13.09.2010
LA DROITE ET LA GAUCHE
A gauche on défend les droits à la retraite dès soixante ans pour les travailleurs qui ont cotisé leurs quarante annuités, on réclame la possibilité d'avoir une retraite à taux plein dès soixante cinq ans, en particulier pour les femmes , qui sont souvent obligées d'accepter les vacations et les petits boulots pour survivre, elles et leurs enfants ; on proteste contre la stigmatisation des Roms et contre le lien immigration-insécurité, on réclame une police d'apaisement et d'encadrement dans les quartiers défavorisés livrés aux petits chefs de gang. Plus généralement, on soutient en priorité l'école et les hopitaux publics qui sont les vrais patrimoines des citoyens lambda. On cherche à se libérer des travaux pénibles et répétitifs et à élever le niveau de qualification des salariés. On accepte de payer ses impôts et on tente d'avoir un comportement responsable, soucieux de l'intérêt général.
A doite on préfère l'efficacité : on renvoye les Roms en Roumanie, on organise des opérations coup de poing de la police en tenue de guerre, casquée, armée et cagoulée dans les quartiers, on développe la promotion individuelle et la concurrence dans les affaires . On renforce l'émulation et l'élitisme dans l'éducation, on fait jouer la loi du marché dans la santé et on généralise le sauve qui peut social. Les solidarités les plus voyantes, surtout avec le petit Nicolas, vont vers le gratin et les patrons du CAC 40. Elles s'appellent bouclier fiscal, niches fiscales et évasions fiscales ou paradis fiscaux, légions d'honneur, et tous les grands et petits arrangements.
Si bien qu'il y a pour moi un mystère quand j'entends Nicolas Demorand dans son émission avec François Hollande (C politique su Fr5) et bien d'autres journalistes aussi, insinuer qu'il n'y a pas de différence entre la droite et la gauche, que de toute façon les responsables de l'opposition ne feraient pas mieux que ceux qui sont au pouvoir et qu'enfin le Parti Socialiste qui prétend gouverner n'a pas de programme.
A ce petit jeu là la discussion peut s'éterniser. Je sais que les hommes de télé sont poussés par la nécessité de donner du rythme à leur émission, que les analyses s'enlisant dans des concepts par trop abstraits lassent les spectateurs, que la règle est aussi de pousser les invités dans leur retranchements. A vouloir trop bien faire, je ne suis pas sûr que ces vedettes de nos écrans fassent vraiment jaillir la lumière et progresser l'opinion.
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