31.03.2011
Moi, Jules Lelampiste, secrétaire de section...
Voilà presque cinq ans que mes camarades m’ont confié l’honneur et la responsabilité d’animer notre petit groupe d’une trentaine de militants qui couvre notre (défunte) circonscription électorale législative. Ce petit groupe porte un nom : Section du Parti Socialiste. Je suis le Secrétaire de Section élu démocratiquement par mes camarades. A ma connaissance , la circonscription a toujours été de droite modérée, gaullo-chiraquienne, du RPR à l’UMP. Nos campagnes pour élire un député de gauche ont jusqu’à présent échoué.
Il faut dire que nous sommes en plein territoire rural, maillé par des bourgs modestes, tirant l’essentiel des revenus de l’activité agricole, de la pêche, du tourisme et d’une certaine activité nucléaire. Le secteur agricole a subi des bouleversements considérables depuis les Trente Glorieuses. Le nombre d’exploitations a été divisé par trois, ce qui a éliminé les fermiers les plus âgés et les moins performants, pour ne laisser place qu’à quelques grosses entreprises intensives, de haut niveau technique. Il demeure bien sûr des professions libérales, des commerçants, des chefs d’entreprise, des artisans, des pêcheurs. Le reste de la population active est salarié dans le nucléaire et la construction navale, dans l’agro-alimentaire, dans les travaux publics et la construction, dans les supermarchés et les services en général, dans la fonction publique enfin. Et puis il y a tous les retraités qui n’ont pas, en principe, besoin d’un emploi, mais d’une maison et d’aides à la personne.
Face à ce tableau sociologique qui a quand même beaucoup évolué, je suis étonné par la stabilité politique des électeurs. Les notables n’ont plus la main, mais les esprits sont restés à droite et conservateurs. L’église et le chiraquisme sont les deux mamelles anciennes et nourricières. La vieille bourgeoisie de sous-préfecture a gardé un pied dans le clergé et un autre dans la défense de la propriété. Les possédants appartenant à des vieilles familles industrieuses et marchandes, ont naturellement un réflexe de défense face aux « Rouges » sortis tout juste de la marginalité, et qui en veulent à leurs biens. Cette crainte est dans beaucoup d’esprits, même dans ceux qui n’ont rien à défendre. Les mêmes se considèrent comme l’élite, apte à diriger. Elle est la caste dominante légitime. L’échelle des valeurs est financière et non culturelle. L’influence de ces citoyens n’est pas dans les mairies, devenues sans enjeux et sans pouvoirs réels, elle se fait sentir plutôt dans les chambres consulaires, les syndicats de patrons, les organismes économiques, peut-être bien aussi au Lion’s club ou au Rotary et à la Grande Loge.
Les salariés qui n’ont pour vivre que la somme attestée par leur bulletin de paye, peuvent tirer quelque amertume de la minceur de leur patrimoine et s’inquiéter d’une situation qui ne leur fait pas la part belle, en particulier à cause du chômage et des atteintes répétées aux services publics, qui sont à la base de leur qualité de vie. Il ne fait aucun doute que les gens aujourd’hui ne sont pas satisfaits. Le Parti Socialiste dont la raison d’être est de se battre pour plus de justice sociale devrait attirer les esprits. Or, rien ne se passe. Les jeunes les plus informés se tournent, quand ils sont généreux avant tout vers les écologistes, ou bien quand ils sont ambitieux, vers le type de réussite que Sarkozy leur propose, assortie de bling-bling et d’élitisme.
Cela montre que nous ne sommes pas crédibles en dehors des cercles cultivés et politisés. Notre discours abscons n’est plus compréhensible par les jeunes. Nous avons pourtant des régions et des villes menées par des majorités de gauche et des personnalités de valeur. Cherbourg en est un bel exemple tout proche.
Nous sommes victimes d’un rejet de la classe politique dans son ensemble qui tient à quelques facteurs criants :
- A l’extrême droite, Marine Le Pen n’arrête pas de mettre dans le même sac gauche et droite et on la croit, car c’est un argument bien souvent relayé dans les media par des commentateurs aux idées courtes.
- L’infâme Copé et ses amis de l’UMP enfourchent le cheval de bataille populiste, en martelant que la gauche n’a pas de projet, qu’elle est d’un autre siècle et ne mérite pas qu’on discute avec elle sur le fond. Ce qui réduit le débat politique à une triste polémique sans intérêt, qui dégoûte les gens et leur brouille l’entendement.
- Nos propres leaders politiques ne font pas ce qu’il faut pour inverser la vapeur. Ils sortent visiblement des mêmes milieux que les politiciens de droite, de familles aisées et des grandes écoles. On ne voit pas ce qui distingue sociologiquement DSK ou Martine de Juppé ou MAM. On retrouve les mêmes tenues vestimentaires, le même langage convenu, les mêmes limousines, les mêmes palais de la République. Tous sont des professionnels de la politique qu’on retrouve chaque jour sur nos écrans.

