16.03.2011

Tsunami

ishibashi.jpgL'origine du mot montre bien que le phénomène n'est pas habituel chez nous. C'est un terme japonais hélas, construit de nami qui veut dire vague et de tsu qui désigne le port ou la grève. On le traduit en français par raz de marée, d'origine bien de chez nous, scandinave. Le raz de marée est bien connu dans nos contrées. C'est plutôt une inondation massive causée par l'élevation du niveau de la mer lors de forts coefficients de marée, avec tempête cyclonique et surcote concomitante. Le tsunami lui, est  lié aux séismes et aux éruptions volcaniques. C'est un phénomène qui se produit à grande échelle dans les océans Indien et Pacifique, plusieurs fois par siècle, en particulier au Japon.

 

Les savants et ingénieurs nippons sont donc les premiers informés de la nature, de la fréquence et des dimensions que peuvent prendre un tsunami. Dans ces conditions on peut se poser des questions sur la légèreté avec laquelle on a pu construire des centrales sur des littoraux exposés. Les images qu'on a vues ces jours derniers nous donnent une idée des dimensions d'ouvrages qu'il faut construire pour se protéger d'une pareille furie  océanique. Comment ne pas s'imaginer que les canaux et les pompages soient balayés, que les crépines soient engorgées, que les moteurs soient noyés et tous les moyens de refroidissement soient immergés et détruits. Or, une centrale non refroidie peut devenir une sorte de volcan atomique !

 

On imagine que toute l'attention des spécialistes a été en priorité sollicitée par les mouvements tectoniques capables de détruire les infrastuctures elles mêmes. On apprend aujourd'hui que Monsieur Ishibashi Katsuhiko (voir notre photo, empruntée à Médiapart) expert sismologue reconnu et bien placé, avait hautement protesté contre les garanties  insuffisantes prises pour les centrales nucléaires en cas de  séisme exceptionnel. Il n'a pas été écouté, ni pour les tremblements ni pour les submersions. Il faut  rendre justice  à ce scientifique clairvoyant. On apprendra sûrement que cette catastrophe aurait pu être évitée avec un peu plus de raison et moins d'avidité consommatrice.

 

Aussi  faut-il approuver le premier ministre Fillon quand il réclame un réexamen méthodique et sans faille de la sûreté des installations françaises et européennes. Il y a eu dans un lointain passé des tsunamis en Crète ou à Messine. On a connu des ruptures de barrages hydrauliques et des inondations, des raz de marée et des tempêtes exeptionnelles. On peut réécrire les normes de sécurité et les améliorer. Encore faut-il s'arrêter de gémir en se battant la coulpe et prendre à témoin notre force d'intelligence, plutôt que de se chamailler comme des poules mouillées. Comme on le répète partout, l'accident sera toujours possible, au moins aura-t-on tout fait pour l'éviter.

 

Le choix aujourd'hui n'est pas entre deux incantations, c'est un choix de civilisation. Veut-on abaisser durablement la manette du progrès technologique ou veut-on persévérer dans notre lancée génétique de conquête des mondes ?. Nous sommes allés sur la Lune... et avons caressé  des rêves d'espace infini comme si nous étions nos propres Dieux. Par peur des coups, des désastres et des morts, devons-nous  aujourd'hui nous réfugier dans les sous-bois comme des lapins apeurés ?

 

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Commentaires

Tsunami est un mot japonais, tout comme Hiroshima et Nagasaki...
" Habitués " au feu nucléaire, ces hommes et ces femmes font preuve d'un extrème courage.
F.Fillon semble prendre de fermes résolutions pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Récidiver serait une grave inconséquence à l'égard de la vie humaine et " puis, nous sortirons pour revoir les étoiles " Dante.

Écrit par : lola | 16.03.2011

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Plus une installation est ancienne, plus elle est dangereuse parce que plus difficile à entretenir sans augmentation du coût d'exploitation.
C'est, hélas, une conséquence de la primauté du profit à court terme (des actionnaires) sur la sécurité humaine et la préservation de l'environnement . C'est une des causes récurrentes de toutes les catastrophes industrielles : Seveso, Bhopal, Marées noires.

Une autre cause, plus insidieuse celle-là : les procédures dont le respect serait seul garant de la sécurité. En formatant la tâche d'un agent d'entretien à ce seul respect, on peut faire l'économie d'un technicien expérimenté et le remplacer par n'importe quel demandeur d'emploi.

Pour restaurer la primauté de la sécurité, il faut imposer à tout opérateur industriel la formation continue et la sécurité d'emploi de son personnel technique. Autrement dit il faut interdire la sous-traitance dans les installations à haut potentiel de risque. Il n'y a pas à balancer, cette interdiction doit être explicite dans la loi et dans les contrats de mission des services publics.

Écrit par : Claude Bastian | 17.03.2011

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