la gauche est irresponsable en  refusant de signer la Règle d’Or ! déguisée pour la circonstance en une sorte de Graal, de Toison d’Or, de Trésor caché ! La gauche est illégitime. Elle ne peut venir au pouvoir que par effraction.  Pour finir on en appelle à un gouvernement d’Union Nationale ! Malheureusement tout cela ne marche pas très bien et les sondages ne bougent que bien peu.

 

L’UMP et consorts  s’aperçoivent chaque jour un peu plus, qu’ils risquent de perdre les élections présidentielles. Alors ils font  feu de tout bois, gesticulent des quatre fers, accusent à tout va, insultent, menacent.  Même le petit Président se laisse aller à l’âcreté en compagnie de Madame Merkel. La tradition est pourtant de laver le linge sale français en famille. Impudence et imprudence. Nous sommes loin du débat politique, nous sommes dans le domaine de l’invective et à ce petit jeu l’UMP n’a rien à gagner, sauf le déshonneur de la démagogie et du mensonge. Montebourg aurait tort de se gêner, les cris d’orfraie de la droite française s’offusquant de la germanophobie, Sarkozy en tête, sont surjoués pour effrayer le bon peuple de l’Hexagone. Les Allemands quand à eux ,  n’ont pas du tout honte de leur Bismarck, fondateur de leur nation.

 

 

Le peuple est plus intelligent que le sieur Copé Jean François. Avec ses 10% de chômeurs, dont 25% des jeunes de moins de 25 ans, la situation est économiquement critique et socialement instable, profondément injuste. La politique conservatrice allemande ne répond en aucun cas à notre situation. Notre dette est détenue dans des paradis fiscaux et la spéculation s’en est emparée. Nous avons nourri la spéculation au lieu d’alimenter l’investissement productif. Il faut renverser la vapeur, il nous faut un Etat stratège, investisseur, animateur économique. L’épargne française doit être mobilisée pour produire et créer des emplois. Il nous faut un vrai gouvernement au service du peuple et pas une bande de jean-foutre ! C’est ce que vient de rappeler François Hollande entouré de prolos,  qui n’ont rien d’autre que leur travail pour vivre !

 

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Ce n’est pas si facile à faire direz-vous ? Croyez vous que le jeune Baroin qui s’est roulé par terre pour avoir son maroquin ou que la triste Pécresse dressée en chienne de garde sarkozyste, ou que l’élégante Kosiusko-Morizet dont les dents rayent profond les parquets de la République, sont capables de nous sortir de là ? Nous ne sommes plus dans la communication !  Nous avons besoin d’une vraie politique économique qui rétablisse la confiance, celle des patrons et celle des salariés. Il faut des gens sérieux qui réfléchissent, qui sont soucieux de l’intérêt public et qui cessent leurs plaidoyers pro domo. Il faut faire place nette ! Croyez moi, nous ferons des  découvertes, voyez du côté de Guéant et de ses sbires dont les basses œuvres seront nombreuses et à peine dissimulées.

 

 

Nous avons maintenant sous les yeux une lamentable fin de règne, une déconfiture qui fermente un peu plus chaque semaine et qui nous plonge toujours plus profond dans le doute et dans la récession. Les riches ne veulent plus payer d’impôts et les travailleurs y vont au noir. Dans les troupes de la droite, les solidarités se disloquent et les ambitions se dissolvent. Il n’y a plus de réserves de votes. Bayrou marchande ses futurs électeurs. Hollande se tient à 60% au deuxième tour ! On commence à chercher des solutions de repli pour les capitaux volants et même des recours contre la zonzon dans les cas les plus graves.  

 

La seule perspective positive pour la France c’est celle des élections et du changement de Président et de Régime. A la place des agences de notation je mettrais cela dans la colonne du crédit plutôt que dans celle du débit.