Tout ceci nourrit notre ennemi véritable : le Parti des Abstentionnistes !
Le PS est un parti d’élus qui s’est coupé de la population ordinaire en réservant le jeu politique à une catégorie de spécialistes qui en ont fait leur profession. Je ne dis pas qu’ils sont tous pourris pour autant, loin de là. A droite comme à gauche ce sont généralement des gens intègres, rompus aux modes de gestion et dévoués à l’intérêt public. Mais par habitude et par nécessité ils donnent l’impression de se réserver la sphère des responsabilités, dans laquelle on retrouve les mêmes depuis des lustres. Ces élus une fois en place, ont leur vie propre, indépendante du Parti. En cinq ans je n’ai jamais reçu comme Secrétaire de Section, une invitation à une inauguration, une visite ou une manifestation officielle de la part d’un de nos élus. On ne se rappelle notre existence que pour coller des affiches. Le premier pas vers l’isolement se fait là, car les hommes de base ont souvent des choses à dire, désagréables à entendre.
Alors je dis à mes camarades grands et petits, jeunes et vieux : continuons comme ça et nous sommes perdus. Nous ne ferons que renforcer l’abstention et les bataillons de desperados du FN . Pendant ce temps nous ne ferons que développer des politiques inégalitaires. Le système repose sur la tête, il y a un besoin urgent d’un renversement radical. Pour y parvenir, on ne peut pas compter sur l’aide et l’accord de nos leaders, car ils sont les premiers bénéficiaires du système actuel.
Il faudrait qu'enfin, nous puissions imposer une limitation drastique des mandats , dans le temps et dans les différentes instances. Il faudrait redonner le pouvoir à la base, c'est à dire aux sections, qui doivent être le vivier du Parti et le véritable lien avec la population. Nos maires de gauche, nos conseillers généraux, nos sénateurs, nos députés ne doivent pas se contenter d’établir un lien direct avec leurs électeurs. Ils doivent maintenir une véritable activité idéologique et militante dans les instances du Parti, qui a besoin d’eux pour réfléchir et se renouveler. Il faut aussi mettre fin à la langue de bois socialiste, aux courants et aux fraudes internes. Pour battre Sarkozy, nous devons commencer par corriger nos faiblesses, nos trucs de politiciens et nos archaïsmes. Nous devons cesser de confondre les sondages avec une élection et le marketing politicien avec une campagne d’explication. Point barre comme disent les jeunes.
12:30 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, sections, abstentions, circonscription rurale | |
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29.03.2011
La crise nucléaire, mea culpa !
J’ai critiqué les écolos et leurs trémolos parce qu’ils pleuraient avant d’être battus (ma chronique du 14/03/2011). Je dois reconnaître qu’à ce moment là, je n’imaginais pas les carences invraisemblables dont font preuve aujourd’hui les ingénieurs nippons. J’ai toujours défendu le progrès de la science que j’estime indispensable à la conquête de la liberté par le genre humain. L’homme se libère de ses entraves primitives pour atteindre les plus hautes destinées, que nous sommes aujourd’hui incapables d’imaginer, mais qui sont le véritable ressort de notre lignée évolutive. C’est une philosophie ouvertement confiante, imprégnée de darwinisme et de foi dans le jeu des puissances naturelles. Dans une certaine mesure ma tolérance au nucléaire est liée à ce fond d’optimisme.
Au moment des régionales, donc bien avant le désastre nippon, j’avais écrit à propos des relations socialo-écolo « Reconnaissons que l’énergie nucléaire n’est pas une solution durable. Mais elle existe. Elle fournit à la France 80%¨de son électricité. Doit-on fermer les centrales nucléaires et l’usine de retraitement des déchets qui va avec, pour ouvrir des centrales thermiques (à gaz, pétrole, charbon) ? Non n’est-ce pas, à cause du bilan carbone devenu un enjeu vital pour notre planète. Doit-on faire des économies d’énergie ? Oui cent fois oui, indiscutablement. Doit-on développer le solaire, l’éolien, la géothermie ? nécessairement, mais sans oublier que toutes ces solutions ont aussi leurs limites. Doit-on dans ces conditions prendre le risque de se retrouver dans un régime de pénurie ? Seules les centrales nucléaires sont aujourd’hui notre véritable garantie contre une crise de l’énergie qui se révélerait redoutable pour notre pays. »
La manière dont les ingénieurs de la Tepco japonaise gèrent le désastre engendré par le tremblement de terre et le tsunami qui s’en est suivi me contraignent à plus de circonspection aujourd’hui. Je m’étonnais il y a quelque jours de la légèreté avec laquelle des centrales avaient été implantées sur un littoral menacé par la vague sismique, dans un pays tout à fait familier des tremblements de terre. A mesure que les jours passent on a l’impression que les hommes en charge de la centrale de Fukoshima perdent les pédales. Ils pataugent au sens propre dans des flaques d’eau radioactive et font des erreurs de calcul grossières. Ils n’ont plus l’air d’avoir la visibilité nécessaire. Ils semblent avoir perdu la maîtrise des opérations.
