23.01.2009
Actuelles 2- Les Maîtres du Monde
L’invasion et la destruction de Gaza illustrent bien l’entêtement d’Israël à vouloir s'emparer sur le long terme de la totalité des territoires occupés de la Palestine.
Le nombre vertigineux des pertes humaines du côté palestinien, la destruction des maisons, des écoles, des bâtiments publics, des mosquées et même des routes et des champs d’oliviers montre bien que le gouvernement hébreu a décidé l’anéantissement de cette ébauche d’Etat qu’était Gaza.
A mes amis juifs qui refusent de croire à cette abominable démonstration je demande : où sont les prisonniers ? Tsahal ne fait pas de quartier.
« Parmi les crimes susceptibles d'être retenus contre Israël, figurent le bombardement d'écoles de l'ONU, d'hôpitaux bondés de réfugiés civils, l'usage d'obus de munitions interdites en milieu urbain et la disproportion de la riposte de Tsahal par rapport aux tirs de missiles invoqués pour la justifier. Lundi, au lendemain de la suspension unilatérale des combats par Jérusalem, Amnesty International a accusé Israël de crimes de guerre en qualifiant d'"illégal et sans discernement" l'usage de munitions au phosphore blanc dans des zones densément peuplées de Gaza. »
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21.01.2009
Chronique du Moyne 9- Les caisses sont vides
Les caisses du Château sont vides
Juste à ce moment le Moyne qui était de retour s’inclina avec une sinistre obséquiosité. Nos gens viennent d’assommer un boeuf annonça l’homme à la tonsure et ils s’assemblent pour le découper et le mettre à rôtir. J’ai fait partout allumer les feux et convoquer les tournebroches . Les valets s’activent à dépecer des sangliers et à plumer les volailles . J’ai mis en perce un tonneau de cidre nouveau et j’ai battu le rappel des filles et des femmes du bordage pour le service. Tous vos invités peuvent se réjouir, ils vont être traités comme ils le méritent.
On va voir, on va voir ! dit le Sire en remontant ses braies pendant qu’il se tournait vers son épouse en ricanant et en l’invectivant avec dédain. Vous, Madame Giron, rhabillez vous et débarrassez le plancher. Occupez vous de mes invités. Plusieurs d’entre eux m’ont confié qu’ils étaient impatients de vous connaître et de vous foutre tout à leur aise. Je leur ai fait mille compliments de vos artifices en fornication et vous n’allez pas manquer de courtisans. A manger et à boire plus qu’à l’accoutumée ces brutes deviennent des forcenés. Surtout, Grands Dieux, n’allez pas les décevoir et me faire mentir !
Puis il se tourna vers Don Ramon. Maintenant Monsieur le Moyne, allez me chercher les registres et les reçus. Vous devez d’urgence me rendre des comptes. Je suis couvert de dettes. Tous les sergents du baillage cherchent après moi comme si j’étais un criminel. Même les aubergistes et les maquerelles qui se sont rempli les poches à mes dépens pendant des mois ne veulent plus me faire crédit. Il me faut à présent m’adresser à des hommes de main et à des filous pour assurer mon quotidien. Ces vauriens en profitent pour me faire chanter et achever de me ruiner !
Le Moyne ne savait que trop qu’il n’y avait pas un sou dans les caisses du Château. Les fêtes, les dîners et les concerts coûtaient cher. Il lui fallait aussi entretenir les équipages de l’ordinaire et toute une nuée de parasites et de femmes louches, à la seule fin de satisfaire son goût pour le désordre et le péché.
Les manants profitaient adroitement de cette pagaille pour resquiller sur les redevances et dissimuler une partie des récoltes. De son côté la Dame Aurélie multipliait les dépenses de toilette dans des onguents et des parfums. Pour couronner le tout une cartomancienne venue d’on ne sait où et qui se disait la disciple de Nostradamus, puisait à pleines mains dans les caisses en échange d’obscures prédictions. Le Moyne n’avait aucun recours : il lui fallait trouver une issue de toute urgence sous peine d’avoir à subir les pires violences.
Don Ramon rabattit un peu plus son capuchon sur son sombre visage habité par la rancoeur et la haine. Il résolut de tergiverser encore pour bien mûrir sa décision. Mon père, dit le Moyne les choses ne vont pas aussi bien que vous l’escomptez. L’hiver a été trop froid, le printemps trop pluvieux et l’été trop sec. L’année fut bien mauvaise, avec des blés gâtés par les pluies et des vaches laiteuses affaiblies par les fièvres. Pour comble de malchance les renards ont ravagé la basse-cour. Les manants sont présentement désargentés et incapables de payer. Et voyez vous, il m’a fallu refaire le toit du Château, curer les douves, et rétribuer les gens d’armes, sans compter vos arriérés qui étaient en suspens depuis plusieurs années... J’ai du défrayer plusieurs de vos créanciers pour les calmer. Laissez moi quelques jours et je réunirai toutes les espèces qui vous sont dues, en tout cas une somme suffisante pour éteindre vos dettes les plus criantes. Dans peu de jours je saurai persuader quelque usurier de m’avancer les mille livres nécessaires.
