10.03.2008

Chroniques de l'âne 4- Et les autres candidats ?

 

Depuis quelques jours, je marmonne dans mon coin de blog en mettant égoïstement en avant mes propres turpitudes et celles de mon bourricot, alors  que je n’ai pas dit un mot de mes valeureux concurrents. Et pourtant ils sont bien plus connus que moi et pas du tout novices dans l’art et les artifices du politicien local.

Je ne m’attarderai pas  sur la mystérieuse candidate au poulet déplumé dont l’affiche est presque aussi laide que son programme. Tout à l’autre bout de l’éventail je ne peux en revanche qu’applaudir le courageux camarade du PC, tout en lui rappelant que les lendemains qui chantent de l’antilibéralisme sont loin des rêves les plus fous de nos concitoyens du Val de Saire.

 

On pourrait aussi passer vite sur l’élégant Monsieur de Paris venant au secours des bouseux, comme son statut de fonctionnaire de la mairie de Paris (et ses RTT)  l’y autorisent. Mains croisées, l’homme et sa suppléante ont une attitude très catholique propre à rassurer nos paroissiens que des évènements récents ont profondément meurtris.

A tout prendre je préfère la charmante candidate du Modem qui forme un couple très moderne avec son jeune suppléant, bien dans la ligne de François Bayrou. Malheureusement je n’arrive toujours pas à bien comprendre cette ligne  d’entre deux, qui mène au Triangle des Bermudes politique. Depuis l’école primaire j’ai appris qu’entre la thèse et l’antithèse, il n’existait rien qui vaille. Dialectique exige.

 Restent  les deux frères ennemis de Quettehou et de Saint Vaast. L’un jeune, l’autre pas ; l’un soutenu par JF Legrand, l’autre pas ; l’un déjà maire et futur maire, l’autre plus. L’un peu imaginatif et l’autre pas davantage. L’un aux dents assez longues malgré un  programme un peu court, l’autre autoproclamé sérieux notaire, qui jure avec onction de garantir notre avenir contre les incertitudes du changement.

En réalité, tous les deux se préparent  à reprendre la guerre des chefs qui a si bien réussi par le passé. Clochemerle est toujours vivant et anime encore dans nos villages son cortège d’amusantes et ridicules figurines. Nonobstant, ils brandissent imperturbablement le drapeau blanc de l’entente cordiale tout en fourbissant les armes fatales qui leur assureront,  croient-ils, le leadership du canton.

Comme je lui faisais part de mes réflexions ce matin,  mon âne est entré dans une rage ostentatoire. « Les autres candidats devraient avoir honte de se présenter contre toi qui as tant de qualités, disait-il. Et je ne parle pas de ta suppléante dont la grâce souriante remporte tous les suffrages. Vraiment, a-t-il poursuivi, quand on commande à un ministre tel que moi, on mérite bien tous les suffrages, sans qu’il en manque aucun.

Comme je me rengorgeais de satisfaction, j’ai aperçu dans son œil gauche, car le droit m’était caché, une lueur de fourberie qui gâchait ces propos flatteurs et nous menait droit à la flagornerie. Je suis sûr qu’il  en voulait seulement au quignon de pain qui est sa récompense habituelle. Il n’est pas du tout certain que dans l’isoloir il voterait pour moi,  cet animal. Par précaution je lui ai confisqué sa carte d’électeur.

 

 

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.