08.07.2010
Le pantin désarticulé
Par exception je me suis rendu sur LCP pour suivre les questions au gouvernement à l'Assemblée. Ils étaient tous là nos députés, à crier leur réprobation à gauche, et à s'offusquer à droite des lourdes accusations. C'était à qui allait prendre le dessus.
Evidemment pour une fois la tâche était beaucoup plus facile pour l'opposition. Quand il a été vu les mains dans le pot de confiture, le coupable peine à s'en sortir. Je dirais même que les dénégations ne font qu'aggraver sa peine. Madame MAM qui pourrait se reconvertir en faisant la météo sur TF1tant elle a de grâce innée, riait jaune, Chatel le porte-parole repassait le badigeon sans relâche, en automate. Le petit dernier, Baroin, y allait de son couplet moralisateur qui sonnait faux, et se prenait pour un tribun à l'ancienne.
La question est de savoir comment Sarkozy qui fut un si bon candidat, a pu devenir un aussi mauvais Président et perdre la main en si peu de temps. Défense à reculons, valse à contre-temps, sacrifices inutiles, sorties bravaches et suicidaires...Pourquoi ne pas dire la vérité au peuple ? Depuis Chirac, la droite a appris à nier les évidences les plus criantes, il suffit d'un coup de baguette magique, "abracadabrantesque" et c'est reparti pour un tour. Cette fois-ci j'ai l'impression que la marque "bling-bling" va essuyer des contre-performances. Quand la confiance est entamée, les prudents vendent en douce leurs actions, les supporteurs les plus sûrs commencent à douter et les plus téméraires finissent dangereusement seuls. Finalement, comme toujours il n'y a que les morts qui restent sur le champ de bataille.
Les Bettancourt sont des gens très ordinaires, goinfrés de certitudes et bourrés de naïvetés. Dédé et Liliane à ce qu'on apprend, étaient durs d'oreille, ce qui n'est pas bon pour les secrets de famille. On imagine sans peine les petits télégraphistes passer au fumoir pour le café et ressortir avec l'enveloppe glissée dans la poche du veston. C'est un scénario de film qu'on hésiterait à produire à cause de sa banalité. Tout cela est faux ! gémit le ministre.
Il doit bien y avoir quand même une part de vérité, celle qui a été vue par une comptable et entendue par un majordome. Tout concorde, selon les deux témoins qu'on s'empresse de dévaloriser, pensez ! un garçon de café et une rond de cuir licenciés par leurs patrons !
En niant tout en bloc, le gouvernement avoue ses tares. Il sait que s'il lâche un doigt, c'est tout le bras qui va être broyé et peut-être même la tête qui va être éclaboussée. J'imagine pourtant mal l'affaire s'arrêter là. Aujourd'hui, on peut faire connaître les bonnes et les mauvaises nouvelles avec pas un rond. Que peuvent Bouygues ou Lagardère avec leurs organes de presse et leurs télés quand Médiapart et une douzaine de journalistes ont acquis la notoriété et pris de l'autorité en quelques jours. Arme imparable : ils disposent des CD enregistrés par le maître d'hôtel et nul ne sait vraiment ce qu'ils contiennent.
Sarkozy a joué les forts en thème, il a cité Blum et Jaurés, il s'est moqué des gens de gauche, il a même dit qu'il était le véritable DRH des socialistes, il a cru que le peuple aimait cela. Aujourd'hui le vin est tiré il faut le boire.Le petit "bling-bling" est devenu impuissant. A moins d'un tour de bonneteau inattendu, il est condamné à s'écraser dans le trou du souffleur comme un pantin désarticulé.
11:28 Publié dans Actuelles, polémique, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs | |
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