Je veux bien croire que les complications, la désorganisation et la fatigue entraînées par le séisme aient rendu la tragédie presque hors d’atteinte. Mais il est inadmissible que les mesures de sécurité n’aient pas prévu cette accumulation de facteurs, même improbables, puisqu’il est notoire qu’un accident est toujours le résultat d’une pareille conjonction. Le drame japonais fait naître chez moi un doute définitif sur l’esprit de responsabilité des organismes chargés de la mise en œuvre de systèmes industriels qui peuvent se révéler comme de véritables volcans radioactifs.

On peut accuser l’appât du gain développé par notre système économique trop libéral, peut-être aussi le conformisme d’esprits anesthésiés par le quotidien. A tout le moins l’expérience douloureuse du Japon doit être le signal d’une ardente obligation : repasser au peigne fin toutes les mesures de sécurité des centrales nucléaires du monde entier, quelque soit le pays. Ce genre d’accident concerne la planète entière.
12:34 Publié dans écologie, économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tsunami, nucléaire, japon | |
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23.03.2011
Sainte-Mère-Eglise : les bedas du Plain votent pour le Front
Sainte- Mère–Eglise est la capitale d’Utah Beach, qui a vu le 6 juin 1944 l’acte 1 de la défaite des nazis face à l’Occident judéo-chrétien révulsé. On pourrait croire que cette célèbre victoire d’une alliance internationale et démocratique, qui nous a rendu la liberté au sens propre du mot, aurait marqué durablement les esprits dans le canton. Il n’en est rien. Les paysans (bedas en patois normand) du Plain et du Marais se sont ici comme ailleurs massivement abstenus aux élections cantonales (1 inscrit sur 2) ou bien ont choisi le Front national (1 électeur sur 5 et dans certaines communes 1 sur 3).
Je l’ai déjà dit, on comprenait bien la semaine dernière en distribuant les tracts dans les petits marchés de campagne, que les gens étaient excédés par l’ambiance politique qui s’est installée depuis pas mal de temps. J’ai déjà daubé sur l’inconséquence de nos élites si contentes d’elles même. Comment ne le seraient-elles pas ? Ce monde est fait par elles et pour elles, à base de communications et de services urbains toujours plus performants, et de nouveautés technologiques et économiques toujours plus lucratives.
Ces succès nourrissent des sentiments de toute puissance et d’importance qui favorisent une vie entre soi riche, facile et gaie. C’est cette vie même qu’on nous donne à voir 24/24 à la télévision dans une pléthore d’émissions de variétés, de jeux, de people, où tout est permis sauf la banalité du quotidien. Il y a en réalité bien d'autres choses à la télé mais personne ne veut les voir ou les entendre. Dès qu’on s’éloigne des beaux quartiers les tableaux de cette vie insouciante et follement intéressante se heurtent aux duretés moroses du métro-boulot-dodo de tous les jours.
Les cantons ruraux, qui ont vu leur tissu social se déchirer par la concentration des exploitations agricoles, le vieillissement de leur population, et l’obsolescence des services publics, sont devenus des sanctuaires de populations oubliées. Les trains ne roulent plus dans les petites gares, les curés abandonnent leurs églises, les receveuses des postes sont à la retraite, les instits sont regroupés, les médecins généralistes désertent leurs cabinets, les patronnes ferment leurs bistrots. Les belles maisons anciennes, témoins d’un passé prestigieux rabattent leurs volets en octobre et ne les rouvrent qu’en mai ou juin.
Dans le Cotentin notre opulent bocage est devenu un semi désert habité par des sortes de réfugiés. Des hommes et des femmes trouvent là des vieilles maisons pas chères, mais inconfortables et éloignées de tout. Des maisons qui sont convenables pour les néo-ruraux entichés de nature encore authentique, mais qui sont invivables pour des personnes âgées ou sans ressources, loin de tout.
On ne doit pas s’étonner de trouver alors beaucoup de citoyens repliés sur eux mêmes et qui ne se reconnaissent en rien dans ce qu’on leur donne à voir ou à croire. Le tabac n’arrête pas d’augmenter, le pinard est mal considéré et la chasse et la pêche ont chaque année leur accès plus restreint. Pendant ce temps les routes se couvrent de radars guet-apens qui vous font les poches sans mot dire. On ne compte plus que sur soi pour s’en tirer, sur la débrouille et le travail au noir.
