05.03.2010
Bienvenue Fanny !
L'hiver a été long, gris, rude. La terre meurt de froid et d'eau emmagasinés. Même les oiseaux semblent avoir disparu, sauf ce couple de goélands qui a élu domicile dans la prairie de mon Prince du Cotentin. Donald le canard et Chanteclair le petit coq blanc semblent désoeuvrés et déboussolés.
Et puis voilà qu'hier avec l'aide de Sophie ma fille, j'ai adopté une petite nouvelle, une boule de poils craquante, du genre qui rend bêtement sentimental.
J'ai des enfants et des petits enfants et je n'imagine pas que je puisse confondre les bébés d'homme avec un bébé chien, mais l'âge aidant, le gâtisme, le besoin de faire chanter la vie malgré les années entassées me rendent sensible comme une midinette. Cet animal innocent, prénommé Fanny de la lointaine famille des Cotons de Tuléar, à pris pied dans ma maison. En vingt quatre heures il a occupé l'espace et redonné de la vie aux vieux murs qui n'en pouvaient plus de tout ce temps accumulé.
Zelda la chatte tricolore est jalouse, pour le moment elle reste à trois mètres de l'intruse, le poil hérissé, peureuse et méfiante. Mon épouse elle même, rétive à l'idée de prendre en charge la petite nouvelle ne peut s'empêcher de s'attendrir dans mon dos. Je pense que tout cela va s'arranger. Il y a de la place pour tout le monde dans cette maison.
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01.12.2009
Actualités réjouissantes
Aujourd'hui Lionel Robin de Radio Bleue Cotentin m'a fait le plaisir de m'interroger sur mon blog, et le jeudi 10 décembre il m'invite avec Dominique Labadie à venir aux studios pour présenter notre livre sur la Chasse infernale dans la forêt de Brix. Le livre doit sortir le Jeudi 3 de l'imprimerie.
Le samedi 12 décembre entre 11 heures et 13 heures Christine Mouchel fera une lecture en public du Moyne de Saire chez Ryst libraire à Cherbourg et nous ferons des dédicaces.
Depuis vendredi 27 novembre les dessins de Dominique sont exposés chez Ryst et ce jusqu'à la fin du mois de décembre
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11.11.2009
Anniversaires...

On parle beaucoup d’anniversaires cette semaine. A commencer par le mien, 71 ans demain. Comme m’a confié mon âne, tu fais bien ton âge, pas d’erreur. Le look est ce qu’il est, mais le plus remarquable c’est que je suis rempli de souvenirs. Un vieux qui cane c’est une bibliothèque qui brûle. Mettons que pour moi ça fait seulement quelques rayonnages. Je mesure le temps.
Je suis né avant guerre, dans cette trouée de Belfort dont les troupes d’Hitler n’ont fait qu’une bouchée. Mon papa avait 27 ans et après beaucoup d’aventures en Germanie est mort à 32 ans à Dachau. Ce qui vaut que je l’ai toujours appelé jeune homme. Si je compare avec moi il n’aura jamais été dans sa durée que la moitié d’un homme, il lui aura manqué 40 ans de vie. Ses parents eux mêmes avaient été emportés en 1917 par la grippe espagnole. Tous ces gens n’ont jamais connu la vieillesse et le véritable sens des anniversaires.
En revanche, j’ai eu le temps moi, de conter les cérémonies du 11 novembre aux monuments aux morts. Il faut bien le dire : la guerre de 40, la guerre de Corée, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, à quinze ans je croyais que la guerre était l’état normal de l’humanité. Au moins en France. De toute façon si les vraies guerres s’arrêtaient on pouvait toujours compter sur la guerre froide, qui elle, était bien partie pour durer.
Comment s’étonner qu’un jeune adolescent comme moi cherche des montreurs de colombes, Eluard, Picasso, Char. Je ne les citerai pas tous mais parmi eux un vrai détrousseur d’apparatchiks, Cornelius Castoriadis, qui nous annonçait l’effondrement du rideau de fer devant la poussée du prolétariat exploité par le complexe militaro-industriel soviétique. Il n’avait pas tout à fait raison puisque finalement c’est le Pape et Solidarnosc qui ont fait céder les staliniens fatigués, comme l’a avoué Gorbatchev. Il a quand même fallu attendre que j’aie 50 ans. Vive la chute du mur de Berlin.
