11.04.2009

Actuelles 9 - Sequestrer les patrons

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Séquestrer les Patrons (Photo de Slate.fr)

 

 

 

 

J’en connais des patrons, plutôt des modestes que des messieurs. Je suis tranquille, aucun de ceux là ne sera mis aux fers dans son bureau. Les salariés sont comme vous et moi, pas fous ni sanguinaires. Ils ont du respect et parfois de la vénération pour leur usine et ceux qui l’ont imaginée et créée. Le pain de leurs enfants et le toit de leur maison en dépendent.

 

Je n’en dirais pas autant des têtes d’œuf qui ne savent que ce qu’ils ont appris à l’école des riches.  On les a  persuadés dés tout petit qu’ils sont les meilleurs et que le reste n’est que chienlit. Un vieil ami respecté et patron important proclamait : « Si tu veux couler une boite, donne la à un polytechnicien ».

 

C’est tout le résultat de notre méritocratie républicaine qui a coupé notre pays en deux. D’un côté les élites qui se reproduisent entre elles avec une étonnante consanguinité et de l’autre ceux qui sont les variables d’ajustement du casino capitaliste mondialisé, c’est à dire  la masse des citoyens.

 

A ce niveau de décalage social,  être retenu deux ou trois nuits dans son bureau n’est qu’un moindre avatar. Ces messieurs  ont même droit à du café et à des sandwichs. Ils pourront dès le lendemain rejoindre leur belle villa, dans les beaux quartiers avec leur belle auto et toucher leurs gros salaires avec des bonus et autres menues friandises. Pas de quoi fouetter un chat. Une nuit à la brigade financière est infiniment plus redoutable.

 

D’ailleurs après pareille aventure, je suis certain que les plus intelligents d’entre eux auront renouvelé leur vocabulaire, complété leurs analyses sociales et douté de leur droit divin.

 

09.04.2009

Actuelles 8 - L'honneur de la gauche

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On a l’habitude de dire qu’on ne fait pas de la politique avec des bons sentiments, ce qui justifie la mauvaise foi, les mensonges et la calomnie, tous ingrédients habituels du combat politique.

 

Depuis Sarkozy nous sommes abreuvés avec méthode, mais jusqu'à l'écoeurement, des arguments tordus d'une bouillie syncrétique qui mélange les symboles, renverse les valeurs et détourne de leur objet les hommes et les faits. Avec le  seul but  de grimper dans les sondages (merci Opinionway).

 

Et ce matin, voilà que la femme la plus dénigrée et la plus insultée de notre République, persiste et signe, en demandant pardon aux Africains pour les conneries de notre Président. Les réactions des porte-flingue vont jusqu’au délire : cette hystérique ridiculise et humilie notre pays, et elle pousse la complaisance jusqu'à s'habiller d’un boubou comme une femme de ménage .

 

Pour ma modeste part, j'ai contribué 25 ans à relever de ses ruines un pays sortant de la plus vantée de nos colonisations et j’ai eu souvent envie de demander pardon, pardon aux enfants couverts de mouches, pardon aux fellahs illettrés, et pardon aux  vaches trop maigres ou aux forêts détruites. Aujourd’hui je me sens vengé et consolé .

 

Les hommes sans cœur, les profiteurs cyniques, les chiens couchants peuvent claironner leur concert de dépit, ils n’y pourront rien. Par je ne sais quel miracle, la Ségolène de la bravitude, la Madone de la Province, l'Allumée du Poitou a dégainé et tiré dans le mille. Enfin  la gauche qui attend depuis si longtemps une raison d’espérer, pousse un soupir d’aise. En deux phrases Ségolène a renvoyé l’entreprise sarkozyste au théâtre de guignol dont elle n’aurait jamais du sortir. La vraie politique c’est celle du cœur, pas celle des affaires.

 

 En Afrique, l’honneur de la gauche est provisoirement sauvé .