17.09.2008
Chronique du Moyne 1 Une enfance malheureuse

Chronique 1- Une enfance malheureuse
Au moment ou commence notre histoire, nous sommes en mai 1460. Hamon était un jeune homme qui avait grandi dans la solitude. Sa mère Gillette était morte en couches à sa naissance, vingt ans plus tôt. Jeune homme il ne conservait qu’un vague souvenir de sa nourrice, à qui il avait été arraché trop tôt, par son père, le Sire de Giron.
Né dans une noble famille, l’enfant n’était pas destiné à la Religion. Comme son père, il aurait du apprendre à manier les armes et à batailler tantôt contre les Bretons tantôt contre les Anglais. Le reste du temps son devoir aurait été d'interdire les désordres dans son fief en tenant les vilains à bout de pique, pour les contraindre au travail et à l’obéissance. Hélas, l’enfant fut, dès son plus jeune âge, porté vers les bons sentiments. Il aimait ses camarades de jeu et il respectait les jeunes filles.
Le vieux Chevalier était un géant roux, retors et ignorant qui partageait son temps entre les échauffourées, les brigandages, la chasse et les cabarets. Il voulait un fils à son image suivant le précepte qu’une rapière de gentilhomme est bien préférable à une plume de bailly. Il avait confié l’enfant aux serviteurs du Château, et en particulier au garde-chasse et à la matrone qui lui servait de femme. Ils étaient des gens grossiers et brutaux. Un peu plus tard, l’abbé Cresté, curé de l’église Saint Martin toute proche, lui avait appris quelques bribes de latin de cuisine et un peu de grammaire rudimentaire. Mais l'abbé obséquieux et conformiste était surtout là comme espion pour rapporter à Giron les faits et gestes de son fils.
Hamon ne goûtait guère les exercices brutaux. Il était choqué par les cochons qu’on égorgeait et par les biches qu’on chassait à l’arbalète. Il était surtout écoeuré par les chiens en meutes qui se jetaient sur les sangliers éventrés. Devenu un garçon solide et beau comme un prince espagnol, il fuyait ce père tonitruant et rouge comme un godon, toujours en bordée et qui ne cessait de se livrer à des exactions dans la Province. Le garçon méprisait les armes et il refusait de s’exercer à manier l’épée ou à tirer à l’arquebuse.
A suivre Chronique 2- Un amour de jeunesse
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