Il aura fallu attendre moins longtemps pour faire la paix avec nos ex-colonies, même si les séquelles ont survécu à l’immense porteur d’histoire que fut de Gaulle. Que l’homme du 18 juin soit celui qui a décidé des accords d’Evian, est un raccourci extraordinaire de morale politique. Et justement cette semaine c’est aussi le 39° anniversaire de sa mort.
Je n’oublie pas malgré tout que j’ai toujours voté contre de Gaulle, trop à droite, trop lent, pas assez catégorique. J’avais raison c’est sur . Comme dit mon âne, il faut toujours replacer les choses dans leur contexte.
17:31 Publié dans Actuelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin
02.11.2009
Histoires d'Ho à Pasteur
Tout a commencé comme un repas de famille qui vous reste sur l’estomac. Vous accusez la fraîcheur des huîtres ou bien la verdeur du blanc sec et vous vous dites que cette malencontreuse indigestion va se résorber dans le bouillon de légumes. Hélas il n’y avait pas eu de repas de famille, pas d’huîtres, pas de Muscadet, seulement des crêpes et du muscat de Hambourg. Point d’indigestion donc, mais une inflammation de la vésicule qui m’a valu d’appeler le 15 à six heures du matin.
J’ai donc fait l’expérience d’une intervention d’urgence pénible et inquiétante qui m’a conduit au bloc opératoire après quarante huit heures d’hésitations.
Tout a été dit sur la difficile condition du malade réduit à subir, si possible avec le sourire, les vannes du brancardier, les mise en demeure des femmes de service, les apparitions pressées des infirmières, les visites parfois cocasses des internes, et souvent aussi les brusqueries péremptoires des médecins. Tout serait supportable si vous n’aviez pas du fond de votre détresse douloureuse de malade en souffrance, l’impression désespérante d’être devenu un cas, un objet correspondant à des paramètres mystérieux dont vous ignorez les termes et la signification. Et comme vous ne pouvez abdiquer sauf à mettre un pied dans la tombe, vous prenez votre courage à deux mains pour demander d’une voix dolente : Madame s’il vous plaît, quels sont ces produits que vous avez mis dans la perfusion ?
Les réponses à ces questions ou à toutes autres du même genre, sont toujours laconiques. Elles sont vécues comme une remise en doute de la pertinence des soins ou de la confiance du malade dans le système. On vous répond à côté ou par des boutades, on emploie des réponses toutes faites ou infantilisantes et vous avez en permanence l’impression qu’on vous mène en bateau. Une impression qui se renforce avec le « petit » personnel. Un bol de soupe devient un acte thérapeutique de la plus haute importance qu’on vous assène de manière péremptoire.
Pour le reste je ne saurais mettre en doute la pertinence des soins et du processus chirurgical, qui m’a valu une estafilade généreuse d’une basse côte à l’autre. Je déplore d’autant plus les manières ahurissantes d’un certain nombre de personnels qui considèrent les malades comme des gêneurs qu’il faut tenir à distance. J’ai nourri pendant mes nuits d’insomnie des pages dithyrambiques pour calmer mes colères et mes angoisses. Après quinze jours toutes ces indignations accumulées se sont estompées, mais elles expliquent que je n’ai rien écrit sur ce blog.
12:29 Publié dans Actuelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hôpital
30.05.2009
Le 7 juin je vais voter socialiste
Le 7 juin, j’aurai toutes les raisons de passer le harnais à mon âne et d’aller rêver sur la plage de Landemer, à compter les mouettes et les fous. Et pourtant je chercherai comme d’habitude ma carte d’électeur dans les tiroirs et je me rendrai à la mairie pour mettre dans l’urne le bulletin du PS. Un bulletin qui ne me ravit pas. Notre tête de liste G. Pargneaux n’a pour moi aucun charisme et ressemble trop à un arrivage de cooptation du à Martine Aubry ; quand aux suivants on se demande bien comment ils sont arrivés là, en tout cas pas grâce au vote des militants qu’on a pris à cette occasion pour des ballots.
L’histoire récente m’a rendu particulièrement méfiant, les champions du non à l’Europe viennent tout d’un coup réclamer nos suffrages, alors qu’il n’y a pas si longtemps ils vouaient aux gémonies une Europe libérale qui nous menait à la dérégulation et au chômage. Et pourtant le traité constitutionnel qu’ils ont refusé pourrait devenir leur principal outil politique en cas de succès de la gauche. Comprenne qui pourra. De toute façon je préfère une Europe de droite à pas d'Europe du tout.