Le premier signe politique est celui de l’abstention. Il signifie un effondrement de l’espoir collectif et un plongeon dans l’individualisme forcené et désespéré. C’est une philosophie que notre droite sarkozyenne a bien développée dans notre pays. Aide toi le ciel t’aidera. Les ayants droit des aides sociales et des filets de sécurité sont réputés profiteurs. Le langage de l’esprit d’entreprise et de compétition convient bien entendu aux esprits forts. Mais les autres ? A force de mesurer et de décrier la solidarité on désespère ceux qui en ont le plus besoin. Il y a cependant une limite à l’humiliation des gens modestes. Personne ne peut vivre avec le sentiment qu’il est un boulet pour la société.
C’est ici que le Front National entre en scène. Toutes les misères du monde frappent à notre porte. Elles nous sont apportées par tous ces nègres et ces arabes qui viennent nous voler le Boulot, la Sécu, le Chômage, et même nos porte-monnaie dans nos poches. Parfois même ils violent nos femmes et nos enfants ! Les seuls qui profitent de ça sont les affairistes de la politique et de la finance, bien souvent cosmopolites et apatrides, de droite ou de gauche, tous pareils.
Il se trouve que dans nos campagnes il y a 50 ans, on a appris à nos vieux d’aujourd’hui, qui étaient alors de malheureux petits soldats, que les bougnoules étaient du mauvais gibier, à tirer sans hésitation pour que demeure l’Algérie Française. Mohamed, je n’aime pas beaucoup ce prénom disent-ils… La belle Marine sous des dehors de Jeanne d’Arc sportive et moderne nourrit avec aplomb les peurs ancestrales, tout en sachant qu’elle ne peut en guérir aucune. La Vague Marine est un baume de Charlatan.
Nous autres français sommes le fruit des invasions successives de barbares, Visigoths et Ostrogoths, Macaronis et Polaks, Espinglots, Portugais, Turcs et Arméniens, Bamboulas et Bicots, tous de sang chaud et nouveau. Aujourd’hui l’ADN du monde vient à notre secours. Il suffit de voir comme ces enfants hybrides qui prennent toutes les couleurs du chocolat et du thé sont beaux, vifs et intelligents. N’importe quel éleveur de vaches sait que l’endogamie fait courir des risques au troupeau. Tous ces nouveaux venus qui triment, qui chantent et qui jouent au foot sont une indéniable richesse pour notre vieux pays. Avec eux viennent les écrivains, les inventeurs, les hommes d’affaire et les champions du monde.
En désignant les étrangers à la vindicte des pauvres gens, en tout cas des plus fragiles, qu’ils s’appellent Sarkozy ou Le Pen, ces mauvais bergers font un mauvais coup à la France. Ils divisent les gens, ils les dressent les uns contre les autres, ils libèrent les haines et les jalousies, au lieu d’expliquer patiemment que l'homme est un animal social, dont l’aisance et la grandeur ne peuvent naître que de sa communauté rassemblée. Seule, une société apaisée peut nourrir et élever ses enfants, former des ingénieurs et produire des artistes et des champions. Qu’on observe seulement un instant les sociétés ethnico-religieuses fermées et on sera vite convaincu qu’elles sont en réalité de véritables déserts humains, que d’ailleurs les jeunes fuient et délaissent (cf. les évènements du monde arabe).
Malheureusement la solitude et l’isolement dans l’hiver de nos bucoliques paysages prédisposent peu à la communion sociale. Les gens de nos campagnes sont loin des banlieues et de leurs nuisances, mais ils sentent qu’ils sont les laissés pour compte d’un monde qui leur est chaque jour un peu plus hostile. Ils voudraient bien qu’on s’occupe de leur petit pays qui se meurt, mais ils ne voient que des hérons gris, immobiles et muets.
17:04 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fn, cantonales, sainte mère, plain | |
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21.03.2011
L'homme qui lisait Montesquieu
Ce que je ne fais pas. Patrick Ollier peut se faire tout petit. Il est l’exemple caricatural du comportement de nos responsables politiques vis à vis du berger de Tripolitaine. Le Guide qui s’est donc inspiré (dixit P. Ollier) des Lumières de la Civilisation va pouvoir méditer sur la fragilité des despotes. Qu’on puisse passer en quelques mois de la Grande Tente plantée dans les jardins de Paris, au terrier de chacal dans le désert, témoigne de l’insignifiance de ces personnages de Guignol. L’homme Khadafi est frustre, mais expert dans le maniement des rapports de force et des tares les plus viles de la nature humaine. Il y a des khaïmas où les femmes n’accouchent que de bâtards. Ce Colonel d’opérette a du rencontrer tant de solliciteurs et de cireurs de pompes, qu’il est depuis longtemps persuadé que l’odeur seule des dollars suffit pour faire ramper les plus altières des silhouettes.