Le vieux Giron avait sorti du fourreau son épée tranchante comme une dague. Il sentait monter sa colère et il n’était pas décidé à se laisser endormir par les propos doucereux de son fils, tout Moyne qu’il fut. Je me fous de la pluie dit-il, du vent ou de la neige et je me fous des vilains. Ces bougres ne savent que s’enivrer et dormir, allongés comme des porcs dans leur bauge. Va raconter tout cela à d’autres, moinillon de mes fesses ! et comptes moi mon argent sur l’heure. Le Sire lança la besace qui ne l’avait pas quitté aux pieds du Moyne dont la figure s’allongeait. Je te donne l’ordre de me verser à l’instant même ces 1000 livres, que ce soit en ducats ou en pistoles. Remplis moi ce sac, sur le champ !
Le Moyne tenta une dernière conciliation. Donnez moi jusqu’à demain mon père. Je connais à Cherbourg certaines personnes très riches qui arment des bateaux et font du grand commerce de grains. Ils accepteront de m’avancer cet argent en urgence. Il y a un certain Mosche, un fils de David qui ne pourra pas me refuser la somme car il me doit beaucoup. Je l’ai sauvé quand il avait la tête sur le billot. Acceptez cet arrangement mon père et vous n’aurez pas à le regretter.
Quoi? tonna le père, d’un domaine de plus de 500 vergées de blés et d’orges, avec des grasses chanvrières et d’immenses champs de navets , plus d’une centaine de bœufs et autant de vaches laiteuses, tu n’as pas pu amasser un sou? Un éclair de rage passa dans le regard du vieux Chevalier. Tu oses me dire cela à moi, ton Père? Aussi vrai que tu me vois en face de toi, tu vas être roué de coups et tu vas endurer la question jusqu’à ce que tu me dises où est cet argent. Je vais commencer par le bâton, puis je te couperai les oreilles et je te suspendrai par les pieds pour te faire griller comme un porc. Que tu baises ma femme et mes gens passe, mais que tu me voles mon propre bien en prenant des airs de bon apôtre, c’est ce que je ne pourrai jamais supporter !.
Ah mon Père, susurra le Moyne, vous savez bien que je m'efforce de maintenir votre maison sous le signe de la dévotion et que je prie sans cesse pour toutes les âmes du château. Le Moyne ne pouvait accepter qu’on mette en doute son autorité ecclésiastique qu’il avait bâtie avec tant de soin. La carte maîtresse de Don Ramon était celle de la religion. Avec elle, il avait le pouvoir d’imposer le respect à tous les paroissiens ici présents et singulièrement à son père.
Le démon qui l’habitait pouvait prendre la forme d’un ange au service de la foi. Avec une ironie diabolique il s’employa à mettre l’Eglise de son côté. Giron ne pouvait répliquer sans risquer une excommunication qui pouvait se terminer sur le bûcher. Le crucifix pendu à son cou conférait au Moyne toute sa puissance sur les cœurs et les âmes . Vous voyez bien mon cher Père que je suis le serviteur de Dieu et de l’Eglise. Les grands confesseurs m’ont apporté leur confiance et je n’ai rien à redouter de vous. En vous attaquant à moi c’est à Dieu lui même que vous en prenez et vous devez craindre en retour son terrible châtiment !
Mais l’infâme Giron ne fut nullement ébranlé par ces propos et il prit le Moyne de bien haut. Nom de Dieu ! jura-t-il il ne te suffit pas de me voler, voilà maintenant que tu m’abreuves de tes mensonges et de tes menaces?. Je te signale maudit Moyne, que je ne crains ni Dieu, ni Diable . Tu tentes me faire lanterner par des promesses et par dessus le marché de m’endormir avec des patenôtres ! Je te conseille d’abandonner tout de suite cette grossière manoeuvre sinon tu finiras en pâtée pour mes chiens ! Aussi vrai que je m’appelle Giron, si vous ne me donnez pas tout de suite cet argent je vais vous faire massacrer à petit feu, vous deux, toi le Moine défroqué et aussi toi la Quétil, la putain.
Je vous donnerai la gêne de mes mains. Vous serez suspendus aux quatre coins et je vous couperai la langue, le nez et les oreilles. Vos têtes salées iront orner les murailles du Château. Tu dois bien savoir depuis tout ce temps, pauvre Moyne de merde, de quoi je suis capable. Tu m’as toujours défié devant Dieu, mais je suis ton père et ton maître. Je peux te casser comme une pauvre branche pourrie. Je n’ai pas besoin d’un fils qui me vole mon argent pendant qu’il f… ma femme par dessus le marché ! Le vieux Giron était pris d’un accès de colère folle que rien ne semblait pouvoir éteindre.
Le Moyne savait que la rage de Giron n’était pas feinte et qu’il était homme à mettre ses menaces à exécution. Il se souvint des situations périlleuses aux quelles il avait échappé et de toutes les souffrances qu’il avait du endurer. Il n’était plus question de se laisser martyriser par la brute qui lui servait de père et il se résolut a prendre sa fatale décision..
16:37 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
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