Malgré tout ça je suis sûr que le camp de la gauche a raison et qu’il demeure celui du progrès humain. Bien entendu tout cela ne va pas comme sur un long fleuve tranquille. Mais si je regarde par dessus mon épaule, moi qui suis né sur la ligne Maginot et qui suis devenu par la même occasion orphelin de guerre, moi qui ai connu tous les déchirements de la décolonisation et qui ai eu tout le temps d’en constater les plaies effroyables, je me persuade que la gauche a été pour l’essentiel du bon côté et qu’elle reste ma famille. La seule qui peut me donner l’audace à long terme d’être un homme libre et de vivre pour la paix, l'intelligence, la culture et la création.
Le 7 juin mon bulletin une fois de plus portera le poing et la rose. Je laisse aux esprits forts le soin de rigoler.
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30.04.2009
Actuelles 10- L'indispensable chaos universitaire
L'économie a, d'une certaine manière, dévoré la connaissance. Elle lui a imposé un modèle qui en fait une machine à produire des résultats dans l'indifférence à la compréhension et à l'intelligibilité des phénomènes. Or, même si c'est une de ses fonctions, la connaissance ne peut pas servir uniquement à créer de la richesse. Nous avons besoin d'elle pour nous aider à comprendre notre monde. Si l'université n'est plus du tout en position de proposer un savoir de cet ordre, elle aura échoué. Or, les savoirs de ce type ne se laissent ni commander par des comités de pilotage, ni évaluer par des méthodes quantitatives.
MARCEL GAUCHET, historien et philosophe
La connaissance du monde est une toile immense tissée par l’intelligence des hommes depuis le début d’Homo sapiens. C’est une fresque en constante expansion composée en bibliothèques de rouleaux et feuillets, replis, diverticules, renvois et réseaux en toiles d’araignée. Dès sa naissance, à moins que ce ne soit plus tôt encore, le bébé d’homme entreprend d’acquérir des lambeaux plus ou moins consistants de cette tapisserie. L’entendement de cet ouvrage véritablement cosmique exige une énergie chaque jour renouvelée et dure toute la vie, sans qu’on puisse jamais y trouver une fin.
L’école, le collège, les lycées et les universités sont des institutions construites par nos sociétés démocratiques pour offrir au plus grand nombre, sinon à tous des méthodes et des voies d’accès pour déchiffrer ce grand œuvre de la découverte du monde. Chacun sait aujourd’hui que la connaissance est l’atout essentiel pour accomplir son destin d’homme et exprimer avec succès son potentiel personnel. Toute négligence dans le cursus d’apprentissage de nos jeunes est une sorte de crime contre l’humanité, ce qui confère aux maîtres et aux professeurs une singulière responsabilité. Dans cet itinéraire laborieux et compliqué, je sais par expérience que l’Université occupe une place centrale, indispensable, fondamentale.
Je n’ignore pas que nos élites qui visent à s’assurer un statut social prééminent, préfèrent les Grandes Ecoles, destinées aux classes d’élection. Celles-ci sont en effet conçues pour leur apporter les recettes scientifiques, techniques et philosophiques qui constituent le socle de l’éducation d’un honnête homme, non contestataire et intégré socialement. C’est en somme la formation classique indispensable pour se hisser au sommet de la pyramide sociale. Avec les Grandes Ecoles la connaissance est une sorte de domaine conforme mais sélectif, voulu comme la base de puissance, de richesse et de pouvoir.
L’Université est bien différente. Elle doit aux mandarins qui l’ont longtemps gouvernée, d’être encore en partie consacrée à la science pour la science. Les ambitions de nos professeurs n’ont jamais été, ou si peu, matérielles, mais toujours jalousement intellectuelles. L’Université est donc un amphithéâtre ouvert à tous, où s’exprime la libre parole, sous le seul contrôle de la vérité démontrée et acceptée par la communauté des enseignants chercheurs. Ainsi conçue la connaissance n’est pas un pouvoir, mais une richesse qu’on partage avec le plus grand nombre. La science est un bien démocratique qui n’a pas d’autre valeur que philosophique et humaine.
Mais cette Université est victime de son succès. On ne supporte plus de maintenir ouverts des foyers d’agitation à la rentabilité incertaine. Voilà plusieurs années déjà qu’on veut transformer ce haut lieu de l’humanisme en brocante intellectuelle, dans laquelle les savoirs sont achetés, vendus, employés, salariés. On a fait les IUT et les licences professionnelles et toutes sortes de grandes écoles au rabais préparant nos populations laborieuses aux prouesses du CAC 40. C’est dans l’air du temps libéral, entiché d’efficacité économique et de matérialisme bling-bling, d’accentuer encore la pression pour une marchandisation accrue du savoir et de la recherche. C’est l’esprit qui inspire la réforme en cours.