Cet Ubu des Syrtes est brutal et cynique et il n’a fait qu’exagérer les traits de ses commensaux, sans souci de la vulgarité et du qu’en dira-t-on. Vous voulez m’impressionner avec vos costumes bien coupés ? regardez les miens, bien plus chamarrés et qui vous frappent jusqu’à la stupeur ! Vous vous vantez de baiser toutes les femmes que vous voulez ? Regardez les miennes, en ordre de bataille, mafflues et casquées, toutes à ma botte. Des avions ? j’en ai , des canons, des mitrailleuses, des missiles…J’ai tout ce qu’un homme peut désirer : la puissance et la gloire. Pendant ces dernières années ce rusé chef de tribu avait même réussi à amadouer les Princes des Démocraties avec ses puits débordant de pétrole brut. Sarkozy a accepté ce marché médiocre et sans gloire de manière spectaculaire. Il se rachète aujourd’hui en prenant la tête des bataillons vengeurs et purificateurs.
Je fais des vœux pour que cet illuminé sentencieux et vindicatif, soit contraint à la fuite et au silence et condamné à réécrire cent fois son petit livre vert de Guide Suprême des Bédouins. J’entrevois aussi l’espoir que la séquence serve de leçon aux apprentis Bokassa et autres dictateurs sanguinaires, sortant tous de la même école ouverte par la décolonisation. La mondialisation peut aussi servir à ça : interdire les dictatures. A partir d’aujourd’hui le Conseil de Sécurité de l’ONU décide qu’il est interdit aux tyrans petits et grands de mitrailler leurs peuples. A partir d’aujourd’hui, le fait de priver de liberté les citoyens pour délits d’opinion est considéré comme un crime. A partir d’aujourd’hui tout journaliste est aussi sacré qu’une vache hindoue. A partir d’aujourd’hui le droit prime la force. Les contrevenants seront immédiatement liés et enfermés pour être traduits devant la Haute Cour des Droits de l’Homme. Une force volante et blindée internationale est chargée de l’exécution de cette résolution primaire de l’Organisation des Nations Unies.
Je me pince pour ne pas rêver ! Nicolas Sarkozy serait-il l’adjudant du premier bataillon d’exécution da la nouvelle loi ?
12:27 Publié dans monde arabe, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : khadafi, libye, droits de l'homme, dictatures, onu, sarkozy | |
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16.03.2011
Tsunami
L'origine du mot montre bien que le phénomène n'est pas habituel chez nous. C'est un terme japonais hélas, construit de nami qui veut dire vague et de tsu qui désigne le port ou la grève. On le traduit en français par raz de marée, d'origine bien de chez nous, scandinave. Le raz de marée est bien connu dans nos contrées. C'est plutôt une inondation massive causée par l'élevation du niveau de la mer lors de forts coefficients de marée, avec tempête cyclonique et surcote concomitante. Le tsunami lui, est lié aux séismes et aux éruptions volcaniques. C'est un phénomène qui se produit à grande échelle dans les océans Indien et Pacifique, plusieurs fois par siècle, en particulier au Japon.
Les savants et ingénieurs nippons sont donc les premiers informés de la nature, de la fréquence et des dimensions que peuvent prendre un tsunami. Dans ces conditions on peut se poser des questions sur la légèreté avec laquelle on a pu construire des centrales sur des littoraux exposés. Les images qu'on a vues ces jours derniers nous donnent une idée des dimensions d'ouvrages qu'il faut construire pour se protéger d'une pareille furie océanique. Comment ne pas s'imaginer que les canaux et les pompages soient balayés, que les crépines soient engorgées, que les moteurs soient noyés et tous les moyens de refroidissement soient immergés et détruits. Or, une centrale non refroidie peut devenir une sorte de volcan atomique !
On imagine que toute l'attention des spécialistes a été en priorité sollicitée par les mouvements tectoniques capables de détruire les infrastuctures elles mêmes. On apprend aujourd'hui que Monsieur Ishibashi Katsuhiko (voir notre photo, empruntée à Médiapart) expert sismologue reconnu et bien placé, avait hautement protesté contre les garanties insuffisantes prises pour les centrales nucléaires en cas de séisme exceptionnel. Il n'a pas été écouté, ni pour les tremblements ni pour les submersions. Il faut rendre justice à ce scientifique clairvoyant. On apprendra sûrement que cette catastrophe aurait pu être évitée avec un peu plus de raison et moins d'avidité consommatrice.
Aussi faut-il approuver le premier ministre Fillon quand il réclame un réexamen méthodique et sans faille de la sûreté des installations françaises et européennes. Il y a eu dans un lointain passé des tsunamis en Crète ou à Messine. On a connu des ruptures de barrages hydrauliques et des inondations, des raz de marée et des tempêtes exeptionnelles. On peut réécrire les normes de sécurité et les améliorer. Encore faut-il s'arrêter de gémir en se battant la coulpe et prendre à témoin notre force d'intelligence, plutôt que de se chamailler comme des poules mouillées. Comme on le répète partout, l'accident sera toujours possible, au moins aura-t-on tout fait pour l'éviter.
