02.10.2008

Chroniques de l'Ane 10- Bataille idéologique et guerre sociale

 

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En avons nous entendu,  des Sarkozystes qui se glorifiaient d’avoir terrassé la vieille idéologie socialiste. Nous avons gagné la bataille idéologique clamaient les Fillon, les Copé, les Lagarde, les Raffarin, les Bertrand et autres forts en thèmes de la majorité. Notre petit télégraphiste Nicolas avait même pris la précaution de réviser sa leçon auprès de l’inénarrable Bush et il se présentait avec Bolloré et les autres comme un garant de l’orthodoxie libérale. Les vainqueurs menaient carrosse et donnaient à voir sans pudeur le spectacle des yachts de luxe et de la grande vie dans les palaces. Nous avons gagné la bataille idéologique se vantaient les rois de la finance, les Tapie et autres PDG spécialistes du parachute et du bonus. Rien n’est trop beau pour récompenser  nos incroyables mérites, l’argent va aux élites et c’est bien normal. Pour eux les jackpots sont inépuisables, et leur appétit d’argent insatiable. Ils mangent le caviar à la louche et ils s’engraissent pour plusieurs générations.

 

Mais nous autres les bourricots laborieux, les victimes évidentes de cette évidente défaite, que sommes nous devenus ? Le PS malade fait le dos rond. La gauche radicale pourtant bien mise en scène,  brandit Besancenot comme un (faux) mage. Il ne nous reste plus qu’à tenir notre rôle de salariés indistincts. Montrer patte blanche et écouter l’idéologie victorieuse. Nous devons nous mettre au service de la France sans acrimonie aucune, mondialisation oblige. Sinon les Chinois viendront dormir dans nos lits . Que chacun sache qu’un sou est un sou et un chômeur un fainéant. Les caisses sont vides, il est inutile de réclamer sans cesse de la santé et de l’éducation pour nos vieux et nos jeunes. Est-ce que l’Etat doit toujours payer pour les services publics, pour les hôpitaux, pour les écoles, pour la recherche, pour la culture ? Faites comme nous démerdez vous, levez vous le matin très tôt, travaillez plus, devenez souples, si vous n’avez plus de travail chez vous, allez donc chercher ailleurs. Ce n’est pas nous,  les vainqueurs idéologiques qui allons encore payer des impôts et des taxes . Nous en avons fini de jouer les rad-soc,  nous avons gagné  le pactole, nous sommes la France qui gagne. Laissez nous remplir en paix nos coffres sécurisés.

 

Seulement voilà , un matin on se réveille avec un beau bubon qui éclate dans la peste financière. La maladie vient des USA. Nous en France on rigole. Ce n’est pas important, juste des nègres qui ne peuvent pas payer leurs traites. On va prendre des mesures et effacer tout ça. Seulement la maladie s’aggrave et on parle de centaines de milliards de dollars passés à la trappe. La faillite et la panique s’installent dans les banques. Le virus se transmet et passe l’Atlantique. Les liasses de billets des chambres fortes sont remplacées par de mauvais courants d’air. Voilà que le gratin financier se gratte avec angoisse, finis les bonus et les parachutes, envolés les actions et les titres, saisis les yachts et les châteaux.

Alors on a vu dès l’aube, le baron Sellières en tête,  des cohortes d’hommes en gris, habitués à donner des ordres, y compris aux Etats, frapper à la porte des ministères et proclamer que la situation était très grave et menaçait l’ordre mondial, surtout celui de leurs portefeuilles. Les gouvernements et les ministères jusqu’ici chambrés, honnis, brocardés, deviennent d’un coup les instruments du salut. Le libéralisme sauvage est oublié. Vive Mr Keynes, il faut remettre l’argent du peuple au pot du casino financier. L’état d’un coup redevient utile aux Barons de la finance et aux Princes de la spéculation.

 

En apprenant cela, mon âne Tonnerre s’en alla braire à tous les vents son désarroi et sa rancoeur. Bourricots nous sommes, bourricots nous resterons braillait-il. Une fois encore on va nous faire les poches en nous faisant croire que c’est normal et inévitable, la moins mauvaise des solutions. Nous faire croire que le monde ne peut pas tourner rond si les riches ne peuvent plus s’enrichir et si les pauvres refusent de payer. Ou alors c’est la Révolution ! Et on sait bien depuis Staline,  Mao et Castro que les révolutions tournent mal. De toute évidence cette défaite va nous coûter cher.

 

A moins camarades que tous les quettons du monde se mettent en tête de renverser la preuve par 9. Qu’ils démontrent que ce sont les forts en thème qui nous mènent à la ruine. Et que leur victoire au printemps nous conduit à la débâcle en hiver. Proclamons une fois pour toutes que l’Etat c’est nous et c’est pour nous,  pas pour financer les rapines des rapaces de la finance. Pas si bêtes, les troupes de l’UMP ont senti le coup venir. Ils prennent leurs dispositions pour éviter la Bérézina. Un petit peu d’Etat ne nous ferait pas de mal avouent-ils. Les temps sont à l’austérité. Le Président retraité du Sénat lui même accepte d’aller habiter en HLM ! Je vous le dis camarades et mon âne également , on a perdu une bataille mais il est grand temps de gagner la guerre, je veux dire la sociale !

Commentaires

bravo!

Ecrit par : francesca | 10.11.2008

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