Je sais gré aux universitaires d’aujourd’hui de protester contre cette fausse autonomie qui remet le pouvoir à des Présidents dont on sait qu’ils auront la tentation du succès économique et de l’efficacité matérielle au détriment de l’universalité de la science. Les candidats aux besognes d’autorité sont loin d’être des purs esprits, fussent-ils appelés Professeurs. Je me doute que ce ne sont pas les meilleurs qui décideront des vocations des laboratoires et de la distribution des moyens. Le Conseil d’Administration formellement maître des orientations de la recherche et des enseignements pourrait bien être berné au quotidien. Pour des raisons voisines les Professeurs de médecine refusent de passer la main aux Directeurs de leurs hôpitaux publics.
La seule disposition favorable à l’explosion créatrice est l’autonomie et la liberté des chercheurs. Toute caporalisation ne peut que nuire à la libre invention et à la libre expression. Je comprends que les personnages imbus des méthodes de gestion du moderne management considèrent comme inadmissible et coûteuse la pagaille intellectuelle. A ceux là j’ose dire qu’aucune armée au monde n’est capable de maîtriser le chaos scientifique. Il faut faire confiance à la géniale imprévoyance des enseignants chercheurs, tous uniques, tous différents et tous rebelles à l’ordre établi : ils ne sont rien d’autre que les explorateurs de notre avenir.
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11.04.2009
Actuelles 9 - Sequestrer les patrons

Séquestrer les Patrons (Photo de Slate.fr)
J’en connais des patrons, plutôt des modestes que des messieurs. Je suis tranquille, aucun de ceux là ne sera mis aux fers dans son bureau. Les salariés sont comme vous et moi, pas fous ni sanguinaires. Ils ont du respect et parfois de la vénération pour leur usine et ceux qui l’ont imaginée et créée. Le pain de leurs enfants et le toit de leur maison en dépendent.
Je n’en dirais pas autant des têtes d’œuf qui ne savent que ce qu’ils ont appris à l’école des riches. On les a persuadés dés tout petit qu’ils sont les meilleurs et que le reste n’est que chienlit. Un vieil ami respecté et patron important proclamait : « Si tu veux couler une boite, donne la à un polytechnicien ».
C’est tout le résultat de notre méritocratie républicaine qui a coupé notre pays en deux. D’un côté les élites qui se reproduisent entre elles avec une étonnante consanguinité et de l’autre ceux qui sont les variables d’ajustement du casino capitaliste mondialisé, c’est à dire la masse des citoyens.
A ce niveau de décalage social, être retenu deux ou trois nuits dans son bureau n’est qu’un moindre avatar. Ces messieurs ont même droit à du café et à des sandwichs. Ils pourront dès le lendemain rejoindre leur belle villa, dans les beaux quartiers avec leur belle auto et toucher leurs gros salaires avec des bonus et autres menues friandises. Pas de quoi fouetter un chat. Une nuit à la brigade financière est infiniment plus redoutable.
D’ailleurs après pareille aventure, je suis certain que les plus intelligents d’entre eux auront renouvelé leur vocabulaire, complété leurs analyses sociales et douté de leur droit divin.
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09.04.2009
Actuelles 8 - L'honneur de la gauche

On a l’habitude de dire qu’on ne fait pas de la politique avec des bons sentiments, ce qui justifie la mauvaise foi, les mensonges et la calomnie, tous ingrédients habituels du combat politique.
Depuis Sarkozy nous sommes abreuvés avec méthode, mais jusqu'à l'écoeurement, des arguments tordus d'une bouillie syncrétique qui mélange les symboles, renverse les valeurs et détourne de leur objet les hommes et les faits. Avec le seul but de grimper dans les sondages (merci Opinionway).
Et ce matin, voilà que la femme la plus dénigrée et la plus insultée de notre République, persiste et signe, en demandant pardon aux Africains pour les conneries de notre Président. Les réactions des porte-flingue vont jusqu’au délire : cette hystérique ridiculise et humilie notre pays, et elle pousse la complaisance jusqu'à s'habiller d’un boubou comme une femme de ménage .
Pour ma modeste part, j'ai contribué 25 ans à relever de ses ruines un pays sortant de la plus vantée de nos colonisations et j’ai eu souvent envie de demander pardon, pardon aux enfants couverts de mouches, pardon aux fellahs illettrés, et pardon aux vaches trop maigres ou aux forêts détruites. Aujourd’hui je me sens vengé et consolé .