Le choix aujourd'hui n'est pas entre deux incantations, c'est un choix de civilisation. Veut-on abaisser durablement la manette du progrès technologique ou veut-on persévérer dans notre lancée génétique de conquête des mondes ?. Nous sommes allés sur la Lune... et avons caressé des rêves d'espace infini comme si nous étions nos propres Dieux. Par peur des coups, des désastres et des morts, devons-nous aujourd'hui nous réfugier dans les sous-bois comme des lapins apeurés ?
12:42 Publié dans écologie, géographie, polémique, politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, séisme, tsunami, centrale nucléaire | |
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14.03.2011
Les trémolos des écolos
Les gratte-ciel de Tokyo oscillent encore que nos ayatollahs du nucléaire sont déjà sur le sentier du psychodrame franco-français. Mamère a des tremblements dans la moustache et Eva Joly prend des airs de clown triste. La plus pathétique est bien Corine Lepage qui excipe de sa qualité de grand-mère pour porter l’alerte à son maximum. Il faut admirer l’innocence avec laquelle cette mamie dévouée a plongé dans le syndrome chinois ! (plaisanterie des atomistes qui désigne le cas où une centrale en fusion US traverse l’écorce terrestre pour émerger... en Chine).
Non pas que ce qui arrive au Japon ne soit un drame majeur de notre époque . Les images des destructions engendrées par le tsunami sont fascinantes par leur brutalité inhumaine. On comprend en même temps que le choix des centrales nucléaires dans cette région présente des risques et que nous sommes en train de côtoyer la catastrophe. On tremble pour ces millions de personnes qui vivent des heures sombres en pensant à la menace d’un éventuel panache radioactif, bombe silencieuse suspendue au dessus des filles et des garçons du malheureux archipel.
C’est bien à cause de cette imminence du danger qu’il faut garder son sang froid. Les écolos français (et les autres) se comportent comme des pompiers qui jetteraient de l’huile sur le feu par affolement. Il n’y a aucune urgence à réclamer des mesures définitives comme la fermeture des centrales avec ou sans référendum. Quelle serait d’ailleurs la question posée ? Personne ne semble pouvoir la formuler. Pouvons nous, même en dix ou vingt ans nous amputer de 80% de notre électricité ? Un militant enthousiaste répondait ce matin : quand on veut on le peut ! Il suffit d’arrêter d’éclairer la Tour Eiffel et tout le reste ! En somme, tourner le bouton.
Gardons notre calme et défions nous des clameurs angoissées des marchands de peur. Le nucléaire on le sait, ne saurait être une source durable d’énergie à cause de ses déchets difficiles et coûteux à stocker. Mais qui aujourd’hui est en mesure de présenter un plan de reconversion crédible et peu ou prou applicable ? Les Verts allemands ont décrété la fin du nucléaire, où en sont-ils aujourd’hui ? Les Ecolos français seraient plus crédibles si ils envisageaient les choses avec logique et raison, plutôt que d’avancer peints et masqués comme des chamanes en goguette.
12:02 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, séisme, centrales nucléaires, catastrophe, nuage radioactif, écolos | |
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12.03.2011
Séisme nippon contre DSK
L'affaire avait été préparée de longue date. Le deuxième étage de la fusée médiatique Strauss Kahnienne devait être activé sur Canal +, le dimanche 13 mars. Il devait donner un nouvel élan après le décollage sur France 2, déclanché par cette interview retentissante qui n'avait rien à dire. On annoncait partout jeudi 10 un fameux film biographique sur le patron du FMI. Un film irrésistible, hagiographique, mythomaniaque et laudateur.
Est-ce le dimanche 13 qui porte la poisse ? Le vendredi 11, voilà que s'invite à grand fracas un séisme nippon de toute première violence. Quarante huit heures pour digérer la nouvelle, c'est déjà court, d'autant que les images du tsunami sont extraordinairement spectaculaires ! Les voitures, nos voitures ! sont emportées comme des fètus par des lames gigantesques. Mais bon, des tsunami, on en a déjà vu ! Il restait un peu de temps pour se refaire dans les lucarnes.
Hélas ! voilà que survient la catastrophe des catastrophes qui fonde les angoisses de 80% des Français, voilà que samedi 12 on confirme l'explosion, que dis-je la fuite radioactive de la centrale de Fukushima. En une heure on est irradié pour un an . Des mesures d'urgence sont prises. On sait que nos ingénieurs japonais ont un sang froid à toute épreuve. Ce qui ne rassure personne. Les écolos de la france entière relèvent la tête en disant : c'était prévu. Nous sommes au bord de la fin des mondes. Le drame se noue.
La misérable petite fusée New-Yorkaise est reléguée en 6ème page des journaux et des magazines. Madame Sinclair a été mystifiée par la subduction des plaques de l'écorce terrestre. On ne peut pas lui en vouloir, les forces de la nature sont indifférentes au pouvoir de séduction des femmes, même des plus jolies.
12:35 Publié dans polémique, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |
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10.03.2011
Les agités du bocal
L’avenir politique paraît bien incertain. Au sarkozysme plein de morgue et de clinquant succède une atmosphère délétère de fin de règne. Le petit Président y est pour beaucoup : avec ses contorsions du cou et ses rictus satisfaits, il a incarné à outrance la suffisance, la gloriole et la vindicte du parvenu. La crise (mais au fait quelle crise ?) est arrivée juste à point pour expliquer les échecs du petit cycliste. Voilà qu’aujourd’hui on nous dit que les grandes entreprises se sont refait une santé et qu’elles réalisent à nouveau des bénéfices. Et plus que jamais. Nous en sommes à compter nos milliardaires.
Je dis quelle crise ? parce que je ne vois pas qui a souffert de cet événement présenté comme le sinistre économique le plus violent depuis 1929. Les grands de ce monde n’ont manqué de rien. Leurs cérémonieux commis n’ont pas réduit leurs salaires.Toute la classe économico-politique dominante a conservé ses privilèges, dans la bienséance, la courtoisie et l’adorable politesse de la bonne bourgeoisie affairiste et profiteuse. Je remarque en revanche que cette fameuse crise est particulièrement utile, pour justifier auprès des classes laborieuses le prolongement du statu quo. Travailler plus pour gagner plus ? à d’autres. Il ne s’est rien produit de tel et ce n’est pas pour demain !
Car enfin, les seuls qui souffrent aujourd’hui ce sont les jeunes sans boulot, les femmes à temps partiel, les salariés mis en concurrence avec leurs collègues jusqu’au suicide, les vacataires jetables, les plus faibles, les moins bien formés, les moins malléables, les moins mobiles, les plus vieux. La liste serait longue de tous ces gens qui travaillent pour élever leurs enfants décemment, les loger et les soigner et pour lesquels il faut compter chaque euro ou dizaine d’euros. Ce sont ceux qui hésitent devant la salle de cinéma en comptant leurs sous et celles qui résistent à la tentation d’un autre rouge à lèvres. Pour ces gens là, on réduit les services publics et sociaux, on effiloche les filets de sécurité. Ces personnes là ont perdu tout espoir de maîtriser leur destin. Leur liberté réelle ne leur laisse le choix qu’entre le fatalisme et la fuite.
Elles durent depuis des siècles, les inégalités des sociétés humaines qui ont construit notre monde. Esclaves, serfs, travailleurs sans statut, prolos industriels ont toujours subi le joug des maîtres, mieux armés, plus instruits, plus riches. Mais la dialectique du maître et de l’esclave a parfois tourné à la révolution, comme en 1789. Pour en arriver là, il a fallu des centaines d’années de discours et d’écritures pour que l’injustice entre dans les consciences. Aujourd’hui tout s’accélère, tout se sait et se voit par nos lucarnes et nos PC. A un point tel que même les chargés de gouvernement, dans leur naïveté, peinent à s’en rendre compte. Ils découvrent avec stupeur que le peuple les voit vivre avec les grands de ce monde comme des requins dans un bocal panoramique.
Les gens d’en bas comme le dit si bien l’épicier Raffarin voient vivre les barons qui font la loi et qui les commandent. Et ceux là vivent sur un grand pied de magnificence, cent fois mieux qu’eux ! Ils voient tous les signes de la concussion et du profit qui régissent cette société de l’élite. Ils voient les fils de la morale s’étirer comme des vieilles jarretelles. Ils voient un monde qui n’est pas le leur et qui s’agite derrière une paroi de verre. L’élite s’est coupée du peuple. Bien sûr le populaire ne met pas forcément des mots sur sa souffrance. Il est prêt à croire n’importe quoi, qui lui fasse miroiter un espoir d’amélioration. Surtout quand ce sont des vérités qui ont à première vue une fausse évidence mathématique.
Comme par exemple celles que des esprits forts, mais obtus, veulent leur faire croire. Avec le Front National tout est simple, on explique aux gens que tout cela est de la faute des étrangers, de ces horribles hordes migrantes arabo-islamiques haïes et redoutées qui vont prendre leurs emplois, baiser leurs femmes et habiter leurs maisons. Ce n’est plus la fameuse crise économique, c’est l’immigration qui va être désignée comme la raison du mal-être ! Les étrangers, c’est encore mieux que la crise. Tous ces miséreux qui nous menacent vont faire disparaître les derniers signes de notre prospérité passée. La seule solution est de renvoyer tout ce monde étrange dans les bateaux avec lesquels les métèques sont venus. Avec la femme Le Pen, il faut s’attendre au pire : une forme dégradée et bottée du sarkozysme.