Les hommes sans cœur, les profiteurs cyniques, les chiens couchants peuvent claironner leur concert de dépit, ils n’y pourront rien. Par je ne sais quel miracle, la Ségolène de la bravitude, la Madone de la Province, l'Allumée du Poitou a dégainé et tiré dans le mille. Enfin la gauche qui attend depuis si longtemps une raison d’espérer, pousse un soupir d’aise. En deux phrases Ségolène a renvoyé l’entreprise sarkozyste au théâtre de guignol dont elle n’aurait jamais du sortir. La vraie politique c’est celle du cœur, pas celle des affaires.
En Afrique, l’honneur de la gauche est provisoirement sauvé .
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14.03.2009
Actuelles 7 - Exercice de géométrie sociale
Quand on parle de décentralisation, il faut imaginer ça dans l'espace et en trois dimensions. En bon géographe j'ai appris qu'un espace c'est un cercle avec un centre et une périphérie. Le problème dans les rapports sociaux c'est que le centre a toujours la main sur les marges. Regardez Paris qui fait la loi politique, économique, sociale et culturelle sous les yeux ébahis des marginaux provinciaux. Décentraliser consiste à rapprocher les centres des zones frontalières, comme l'ont assez bien réussi les lois Mauroy-Deferre. Les institutions politiques, les sociétés industrielles, les administrations fonctionnent sur ce type d'organisation, plus vous êtes loin du bureau du Patron moins vous comptez dans la réalité.
Autre figure géométrique inquiétante : la pyramide. Notre conception de la société est hiérarchisée. Le Grand Chef est au sommet et règne sur les étages inférieurs dans lesquels s'affairent des castors qui ne cherchent qu'à grimper. La base qui supporte le tout, n'a qu'à se lever tôt et ne rien dire. Cet ordre pyramidal est justifié par l'élitisme républicain. Ceux qui sont au dessus sont réputés être des gens plus intelligents et plus méritants. Ils sont donc mieux payés, et mieux considérés. Ils habitent les Beaux Quartiers.
A Droite on a le culte du Chef, oui Chef, bien Chef. A soixante dix ans je conteste cet empilement social, largement surfait. Comme le martelait le bon Professeur Jacquard, pour qu'il y ait un premier, il en faut bien sûr un second et encore plus un dernier. Les gars de la marge du cercle et de la base de la pyramide sont donc les derniers des derniers. Le problème c'est qu'à Gauche on s'est habitués à cette idée politiquement correcte..
Je ne connais qu'une méthode pour renouer avec un certain équilibre social, qui n'est pas de décentraliser mais de brouiller les cartes. Il faut trans former le cercle en toile d'araignée et ramollir l'ossature de la pyramide. On en arrive à une structure souple, mais cependant résistante et efficace à l'image des composés moléculaires en réseau. Les coopératives, les mutuelles, les associations loi de 1901, les syndicats, les chambres consulaires sont des structures en réseau.
La difficulté c'est qu'aucun de nos hommes politiques, petits, moyens ou grands n'a intérêt au rétrécissement des distances sociales. Comment devenir puissant sans avoir des troupes d'assujettis? Comment commander si personne n'obéit ? Malgré cela, je sens bien avec la floraison du Web, que nos sociétés modernes vont abolir une par une les fausses médailles et les privilèges qui s'y rattachent. Beaucoup d'hommes (et de femmes bien davantage) découvriront une valeur jusqu'ici très inégalement répartie : la dignité. Monsieur Balladur devrait bien comprendre ça.
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12.02.2009
Actuelles 6 - Le maïs de la peur

A la une
jeudi 12 février 2009
Le maïs OGM serait sans risque
Le débat est relancé. Le maïs génétiquement modifié du semencier américain Monsanto, dont la culture est interdite en France depuis l’an dernier, ne présenterait pas de danger pour la santé humaine. C'est un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui le révèle, selon Le Figaro.
J'ai toujours été rebelle et entraîné à ne pas accepter sans réévaluation les affirmations officielles. Pour une fois je suis du bon côté. Il va bien falloir que le gardien de chèvres moustachu et ses émules s'expliquent sur les soi-disants dangers des OGM et qu'ils utilisent un autre registre que celui de la peur de l'inconnu. Ils ont déjà trouvé une réponse : l'Afssa est à la solde du capitalisme mondial.
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