Ca me fait réfléchir et la colère m’étouffe. Je voudrais tellement dire aux gens du peuple, mes frères, que ces raccourcis là nous mènent aux indignes catastrophes. Par ce chemin là, tout restera comme avant, pire qu’avant, plus injuste et plus cruel qu’avant. Avec une différence importante : à nos misères nous aurons ajouté la honte, la grande honte d’avoir joué nos peurs et nos errements contre l’avenir de l’homme. Et si vous ne me croyez pas, allez poser la question outre-Rhin.
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05.03.2011
Les caves se rebiffent !
Voilà plusieurs semaines que je le pressentais. L'étalage des turpitudes de la classe politique en France ne fait que répandre dans l'opinion des sentiments de dégoût et de lassitude. L'affaire Bettancourt devenue l'affaire Woerth, les frasques tunisiennes de MAM et le Noël touristique de Fillon, les cigares, les légions d'honneur, les jets hors de prix, l'air force one, le yacht de Bolloré, les robes de Rachida ont fini par convaincre les citoyens qu'ils étaient les dindons d'une farce devenue trop amère. Il suffit de fouiller dans les dossiers pour ne trouver que concussions, népotismes, renvois d'ascenseurs, échanges de bons procédés, connivences, petits profits et belles arnaques qui gangrènent les affaires du complexe politico-financier. Celui qui nous mène à la ruine en prenant des grands airs. Et même à gauche on voit poindre la maffia Guerini, sans qu'on puisse mesurer l'étendue des dégâts.
Cela fait plusieurs mois qu'on dit que la conduite inconvenante et scandaleuse de la droite sarkozyste ne profite pas à la gauche.Et pour cause ! Que voit-on dans notre camp ? des messieurs dames, barons et marquises qui nous tiennent un langage technocratique et satisfait, qui n'a aucune prise sur le peuple. Les messieurs députés, présidents, directeurs, conseillers, chefs et honorables maires ont costume-cravate, langage et conduite chatiés. Ils ont à coeur de montrer qu'ils font aussi bien et parfois mieux que la droite. Le Parti Socialiste est un parti d'élus, pas le Parti du peuple, pas celui des caissières de supermarché, ni des vieux qui souffrent ni des jeunes qui galèrent ! Les élites socialistes se sont coupées de leur base militante, la politique ne se fait pas dans les sections mais dans les bureaux parisiens ! On a perdu le souffle populaire, si tant est qu'on l'ait jamais eu.
Je me faisais ces réflexions en m'égosillant sur le marché de Bricquebec, malgré le froid, en distribuant des tracts. Votez à gauche on est les meilleurs ! Regardez mon candidat si il n'est pas beau ? Mais je n'ai eu en retour aucune marque d'attention ni de curiosité , tout au contraire des remarques de râleurs invétèrés, qui grommelaient... tous pourris, tous les mêmes !...A deux jours de là, j'ai assisté à une réunion électorale très disciplinée, tout ce qu'il y a de chic et de notre bord, avec des gens bien mis au discours simple, gentil, attentif, concret, mais hélas... inaudible ! Je vous le dis camarades : à l'agression hyperdroitière et décomplexée du pouvoir, il faut répondre par la colère. La colère, ça se dit avec des gros mots et des grosses voix, avec du sang et des larmes.
La gauche bien pensante veut-t-elle venir au secours de la droite affairiste par solidarité de classe ? Va-t-il falloir que je vote Sarkozy pour éviter Le Pen ? Qui va être capable de faire tonner le ras le bol des gens, dans les petites lucarnes et les journaux ? Faut-il encore qu'on supprime l'ISF, et qu'on donne des primes supplémentaires aux élites en les suppliant à genoux de créer des emplois ? Pendant ce temps Martine Aubry et DSK finassent sous les applaudissements de leurs écuries respectives en nous offrant un spectacle qu'aucun militant politique ne peut comprendre. Alors, nous ne devons pas nous étonner que les gens adorent la belle Marine, blonde et effrontée, malgré ses contradictions, son égoïsme bête et sa démagogie insensée. La voilà maintenant en tête dans les sondages, surpassant tous les autres au premier tour.
L'élite financière, économique et médiatique a pris le pouvoir en France, depuis des lustres, en tout cas depuis 1981. Elle s'est concentrée dans quelques milliers de persona grata, occupés à leur bien être plutôt qu'au bien public. On vient de voir comment les arabo-berbères des classes moyennes ont tout d'un coup rué dans les brancards et jeté à la rue des dictateurs branlants. Peut-être serait-il temps de faire un peu de courants d'air dans notre magnifique démocratie sakozyenne pour disperser enfin une élite dominante et privilégiée qui se pense inamovible ?.
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